Monthly Archive for August, 2008

Manizales

Quand on pense à la Colombie, on sent une petite odeur de café.

BeansCe pays en est le troisième producteur mondial, mais le premier en terme de qualité. Des millions de caféiers poussent autour de Manizales et Pereira. De magnifiques maisons colorées nommées Fincas s’ajoutent aux charmes de ses étendues vertes. Il est impossible de donner un nombre d’hectares de plantations mais à l’oeil, c’est immense. Les récoltes ont lieu deux fois par année et se font à la main. La main d’oeuvre par exploitation varie entre huit-cent et mille personnes. La récolte d’une plante apporte 1kg de café (une plante au mètre carré). Les grains sont ensuite lavés, séchés puis emportés dans de petites usines qui vont les trier. Le tri s’effectue selon la taille et le poids. Chaque sac de 70 kg est ensuite dégusté. Le café colombien tient à sa réputation de meilleur café du monde. Avant d’etre chargé sur les bateaux pour l’exportation, les sacs sont à nouveaux testés. La meilleur sélection part pour l’Europe et le Japon, le deuxième choix pour les Etats-Unis et les restes pour les Colombiens!

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter deux Fincas et ainsi pouvoir apprécier de plus près la El gringo (ou la gringa)culture du café. Une dégustation de café s’impose: j’ai fait l’effort mais je n’ai pas croché bien que cela soit le meilleur café du monde. La région est candidate pour être patrimoine culturel de l’UNESCO. Il y a de quoi car non seulement la région est magnifique et de plus son exploitation a beaucoup de charme.

Manizales se trouve a 2000 mètres d’altitude proche d’un des plus haut volcan de la Colombie: Nevado del Ruiz, 5321 mètres. Cette fois, pas de trekking prévu dans la région mais nous profitons d’une journée pour tenter d’aller voir cette montagne de plus prêt et surtout découvrir la réserve du même nom.

On prend l’option de partir avec un groupe de colombiens et un guide. Résultat: on a quasi rien vu si ce n’est la neige en Colombie et ce dès 4000 mètres. Evénement très rare selon les locaux! Depuis deux mois, nous entendons souvent: El tiempo esta loco ! Les changements climatiques sont très importants dans ces régions. Nous ne comptons plus le nombre de glissements de terrains que nous avons rencontrés ou les routes détruites!

Faut mettre les chainesLe bus n’étant pas équipé pour la neige prend l’option (enfin, c’est plus vraiment une option), et je l’en remercie, de ne pas monter plus haut. Nous nous arrêtons à mi-parcours pour faire une bataille de boules de neige. Les colombiens sont enchantés et nous, on s’amuse bien comme tout le monde. L’après-midi se termine dans des bains thermaux.

Club Colombia!

Vu de l’extérieur, la Colombie, c’est un pays en guerre, où la guerrilla est partout, les villes sont des repaires de narcotraficants et il est suicidaire d’y faire du tourisme. C’était un peu le point de vue qu’on en avait avant de partir.

Club colombiaHeureusement, pendant le voyage on a croisé pas mal de gens qui traversent le continent dans l’autre sens et qui étaient unanimement convaincus par la Colombie et ses habitants. On a bien fait de les écouter et de changer nos plans… Et même Micheline, qui est passé par la Colombie la semaine passée, semble d’accord (elle vient d’adoucir les recommandations du DFAE sur le pays).

Ce serait quand même dommage de rater:

  • Le 2ème pays du continent pour la biodiversité (1er du monde pour les races d’oiseaux, n’en déplaise aux péruviens)
  • Un pays dans les dix meilleurs mondiaux pour la performance écologique (devant la France…)
  • Le seul pays d’Amérique Latine ayant l’accès aux côtes Pacifique et caraïbes
  • Cartagena de Indias, la plus belle ville du continent
  • Un des meilleurs cafés du monde
  • Les plus calientes clubs de salsa de la planète
  • Les 11% de la surface du pays transformée en parcs nationaux

Après quelques jours à débusquer les baleines sur la côte des Emeraudes équatorienne, un petit vol Esmeraldas-Cali et nous y voilà. C’est toujours sympathique de débarquer dans un nouveau pays et de faire le jeu des 8 différences avec le précédent. C’est d’autant plus facile ici que la langue est toujours identique… Et la Colombie c’est un peu la quatrième dimension, par rapport à la réputation du pays. Tout le monde est serviable et très poli, les grandes villes sont sûres et très développées (avec des énormes ciné-shoppings à l’américaine), les taxis sont surs et pas chers et, évidemment, il encore peu de touristes étrangers. En plus, la population étant très mélangée, on se fond facilement dans la masse. Bienvenue donc au Club Colombia.

Cali

Notre première étape colombienne nous a bien permis de nous acclimater et de comprendre un peu comment fonctionne le pays. Ici c’est d’autant plus utile que les guides de voyages sont vraiment une plaisanterie. L’auteur du Lonely Planet a avoué qu’il avait écrit son guide sans mettre les pieds dans le pays et celui du Footprint n’a rien dit, mais les infos sont tellement médiocres qu’on n’est pas dupes…

Cali, c’est la grande ville du sud colombien et elle est située juste au sud de la zona cafetera où on va se diriger ensuite. Ici, pas de centre historique colonial, juste des gratte-ciels et des immeubles modernes. Outre les shoppings cités p.lus haut, la ville comprend une multitude de bars et salsathèques où le niveau (sonore et des danseurs) est assez élevé.

La dernière chose qui nous a étonné, dès la sortie de l’aéroport, c’est la quantité de cyclistes (les vrais, avec maillot et vrai vélo – de course, s’entend)… Et oui, la Colombie possède beaucoup d’excellents cyclistes pros (Duque, si si, 4ème au classement par points du tour de France 2008)…

Súa

Le chrono tourne. Nous commençons à agender davantage la suite de notre voyage si nous voulons pouvoir prendre notre vol de retour depuis Buenos Aires. La route est longue jusque là-bas. Nous décidons de nous arrêter en Colombie. Ainsi, nous aurons touché les extrêmes nord et sud de ce fabuleux continent sud-américain.

Avant de changer de pays, nous entendons un appel de l’océan pacifique, plus Reploufprécisément celui du plus grand mammifère marin qui y vit. Sur la côte équatorienne, c’est la saison durant laquelle les baleines à bosse viennent profiter des eaux plus chaudes pour s’accoupler ou mettre bas. Cela serait dommage de ne pas aller y jeter un petit oeil.

Nous prenons un bus qui nous amène jusqu’à la côte dans la province d’Esmeraldas. Passablement d’heures de bus à travers des paysages magnifiques de forêts tropicales. Je pense avoir aperçu quelques bananes et roses qui seront bientôt sur les étalages de la coop. Les gens sont toujours plus foncés. Cette région est habitée principalement par les descendants des esclaves venus de force de l’Afrique durant la période coloniale.

Les équatoriens sont toujours assez fiers de pouvoir nous raconter qu’en un jour, tu peux déjeuner en bord de mer, dîner sur les montagnes volcaniques et souper dans la forêt amazonienne. Nous avons d’ailleurs été impressionnés par la quantité de gens qui habitent près d’un volcan qui peut se réveiller à tout moment. Certains équatoriens vivent sur les cratères, courageux, non?

Nous arrivons a Súa vers 16h un samedi en pleines vacances équatoriennes, sur la côte préférée des habitants de Quito. On savait qu’il aurait du monde mais la description du guide nous disait quand même: tranquille petit village de pêcheurs. Si une alignée de bars avec de la musique plus forte que le voisin, une plage bondée, des voitures parquées dans tous les coins cela signifie un petit village tranquille, alors nous avons du nous tromper d’adresse (ou de guide).

Non, nous sommes bien à Súa puisque nous trouvons l’hôtel ou nous avons notre réservation. Dommage,Un petit jus? les pensionnaires de notre chambre ne l’ont pas quittée comme prévu et nous n’avons pas le courage de faire le plan Bronzés font du ski: “vous oubliez votre scrabble”. Vu le taux d’occupation dans les hôtels avoisinants, nous plantons notre tente dans… le parking. Autant dire que nous n’avons pas très bien dormi. Le béton c’est dur et cinq sortes de cumbia en même temps cela fait mal aux oreilles!

Pas grave, le lendemain on court sur la plage pour aller voir ces fameux mammifères marins. On embarque sur une barque élaborée équipée d’un moteur à mon avis trop puissant pour le bateau. Ainsi, on se retrouve très rapidement au large, façon générique de Miami Vice. Nous sommes un peu sceptiques, car on nous a bien avertis que les baleines ne sont pas toujours très coopératives (c’est pas flipper, non plus)!

Nous voyons une grande étendue d’eau un peu agitée puis des jets: ce sont des baleines. On s’approche. Il s’agit d’un couple et leur bébé, même si on ne peut vraiment parler de bébé vu la taille… Toujours est-il qu’il nous accueille avec un magnifique saut (sans nous laisser le temps de sortir l’appareil de photo, évidemment). Nous restons un moment à les contempler. Le baleineau s’approche du bateau, curieux. Il se tourne sur lui-même et semble nous faire signe avec ses nageoires. Certains moments, les parents l’entourent pour l’éloigner un peu des intrus. C’est impressionnant surtout quand ensuite les baleines passent sous la barque. J’espère alors très fort qu’elles ne vont pas nous mettre un amical petit coup de nageoire caudale.

Nous allons ensuite un peu plus loin et nous apercevons des dizaines de baleines au large qui respirent ou frappent l’eau de leurs gigantesques nageoires. Nous nous arrêtons à nouveau près d’une famille. J’ai mal aux joues tellement je souris! C’est magnifique.

Toujours sur le dosNous terminons ce merveilleux moment en naviguant à côté d’un groupe de sept baleines adultes. C’est magique et indescriptible comme sensation. On aperçoit une queue, un dos, une nageoire, une tête. On entend leurs souffles. Nous ne pensions pas pouvoir être si proches de mammifères de plus de douze mètres.

Notre petit détour en a bien valu la peine. Notre petit oeil pointé sur les baleines s’est transformé en deux gros yeux émerveillés une fois encore par la beauté de la nature.

Le Cotopaxi et la laguna Quilotoa

CotopaxiLe volcan Cotopaxi et la laguna Quilotoa sont deux des attractions les plus populaires d’Equateur, à quelques heures de Quito. Par temps clair, le volcan est même visible du centre de la capitale. Il est possible de faire la fameuse boucle de Quilotoa en quelques jours et autant de trajets en chicken bus. Pour notre part, on a choisi une autre option: sur deux roues. Le premier jour: excursion au Cotopaxi et descente du volcan en VTT, et le deuxième: visite de la lagune et balade en vélo aux alentours. De cette manière on évite aussi les chickens et les moutons envahissant notre moyen de transport ;-) .

L’affaire n’a pas commencé de manière idéale: le temps au Cotopaxi est plutôt couvert (avec un brin de neige pour la forme) et après 20 secondes un de nos camarades cyclistes se fissure la clavicule… Heureusement, l’hôpital n’est pas trop loin pour lui et les nuages s’écartent un brin pour nous dévoiler le sommet du volcan. Sinon, le VTT à la descente, c’est pas trop dur… Mais à 4000 mètres, c’est difficile de faire autre chose que de la descente, de toutes façons.

Après le volcan, un transfert en Jeep dans les superbes paysages de la région du Quilotoa et nous voilà en haut de son cratère rempli d’eau turquoise. Pour les vulcanologues, le Quilotoa est un volcan actif comme ilCompra mis cuys possède des sources d’eau chaude. On va donc dormir en haut d’un volcan en activité, chouette…

Pour le dernier jour, un peu de vélo dans le très impressionant canyon du Quilotoa et la visite du marché traditionnel de Saquisili. Le marché est vide de touristes, mais rempli de tous les produits habituels: fruits, légumes, volailles, quincaillerie ainsi que certains autres plus rigolos comme les délicieux cuys (cochons d’inde) qu’on consomme ici avec grand plaisir.

Latitude 0

L’équateur: l’endroit où on peut changer de saison en un petit pas… Bon, on ne voit pas vraiment la différence au niveau du climat, mais c’est quand même drôle. Le site très kitsch de l’équateur se trouve à quelques kilomètres de Quito, mais a 200 mètres de… l’équateur: une petite erreur de calcul en est à l’origine, mais l’énorme monument serait un peu difficile à déplacer.

