Nous redescendons sur la côte pour lentement continuer notre route sur le continent Sud-Américain. Il y a tant de choses à voir que nous pourrions rester 3 mois rien que dans la Cordillère Blanche. Ainsi, nous nous retrouvons en une nuit à l’altitude 0. La température remonte et le brouillard arrive. Les péruviens de la côte ne voient pas souvent le soleil en hiver: la faute au Garúa, la brume locale qui n’a rien à envier à notre stratus suisse!
Le retour à la civilisation est toujours assez frappant dans ces pays sud-américains. Les différences de niveau de vie sont tellement importantes. Marcher dans le Cordillera Huayhuash remet les pendules à l’heure. Les gens vivent encore plus simplement que l’on peut se l’imaginer. Ils ont vraiment rien si ce n’est quatre murs, un lit de fortune, un feu à même le sol pour cuisiner et un toit de pailles. Ils vivent de l’agriculture avec des méthodes oubliées chez nous depuis bien, bien longtemps. Toute la famille, du plus jeune au plus âgés, cultive les champs à la force de ses mains. Des petits bonshommes sachant à peine marcher vont rechercher les troupeaux de moutons en fin de journée.
Au Pérou, les belles routes, les belles maisons, les restaurants bondés de la côte montrent bien où se trouve l’argent. Nous prenons l’option de nous arrêter à Trujillo pour connaître les ancêtres pré-incas du nord de ce pays, les cultures Chimú et Moche (qui n’étaient pas moches, ceci-dit
) . Nous commençons pas la visite de Chan Chan: il s’agit d’un site archéologique entièrement construit en terre, en bord de mer, d’une superficie totale de 20km carrés. Tout n’est pas restauré, bien sûr, mais on se rend bien compte du travail de l’empire des Chimú. Malheureusement les ruines risquent de disparaître à cause du niveau de la nappe phréatique qui augmente. Un étang s’est formé au milieu d’un des palais pour la joie des canards, mais pas pour celle des archéologues.
Nous visitons des Huacas de plus 30 mètres de haut sur le site El Brujo. Il s’agit d’un complexe archéologique de la culture Moche, qui comporte des superbes frises colorées en haut-relief, le tout toujours en terre.
Nous terminons nos visites par celles des temples de la Luna et del Sol. Malheureusement, sur celle du soleil, il n’y a plus grand chose à voir car elle a été mise à sac par les huaqueros, les pilleurs de tombes.
Toutes ces complexes sont impressionnants et les archéologues ont encore des années de travail dans la région. Cependant les fonds manquent bien qu’ils en reçoivent passablement de l’étranger. Beaucoup de restaurations restent à faire mais ce qui se voit aujourd’hui démontre le travail impressionnant effectué à ces époques. La chance aidant, certaines choses comme des céramiques ou des peintures sont restées quasi intactes. Passablement de momies ont aussi été retrouvées accompagnées de nombreuses offrandes (objets diverses, animaux, bijoux, habits..).
Après une parenthèse par Chachapoyas, on clôt le chapitre péruvien à Chiclayo, principalement pour visiter le musée du Señor de Sipán. Encore un inconnu hors du Pérou, mais pourtant il vaut largement le détour: Il s’agit d’un responsable de la culture Moche dont le tombeau a été retrouvé intact en 1987, avec tous ses bijoux, offrandes et épouses!
Un musée a été ouvert, juste pour montrer le contenu de cet unique tombeau. La qualité du travail des métaux est toujours incroyable et les archéologues ont pu conserver jusqu’aux colliers de coquillages de plusieurs milliers de pièces.
Quelques infos supplémentaires sur le señor de Sipán: