Monthly Archive for June, 2008

Puno et les Uros: bienvenue au Pérou

Il est temps pour nous de quitter la Bolivie pour rejoindre le Pérou. Ainsi, notre première destination avant de rejoindre Cusco est Puno. Cette ville se trouve tout comme Copacabana au bord du lac Titicaca (cela veut dire le rocher du puma). Quelques heures de bus nous permettent d’admirer les paysages qui ne sont bien sûr pas très différents que ceux de l’autre côte de la frontière. Par contre, nous remarquons tout de suite que les péruviens se vêtissent moins des habits traditionnels.

Le but principal de notre arrêt dans cette ville est de visiter les Uros. Ce sont une quarantaine d’îles flottantes en roseaux. Leurs nombres peut varier selon l’entente des personnes qui vivent ensemble. Il n’est pas rare que lors de petite querelles, les gens coupent leur île en deux pour changer de voisins. Nous visitons les Uros par l’intermédiaire d’un tour qui nous amène ensuite sur un île en dur: Taquile. Celle-ci est fameuse pour son artisanat. Ce sont les hommes qui tissent et leur travail est reconnu patrimoine culturel par l’Unesco.

Le trekking en quelques mots

  • Altitude : évidemment une des principale difficultés. Je vous le certifie: l’oxygène manque sérieusement. En conséquence, les fréquences respiratoire et cardiaque augmentent passablement et surtout le sentiment de manquer d’air est par moment assez impressionnant. Pour ce qui est du mal de tête: après quelques jours d’acclimitation ça va. Lors des ascensions à pied, notre corps a un peu plus de temps pour s’adapter aux changements. Cela ne veut quand même pas dire que c’est gagné. En effet, pour le troisième col dans la cordillere Apolobamba, j’ai particulièrement souffert. C’était sûrement un tout: soleil, fatigue, chaleur, altitude mais pour y arriver, il a fallut: du temps, de la patience pour le guide et Quentin, plusieurs médicaments, quelques bonbons à base de coca et que je me frotte quelques plantes sur le frond.
  • Baños: nous sommes devenus maitres dans le creusement des petits trous ! Evidemment, au milieu de nulle part, les commodités sont assez limitées. Mais, c’est ce qui fait le charme aussi, non?
  • Repas: les guides cuisinent très bien: toujours une bonne soupe de légumes et un bon repas chaud. Le matin, petit déjeuner comme à l’hôtel. Ils ne lésinent pas sur la quantité.
  • L’Eau: les guides considèrent que l’eau est potable dans la montagne. Nous étions un peu sceptiques car à côté de chaque rivière ou lac vit un troupeau de vaches, de moutons, de lamas. Je ne crois pas que les excréments de bovins soient très recommandables. Nous mettions à chaque fois quelques gouttes de micropur dans l’eau et ils la laissent bien boullir. Par contre, ils lavaient la salade dans la rivière…
  • Castellano: le trekking est une bonne manière de discuter avec les gens du pays et de se rapprocher d’eux. Nous pouvons également améliorer notre espagnol. Les mots principaux entendus sont bien sûr : subir et bajar ! J’avoue que j’étais parfois un peu fatiguée de les entendre. Une autre phrase que j’ai bien compris est Soy acostumbrado! et toi pas! Les guides, les muleros et les mules ont une tolérance à l’altitude, au froid, à l’effort…. incroyable.
  • Guides: un physique du tonnerre, presque écoeurant parfois! Surtout quand le guide t’explique que lui monte quasi en deux fois moins de temps si il est tout seul! Ce sont des personnes très intéressantes, souvent discrètes mais une fois la timidité mise de côté, ils ont vraiment beaucoup à nous apporter. De plus, ils sont plus que très utiles pour nous montrer le chemin car les cartes n’existent pas toujours et il n’y a aucun marquage.
  • Equipement: autant dire que nous avions un peu honte car nous avons du matériel bien plus sofistiqués qu’eux. Les guides étaient assez impressionnés par notre tente. Heureusement qu’ils n’ont pas vu nos sacs de couchage. Leur tente ne tient pas du tout le froid et Lino en plus d’avoir des trous dans sa tente n’avait rien pour se couvrir. Ensuite, il y a les chaussures. Lino marchait en sandales. Il dit ne pas supporter d’avoir les pieds enfermés et ne pas avoir mal. Mais bon lors de nos arrêts il les retirait quand même! Bon à la vitesse où il descend les chemins de pierre moi j’aurai pas que les pieds gonflés.
  • Paysages: juste indescriptibles! C’est vraiment magique de marcher dans ces montagnes, de se retrouver si loin de tout … Parfois, je me demandais quand même ce que je faisais là mais ce sentiment est vite effacé par le spectacle offert.
  • Nausée: un des symptome de la Soroche qui veut dire en général : là tu resdescends! Lorsque nous marchons en altitude, le rythme est bien sûr très lent… En ce qui me concerne, je ne peux pas aller plus vite. Quentin essayeait par moment d’aller un peu plus vite mais ressentait tout de suite un certain mal être avec maux de tête et vomissement. Je n’ai pas essayé; c’est comme si mon corps me l’interdisait!
  • Froid: dès que le soleil se couche, la température descend de manière impressionnante nous obligeant de rejoindre la tente rapidement après avoir pris le souper. Du coup, au lit vers 19h30, la nuit peut être longue, surtout quand il fait froid. Se laver les dents n’est pas du tout une partie de plaisir car je vous laisse imaginer la température de l’eau. Et quand il faut sortir de la tente pour aller faire ses petits besoins (le froid est un excellent stimulateur), un vrai cauchemard, surtout quand tu venais juste enfin de réussir à te réchauffer. Le plus impressionnant ce sont les guides qui n’ont pas si froid. Lors de mes tentative de vaisselle, j’ai cru y laisser mes mains. Les enfants aussi sont bien plus résistants. Un soir, la fille de Lino nous a rejoint pour souper vêtue d’une jupe, un pull et de sandales sans chaussettes. Je grelotais à côte d’elle alors que je portais tout ce que j’ai de plus chaud.
  • Mules: un grand merci … Elles aussi ont une force incroyable et une résistance du tonnerre. Elles marchent plus vite que nous et sont capable de prendre des chemins sur lesquels, j’avais l’impression qu’elles allaient se tordrent les chevilles. Les muletiers en prennent soin et je leur apportais les pelures de nos légumes.
  • Trekking en lui-même: pas toujours facile mais on aime beaucoup et on en redemande. C’est une excellente façon d’apprécier le paysage, de découvrir du pays! Ce sont des moments qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires.