Plaza independenciaEn arrivant à Quito, on se rend compte qu’on a de la chance: le soir même a lieu le plus grand festival de la ville, pour célébrer les premiers pas de l’indépendance de Quito et de l’Equateur. Concerts, musées, théâtre et danse toute la soirée, le tout entièrement gratuit: Un bon moyen de se rendre compte qu’ici aussi la culture ne doit pas toujours être payante et aussi une occasion pour admirer de nuit la vieille ville de Quito, cadre des événements. En passant, on a aussi découvert la culture (et la cuisine) afro-équatorienne, apportée par l’importante communauté d’anciens esclaves africains.Plaza San francisco

Le vieux Quito est inscrit au patrimoine de l’humanité depuis 25 ans, et cela se voit. Les monuments du centre (dont vingt-trois églises sur un kilomètre carré) sont très bien restaurés et en plus, magnifiquement illuminés la nuit. On a bien sûr dû braver les conseils du guide (ne sortez pas la nuit) pour pouvoir en rendre compte en images ;-)

Quito est une ville agréable, mais la division entre le centre historique et la partie moderne (où se concentrent les gringos, entre autres) est pour le moins… intéressante. En plus, on retrouve les grands shopping centers à l’américaine, McDo, dunkin’ donuts et KFC inclus. Ca donne une image un peu faussée du pays, qui est quasi à égalité avec le Pérou dans l’index du développement. Ici, comme en Bolivie, le président tente de moderniser la constitution avec beaucoup de peine face à la résistance des conservateurs et de l’église catholique, toujours très puissante. Et pourtant, dès qu’on s’éloigne des lounge bars ou des shopping centers climatisés, la pauvreté et l’absence de soutien du gouvernement sont bien visibles dans les villages, même à quelques heures de route de Quito.

Cuenca

Il est temps pour nous de quitter le Pérou pour l’Equateur. Le passage de frontière n’a pas toujours l’air au mieux entre ces deux pays! Nous prenons l’option d’en passer une plus tranquille et moins courue et nous avons eu raison. Notre arrivée en terrain équatorien s’est passée sans aucune embrouille. Le douanier péruvien nous a accueilli avec un: “wie geht’s?” Nous avons ensuite assisté à un passage sous les yeux de tout le monde de jerricans d’essence en contrebande par la rivière en dessous du pont. Pour cause, l’essence est deux fois moins chere en Equateur qu’au Pérou. Quand aux formalités douanières en Equateur, aucun souci et bon accueil!

Après plusieurs heures de bus depuis Trujillo, nous rejoignons Loja pour une petite halte de 12h et un peu de repos. Il est fortement déconseillé de prendre des bus de nuit en Equateur et de toute facon nos fesses sont fatiguées! Nous voyageons le lendemain pour la magnifique ville de Cuenca.Cuenca by night

A notre arrivée, nous sommes surpris du calme qui y règne. Les véhicules s’arrêtent tranquillement aux feux rouges. Il est possible de traverser sur des passages piétons sans danger. On marche dans les rues sans se faire accrocher à tout bout de champ. De plus, les rues sont d’une propreté inégalable. Les batiments coloniaux ont l’air neufs. La ville est classée patrimoine de l’humanité et pour cause, elle est magnifique. Nous prenons beaucoup de plaisir à nous ballader en admirant les belles églises et les divers autres bâtiments coloniaux.

IngapircaEn Equateur, il reste peu de ruines Incas. La plupart ont été, malheureusement, détruites lors de la colonisation. Il reste cependant quelques sites dont celui de Ingapirca. Celui-ci est le plus grand du pays. Nous n’avons pas pu résister à une petite visite du lieu. Les infrastructures sont souvent assez semblables. Nous commençons à reconnaître les différents détails… Même plus besoin de guide!

Cuenca est aussi la capitale du fameux Panama (le chapeau, pas le canal). La visite d’une de ces usines à chapeaux s’impose. Un des employé prend beaucoup de plaisir à nous expliquer les différents étapes de fabrication. Nous passons ensuite pas mal de temps sous les flash de notre appareil photo avec divers modèles sur la tête. Et bien sûr, nous ne pouvons pas repartir les mains vides!

Quelques nouvelles de Bolivie

Comme vous n’êtes certainement pas au courant – étant donné la couverture minimale des médias européens – de ce qui s’y passe, voici un résumé ainsi que quelques liens concernant la situation actuelle en Bolivie. La visite de ce pays que nous apprécions beaucoup nous a passablement marqués. Nous sommes particulièrement touchés par ce qui se passe. De plus, toutes ces tensions affectent nos amis boliviens.

