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De retour en Argentine

Avant de quitter le continent, nous ne pouvons pas manquer un passage chez Andrés et sa famille. Nous passons notre dernier week-end en très bonne compagnie. Andrés, Alberto, Didi et Titi nous accueillent comme d’habitude les bras grands ouverts. On se sent comme à la maison.

La température est plus basse que la dernière fois, les arbres bourgeonnent et les pâturages sont secs. C’est la fin de l’hiver et les argentins attendent impatiemment l’été. Pour moi, c’est un temps idéal et nous en profitons pour nous balader un peu en compagnie de Mafalda et Justine, les chiens d’Alberto et Andrés que j’ai aussi beaucoup de plaisir à revoir.

On déguste nos dernières grillades argentines dans le jardin accompagnées de bonnes bouteilles de vin. Il m’est très agréable de pouvoir cette fois suivre les discussions. Je crois que Quentin apprécie aussi de ne plus m’entendre dire a tout moment: Mais qu’est-ce qu’ils disent?

On discute de notre voyage, des différences entre chaque pays que nous avons visité. On parle un peu de la situation politique et économique de l’Argentine. L’inflation continue toujours. Les prix des aliments peuvent augmenter en une journée. L’état de la province de Cordoba n’a plus d’argent et recommence à payer les gens avec des bons de reconnaissances de dette, comme à la grande époque de la crise de 2001. Les argentins sont un peu inquiets mais je trouve qu’ils se plaignent peu par rapport à la situation. Durant ce voyage, j’ai constaté que ces pays avaient l’habitude des instabilités économiques et politiques et qu’ils faisaient avec.

Les journées passent vite: Mardi soir, on prend notre dernier bus de nuit pour Buenos Aires.

3 derniers jours à Buenos Aires avec quelques musées, expositions, 2 ou 3 ballades dans ses quartiers et un peu de shopping. 3 soirs, 3 parrillas, merci au serveur qui nous a conseillé la demi portion nous évitant de nous retrouver face à une entrecôte de 900gr chacun! 600 gr, c’est déjà  pas mal.

Vendredi soir: ouïe! On ne sait que dire. On se regarde un peu comme des cons! C’est fini, et oui…  On a pas envie que cela s’arrête, en fait! On se remercie, on mange notre dernier filet de boeuf et on retourne à l’hôtel avec un sentiment très étrange!

La perle des Caraïbes

“Le pire qui puisse t’arriver en visitant la Colombie c’est de ne plus vouloir repartir!”

C’est le slogan de l’office du tourisme du pays. Nous l’approuvons tout à fait. Le pays est magnifique, les colombiens ont un sens de l’accueil incroyable. Ils sont très chaleureux et ce dans tous les sens du terme! On a pas envie de partir…

Beaucoup de colombiens nous demandent ce que nous faisons là car ils savent très bien la réputation dont le pays jouit à l’extérieur. Ils sont très contents de voir les touristes arriver et les La colombe détruite de Boterochoses changer. Bien sûr que la situation reste difficile dans certaines région du pays où les FARC et les paramilitaires sévissent encore. Un attentat devant le palais de justice de Cali, il y a quelques jours, rappelle que les problèmes ne sont complètement réglés. Il y a d’ailleurs toujours des enlèvements et des disparitions. Trois mille otages sont toujours prisonniers dans les forêts colombiennes. A ce propos, les colombiens trouvent que depuis la libération d’Ingrid, la communauté internationale (Sarko en tête) ne se préoccupe plus vraiment du sort des autres otages.

La Milagrosa, film colombien à l’affiche actuellement, relate de manière réaliste le traitement des otages et ce n’est pas beau à voir. En 2003, cinq personnes disparaissaient par jour. Il y a peu de temps, il était très dangereux de prendre sa voiture pour rejoindre une autre ville. Le tourisme était très dangereux pour tout le monde. A Medellín, par exemple, il y avait des indicateurs dans les hôtels pour dénoncer les étrangers en vue de les enlever. Ceux-ci devaient se faire escorter par la police pour tout déplacement.