Copacabana

Au bord du lac Titicaca: le passage obligé pour ceux qui font Cusco, la Paz… Du coup, pas mal de touristes. Pour nous,c’est les derniers jours en Bolivie…

Copacabana abrite l’église la plus connue du pays avec la vierge du même nom. Devant celle-ci, de nombreux boliviens viennent faire bénir leurs voitures, taxis, bus et camions.

Sur le cerro d’en face, d’autres viennent voir un prêtre accompagnés de figurines (maison, voiture, famille, liasses de faux dollars…) afin de pouvoir demander, lors d’une petite cérémonie, à la Pachamama de leur offrir leurs rêves… Cela se termine par une offrande arrosée de bière vers les quatres points cardinaux!

3850 m, il fait pas très chaud. L’allée principale regorge de petits bistrots où les disques de Bob Marley tournent en bouclent. Pour compte, passablement de babzouls argentins et brésiliens ont pris possession du lieu. Sur les terrasses, les touristes vêtus de leur polaires et leurs lunettes de soleil profitent du beau temps. On a un peu l’impression de se trouver dans une station de ski en fin de saison, moins la neige bien sûr!

Coucher d'el SolEn face de Copacabana se trouve l’Isla del Sol, lieu de naissance de  l’Inca. Un petit trek de trois jours s’avère assez propice pour la visiter. Nous enfilons donc à nouveau nos chaussures et chargons nos sac sur nos dos, et oui cette fois, c’est nous les mules! L’île n’est pas très grande et l’altitude la plus haute est de 4080 mètres, heureusement!

Le premier jour, nous longeons la côte en traversant quelques petits villages et en croisant quelques locaux, moutons et ânes. Nous arrangeons ensuite la traversée jusqu’à l’Isla del Sol avec le propriétaire d’un bateau d’un village. Une fois arrivés sur un bout de l’île, nous visitons Pilkokaina, la première ruine inca avant de grimper à travers les terrasses, incas également, afin de trouver un endroit pour planter notre tente. Nous nous installons sur une de celle-ci… Il y a personne si ce n’est quelques paysans qui rentrent avec leurs mules chargées.

Le lendemain, nous traversons toute l’île. Nous découvrons alors où se trouvent les autres Isla de la Luna, Illampu (gauche) et Ancohuma (droite)touristes. Les petits villages regorgent d’un nombre impressionnant d’hôtels et de restaurants en tout genre.