En juin et juillet quatre provinces (les plus riches) ont voté de manière illégale et incompatible avec la Mauvaise réceptionconstitution du pays des statuts d’indépendance par rapport au gouvernement central d’Evo Morales. Cela a généré de nombreuses tensions et une crise politique sans précédent en Bolivie. Evo Morales a décidé de convoquer le peuple aux urnes pour un référendum révocatoire pour lui et les préfets de toutes les provinces du pays (dont certains sont à l’origine des statuts d’indépendance). Ce référendum aura lieu dimanche sur fond de manifestations violentes (déjà plusieurs morts) et de manipulations médiatiques générales. Le pire des scénarios serait que le pays sombre dans la guerre civile, selon le résultat du vote.

Il est de toutes façons certain que la situation ne va pas s’améliorer pour le gouvernement, qui est déjà persona non grata dans les quatres provinces indépendantistes. Pour terminer, et comme dans les meilleures années des dictatures latino-américaines, la CIA travaille dur pour déstabiliser le gouvernement socialiste de Morales…

Le courrier (Benito Perez)

Morales met sa tête sur le billot et ses opposants prennent peur

Le courrier (Bernard Perrin, qu’on a croisé à Cochabamba):

En Bolivie, il ne fait pas bon soutenir le président Evo Morales

Et pour terminer, une analyse d’un journaliste français: Mes impressions de Bolivie

Bonne lecture!

Bienvenue chez les Chachapoyas!

La muraille

Chez les Chachaquoi? je vous entends déjà dire…

Chachapoyas, vingt-mille habitants, capitale de la province d’Amazonas et berceau de plusieurs civilisations anciennes du Pérou, dont les Chachapoyas, constructeurs de la citadelle de Kuélap. A part ce site, la région comprend plusieurs sites naturels ou archéologiques d’importance: Les sarcophages de Karajia, la cascade de Gocta, le mausolée de Revash et bien d’autres… Pourtant, les touristes, spécialement étrangers, boudent la région. Peut-être à cause des 10 heures de bus depuis la côte (plus 10 heures de retour), ou parce que le Nord du Pérou est vraiment très éloigné de Machu Picchu.

Heureusement qu’on avait un brin entendu parler de Kuélap, sinon on aurait certainement fait l’impasse sur ce coin. Après le passage obligé par iPerú, l’office du tourisme, on est retournés à notre hôtel pour réserver une nuit de plus: On pourrait facilement passer une semaine dans la région et comme les distances entre les sites sont assez grande, c’est un ou deux par jour maximum… Pour couronner le tout, l’ambience est assez décontractée et tout le monde est sympa, à l’inverse de Cusco.

Kuélap

Que celui qui a entendu parler de Kuélap lève la main… Voilà, c’est bien ce que je pensais: personne. En fait, le site est cité dans le top 5 péruvien du Footprint South America 2008 et c’est ça qui a éveillé notre curiosité.

L'intérieurKuélap est une immense forteresse préincaique (de l’an 900 environ) de 600 mètres de long, 100 mètres de large et dont les murs font environ 19 mètres de hauteur. Plus de pierres ont été nécessaires pour la construction de Kuélap que pour la piramide de Gizeh. Pour entrer dans la forteresse, trois ouvertures étroites dans la muraille, qui se ressèrent jusqu’à laisser passer une seule personne à la fois. Comme d’habitude, le travail de maçonnerie est impressionant.

Une fois arrivé à l’intérieur, les surprises sont loin d’être terminées: environ 400 maisons Frises sur une maisonrondes en pierre, dont certaines possèdent des frises géométriques sur le pourtour. Par manque de moyens, la majorité du site n’est pas restaurée et est recouverte par des arbres, eux-mêmes couverts de mousses et de bromélias. Le tout donne une ambiance unique, qui n’est pas sans rappeler celle du site de Tikal, au Guatemala.