La situation s’améliore heureusement. Le nouveau président a beaucoup misé sur la sécurité. Avec un poste de police ou d’armée tout les 20 km sur la route et un policier tout les 200 mètres dans les villes. Des chiens recherchent des explosifs dans chaque voiture lorsqu’elles rentrent dans un parking. Devant les édifices importants ou certains grands centres commerciaux, il y a souvent des détecteurs de métaux et des policiers qui ouvrent ton sac. Tout cela se passe dans un calme incroyable et quand le policier t’aborde en te disant: Mi amor, por favor… tu ne peux que collaborer! Toutes ces démarches sécuritaires peuvent paraître contraignantes mais selon les colombiens elles sont nécessaires et ils les acceptent bien. Pour notre part, cela faisait un moment que nous ne nous étions pas sentis aussi en sécurité.

Nous sommes aussi frappé de la qualité des campagnes de lutte anti-drogue. C’est vrai qu’ici, la consommation de cocaïne représente le principal soutien aux FARC et aux paramilitaires. Le problème est évidemment bien plus complexe mais la lutte anti-drogue dans ce pays est importante et financée largement par les Etats-Unis.

Tout le plan politique de Uribe a diminué le nombre d’enlèvement et a permis aux colombiens de vivre plus paisiblement. Je sais qu’il n’y a pas que du bon dans ce que fait le Président, mais comme la soulignait un caféiculteur, rien n’est jamais bon à 100%. Pour nous les étrangers, nous pouvons terminer cette fabuleuse aventure en beauté dans un pays magnifique.

Nous arrivons à Cartagène, la plus belle ville que nous ayons visitée jusqu’à aujourd’hui. La ville coloniale entourée de rempart au bord de la côte des Caraïbes ajoute à toutes ces petites maisons de couleurs vives un charme extraordinaire. Nous avons admiré cette ville durant quatre belles journées chaudes et ensoleillées. Cartagène est très représentative de la Colombie: chaleur, couleur, fiestas à tous les coins de rue!

Au programme, ballades sur les remparts le matin puis dans les ruelles de la ville dès que le soleil tape trop fort. La journée se termine avec un apéro dans le brise du large. Nous finissons nos soirées en écoutant des concerts de Salsa dans des bars très sympathiques. Nous sirotons quelques verres de rhum ou d’aguardiente en enviant les couples qui dansent admirablement bien. Elle est pas belle la vie?

Bientôt de retour

Ombres chinoises

Un peu plus d’une semaine et nous serons de retour! Notre voyage se terminera le 14 septembre au moment où l’avion atterrira sur la piste de l’aéroport de Genève. Oups!

Nous avons passé plus de huit mois absolument merveilleux, magnifiques, incroyables, spectaculaires et enrichissants… Il n’y a pas suffisamment de mots pour résumer ce que nous avons vécu. Ce voyage si il était à refaire je n’en changerai absolument rien.

Cette expédition latino-américaine a été une belle aventure. Nous avons profité au maximum de chaque instant. Nous oublierons jamais toutes les rencontres que nous avons faites. Je remercie toutes ces personnes qui ont croisés notre route.

La nature nous a à chaque fois surpris par sa beauté et par sa grandeur. Les variétés naturelles de ce continent sont incroyables et resteront à jamais gravées dans nos mémoires.

Nous sommes très reconnaissant d’avoir pu faire un tel voyage sans embrouille. Et je remercie mon Quentin sans qui ce voyage ne se serait pas dérouler ainsi (ne se serait pas déroulé du tout d’ailleurs). Merci de m’avoir conduit sur ces chemins, guidée et accompagnée durant 8 mois.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à publier notre blog. Nous sommes très reconnaissants envers toutes les personnes qui y ont participé en écrivant un commentaire. Merci aussi à toutes les personnes qui ont pensé à nous.

