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America perdida

Celui-là, c’est le plus difficile à écrire je peux déjà vous le confirmer… Et le fait d’attendre n’aide pas vraiment non plus. En fait, je crois que si je devais résumer en quelques mots ces huit mois d’aventures, de rencontres et d’expériences incroyables, je dirais, en pensant à toutes les personnes chez qui on a vu une étincelle dans les yeux en parlant de notre projet: Allez-y, faites-le, partez, voyagez!

Je vais pas sortir Bouvier et consorts de leur repos éternel pour mieux appuyer mon argument, mais je peux juste vous dire que ça vous enrichira beaucoup plus que tous les bonus des banquiers réunis (en plus vous ne devrez rien rendre)… En plus, vous faites partie des quelques pour-cent de la population de notre planète qui peuvent le faire, alors n’oubliez pas que beaucoup des gens qui voyagent aujourd’hui, le font uniquement pour fuir une guerre ou la famine.

Il y en a qui ont le coeur si vaste qu’ils sont toujours en voyage

Jacques Brel

Cette chance, on a un peu tendance à l’oublier, sur notre petite île privilégiée. On pense que tout va mal  en écoutant nos collègues se plaindre sans discontinuer ou bien parce qu’on le lit dans le journal. Ce même journal qui ne parle jamais de l’Amérique Latine, l’Asie ou l’Afrique, ni des choses qui vont vraiment mal…

Voyager, c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre, autant sur soi-même, les pays qu’on visite que les gens qu’on y rencontre. Tout ça sans devoir payer un professeur de yoga pour nous mettre dans des positions improbables.

Le paradoxe, c’est que mille voyageurs sur le même itinéraire feront mille voyages différents, faits de rencontres ou de solitude, d’aventures ou de contemplation. Et ce n’est pas feu Bouvier qui dira le contraire: on ne savait pas du tout ce qu’on venait chercher avant de partir, mais ce qui est certain, c’est que si on l’avait su, ce ne serait certainement pas ce qu’on aurait ramené…

Le vrai voyageur n’a pas de plan établi et n’a pas l’intention d’arriver

Lao Tseu

Alors, America Perdida comme le disait la Mano Negra en 92 déjà? Et bien non, en tout cas pas pour nous. En fait on peut dire qu’on a vraiment réussi notre rencontre avec ce continent fabuleux, si souvent idéalisé et caricaturé. Tellement réussie qu’on irait presque s’installer là-bas, ha! 

Je ne connais qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval: c’est d’aller à pied.

Jean-Jacques Rousseau

Je crois qu’encore plus que les paysages fabuleux qui ont servi de décor à notre périple, c’est la rencontre avec les cultures de ce continent aux multiples facettes qui nous a touché. Et la culture, c’est pas juste quelques tas de pierres, aussi beaux et célèbres soient-ils. C’est surtout les gens: On n’oubliera jamais les rires de Doña Vita ou le regard fier de Don René, nos hôtes Cochabambinos, la timidité et la gentillesse de Maximo, notre guide péruvien, ou encore de l’accueil légendaire d’Andrés, Alberto, Didi et Titi, nos amis argentins et l’exceptionnelle sympathie des colombiens. Mais surtout: l’intelligence, la fierté et la sensibilité de tous les latino-américains que nous avons rencontrés pendant notre périple.

Et ils ont raison d’être fiers, même si ce continent reste aussi un laboratoire, avec tous ses problèmes de violence, d’injustices sociales et de trafics à grande échelle. Un laboratoire avec très peu de moyens, mais qui fait quand même beaucoup. Pour preuve, la Bolivie, un des pays les plus pauvres du continent a été la première à élire un président indigène dont le programme politique était “Bolivia Cambia” – la Bolivie change. Si ça ne vous rappelle pas un certain Barack tout ça…  

Voilà. Même si on a vu, fait, écouté, parcouru, navigué, transpiré et déjà écrit beaucoup, c’est très difficile de mettre un point final à cette histoire. Surtout qu’on a tous les deux laissé une petite partie de notre coeur là-bas, et qu’un jour ou l’autre, il faudra aller l’y rechercher.