La cascade de Gocta

Toujours la cascade771 mètres. Selon les locaux, c’est la troisième plus haute du monde. Le seul petit problème, c’est qu’elle est en deux niveaux, et le Guiness va certainement chipoter pour l’homologation… Elle n’en n’est pourtant pas moins impressionante. Pour la visiter, deux heures de marche obligatoires depuis le village le plus proche. La marche n’est pas trop difficile, surtout qu’elle traverse quelques exploitations de canne à sucre où les employés en train de préparer la Chicha de canne n’hésitent pas à nous la faire tester. Heureusement, la fermentation n’est pas encore trop avancée.;-) Le chemin tout neuf (de l’aide italienne est passée par là) traverse la forêt de nuages typique à cette altitude et la vue du bas de la deuxième cascade (plus de 500m tout de même) vaut largement la journée d’excursion.

Les sarcophages de Karajia

Un autre site assez incroyable: Un groupe de sarcophages accrochés dans laLes sarcophages de Karajia falaise qui semblent toiser le vide et dont les lignes très fines font penser d’une part aux moais de l’Ile de Pâques et d’autres part à certaines statues africaines. Cette façon de disposer des défunts de la culture Chachapoyas est unique au monde, et la vision des sarcophages dans leur environnement d’origine est à couper le souffle.

Après cette petite escapade pleine de surprises, autant pour nous que pour les locaux (on nous a demandé plusieurs fois: “mais comment vous êtes arrivés là?”), on se prépare à prendre la direction de l’Equateur pour vérifier si on arrive à faire tenir les oeufs debout.

Machu Picchu et les 40 voleurs

Voyager au Pérou n’est pas toujours facile quand on ne fait pas partie d’un tour organisé et prémâché. Le plus difficile est d’éviter les nombreuses arnaques. On a déjà parlé des petits problèmes rencontrés à Cusco, mais voilà ce qui peut vous arriver si vous ne prenez pas garde:

  1. Quand on réserve notre trekking Choquequirao – Machu Picchu, tout est en ordre, on doit partir avec le boss de l’agence Cusqueñan Travel, Juan Salas. Les choses se gâtent un peu à 6h00 le jour du départ: sa copine Yeni nous annonce qu’il s’est fait mal au foot et qu’on part avec un autre guide, son frère Miguel. Pas de problème, on se dit… Sauf que Miguel n’a pas de diplôme de guide vu qu’il n’a pas fini ses études. ;-) . De plus, ce n’est pas le frère de Juan mais surtout, il ne connaît pas la route Choquequirao – Machu Picchu. Ca commence à faire beaucoup, et heureusement que le cuistot vient de la région et connaît bien le trajet et les gens du coin. Evidemment, il manque certaines choses comme le kit de premier secours et la tente pour cuisiner, rien de vital ceci-dit ;-) .
    Comme pour couronner le tout, ils nous ont mis dans le train de 14h pour partir de Machu Picchu, qu’on a dû quitter un peu précipitemment. On s’est donc dit qu’on allait passer les voir pour un petit discount. Mais, arrivés à l’adresse de l’agence à Cusco, surprise: le bureau est vide, plus de traces: partis sans laisser d’adresse nous disent les voisins. Autant vous dire que tout ça s’est terminé chez la police touristique, très sympa et plutôt efficace, d’ailleurs, mais qui nous a confirmé que ces problèmes sont actuellement en forte augmentation à Cusco.
  2. S’étant fait avoir une fois, en arrivant à Huaraz on se dit qu’on va passer par la Casa de Guias officielle pour éviter ce genre d’ennuis. On discute donc avec César Vargas, un des guides de montagne certifiés à propos de notre trekking dans la cordilière Huayhuash. Pour l’anecdote, cette association à été fondée par un Suisse et les premiers guides ont été formés en Suisse, avec l’aide du canton de Genève et de la Confédération notamment…
    César nous propose de partir avec un guide qui s’appelle Glicerio, et quand on paie l’accompte et qu’on s’étonne qu’il ne puisse pas nous montrer sa carte de guide, on appelle la casa de guias qui nous confirment que ce n’est pas un guide et qu’il n’a aucune relation avec la Casa de Guias. Pourtant, son tarif est le même et il nous a été fourni par cette même Casa de Guias… Le dénommé César Vargas a donc bien tenté de nous entourlouper, malgré son diplôme de guide.
    On a perdu un jour dans l’histoire pour trouver un vrai guide et ces petits voleurs de la casa de guias ont eu ensuite toutes les peines du monde à nous fournir un reçu pour le montant qu’on avait payé (on dirait qu’il ne veulent pas payer leurs impôts ;-) .
    Heureusement que la jeune génération de guides et aspirants est nettement plus honnête. Pour ceux qui passent par Huaraz, on vous conseille d’éviter à tout prix de passer par la Casa de Guias.