A TOUT BIENTOT, on se réjouit de vous revoir

Pour un bilan de ce voyage, il faudra attendre que nous décantions tout ça…

Manizales

Quand on pense à la Colombie, on sent une petite odeur de café.

BeansCe pays en est le troisième producteur mondial, mais le premier en terme de qualité. Des millions de caféiers poussent autour de Manizales et Pereira. De magnifiques maisons colorées nommées Fincas s’ajoutent aux charmes de ses étendues vertes. Il est impossible de donner un nombre d’hectares de plantations mais à l’oeil, c’est immense. Les récoltes ont lieu deux fois par année et se font à la main. La main d’oeuvre par exploitation varie entre huit-cent et mille personnes. La récolte d’une plante apporte 1kg de café (une plante au mètre carré). Les grains sont ensuite lavés, séchés puis emportés dans de petites usines qui vont les trier. Le tri s’effectue selon la taille et le poids. Chaque sac de 70 kg est ensuite dégusté. Le café colombien tient à sa réputation de meilleur café du monde. Avant d’etre chargé sur les bateaux pour l’exportation, les sacs sont à nouveaux testés. La meilleur sélection part pour l’Europe et le Japon, le deuxième choix pour les Etats-Unis et les restes pour les Colombiens!

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter deux Fincas et ainsi pouvoir apprécier de plus près la El gringo (ou la gringa)culture du café. Une dégustation de café s’impose: j’ai fait l’effort mais je n’ai pas croché bien que cela soit le meilleur café du monde. La région est candidate pour être patrimoine culturel de l’UNESCO. Il y a de quoi car non seulement la région est magnifique et de plus son exploitation a beaucoup de charme.

Manizales se trouve a 2000 mètres d’altitude proche d’un des plus haut volcan de la Colombie: Nevado del Ruiz, 5321 mètres. Cette fois, pas de trekking prévu dans la région mais nous profitons d’une journée pour tenter d’aller voir cette montagne de plus prêt et surtout découvrir la réserve du même nom.

On prend l’option de partir avec un groupe de colombiens et un guide. Résultat: on a quasi rien vu si ce n’est la neige en Colombie et ce dès 4000 mètres. Evénement très rare selon les locaux! Depuis deux mois, nous entendons souvent: El tiempo esta loco ! Les changements climatiques sont très importants dans ces régions. Nous ne comptons plus le nombre de glissements de terrains que nous avons rencontrés ou les routes détruites!

Faut mettre les chainesLe bus n’étant pas équipé pour la neige prend l’option (enfin, c’est plus vraiment une option), et je l’en remercie, de ne pas monter plus haut. Nous nous arrêtons à mi-parcours pour faire une bataille de boules de neige. Les colombiens sont enchantés et nous, on s’amuse bien comme tout le monde. L’après-midi se termine dans des bains thermaux.

Súa

Le chrono tourne. Nous commençons à agender davantage la suite de notre voyage si nous voulons pouvoir prendre notre vol de retour depuis Buenos Aires. La route est longue jusque là-bas. Nous décidons de nous arrêter en Colombie. Ainsi, nous aurons touché les extrêmes nord et sud de ce fabuleux continent sud-américain.

Avant de changer de pays, nous entendons un appel de l’océan pacifique, plus Reploufprécisément celui du plus grand mammifère marin qui y vit. Sur la côte équatorienne, c’est la saison durant laquelle les baleines à bosse viennent profiter des eaux plus chaudes pour s’accoupler ou mettre bas. Cela serait dommage de ne pas aller y jeter un petit oeil.

Nous prenons un bus qui nous amène jusqu’à la côte dans la province d’Esmeraldas. Passablement d’heures de bus à travers des paysages magnifiques de forêts tropicales. Je pense avoir aperçu quelques bananes et roses qui seront bientôt sur les étalages de la coop. Les gens sont toujours plus foncés. Cette région est habitée principalement par les descendants des esclaves venus de force de l’Afrique durant la période coloniale.

