Monthly Archive for March, 2008

Córdoba & Alta Gracia

Notre passage à Córdoba (pas oublier l’accent) sera l’occasion d’un petit retour en arrière: En 1997 j’avais passé un mois à Alta Gracia, chez la famille Bonvin (prononcé Bonnevine ici…) lors d’un échange linguistique et j’y avais appris le peu d’espagnol que je baragouine. C’est d’ailleurs de là que vient mon accent argentin. ;-)

11 ans, quelques présidents, une dévaluation plus tard, je suis de retour… J’ai déjà vu que le pays avait un peu changé et j’ai aussi remarqué que la sympathie des argentins ne les avait pas quittés, heureusement.

On a passé quelques jours à Córdoba, une des villes les moins visitées par les touristes étrangers, mais très connue des argentins pour ses églises. Semaine sainte oblige, la ville (et les hotels) débordait de touristes locaux… Une petite journée de marche pour aller observer les condors, quelques visites (le couvent Juan de Tejeda et les diverses églises) et on s’est dirigés vers Alta Gracia, connue pour l’estancia jésuite (patrimoine UNESCO) et… le Che, qui y a passé son enfance.Alta Gracia: le Tajamar et l'estancia jésuite

On a été accueillis par Andrés (mon échange d’il y a 11 ans), comme si on faisait partie de la famille, évidemment par un asado (grillade)… Comme il est architecte, il a construit sa propre maison, qui est d’ailleurs assez représentative de son style (jetez un oeil sur la galerie). On a bien sûr été un peu bombardés de questions sur la Suisse, et on a pu beaucoup discuter de la situation actuelle du pays, en sirotant un maté avec leurs amis, aussi en vacances de Pâques.

J’ai aussi eu l’occasion de revoir les parents d’Andrés, qui se portent à merveille. Pour l’anecdote, il ont toujours leur Peugeot 505 avec laquelles on avait voyagé dans le Nord en 97…

Bref, quelques jours de vacances avant de se diriger vers le Nord et vers l’Amérique du Sud des peuples indigènes.

Parque Nacional Condorito

Ce matin, on met les chaussure et on part pour le parc Condorito (le petit du Condor, en espagnol) observer le roi de la cordillière.

Normalement, les condors sont difficiles à voir, très discrets et souvent en voie deLa Quebrada del Condorito disparition. Le parc Condorito à été créé pour éviter leur disparition des sierras de Córdoba. Pour l’anecdote, il y a un projet de réintroduction des guanacos (cousins des lamas) dans le parc, en partie pour servir de garde manger aux condors et aux pumas. Sympa pour les guanacos!

On est parti avec Martin, guide et passionné d’oiseaux, qui nous a appris à reconnaître les vautours, aigles et condors du parc. Le parc comprend un canyon de 700m de hauteur en son centre, ou les condors viennent se reposer et se baigner.

Il suffit donc de se poser au bord du précipice et d’attendre: à l’heure prévue parCondorito de très près Martin, un premier condor arrive, tournoie et va se poser au bord de la “piscine”… Quelques autres le suivent, faciles à reconnaître, tellement leur vol est majestueux. En fait, c’est facile: si ça bat des ailes, c’est pas un condor. Les condors sont assez fainéants et sont experts en vol à voile: il profitent à 100% des thermiques pour voler et se posent exprès sur des corniches d’où il peuvent s’envoler sans peine.

Pour terminer, un jeune condor, reconnaissable à ses plumes brunes débarque, et étonné par notre dégaine, fait plusieurs passages à quelques mètres de nous. Une belle récompense pour les quatres heures de marche de la journée.

Mendoza

On voulait tenter l’ascension de l’Aconcagua (7000 mètres) …. Non non, ce n’est pas vrai… mais on voulait se balader dans le massif. Malheureusement, la saison est terminée et c’était un peu compliqué de s’y rendre….

Du coup, nous nous sommes rabattus sur la visite de Bodegas. Il y a pire, on dira!