Ce ne sont que quelques exemples, mais on espère que nos expériences serviront au moins à éviter des problèmes similaire à d’autres voyageurs. On a aussi eu de la chance, car les choses peuvent se gâter très vite en montagne si on ne connaît pas les règles élementaires de sécurité.

Trujillo & Chiclayo

Nous redescendons sur la côte pour lentement continuer notre route sur le continent Sud-Américain. Il y a tant de choses à voir que nous pourrions rester 3 mois rien que dans la Cordillère Blanche. Ainsi, nous nous retrouvons en une nuit à l’altitude 0. La température remonte et le brouillard arrive. Les péruviens de la côte ne voient pas souvent le soleil en hiver: la faute au Garúa, la brume locale qui n’a rien à envier à notre stratus suisse!

Le retour à la civilisation est toujours assez frappant dans ces pays sud-américains. Les différences de niveau de vie sont tellement importantes. Marcher dans le Cordillera Huayhuash remet les pendules à l’heure. Les gens vivent encore plus simplement que l’on peut se l’imaginer. Ils ont vraiment rien si ce n’est quatre murs, un lit de fortune, un feu à même le sol pour cuisiner et un toit de pailles. Ils vivent de l’agriculture avec des méthodes oubliées chez nous depuis bien, bien longtemps. Toute la famille, du plus jeune au plus âgés, cultive les champs à la force de ses mains. Des petits bonshommes sachant à peine marcher vont rechercher les troupeaux de moutons en fin de journée.

Chan ChanAu Pérou, les belles routes, les belles maisons, les restaurants bondés de la côte montrent bien où se trouve l’argent. Nous prenons l’option de nous arrêter à Trujillo pour connaître les ancêtres pré-incas du nord de ce pays, les cultures Chimú et Moche (qui n’étaient pas moches, ceci-dit ;-) ) . Nous commençons pas la visite de Chan Chan: il s’agit d’un site archéologique entièrement construit en terre, en bord de mer, d’une superficie totale de 20km carrés. Tout n’est pas restauré, bien sûr, mais on se rend bien compte du travail de l’empire des Chimú. Malheureusement les ruines risquent de disparaître à cause du niveau de la nappe phréatique qui augmente. Un étang s’est formé au milieu d’un des palais pour la joie des canards, mais pas pour celle des archéologues.

Nous visitons des Huacas de plus 30 mètres de haut sur le site El Brujo. Il s’agit d’un complexe archéologique de la culture Moche, qui comporte des superbes frises colorées en haut-relief, le tout toujours en terre.

Nous terminons nos visites par celles des temples de la Luna et del Sol. Malheureusement, sur celle du soleil, il n’y a plus grand chose à voir car elle a été mise à sac par les huaqueros, les pilleurs de tombes.

Huaca de la lunaToutes ces complexes sont impressionnants et les archéologues ont encore des années de travail dans la région. Cependant les fonds manquent bien qu’ils en reçoivent passablement de l’étranger. Beaucoup de restaurations restent à faire mais ce qui se voit aujourd’hui démontre le travail impressionnant effectué à ces époques. La chance aidant, certaines choses comme des céramiques ou des peintures sont restées quasi intactes. Passablement de momies ont aussi été retrouvées accompagnées de nombreuses offrandes (objets diverses, animaux, bijoux, habits..).

Après une parenthèse par Chachapoyas, on clôt le chapitre péruvien à Chiclayo, principalement pour visiter le musée du Señor de Sipán. Encore un inconnu hors du Pérou, mais pourtant il vaut largement le détour: Il s’agit d’un responsable de la culture Moche dont le tombeau a été retrouvé intact en 1987, avec tous ses bijoux, offrandes et épouses!

Un musée a été ouvert, juste pour montrer le contenu de cet unique tombeau. La qualité du travail des métaux est toujours incroyable et les archéologues ont pu conserver jusqu’aux colliers de coquillages de plusieurs milliers de pièces.

Quelques infos supplémentaires sur le señor de Sipán:

http://sipan.perucultural.org.pe/

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