Monthly Archive for February, 2008

El Calafate

Après de belles journées dans les montagnes, nous prenons le bus quelques heures pour rejoindre une contrée bien touristique : El Calafate. En résumé, shopping, bar, musique, des centaines de groupe de touristes, des banques, des agences de voyages et nous un peu perdus au milieu. Il faut dire que l’on revient d’une semaine de carretera australe et une de montagne.

Mais El Calafate vaut plus que le détour quand même puisqu’on a pu y voir le fameux glacier Perito Moreno.

6o mètre de haut, 4 km de large et une profondeur difficilement mesurable. Il s’agit d’une langue de glace qui arrive des montagnes et termine par un lac. La totalité du glacier (le champ de glace “Hielo Sur”) que nous n’avons bien sur pas vu est la troisième réserve mondiale en eau potable.

Nous sommes restés plus de trois heures à contempler ce monstre qui craque de partout. Des morceaux de glaces énormes se détachent à tout moment formant des icebergs qui se déplacent sur le lac.

Le spectacle est extraordinaire et on comprend mieux l’amas de touristes devant la bête. 500’000 personnes visitent le Perito Moreno chaque année et l’aéroport va être prochainement agrandi pour accueilir de plus gros avions directement des Etats-Unis ou du Japon!

Ushuaïa

Le bout du bout du monde…. après c’est peut-être le précipice ??? Nous ne sommes pas allés plus loin.

Un sentiment un peu étrange, de se trouver là tout au bout, nous a fait passé quelques magnifiques journées à Ushuaïa.

Nous avons navigué une journée sur un petit voilier, de quoi découvrir la faune et la flore locales (éléphants de mers, cormorans, oies sauvages et autres oiseaux de toutes sortes).

Nous n’avons malheureusement pas rejoint l’Antartique (et oui c’est un peu cher pour notre budget: 4000$ en last minute). De plus sur ce voilier, j’aurai un peu craint…

Quelques ballades dans le parc national, au milieu des lapins et en dessous des rapaces, nous ont permis de découvrir ces étendues de nature juste occupés par les animaux.

En résumé, nous en avons à nouveau pris plein les yeux.

Fitz Roy

Une tente, un sac de couchage, un réchaud, deux casseroles, des vivres pour 4 jours, un slip de rechange….

Nous voilà prêt pour un trekking de 4 jours autour du massif du Fitz Roy avec une météo plus que clémente qui nous a permis d’admirer le Fitz Roy et le Cerro Torre sous toute leurs formes et couleurs. Sans les toucher, comme on est pas des pros de la grimpe. (Fitz Roy , Cerro Torre)

Les marches étaient suffisantes ! (J’ai parfois eu l’impression de faire un long cours intensifs de Body Pump au Fitness)

Debout à 6h00 du matin, petite toilette rudimentaire(c’est froid) au bord de la rivière (enfin à 30 pas pour ne pas contaminer l’eau car c’est aussi celle que tu bois) puis on grimpe quelques centaines de mètres en dessus pour admirer le lever de soleil.

Ensuite, on plie le matos et en route pour le prochain campement et ce durant 4 jours fantastiques!

El Chaltén

Après cette fameuse traversée de frontière pour laquelle Quentin a juste oublié qu’en plus de nos sacs à dos, nous avions la compagnie de taons (l’antimoustique étant juste bon à t’intoxiquer), nous sommes arrivés à El Chaltén.

C’est un petit bled de trekkers et grimpeurs qui se développe à vitesse grand V depuis 1985. Un peu trop vite… Les infrastructures ne suivent pas du tout; pas de banque, pas de plan d’urbanisation (du coup cela pousse dans tous les sens et un peu n’importe comment), pas de ligne téléphone, pas de pression pour l’eau courante…. A revoir dans quelques années…

Par contre le village jouit d’une vue grandiose sur le Fitz Roy et le Cerro Torre. L’endroit est magnifique et j’ose même dire, moi qui admire pourtant Le Cervin, que c’est encore plus impressionnant que Zermatt.

La galerie photo…

Info Météo

Nous voilà parti depuis plus d’un mois…. Nous parcourons la Patagonie et certains doivent se demander s´il neige, s´il pleut, si on se les pèle ! C’est ce qui était prévu (sac de couchage hiver, tente de camping pour condition de neige, habits chauds, bonnets, polaires… avec comme résultat un sac à dos énorme) et en fait c’est la crème solaire indice 50 et nos lunettes de soleil qui nous sont les plus utiles.