Nous avons enfourché un vélo et parcouru quelques vignobles. Cabernet sauvignon, Malbec, Syrah… Ils sont tous assez fameux avec des goûts tirés parfois à l’extrême mais on s’y fait assez bien. La production est assez différente. Il n’existe pas vraiment de vin de garde. Les années se ressemblent puisque les vignerons essayent de recréer toujours les mêmes conditions, en irriguant les vignes.

Nous avons même vu certaines exploitations qui ont des ordinateurs permettant de calculer les besoins en eau des grappes de raisins. La production est massive; 10 millions de litres par année pour certains vignobles (San Felipe).

Certaines Bodegas valent la peine d’être visitées: musique et lumière d’ambiance, salle de concert dans le hall, air conditionnée pour la cave à vin, bouchons synthétiques (il semblerait que cela soit mieux pour le vin, pas sûre !), fûts en inox bien brillants…

D’autres restent plus typiques et semblables à chez nous bien que la production soit toujours assez différente.

Nous avons passés deux belles journées de visite et de dégustations, dommage qu’il n’y ait pas assez de place dans nos sacs à dos…

Santiago de Chile et le Paso Libertadores

Bon voilà le topo: beaucoup de personnes rencontrées nous on dit: “Santiago, c’est moche, y’a rien et c’est dangereux, nous on y a même pas passé…”

Vu qu’on se laisse pas influencer facilement on a quand même décidé de faire 2 jours sur place, à la Casa Roja, l’Hostel style télé réalité MTV / Le loft (je cite le guide). Il y a effectivement des mecs en caleçon qui dorment toute la journée devant la TV. Peut-être qu’ils ont peur de sortir? ;-)

On est sortis, et on a pu découvrir une grande ville (4.5 mio d’habitants, quand-même) sud-américaine assez agréable, bien moins dangereuse que prévu, même si une certaine paranoia règne: par exemple, toutes les tables de restaurants ont des crochets ou des mousquetons pour accrocher son sac à main, c’est la première fois que je voyais ça.

Le centre ville est assez agréable, une petite colline à grimper pour le panorama (ou une plus grande avec funiculaire), une zone shopping piétonne (vous vous rendez pas compte de la chance, avec les automobilistes du coin…), Quelques beaux quartiers coloniaux (Barrio Brasil, par exemple) et l’ultra-célèbre palais de la Moneda, bombardé par les yankees pour installer le général Pinochet (merci les gars).

On a profité des multiples restos pas chers et bons, et on a booké (sur le net) nos tickets pour Mendoza, capitale argentine du vin.

Le personnel du bus semblait assez étonné par nos tickets imprimé moi-même, mais ils nous ont quand même laissé monter. Programme: la traversée des Andes par le Paso Libertadores, qui, malgré un tunnel pour éviter le col, passe tout de même à 3200m. Il est ouvert toute l’année et, paraît-il, fait pas mal transpirer les camionneurs brésiliens qui parcourent pour la première fois ses lacets (sous la neige, qu’il découvrent aussi)…

Je ne compte plus les tampons Chiliens et Argentins sur mon passeport, et comme d’hab. les douaniers sont assez cools. En redescendant du col, on a une superbe vue sur l’Aconcagua, quelques kilomètres au Nord. C’est par ici que les Andinistes qui tentent le sommet passent tous, mais la saison vient de se terminer (et oui, c’est la fin de l’été par ici).

S’il y a un voyage à faire de jour, c’est bien cette traversée: les paysages sont superbes: Cactus au premier plan, sommets enneigés derrière, et la route, une simple nationale qui serpente le long de la vallée, en direction de l’Est.

Comme on quitte les contreforts des Andes, le paysage verdit d’un seul coup et on arrive à Mendoza, la capitale de la province du même nom.

Plus d’infos sur Mendoza et ses bodegas au prochain épisode.

Valparaíso!

Dernière étape au Chili avant le retour en Argentine, le port le plus célèbre de tout le Pacifique: Valparaíso.

J’ai dû répéter deux fois au gentil employé qui vendait les tickets de bus, et en arrivant sur place, j’ai compris pourquoi: ça se prononce valpara-iso, hé hé…

On a donc débarqué sur place avec quelques attentes, vu la réputation du lieu. En plus, Valparaíso est sur la fameuse liste World Heritage de l’UNESCO (bon site web, en passant, je vous conseille la visite), le Nikon était prêt à crépiter.