Les équatoriens sont toujours assez fiers de pouvoir nous raconter qu’en un jour, tu peux déjeuner en bord de mer, dîner sur les montagnes volcaniques et souper dans la forêt amazonienne. Nous avons d’ailleurs été impressionnés par la quantité de gens qui habitent près d’un volcan qui peut se réveiller à tout moment. Certains équatoriens vivent sur les cratères, courageux, non?

Nous arrivons a Súa vers 16h un samedi en pleines vacances équatoriennes, sur la côte préférée des habitants de Quito. On savait qu’il aurait du monde mais la description du guide nous disait quand même: tranquille petit village de pêcheurs. Si une alignée de bars avec de la musique plus forte que le voisin, une plage bondée, des voitures parquées dans tous les coins cela signifie un petit village tranquille, alors nous avons du nous tromper d’adresse (ou de guide).

Non, nous sommes bien à Súa puisque nous trouvons l’hôtel ou nous avons notre réservation. Dommage,Un petit jus? les pensionnaires de notre chambre ne l’ont pas quittée comme prévu et nous n’avons pas le courage de faire le plan Bronzés font du ski: “vous oubliez votre scrabble”. Vu le taux d’occupation dans les hôtels avoisinants, nous plantons notre tente dans… le parking. Autant dire que nous n’avons pas très bien dormi. Le béton c’est dur et cinq sortes de cumbia en même temps cela fait mal aux oreilles!

Pas grave, le lendemain on court sur la plage pour aller voir ces fameux mammifères marins. On embarque sur une barque élaborée équipée d’un moteur à mon avis trop puissant pour le bateau. Ainsi, on se retrouve très rapidement au large, façon générique de Miami Vice. Nous sommes un peu sceptiques, car on nous a bien avertis que les baleines ne sont pas toujours très coopératives (c’est pas flipper, non plus)!

Nous voyons une grande étendue d’eau un peu agitée puis des jets: ce sont des baleines. On s’approche. Il s’agit d’un couple et leur bébé, même si on ne peut vraiment parler de bébé vu la taille… Toujours est-il qu’il nous accueille avec un magnifique saut (sans nous laisser le temps de sortir l’appareil de photo, évidemment). Nous restons un moment à les contempler. Le baleineau s’approche du bateau, curieux. Il se tourne sur lui-même et semble nous faire signe avec ses nageoires. Certains moments, les parents l’entourent pour l’éloigner un peu des intrus. C’est impressionnant surtout quand ensuite les baleines passent sous la barque. J’espère alors très fort qu’elles ne vont pas nous mettre un amical petit coup de nageoire caudale.

Nous allons ensuite un peu plus loin et nous apercevons des dizaines de baleines au large qui respirent ou frappent l’eau de leurs gigantesques nageoires. Nous nous arrêtons à nouveau près d’une famille. J’ai mal aux joues tellement je souris! C’est magnifique.

Toujours sur le dosNous terminons ce merveilleux moment en naviguant à côté d’un groupe de sept baleines adultes. C’est magique et indescriptible comme sensation. On aperçoit une queue, un dos, une nageoire, une tête. On entend leurs souffles. Nous ne pensions pas pouvoir être si proches de mammifères de plus de douze mètres.

Notre petit détour en a bien valu la peine. Notre petit oeil pointé sur les baleines s’est transformé en deux gros yeux émerveillés une fois encore par la beauté de la nature.

Cuenca

Il est temps pour nous de quitter le Pérou pour l’Equateur. Le passage de frontière n’a pas toujours l’air au mieux entre ces deux pays! Nous prenons l’option d’en passer une plus tranquille et moins courue et nous avons eu raison. Notre arrivée en terrain équatorien s’est passée sans aucune embrouille. Le douanier péruvien nous a accueilli avec un: “wie geht’s?” Nous avons ensuite assisté à un passage sous les yeux de tout le monde de jerricans d’essence en contrebande par la rivière en dessous du pont. Pour cause, l’essence est deux fois moins chere en Equateur qu’au Pérou. Quand aux formalités douanières en Equateur, aucun souci et bon accueil!