La vue depuis l’île est à couper le souffle: un lac immense d’un bleu magnifique qui devient turquoise sur les côtes, les massifs enneigés en fond de tableau avec la Cordillera Real avec l’Illampu et l’Ancohuma et la Cordillera Apolobamba (on y a été!).

Nous nous installons sur une petite plage de pêcheurs pour la deuxième nuit! Quentin les aide à rentrer leurs barques!

Le campingPour notre dernier jour sur l’île, nous terminons la boucle entamée. Nous sommes toujours emmerveillés par le spectacle des couleurs. Le soleil tape très fort; chapeau, lunettes et crème solaire sont obligatoires!!!

Nous finissons par rejoindre le port et la horde des touristes qui viennent seulement pour la journée pour reprendre un bateau direction Copacabana.

Sorata: Trekking à la Laguna Glaciar

On ne voulait pas quitter la Bolivie sans avoir fait au moins quelques jours de trekking dans la magnifique Cordillera Real (cordilière royale) . Comme on sent encore un peu la fatigue de Pelechuco – Charazani de la semaine passée, on a opté pour 4 jours de mini circuit vers la Laguna Glaciar, un lac glaciaire avec un glacier qui se jette dedans (ça nous rappelera le Perito Moreno…). Ceci dit, la montée à la lagune n’est quand même pas de la tarte: 5038m c’est presque 200 de plus que le Mont-Blanc.

Jour 1: Sorata – Lacathyia

Après avoir rejoint le guide – muletier – cuisinier et debusqué la mule dans son champ, on prend le départ: 1500m de montée à flanc de coteauJour1: La mule de service (avec l'Illampu en fond) en dessus de Sorata. Ici aussi ils ont bien dégusté au niveau des indondations ces dernières années: le chemin décrit dans le guide de trekking de Lonely planet a été emporté par les flots. C’est aussi un avantages des guides locaux: ils connaissent bien le coin.

Arrivés au village, Lino, le guide/muletier nous indique que c’est son village et nous montre sa maison et celle de ses parents. Drôle de vie: pas d’électricité (sauf à l’école ou les cubains ont mis des panneaux solaires), pas d’eau courante et surtout pas de route: mules obligatoires pour monter les courses à la maison. Du coup on a pu voir trois de ses cinq enfants et partager nos restes avec sa famille (il avait prévu le coup et fait beaucoup trop de nourriture ;-) ).

Jour 2: Lacathyia – Laguna Chillata

Aujourd’hui on quitte la route du circuit de l’Illampu pour se diriger vers le petit lac d’altitude Laguna Chillata. La route du guide de trekking de Lonely Planet ayant étéJour2: L'Illampu emportée par la pluie, on est content d’être avec un guide local et on prend un autre chemin. D’ailleurs, toute la journée, le chemin est assez peu visible et passe par moult cols et petites échancrures dans la roche. Au final on arrive tout de même à la Laguna Chillata, d’une couleur vert émeraude assez étonnante pour l’endroit.

On est vite rejoint par les nuages qui montent de la vallée, thermiques oblige et on mange donc dans la brume épaisse…

Jour 3: Laguna Chillata – Laguna Glaciar (et retour)

Aujourd’hui, 800m de dénivelé pour arriver à 5038m, l’altitude de la Laguna Glaciar,Jour 3: la Laguna Glaciar dans laquelle se jette une énorme langue de glace. La montée, c’est pas du gâteau: le chemin est à peine marqué (bonjour sans guide…) et traverse pierriers, roche vive et ruisseaux encore glacés vu la température… En plus, pour garnir le tout, plusieurs fois on a l’impression d’y être, mais non, c’est pas fini!

Arrivés en haut, le panorama vaut largement l’effort: la vue embrasse l’altiplano, le lac Titicaca et les îles de la Lune et du Soleil, jusqu’à la cordilière Apolobamba à la frontière péruvienne… De l’autre côté, la lagune est sertie par l’Illampu à gauche et l’Ancohuma à droite.

Voilà, il n’y a plus qu’à redescendre 2500m jusqu’à Sorata…

Jour 4: Laguna Chillata – Sorata

Le dernier jour, on se lève tôt, pour changer, mais cette fois, c’est parce que le muletier a une réunion de campesinos l’après-midi. La descente est raide, comme d’hab., et la mule nous sème assez rapidement. On sent pas mal nos jambes, vu l’effort conséquent du jour précédent. Arrivés en bas, on retrouve les palmiers et les groupes de paysannes assises sur leurs tonnes de pommes de terres, bref la vie normale…

Pour ceux qui voudraient effectuer ce trek:

L’organisation depuis Sorata est très simple, l’association des guides a un bureau au coin de la place du village (en face de l’hôtel Residencial Sorata) et Lino, le guide qu’on a utilisé était sympathique et compétent. La cuisine était bonne, et toute la nourriture peut s’acheter sans problèmes sur place.