Au niveau du paysage, rien à dire: les collines couvertes de maisons colorées, les ascenseurs (plutôt des funiculaires) en bois et le port en contrebas sont bien là, comme dans le catalogue ;-)

Malgré la réputation d’insécurité du lieu, on peut se balader partout, le plus gros risque c’est l’addition (propina incluida) dans les endroits touristiques comme les cerros Alegre et Concepcion. Ceci dit, dès qu’on sort un peu du gringo trail, on remarque que les ruelles, escaliers et arrière-cours ressemblent pas mal à des décharges: pas facile de faire une photo sans détritus…Valpo typique

Ceci dit, l’ambience du lieu reste assez unique, et si on prend la peine d’aller dans des endroits un peu moins courus, comme le Cerro Carcél (centre culturel alternatif) ou le Cerro Baron, tout à l’opposé de la zone touristique, c’est sympa de voir que ça n’est pas un musée et qu’un grand nombre de personnes y vivent…

Encore un petit tour en bateau dans le port où les cargos frigorifiques à destinations des US font le plein de fruits chiliens, un passage à la lavanderie (ça monte dans le coin et je n’ai que 5 tshirts ;-) ) et l’épisode Valparaíso touche déjà à sa fin: Direction Mendoza avec une étape à Santiago, la capitale Chilienne.

Clic-clac

Comme on peut profiter d’une bonne connexion internet, on a mis à jour les galeries de photos. N’hésitez pas à jeter un oeil par ici.L'obligatoire coucher de soleil

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Villarica

L’endroit où tout le monde va et où il faut y aller, il semblerait. C’est une région volcanique et cela nous tente pas mal de faire l’ascension d’un.

Du coup, après avoir remis les pieds sur la terre ferme, on reprend le bus quelques heures pour rejoindre la région du volcan Villarica.

Nous organisons son ascension avec une agence car nous sommes obligés de prendre un guide et nous avons d’ailleurs compris pourquoi.Le glacier du Villarica, vu d'en haut

6h30 du matin, départ en bus pour rejoindre le reste du groupe et surtout prendre l’équipement (crampons, piolets, casques et surtout habits pour glisser sur le neige en redescendant). Nous sommes un groupe de 9 accompagnés de trois guides. Cela devrait aller. En pleine saison, chaque jour, 300 personnes, partagées entre une vingtaine d’agence, font l’ascension. Tout le monde n’arrive pas toujours en haut… Dans notre groupe, le taux de réussite a été de 65%.

Nous partons tous en petit bus pour rejoindre le parc et surtout le petit télésiège qui nous aidera à monter les premiers mètres. Du coup, départ à 1800 m pour rejoindre le haut du cratère a 2830 m. Nous chaussons les crampons pour un bout de l’ascension car il y a un peu de neige. Nos guides se préoccupent principalement de nous signaler le pierres de lave qui décrochent pour que l’on puisse courir d’un côté ou de l’autre (pas évident avec des crampons).

Les derniers mètres se grimpent dans les roches de laves qui ne sont pas très stables. Il n’y a pas de chemin et c’est là que nous remercions infiniment le guide que je suis à la trace.

Arrivé en haut, nous jouissons d’un magnifique panorama. Il y a, évidemment, le trou. Nous n’apercevons pas la lave mais respirons par contre bien les émanations de souffre.

Nous sommes redescendu rapidemment (sauf le premier bout) sur les fesses dans la neige.

Le lendemain, nous avons visiter la région à vélo. Et oui, cela commencait à nous manquer ! Nos fesses ont un peu souffert mais c’était sympa de pédaler.

Nous allons ensuite reprendre un bus de nuit pour rejoindre la ville de Valparaiso. Place à un peu de culture…

La croisière s’amuse

Après une bonne longue marche, quoi de mieux qu’une petite fondue … Et bien non introuvable !

Dommage, on s’est contenté d’une excelllente pizza.