Après plusieurs heures de bus depuis Trujillo, nous rejoignons Loja pour une petite halte de 12h et un peu de repos. Il est fortement déconseillé de prendre des bus de nuit en Equateur et de toute facon nos fesses sont fatiguées! Nous voyageons le lendemain pour la magnifique ville de Cuenca.Cuenca by night

A notre arrivée, nous sommes surpris du calme qui y règne. Les véhicules s’arrêtent tranquillement aux feux rouges. Il est possible de traverser sur des passages piétons sans danger. On marche dans les rues sans se faire accrocher à tout bout de champ. De plus, les rues sont d’une propreté inégalable. Les batiments coloniaux ont l’air neufs. La ville est classée patrimoine de l’humanité et pour cause, elle est magnifique. Nous prenons beaucoup de plaisir à nous ballader en admirant les belles églises et les divers autres bâtiments coloniaux.

IngapircaEn Equateur, il reste peu de ruines Incas. La plupart ont été, malheureusement, détruites lors de la colonisation. Il reste cependant quelques sites dont celui de Ingapirca. Celui-ci est le plus grand du pays. Nous n’avons pas pu résister à une petite visite du lieu. Les infrastructures sont souvent assez semblables. Nous commençons à reconnaître les différents détails… Même plus besoin de guide!

Cuenca est aussi la capitale du fameux Panama (le chapeau, pas le canal). La visite d’une de ces usines à chapeaux s’impose. Un des employé prend beaucoup de plaisir à nous expliquer les différents étapes de fabrication. Nous passons ensuite pas mal de temps sous les flash de notre appareil photo avec divers modèles sur la tête. Et bien sûr, nous ne pouvons pas repartir les mains vides!

Trujillo & Chiclayo

Nous redescendons sur la côte pour lentement continuer notre route sur le continent Sud-Américain. Il y a tant de choses à voir que nous pourrions rester 3 mois rien que dans la Cordillère Blanche. Ainsi, nous nous retrouvons en une nuit à l’altitude 0. La température remonte et le brouillard arrive. Les péruviens de la côte ne voient pas souvent le soleil en hiver: la faute au Garúa, la brume locale qui n’a rien à envier à notre stratus suisse!

Le retour à la civilisation est toujours assez frappant dans ces pays sud-américains. Les différences de niveau de vie sont tellement importantes. Marcher dans le Cordillera Huayhuash remet les pendules à l’heure. Les gens vivent encore plus simplement que l’on peut se l’imaginer. Ils ont vraiment rien si ce n’est quatre murs, un lit de fortune, un feu à même le sol pour cuisiner et un toit de pailles. Ils vivent de l’agriculture avec des méthodes oubliées chez nous depuis bien, bien longtemps. Toute la famille, du plus jeune au plus âgés, cultive les champs à la force de ses mains. Des petits bonshommes sachant à peine marcher vont rechercher les troupeaux de moutons en fin de journée.

Chan ChanAu Pérou, les belles routes, les belles maisons, les restaurants bondés de la côte montrent bien où se trouve l’argent. Nous prenons l’option de nous arrêter à Trujillo pour connaître les ancêtres pré-incas du nord de ce pays, les cultures Chimú et Moche (qui n’étaient pas moches, ceci-dit ;-) ) . Nous commençons pas la visite de Chan Chan: il s’agit d’un site archéologique entièrement construit en terre, en bord de mer, d’une superficie totale de 20km carrés. Tout n’est pas restauré, bien sûr, mais on se rend bien compte du travail de l’empire des Chimú. Malheureusement les ruines risquent de disparaître à cause du niveau de la nappe phréatique qui augmente. Un étang s’est formé au milieu d’un des palais pour la joie des canards, mais pas pour celle des archéologues.