Bogotá

La capitale, dans chaque pays c’est un passage obligé. En principe on y trouve les meilleurs musées, les meilleurs restos, la meilleure pollution et les meilleurs voleurs…

En principe aussi, les gens sont sympas et nous avertissent à l’avance, mais ici, le seul conseil des colombiens c’était: prenez un pull, il fait frio à Bogotá. Pas de problème, on a toujours nos polaires. Pour nous préparer, le  chauffeur du bus met la clim. sur 16° et on arrive au terminal terrestre après une de nuit de plus en hôtel-congélateur à roulettes.

Bogotá est une des plus grandes villes du continent, près de 8 millions d’habitants avec la banlieue. La vieille ville coloniale est très bien préservée et un système de bus modernes, le transmilenio, permet El telefericode se déplacer rapidement en ville. Malheureusement pour nous, le musée de l’or, un des meilleurs du continent est en réfection actuellement. Pas grave, il y a beaucoup de choses à faire ici: culture, ciné et shopping sont au programme. Et aussi, en bon Suisses, une montée en téléférique sur le cerro de Monserrat, d’où la vue sur la ville est impressionnante.

Encore une visite d’une excellente expo sur les disparus des dictatures latino-américaines et on est déjà obligés de mettre les voiles. C’est toujours difficile de le prévoir à l’avance (et notre planning commence à être serré), mais Bogotá mériterait au moins quatre ou cinq jours de visite.

Le paradis perdu des Tayrona

Une des destination incontournable en Colombie, c’est le Parque Tayrona. On a d’ailleurs l’impression que certains gringos sur la route des Caraïbes ne s’arrêtent qu’ici et peut-être à Cartagène… C’est le plus grand parc du pays de ce côté du canal de Panamá et il devrait servir d’exemple de préservation du littoral pour certains autres pays qui bétonnent sans hésiter (Tulum et la riviera maya mexicaine par exemple).

Taganga, la porte d’accès au parc, c’est l’archétype du petit port de pêcheurs tranquille, juste Coucher de soleildécouvert par quelques gringos fumeurs de pétards. Le retour de la pêche, la messe et l’alcoolisme collectif du dimanche après-midi continuent de rythmer la vie des Tagangueros. Pour le reste, babas vendeurs de bracelets et musiciens de rue se disputent l’attention (et les pièpièces) des quelques touristes présents.

On se trouve un petit hôtel sympa et on se prépare pour 1h30 de lancha, direction El Parque Tayrona. Une des autres particularités du parc, c’est qu’il est voisin de celui de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Nevada? Et oui, il y a de la neige en Colombie, qui plus est à 50 kilomètres des Caraïbes. La Sierra Nevada de Santa Marta passe de 0 à 5000 mètres sur une distance de 50 km. Si je calcule bien, en mode cyclisme, ça fait 10% de pente moyenne: dommage qu’il n’y ait pas de route…

Malheureusement, à part le très populaire trek vers la ciudad perdida, peu de sentiers de randonnée: la zone est peuplée d’indigènes qui n’aiment pas trop être dérangés.

PlayaAu programme: bateau – playa – bateau. Le plus simple pour arriver au parc, c’est la mer. 1h30 de barque en longeant la superbe et très sauvage côte du parc. La beauté des plages va crescendo au fur et à mesure qu’on s’approche, et l’arrivée dans une crique robinsonienne nous fait cligner de l’oeil: On comprend pourquoi le mec du bateau disait: “vous allez seulement pour un jour? pas plus?”