Par contre, en récompense de l’effort donné, nous nous sommes offerts quatres jours de croisière à bord du Ferry Evangelistas de Navimag. L’embarquement est prévu a 21 heures le jeudi soir. Nous sommes quasi deux cent passagers prêts pour naviguer durant 4 jours jusqu’à Puerto Montt en traversant canaux et fjords et une partie de l’océan pacifique (partie un peu plus technique pour nos estomacs).Le ferry

Nous sommes tous assez excités par l’aventure qui nous attend et curieux de voir la tête de nos cabines et celle des compagnons de chambre (vont-ils ronfler?). Le résultat fut plus que ce que nous pouvions attendre. Nous nous sommes retrouvés dans une superbe petite cabine très confortable avec deux espagnols très sympathiques. Nous prenons nos place pour la nuit que nous allons passés au port. Ensuite, rendez-vous dans la salle principale pour le premier briefing (trajet, organisation, activités, sécurité, présentation de l’équipage…).

Nous nous faisons gentiment réveiller vers 6h00 du matin. Le bateau quitte le port de Puerto Natales. Encore une petite heure de sommeil avant d’aller prendre un bon petit déjeuner. Le soleil se dispute avec les nuages mais nous pouvons bien apercevoir le paysage des canaux et des fjords ( je vous laisse chercher la différence). Nous naviguons tranquillement et passons pas mal de temps dans la cabine de pilotage. On en apprend un peu sur le fonctionnement d’un bateau, grâce à Barbara qu’on a rencontrée sur le circuito. Le soir, quelques dauphins viennent nous souhaiter une bonne soirée. Nous nous offrons ensuite un petit apéro servi par Isaac (sans sa moustache, dommage !) avant le souper.

L’ambiance à bord est très agréable.

Samedi, nous faisons une petite escale à Puerto Edén; 180 habitants au milieu de nul part. Navimag (la compagnie du ferrie) a un accord avec les autorités et doit s’y arrêter pour approvisionner les gens et les transporter, au besoin, vers la ville. Le village est minuscule et très charmant. Il y reste une dernière famille d’indiens (les Kawéskar) mais il sont en voie de disparition car ils ne peuvent plus se reproduire (voilà encore un méfait de notre civilisation actuelle).

Nous remontons a bord pour la partie plus technique de notre voyage. Nous allons passer le golfo de Penas dans le Pacifique ce qui veut dire: des vagues et des risques importants de vomir. On nous conseille la petite pilule magique à prendre quand ils nous le dirons. 15hoo : ok c’est le moment et bonne chance à vous. 17hoo, cela commence à sérieusement bouger sur ce bateau. On se marre en se regardant marcher car on touche tous les murs et on s’accroche où on peut. Les vagues ne sont pas si grandes que cela mais cela tangue quand même pas mal. Nous avons été duremment bercés durant tout le nuit, c’était marrant. Le matin, calme plat et grand beau. On apperçoit des pinguoins et des éléphants de mer qui se baignent autour du bateau. L’après-midi; cadeau magnifique, nous apercevons au loin le souffle de deux baleines bleues et leur dos, merci.

La dernière soirée, nous nous sommes bien marrés en jouant quelques parties de Bingo. Les animateurs sur le bateau étaient juste extras, un peu du genre GO. Nous avons terminé la soirée avec une petite boum, bien drôle aussi !

Lundi matin, débarquement a 8hoo a Puerto Montt un peu triste de quitter la mer mais à l’affût de nouvelles aventures…..

Torres del Paine: El circuito

Pour nous remettre de toute la consommation de nourriture trop grasse, on a donc décidé de partir faire un peu de marche…

Accessoirement, le parc des Torres del Paine n’est pas très accessible: même si on n’y va qu’un jour pour voir les célèbres Torres, il faut compter 6 heures de marche. De plus, beaucoup des plus belles attractions sont encore plus inacessibles. Le meilleur moyen, c’est donc une tente, un sac de couchage, quelques kilos de pâtes, du temps et pas mal de motivation.

Il y a deux circuit possible: le W (à cause de la forme) qui ne fait que la partie sud du parc, ou le circuito, qui tourne tout autour du massif. Comme on a le temps, on a opté pour le circuito, même si il y a moins de possibilités de faire demi tour en cas de problèmes. Comme on assure ;-) , ça devrait aller.