Sorata

La Bolivie est remplie d’endroits surprenants et Sorata en est un de plus.

Pensez donc: c’est une station de montagne, mais il faut descendre près de 1000 mètres depuis la Paz pour y arriver. Nous avons pris un bus rempli, comme d’hab un peu trop ! Pour dire, les gens debout dans le couloir étaient priés de se cacher lors des contrôles policiers.

La route est plus ou moins de bonne qualité… Chaque année, lors de la saison des pluies, une bonne partie de la route s’écroule. Le temps de tout remettre en ordre et la prochaine saison de pluie est à nouveau là, les pauvres!

Sorata est un endroit bien paisible, loin des bruits incessants de la Paz. La classique place centrale du village est garnie de… palmiers, au travers desquels on peut apercevoir l’Illampu (6368m) et l’Ancohuma (6427m) si le temps est découvert. Beaucoup de communautés vivent autour du village et descendent au centre pour y vendre leurs produits ou en acheter d’autres.

Le tour du massif en 7 jours est le trek classique en Bolivie, mais on avait plutôt décidé de faire un autre trek un peu plus court: la montée à la Laguna Glaciar, 5038m d’altitude, en quatre jours, pile entre l’Illampu et l’Ancohuma donc optimal pour le panorama…

Ici tout est bien organisé pour le trekking: les guides et muletiers ont leur association, il suffit de passer les voir et ensuite d’aller faire un peu de shopping avec le guide pour la nourriture (c’est eux qui font la cuisine).

Sinon, Sorata est assez le genre d’endroit où on peut rester deux semaines sans s’en apercevoir. D’ailleurs certains touristes ont l’air de faire partie des meubles et d’autres n’en sont même plus jamais partis, comme la patronne allemande de notre hôtel.

Bilan à mi-parcours

D’après les calculs de mon papa, le 11 mai, nous étions à la moitié de notre aventure à travers le continent sud-américain. De quoi faire un petit bilan sur ce fabuleux voyage remplis de découvertes de toutes sortes.

Tout d’abord, on aimerait remercier toutes les personnes qui nous soutiennent de près ou de loin à travers leurs messages ou leurs commentaires. Cela nous fait toujours très plaisir d’avoir des nouvelles de nos amis, de notre famille….

Nous sommes donc partis au mois de janvier avec un projet plus ou moins délimité. Les préparatifs nous ont pris pas mal d’énergie et le but de ce voyage était tout sauf de se limiter avec des dates précises ou des lieux précis. Nous avons le temps et simplement un vol aller et un vol retour avec au programme au moins une grillade à l’arrivée et une au départ à Buenos Aires.

Notre choix s’avère plus que fructueux car nous avons pris le temps de nous arrêter où nous avions envie et tout se passe à merveille. Notre voyage est réellement riche en découverte en tout genre. La première bonne surprise fut ces pingouins…. et ensuite Bariloche avec son petit air de station de ski suisse… sans oublier les argentins si chaleureux si accueillants et toujours le mot pour rire.

Ensuite, une autre belle découverte avec deux mois dans les contrées de la Patagonie: Un vrai régal tous ces paysages simplement magnifiques.

Puis les couleurs des formations géologiques du nord ouest argentin avant celles du salar de Uyuni bolivien resteront également gravées dans nos mémoires.

Ensuite, la Bolivie fut une belle découverte autant pour son environnement que pour sa culture. C’est un pays tellement différent qui n’est pas sans susciter quelques remises en questions chez les gringos que nous sommes. L’occasion également de tester un peu notre résistance à l’altitude et du coup de visiter des endroits plus que reculés.

Nous profitons un maximum de tout ce que ce voyage peut nous apporter. Nous avons maintenant bien pris l’habitude de porter notre maison, de ne pas toujours pouvoir être fraîchement rasé ou épilée. Pour ce qui est de la limite de notre garde robe, cela a pris un peu de temps mais aujourd’hui on s’y est fait. Les petits conforts ont pu être facilement mis de côté vu les richesses reçues en échange durant ce voyage…

En résumé, tout va bien et nous sommes prêts pour encore un peu plus de trois mois de découverte !