Nous visitons des Huacas de plus 30 mètres de haut sur le site El Brujo. Il s’agit d’un complexe archéologique de la culture Moche, qui comporte des superbes frises colorées en haut-relief, le tout toujours en terre.

Nous terminons nos visites par celles des temples de la Luna et del Sol. Malheureusement, sur celle du soleil, il n’y a plus grand chose à voir car elle a été mise à sac par les huaqueros, les pilleurs de tombes.

Huaca de la lunaToutes ces complexes sont impressionnants et les archéologues ont encore des années de travail dans la région. Cependant les fonds manquent bien qu’ils en reçoivent passablement de l’étranger. Beaucoup de restaurations restent à faire mais ce qui se voit aujourd’hui démontre le travail impressionnant effectué à ces époques. La chance aidant, certaines choses comme des céramiques ou des peintures sont restées quasi intactes. Passablement de momies ont aussi été retrouvées accompagnées de nombreuses offrandes (objets diverses, animaux, bijoux, habits..).

Après une parenthèse par Chachapoyas, on clôt le chapitre péruvien à Chiclayo, principalement pour visiter le musée du Señor de Sipán. Encore un inconnu hors du Pérou, mais pourtant il vaut largement le détour: Il s’agit d’un responsable de la culture Moche dont le tombeau a été retrouvé intact en 1987, avec tous ses bijoux, offrandes et épouses!

Un musée a été ouvert, juste pour montrer le contenu de cet unique tombeau. La qualité du travail des métaux est toujours incroyable et les archéologues ont pu conserver jusqu’aux colliers de coquillages de plusieurs milliers de pièces.

Quelques infos supplémentaires sur le señor de Sipán:

http://sipan.perucultural.org.pe/

Wikipédia

Le Pisco (5760m)

Au milieu de tous ces sommets enneigés de la Cordillera Blanca, la tentation d’en grimper un est grande. Vu le temps passé en altitude, notre acclimatation semble être faite. Pourquoi ne pas en

profiter pour s’initier un peu à l’alpinisme!

Le sommet depuis le bas du glacier
Le Pisco, vu du bas de son glacier

Au Pérou, on peut volontiers s’asseoir et siroter des Pisco Sour à volonté (c’est même dans Wikipedia). Nous avons choisi de tenter l’ascension d’un sommet de la Cordillera Blanca du même nom à 5760 mètres. Pari tenu, on s’organise avec notre guide Maximo (le même que pour le trekking de Huayhuash) pour le faire en trois jours.

Nous commençons par rejoindre le point de départ en bus et taxi en passant par Yungay. Cette petite ville a été dévastée par un énorme torrent de boue quand un pan entier du Huascarán lors du tremblement de terre de 1970. Les rochers gros comme des maisons encore

présents donnent une idée de la force de la montagne.

On arrive au bout de la route avec le taxi, mais on n’aperçoit pas encore le Pisco. Aujourd’hui, l’objectif est de rejoindre le refuge se trouvant à 4680 mètres. Nous sommes déjà à 3900 mais cela n’est pas gagné car il faut monter avec tout l’équipement d’alpinisme et c’est lourd. Heureusement, Maximo nous déleste un peu, enfin surtout moi! Durant la montée, deux condors viennent nous saluer et nous distraire un instant. A mi-chemin, nous apercevons le monstre qui sera à escalader le

lendemain. Nous restons un peu bouche bée, ébahis à la fois par la beauté et par la hauteur de la bête!

Nous arrivons tranquillement au refuge bien contents de pouvoir passer la nuit au chaud et non sous notre tente pour une fois. On se couche vers sept heures dans le but de se réveiller le plus tôt possible. De toute façon, pas le choix: on se lève à 1h15 et on doit quitter le camp à 2h00.