Cela s’appelle “La Niña“, à nos pas confondre avec son grand frère ” El Niño“, du soleil tous les jours, pas de pluie depuis des semaines. Ceci n’est pas du tout habituel mais je dois dire que cela nous arrange bien. Nous avons pu faire, par exemple, le tour du Fitz Roy en l’admirant tous les jours. Ce qui n’est de loin pas le cas de tout le monde.

A El Chalten, nous avions en moyenne 25 degrés alors qu’habituellement il fait entre 5 et 10 avec comme maximum 15. Il devrait aussi pleuvoir très souvent.

Nous avons vraiment de la chance. Les gens ici sont assis sur les bancs en répétant : ¡Mucho Calor! genre nous en Suisse durant l’été 2003.

On espère que cela continue … Désolée pour le réchauffement climatique !

Carretera austral V: Villa O’higgins – El Chaltén

Trajet: Villa O’higgins – El Chaltén (Argentine)

Kms: 50 (bateau) + 25 (pied) + 20 (bateau) + 40 (bus) = env. 140

Villa O’higgins normalement, c’est la fin de la route. Pour partir: il faut attendre le bus (2 par semaine) et faire 600 kms de gravier, qu’on connaît déjà puisque on est venus par là.

Depuis quelques années, il y a une autre possibilité: prendre le bateau jusqu’à Candelario Mancilla (le bled le plus paumé du Chili) et ensuite marcher 25 kms jusqu’à l’Argentine, reprendre bateau puis bus et arriver (avec un peu de chance) à El Chaltén.

On a donc booké ça sans trop y croire sur le site internet (si si) et on est parti de VLago del Desiertoilla O’higgins à 6 heures du mat.

Le trajet est surtout intéressant pour les paysages et le côté perdu de l’endroit: On commence par longer le bras nord du Lago O’higgins, on descend du bateau à Candelario Mancilla, on laisse les Mochilas pour que les chevaux s’en chargent et on part donc pour 20km de marche plein Sud direction: la frontière.

Après une ou deux hésitations et 4 heures de marche en croisant un mec (qui le faisait dans l’autre sens) on arrive à la frontière argentine. Pour ajouter à l’insolite, un groupe d’allemands, la soixantaine, en tour organisé, s’était joint à nous le matin. (On avait déjà eu vent de leur présence à Villa O’higgins car les nouvelles vont vite dans ces endroits où il ne se passe rien..)

L’organisateur nous avait averti du problème: il faut marcher avec les sacs de la frontière argentine à la douane, soit 6kms… Les allemands et leurs Samsonites à roulettes ne semblaient pas au courant, ceci dit.

Comme on admirait, incrédules le tas de bagages paumé au milieu de nulle part, les notres sont arrivés par leur propres moyens hennissants. On a donc chargé ça comme on a pu et on est partis pour deux heures pénibles jusqu’au Lago del Desierto et à la douane. Heureusement la vue est totalement unique et fait un peu oublier les 25 kgs qui te plie le dos: Le Lago del Desierto avec en fond, le massif du Fitz Roy. Encore une fois on a de la chance avec le temps: le ciel est quasi dégagé…

Le passage de douane se fait comme d’hab. et après une heure de bateau et une heure de bus on est a El Chaltén, la mecque du trekking et de l’alpinisme en Argentine.

Pour l’anecdote: les allemands sont tous là, mais il manque leur bagages ;-)

Carretera austral IV: Cochrane-Villa O’higgins

Trajet: Cochrane-Villa O’higgins

Kms: 220

C’est reparti pour un petit tour en bus, dont l’état se déteriore au fur et à mesure qu’on va vers le sud (heureusement, c’est le dernier). On repart avec les mêmes touristes (plus ou moins quelques locaux) qui sont maintenant nos potes, à force de passer toutes nos journées ensemble, cette fois jusqu’au bout de la route, 9 heures plus tard.

Beaucoup de gens viennent ici pour le côté mythique End of the Road de l’endroit. Nous aussi, mais on aimerait aller plus loin: comme c’est un cul de sac, ça veut dire se taper 600km dans l’autre sens pour retourner jusqu’à un endroit ou passer la frontière (Chile Chico, entre Cochrane et Coyhaique).

Mais, il semble y avoir une autre solution: Prendre un bateau sur le lac O’higgins près de Villa O’higgins et après 3 heures arriver à une ferme et un poste de police chilien, mettre les sacs sur un cheval et marcher 25 kms vers le sud et la frontière argentine pour arriver au nord du Lago del desierto, 40 kms au Nord de El Chaltén. Ce qui tombe bien puisque c’est notre prochaine étape.