Petites plages, palmiers, mer bleu caraïbes et juste assez de touristes pour organiser une partie de foot… Le seul danger ici, c’est de se prendre une noix de coco sur le coin de la figure. Les indiens Tayrona, habitants de l’endroit, ont vraiment du goût pour la décoration. ;-)

Cartagène et les pirates

Chargées d’histoire, c’est le moins qu’on puisse dire des imposantes murailles de Cartagène. Entre les Les rempartsnombreux pirates, qui ont été à l’origine de leur construction et les innombrables histoires et anecdotes sur l’âge d’or de la ville, il est difficile de savoir par où commencer…

Les fantastiques murailles sont la réaction à l’attaque (la seconde) du pirate Francis Drake, responsable du premier saccage de la ville. Ensuite vient le baron de Pointis, à la solde des Français, qui possédait déjà à l’époque un certain sens de la mise en scène:  Il s’est fait jouer un Te Deum pour son entrée triomphale dans la cathédrale et son butin a servi au roi de France pour terminer le château de Versailles. Edward Vernon, le troisième de ces pirates, présumant de ses forces (même si sa flotte n’a été dépassée en nombre que par le débarquement de Normandie) a fait informer le roi de sa victoire avant de lancer l’attaque, qui en définitive fut un échec retentissant.Vendeuse de rue

Les rues de Cartagène ont aussi servi de cadre à une partie de l’oeuvre de Garcia Márquez, ainsi qu’à la vie mouvementée de l’écrivain, qui était un client des maisons closes de la ville. C’est vrai que chaque fois qu’on rentrait à notre hôtel, juste derrière l’église de la santisima trinidad, on avait un peu l’impression d’être dans Détail un roman de Gabo: les grand-mères sur leur rocking-chair devant leur porte, le coiffeur qui travaille sur le trottoir ou encore l’alcolo du quartier, effondré sur la devanture de l’église… C’est pas l’amour aux temps du choléra, mais presque.

A l’instar de tous les colombiens, les gens de Cartagène sont fiers de leur ville. Ils peuvent l’être car le centre ville très bien restauré est peut-être le plus bel exemple d’architecture coloniale au monde. Et de plus, chaque balcon, chaque fenêtre sont décorés de fleurs multicolores et autres plantes vertes exubérantes. Même le quartier de Getsemaní, dont la restauration est loin d’être complète, possède un charme indéniable qu’il doit peut-être aussi à ses maisons à moitié en ruine.

Medellín

Dowtown MedellinQuelques heures de loco loco bus et nous voilà à Medellín, ville connue mondialement pour… Pablo Escobar et son cartel de la drogue. Pas très touristique tout ça, mais d’ici cela semble vraiment de l’histoire très ancienne. D’ailleurs, le fameux cartel sera bientôt le sujet d’un film, c’est dire. C’est toujours un peu la 4ème dimension ici, entre ce qu’on entend à l’extérieur et le pays accueillant, ultra-propre et moderne qu’on visite, on a encore un peu de peine à faire le lien.

Medellín, 2 millions d’habitants, possède son métro (plus clean que celui de Paris), un impressionant nombre de parcs et même un – tout neuf – musée de la science avec labo de robotique pour les kids (note pour les politiques suisses: peut-être que c’est ce qu’il faut pour intéresser les jeunes à l’informatique). La ville est aussi et surtout connue pour son artiste le plus célèbre: Fernando Botero. Le peintre et sculpteur a parsemé les parcs de la ville de ses nombreuses oeuvres, et a fait donation de 120 peintures au musée de la province.

Un peu de muséage au programme donc, mais aussi – Colombie oblige – une petite sortie en boîte. Après un petit sondage des locaux, un nom revient souvent: le Mango’s. C’est une grosse boîte à la sortie de la ville, à la déco pur far west (pancartes “Free beer tomorrow” et “Hippies use backdoor” incluses), avec danseuses sur les bars, chippendales et nains inclus dans le prix d’entrée… J’avais pas mon Metrocableappareil de photos, mais heureusement il y a youtube pour ceux qui me croient pas.

Encore une petite grimpette avec le metrocable, le télécabine inclus dans le réseau du métro (ça aurait peut-être coûté moins cher que le M2 des lausannois), pour admirer la ville d’un peu plus haut et on se prépare à un long trajet en bus vers Cartagena, la plus belle ville du continent.

Club Colombia!