Départ dans le noir

On commence par plus de deux heures de traversée de moraine comme je n’en avais jamais vue. D’énormes rochers plus ou moins stables sur lesquels passent un semblant de chemin. A l’aide de nos frontales, on monte pour redescendre puis pour remonter sous un magnifique ciel étoilé. Nous apercevons au loin d’autres cordées. On sera vingt à tenter l’ascension.

Arrivant enfin au bord du glacier, on passe aux choses sérieuses: crampons, piolets, harnais et c’est parti pour quelques bonnes heures de grimpes pour tenter rejoindre ce fameux sommet. Après quelques mètres, je me demande ce qui nous a pris mais bon, c’est un peu tôt pour m’arrêter.

On avance lentement mais on avance, les jambes sont lourdes, très lourdes. Je fais connaissance avec d’autres muscles que ceux utilisés pour trekker. J’ai l’impression qu’ils me crient très fort de m’arrêter. De plus, je suis tout sauf à l’aise avec des crampons.

Le soleil se lève gentiment, c’est magnifique. Nous nous trouvons au milieu de somptueux sommets enneigés. Le vent se lève aussi et il commence à faire bien froid. On monte les trois encordés sur ce monstre blanc. Il n’y a pas de bruit si ce n’est celui de notre respiration.

Après un moment, cela devient un peu plus dur, même le piolet commence à peser. L’alpinisme n’a vraiment rien à voir avec le trekking. Nous sommes acclimatés à l’altitude mais pas beaucoup à un tel effort. A mi-chemin, je n’y crois plus et ne peux plus tenir le rythme. Il reste tellement de pente à grimper. Je vois les cordées devant et derrière qui peinent aussi et réalise que ce n’est pas gagné.

J’ai voulu abandonner à plusieurs reprises mais Quentin me disait à chaque fois: allez, encore un bout! Maximo, notre guide y croyait pour moi. A coup de petits bouts, de volonté, de pas mal d’efforts, de quelques encouragements et de je ne sais quoi d’autres, nous y sommes arrivés. Les derniers 30 mètres de pente à 60 degrés au piolet ont été l’ultime supplice.

La photo obligatoire: au sommetArrivés au sommet du Pisco, la récompense est indescriptible. Nous sommes raides mais émerveillés par le paysage qui nous entoure. Les larmes m’en coulent tellement je suis émue! Nous avons un magnifique panorama de 360 degrés sur les plus belles montagnes de la Cordillera Blanca…. merci!

Après quelques embrassades et photos, nous attaquons la descente car, mine de rien, il ne fait pas chaud là-haut. Nous débutons par un petit bout de rappel, les fameux 30 mètres! Cela va tout de suite plus vite à la descente.

L'Alpamayo et le Piramide depuis le sommet du PiscoNous rejoignons la moraine tranquillement car nous sentons bien la fatigue et la montagne demande toujours de la vigilance. Et oui, les crevasses sont toujours là!

Nous quittons la neige pas mécontents de pouvoir retirer ces fameux crampons et chaussures d’alpinisme, beaucoup trop lourds. Nous nous reposons un instant avant de retraverser cette fameuse moraine. De jour, le chemin à l’air plus simple mais par contre des pierres décrochent à tout moment. On avance prudemment jusqu’au refuge, mes jambes ne tiennent plus vraiment. Par prudence, nous passons la nuit au camp de base pour rejoindre la route le lendemain dans de meilleures conditions physiques.

Une expérience hors du commun qui nous a offert un spectacle de montagne incroyable….

Huaraz

Après deux petites journées passées à Lima, il nous presse de retourner dans les montagnes et surtout de découvrir la fameuse Cordillera Blanca. De plus, il serait dommage de perdre les globules rouges que nous avons accumulées en altitude. Il paraît que cela diminue très rapidement!