La carte (google maps) 

La galerie Photos 

Jour 1: Hosteria las Torres – Camping Serón

9 kms / 4 heures

Le premier jour, c’est toujours un peu dur: le sac est trop lourd, et on se rend compte du côté un peu inconscient du projet… Pour le circuito, c’est aussi un des moins intéressants au niveau du paysage: on laisse les Torres derrière nous pour contourner par la droite le coin sud-est du massif. On se rend aussi compte qu’avec un gros backpack sur le dos, on ira beaucoup moins vite qu’à notre habitude. Heureusement, la marche est pas trop longue et le camp est sympa et pas trop bondé.

Jour 2: Camping Serón – Refugio Lago Dickson

19 kms / 6.5 heures
Le deuxième jour nous donne une meilleure idée de l’effort à fournir… Le paysage devient plus sauvage et la civilisation s’éloigne. La montée du jour se termine par un col ou on se prend le vent de la vallée du Rio Paine directement dans la figure: au moins 120 km/h, difficile de progresser mais ça nous prépare pour la suite ;-) . Ensuite, on longe le Rio Paine jusqu’au refuge Dickson, au bord du lac du même nom où on peut voir le lac et deviner le glacier dans les nuages. Jusque là on a pas à se plaindre de la météo, il fait même trop chaud! Ceci dit, ça va vite changer…

Jour 3: Refugio Lago Dickson – Camp Los Perros

9 kms / 5 heures

On replie le matos, et on démarre pour 4 heures dans la vallée de los Perros, pour arriver au camp 500m plus haut. C’est le début de la montée vers le Paso John Gardner, qui se fait en deux jours. C’est le fameux col ou les guides prédisent du vent à décorner un mammouth, de la neige du brouillard, des hannetons et j’en passe…

Toute la montée se fait dans la forêt, dans une des vallées les plus reculées du parc. Comme d’hab, le paysage est unique: glaciers, torrents de montagne, sommets enneigés et cascades accompagnent le voyage. Plus un autre classique patagonien pour la dernière heure: la pluie… Heureusement qu’on est partis assez tôt, vu que le temps se gâte bien. On ne prend qu’une heure de flotte, juste le temps de constater que le goretex, c’est du pipeau. On arrive donc mi-trempés au camp et on monte la tente sous le déluge. Un bon point pour EXPED: la tente est étanche, on peut donc dormir au sec. Pas mal, vu que demain c’est 700m de montée et 1000 de descente de l’autre côté.

Jour 4: Camp Los Perros – Camp Los Guardas

18 kms / 7.5 heures

Aujourd’hui, c’est un peu l’épreuve de vérité: le Col John Gardner, 1240m avec des conditions qui peuvent être dantesques. Justement, on se pose quelques questions vu qu’il a plu une bonne partie de la nuit et on est très contents de sortir de la tente sous le soleil.

On commence donc directement la montée par une demi-heure de boue (Swampy-swampy on nous avait prévenus). Ensuite ça s’améliore et on retrouve du terrain habituel pour nous: pierrier et roche glaciaire. La montée se passe sans problème et on arrive en haut pour constater qu’il n’y a pas de vent. La classe, on a donc tout le temps pour admirer le monstre 500m en dessous: le glacier Grey. 15km de long, 5km de large, il descend directement du Hielo Sur, le champ de glace patagonien (comme le Perito Moreno). La vue du col est idéale: on est en plein milieu et on embrasse tout le glacier, le lac Grey et les autres glaciers qui se jettent dans le Grey. C’est vraiment la récompense pour avoir choisi le circuit plus difficile et les 3 jours de marche pour arriver jusque là.

Pour terminer la journée, 4 heures de descente sur un sentier boueux, quelques mètres seulement en dessus de la roche vive qui bordent l’immense langue de glace. On arrive au camp Guardas, gratuit mais très basique.