Vu de l’extérieur, la Colombie, c’est un pays en guerre, où la guerrilla est partout, les villes sont des repaires de narcotraficants et il est suicidaire d’y faire du tourisme. C’était un peu le point de vue qu’on en avait avant de partir.

Club colombiaHeureusement, pendant le voyage on a croisé pas mal de gens qui traversent le continent dans l’autre sens et qui étaient unanimement convaincus par la Colombie et ses habitants. On a bien fait de les écouter et de changer nos plans… Et même Micheline, qui est passé par la Colombie la semaine passée, semble d’accord (elle vient d’adoucir les recommandations du DFAE sur le pays).

Ce serait quand même dommage de rater:

  • Le 2ème pays du continent pour la biodiversité (1er du monde pour les races d’oiseaux, n’en déplaise aux péruviens)
  • Un pays dans les dix meilleurs mondiaux pour la performance écologique (devant la France…)
  • Le seul pays d’Amérique Latine ayant l’accès aux côtes Pacifique et caraïbes
  • Cartagena de Indias, la plus belle ville du continent
  • Un des meilleurs cafés du monde
  • Les plus calientes clubs de salsa de la planète
  • Les 11% de la surface du pays transformée en parcs nationaux

Après quelques jours à débusquer les baleines sur la côte des Emeraudes équatorienne, un petit vol Esmeraldas-Cali et nous y voilà. C’est toujours sympathique de débarquer dans un nouveau pays et de faire le jeu des 8 différences avec le précédent. C’est d’autant plus facile ici que la langue est toujours identique… Et la Colombie c’est un peu la quatrième dimension, par rapport à la réputation du pays. Tout le monde est serviable et très poli, les grandes villes sont sûres et très développées (avec des énormes ciné-shoppings à l’américaine), les taxis sont surs et pas chers et, évidemment, il encore peu de touristes étrangers. En plus, la population étant très mélangée, on se fond facilement dans la masse. Bienvenue donc au Club Colombia.

Cali

Notre première étape colombienne nous a bien permis de nous acclimater et de comprendre un peu comment fonctionne le pays. Ici c’est d’autant plus utile que les guides de voyages sont vraiment une plaisanterie. L’auteur du Lonely Planet a avoué qu’il avait écrit son guide sans mettre les pieds dans le pays et celui du Footprint n’a rien dit, mais les infos sont tellement médiocres qu’on n’est pas dupes…

Cali, c’est la grande ville du sud colombien et elle est située juste au sud de la zona cafetera où on va se diriger ensuite. Ici, pas de centre historique colonial, juste des gratte-ciels et des immeubles modernes. Outre les shoppings cités p.lus haut, la ville comprend une multitude de bars et salsathèques où le niveau (sonore et des danseurs) est assez élevé.

La dernière chose qui nous a étonné, dès la sortie de l’aéroport, c’est la quantité de cyclistes (les vrais, avec maillot et vrai vélo – de course, s’entend)… Et oui, la Colombie possède beaucoup d’excellents cyclistes pros (Duque, si si, 4ème au classement par points du tour de France 2008)…

Le Cotopaxi et la laguna Quilotoa

CotopaxiLe volcan Cotopaxi et la laguna Quilotoa sont deux des attractions les plus populaires d’Equateur, à quelques heures de Quito. Par temps clair, le volcan est même visible du centre de la capitale. Il est possible de faire la fameuse boucle de Quilotoa en quelques jours et autant de trajets en chicken bus. Pour notre part, on a choisi une autre option: sur deux roues. Le premier jour: excursion au Cotopaxi et descente du volcan en VTT, et le deuxième: visite de la lagune et balade en vélo aux alentours. De cette manière on évite aussi les chickens et les moutons envahissant notre moyen de transport ;-) .

L’affaire n’a pas commencé de manière idéale: le temps au Cotopaxi est plutôt couvert (avec un brin de neige pour la forme) et après 20 secondes un de nos camarades cyclistes se fissure la clavicule… Heureusement, l’hôpital n’est pas trop loin pour lui et les nuages s’écartent un brin pour nous dévoiler le sommet du volcan. Sinon, le VTT à la descente, c’est pas trop dur… Mais à 4000 mètres, c’est difficile de faire autre chose que de la descente, de toutes façons.