Huaraz: au pied de la cordillèreNous arrivons au petit matin à Huaraz. La ville a l’air assez quelconque au premier abord, mais par contre les massifs montagneux aux alentours sont gigantesques. Nous rejoignons notre hôtel après avoir passé le barrage des racoleurs à la station de bus. Il est 6h mais ils sont déjà tous debout.

Huaraz est une petite ville sans charme malheureusement. Elle a été quasi complètement détruite en 1970 par un fort tremblement de terre. Tout semble avoir été vite reconstruit et de manière peu esthétique. La cathédrale est toujours en construction. Ils n’osent pas la terminer car il semblerait qu’à chaque fois qu’ils posent les dernières pierres, il y a un nouveau tremblement de terre.

Les touristes viennent ici principalement pour faire de l’andinisme. Il y a de quoi faire entre les cordillères et leurs nombreux sommets. La rue principale regorge d’agences de voyage proposant treks, sommets et visites culturelles. Les magasins d’articles de montagne se marchent dessus. Nos projets principaux sont de monter à la Laguna Churup, de visiter le site pré-inca de Chavin, de se balader dans la Cordillera Huayhuash… et pour la suite on verra.Les fameuses têtes de Chavin

A notre arrivée, on doit patienter un peu pour cause de trois jours de grève générale. Les péruviens manifestent face à la hausse de prix et demandent en même temps un changement de leur gouvernement. La grève est plus ou moins suivie. Ce sont surtout les blocages sur la route qui rendent tous déplacements difficiles. Par contre, les magasins, restos restent officieusement ouverts. Cependant, dès le moindre signe de manifestants s’approchant, toutes les rideaux d’acier se baissent très rapidement afin d’éviter des problèmes.

Depuis plus de 200 jours en Amérique du Sud, c’est la première fois que nous restons un peu coincés. Pour dire que le continent est réputé pour ces grèves, on ne s’en tire encore pas trop mal. En Argentine, nous avions eu quelques problèmes pour l’approvisionnement des délicieuses parilladas… Mais bon, cela aurait pu être bien pire!

Lima

Il est temps pour nous de quitter Cusco. Tout d’abord on a vu ce que nous voulions et de plus le tourisme de masse nous étouffe gentiment. Je sais que nous en faisons partie de ces fameux touristes. Mais, j’avais de la peine à supporter d’en voir certains acheter des cigarettes à des enfants de moins de 8 ans à 23 heures.  Certaines femmes exhibent leurs enfants afin d’être payées pour être prises en photos. Evidemment, ces enfants n’ont pas le temps d’aller à l’école! Et ce n’est que quelques exemples! Dans les montagnes, les enfants ont les dents complètement cariées, merci aux marcheurs pour les candies!

Une autre chose assez étonnante: certaines personnes qui, je pense, ont décidé de venir au Pérou préfèrent rester dans le bus pour voir les sites archéologiques et franchement je vous assure depuis le bus on ne voit rien, à part l’imposant escalier d’accès au site. ;-)

Ainsi, nous prenons un bus de nuit pour rejoindre la capitale du pays. Le voyage qui devait durer 18heures en a mis 3 de plus pour je ne sais quelle raison. Heureusement, nous étions dans un bus super confort ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps.

Le but de notre passage à Lima est de visiter la capitale du Pérou et surtout c’est sur le chemin de notre prochaine destination. Nous avons ainsi passé 2 jours à parcourir quelques quartiers et en entrant dans deux ou trois églises et musées.

Nous sommes entrés, également, dans de grands centres commerciaux qui ressemblent à ceux de chez nous, jusqu’aux prix! Cela faisait longtemps que nous n’avions pu le faire. Ce n’est pas que cela me manquait mais bon je dois dire que c’était quand même sympa. Le soir, quelques bons restos pour nous rappeler un peu les goûts de chez nous. Et oui, ce sont aussi des choses qui à la longue peuvent aussi nous manquer.

Après ce bref passage dans une grande ville, nous partons pour l’exploration de la Cordillera Blanca.