Jour 5: Camp Los Guardas – Camp Paine Grande

15 kms / 5 heures

On part de Los Guardas en regardant encore une fois incrédules l’énorme glacier Grey et les icebergs qu’il crache sur le lac et on se dirige vers le Refugio Grey, où on rejoint l’autre circuit, le W. A partir de là, beaucoup plus de monde sur le sentier, c’est un peu moins tranquille. La journée paraît un peu longue à cause de la fatigue du jour précédent et en fin d’après-midi on débarque au Lodge Paine Grande, une sorte d’auberge pour américains avec bar, happy-hours et prix en conséquence

Jour 6: Camp Paine Grande – Camp Italiano + Valle del Francés

20.5 kms / 8 heures

Aujourd’hui le programme est en deux parties: deux heures jusqu’au camp Italiano où on va monter la tente et se débarrasser des enclumes dans nos sacs. Ensuite, la valle del Francès dont on beaucoup entendu parler et qu’il ne faut pas rater, paraît-il…

En arrivant au camp, on comprend déjà pourquoi: sur la gauche, on a une vue sur le glacier français, qui couvre le côté est du Paine Grande et qui se compose de plusieurs corniches sur environ 1000m de hauteur. Chaque fois qu’un bloc se détache et s’écrase sur la corniche inférieure, on entend un craquement semblable à la foudre. Donc trois heures de montée plus tard, on arrive en haut de la vallée et on a une vue incroyable sur tout le cirque de tours de granit qui la ferme. En tout et pour tout 4 autres personnes sont en train d’admirer le spectacle, comme quoi, même aux Torres del Paine, on peut être tranquilles.

Après avoir regardé encore une fois le glacier français on redescend vers le camp Italiano et on retrouve l’ambiance “Palavas les flots” du camping. Malheureusement, beaucoup de personnes on un peu de peine à respecter le parc et vu la quantité de visiteurs, les campings sont des fois assez crado: papiers, poubelles qui traînent et personnes qui font la vaisselle dans la rivière (merci l’eau potable). Sans compter le bordel que certains visiteurs font.

Jour 7: Camp Italiano – Refugio Chileno

18 kms / 7 heures

Pour terminer la marche, on fait une partie du circuit W pour aller se poser au bas du sentier vers les Torres. Beaucoup plus de monde, le chemin est un peu long, surtout qu’on commence à sentir la fatigue comme on a pas pris de jour de repos. Heureusement il y a toujours un paysage incroyable pour se passer le temps: aujourd’hui, on longe le massif des Cuernos del Paine (les cornes) dont la forme et la couleur sont assez improbables. On finit quand même par arriver au refugio Chileno après 7 heures de marche. Le petit camp juste à côté est très sympa, seulement une vingtaine de tentes, ce qui nous change du camp Italiano.

Jour 8: Mirador las Torres

14 kms / 5 heures

Dernier jour, qui devrait être l’apothéose. Ceci dit, je pense qu’avec tout ce qu’on a déjà vu, ça sera difficile d’être vraiment impressionnés. Ca démarre d’ailleurs mal le matin: il pleut. On en profite pour prendre le petit déj au refuge, en attendant que ça passe (avec le changement de saison toutes les 2 heures, ça devrait aller vite…)

Avec un peu de pitié pour les touristes qui arrivent trempés (2 heures de montée jusqu’au refuge depuis la route, et beaucoup de gens font un seul jour aux Torres et ne font que ce trajet) on attaque la montée sous la pluie qui s’arrète mollement.

La montée est comme d’hab: tout droit, le chemin est pas très bien tracé et la fin, dans les cailloux est un brin pénible (sans parler de la descente). Quand on arrive au mirador, les Torres sont quasiment dégagées et on a une assez bonne idée de la chose…

En fait les Torres del Paine se sont formées de la même manière que le pain de sucre et les autres Morros de Rio de Janeiro: c’est la lave durcie, restée dans le conduit du volcan qui créé ces tours de granit: le cône de déjection, formé de lave plus friable, a été emporté (aux Torres par le glacier dont on voit les restes sous les tours).

Après 8 jours et 115 kilomètres, on peut vraiment dire que le circuito est une expérience unique, non seulement par la diversité des paysages (glaciers, montagnes et forêts vierges dans une concentration unique au monde), mais aussi à cause de l’effort nécessaire pour pouvoir les admirer. Tout se mérite, et peut-être bien que c’est mieux comme ça…