Comparé à Villa O’higgins, Cochrane paraît être une mégapole. Ici, 2 restos, pas de bars, un minimercado où c’est difficile de trouver un soda pas perimé et tout ça pour presque le même prix qu’en Suisse (bon, transporter des bouteilles de bière sur 500 kms de chemins forestiers, c’est sûr que ça a une influence sur le prix). Seul avantage: l’eau des rivières est potable.

Heureusement on a des chaussures de marche et il y a quelques sentiers dans le coin. Donc, après avoir confirmé de vive voix que le passage vers l’Argentine était possible et que les chevaux nous attendaient (on n’y croyait qu’à moitié), on s’en va voir le Refugio Mosco, une belle balade en direction des glaciers qui se trouvent évidemment au fond de la vallée. Comme ça monte, on a droit à une belle vue sur le village et le Lago O’higgins qui va jusqu’en Argentine. De temps en temps on se prend quelques gouttes de pluie poussées par le vent depuis l’énorme Campo de hielo Norte, ça nous change un peu du soleil.

Villa O’higgins est vraiment un endroit spécial. Les gens sont spéciaux, ça sent un peu le repris de justice qui a fui quelque sentence et l’asocial qui ne veut pas s’intégrer dans la société moderne. Il y a aussi bien sûr des simples agriculteurs et des personnes très sympa comme la patronne de notre hôtel, qui avait une demi vache à préparer au milieu de sa cuisine et qui n’a rien dit quand on lui a demandé de déjeuner à 6 heures du mat…

A la sortie du village: la fin de la route. Juste deux barrières posées en travers, avec assez de place pour passer (la route va un peu plus loin en fait, pour prendre le bateau sur le lago O’higgins).

C’est assez symbolique: La route est finie, mais vous pouvez quand même continuer…

La suite: une très longue journée, dans le prochain épisode…

PS: Les photos aussi, dès que les connections Internet s’améliorent.

Carretera austral III: Coyhaique-Cochrane

Trajet: Coyhaique-Cochrane

Kms: 330

La deuxième moitié de la carretera austral commence un peu comme le rembobinage de la fin de la première: de plus en plus d’arbres, et la nature qui redevient lentement plus sauvage. Après 100km, on passe devant le massif du Cerro Castillo, très impressionant avec ses tourelles verticales.

Bon, on l’avait déjà vu le jour d’avant comme on était allés à la fête paysanne, assez pittoresque: les familles viennent avec le pickup et les glacières et passent la journée ou le weekend à regarder des concours de rodéo… Le marché concours local, en fait.

Plus loin, c’est de nouveau le glacier à gauche, le lac émeraude à droite, je ferais bien une photo… Tiens, ça tombe bien, on a crevé.

C’est la quatrième crevaison depuis qu’on est là, la troisième sur la carretera. Bon vu la vitesse ou ils roulent, l’état de la route et les pneus slicks façon formule 1 dont ils équipent leurs bus, c’est vite arrivé. D’ailleurs, tous les véhicules ont deux roues de secours (on le sait parce qu’on a justement utilisé les deux sur ce trajet).

Pour ce qui est du paysage, rien de nouveau, ou plutôt, toutes les 5 minutes une nouvelle montagne, un glacier, un lac, un bled encore plus paumé que le précédent. On se fait avoir à chaque fois: tu regardes à gauche pendant 3 minutes fixé par le glacier suspendu et quand tu tournes la tête de l’autre côté: le panorama à complètement changé, il y a une perspective sur des kilomètres, un fleuve immense ou une cascade… et ça fait près de 600 kms que ça dure…

Après 300 kms et 6 heures de ripio, on arrive à Cochrane, le far west.

2000 habitants, une réserve à côté, 2 restaurants et un pub. Et 18 touristes: la capacité du bus.

Du coup on va faire peu de marche dans la réserve, ainsi qu’une tentative de baignade dans le lac, avortée en raison de la température microscopique. Rien que de tremper les pieds, ça fait mal. Très dommage, vu que l’eau est absolument transparente et le paysage superbe.
Cochrane est le seul village de taille à 300 kms à la ronde, il y a donc un supermercado. LE supermercado. Ils vendent tout, du matelas aux flingues en passant par les clous, les glaces, le pain, les chaussures, la viande et les télés. Il n’ont par contre pas encore reçus les écrans plats par ici. C’est vraiment interéssant pour nous, parce que ce genre d’endroit n’existe plus en Europe, et que ça donne une bonne idée des conditions dans lesquelles vivaient nos aïeux il y a un ou deux siècles (sans tenir compte du progrès, évidemment).

Comme on préfère la civilisation, on booke donc nos tickets pour Villa O’higgins ;-) .