Après le volcan, un transfert en Jeep dans les superbes paysages de la région du Quilotoa et nous voilà en haut de son cratère rempli d’eau turquoise. Pour les vulcanologues, le Quilotoa est un volcan actif comme ilCompra mis cuys possède des sources d’eau chaude. On va donc dormir en haut d’un volcan en activité, chouette…

Pour le dernier jour, un peu de vélo dans le très impressionant canyon du Quilotoa et la visite du marché traditionnel de Saquisili. Le marché est vide de touristes, mais rempli de tous les produits habituels: fruits, légumes, volailles, quincaillerie ainsi que certains autres plus rigolos comme les délicieux cuys (cochons d’inde) qu’on consomme ici avec grand plaisir.

Latitude 0

L’équateur: l’endroit où on peut changer de saison en un petit pas… Bon, on ne voit pas vraiment la différence au niveau du climat, mais c’est quand même drôle. Le site très kitsch de l’équateur se trouve à quelques kilomètres de Quito, mais a 200 mètres de… l’équateur: une petite erreur de calcul en est à l’origine, mais l’énorme monument serait un peu difficile à déplacer.

Plaza independenciaEn arrivant à Quito, on se rend compte qu’on a de la chance: le soir même a lieu le plus grand festival de la ville, pour célébrer les premiers pas de l’indépendance de Quito et de l’Equateur. Concerts, musées, théâtre et danse toute la soirée, le tout entièrement gratuit: Un bon moyen de se rendre compte qu’ici aussi la culture ne doit pas toujours être payante et aussi une occasion pour admirer de nuit la vieille ville de Quito, cadre des événements. En passant, on a aussi découvert la culture (et la cuisine) afro-équatorienne, apportée par l’importante communauté d’anciens esclaves africains.Plaza San francisco

Le vieux Quito est inscrit au patrimoine de l’humanité depuis 25 ans, et cela se voit. Les monuments du centre (dont vingt-trois églises sur un kilomètre carré) sont très bien restaurés et en plus, magnifiquement illuminés la nuit. On a bien sûr dû braver les conseils du guide (ne sortez pas la nuit) pour pouvoir en rendre compte en images ;-)

Quito est une ville agréable, mais la division entre le centre historique et la partie moderne (où se concentrent les gringos, entre autres) est pour le moins… intéressante. En plus, on retrouve les grands shopping centers à l’américaine, McDo, dunkin’ donuts et KFC inclus. Ca donne une image un peu faussée du pays, qui est quasi à égalité avec le Pérou dans l’index du développement. Ici, comme en Bolivie, le président tente de moderniser la constitution avec beaucoup de peine face à la résistance des conservateurs et de l’église catholique, toujours très puissante. Et pourtant, dès qu’on s’éloigne des lounge bars ou des shopping centers climatisés, la pauvreté et l’absence de soutien du gouvernement sont bien visibles dans les villages, même à quelques heures de route de Quito.

Quelques nouvelles de Bolivie

Comme vous n’êtes certainement pas au courant – étant donné la couverture minimale des médias européens – de ce qui s’y passe, voici un résumé ainsi que quelques liens concernant la situation actuelle en Bolivie. La visite de ce pays que nous apprécions beaucoup nous a passablement marqués. Nous sommes particulièrement touchés par ce qui se passe. De plus, toutes ces tensions affectent nos amis boliviens.

En juin et juillet quatre provinces (les plus riches) ont voté de manière illégale et incompatible avec la Mauvaise réceptionconstitution du pays des statuts d’indépendance par rapport au gouvernement central d’Evo Morales. Cela a généré de nombreuses tensions et une crise politique sans précédent en Bolivie. Evo Morales a décidé de convoquer le peuple aux urnes pour un référendum révocatoire pour lui et les préfets de toutes les provinces du pays (dont certains sont à l’origine des statuts d’indépendance). Ce référendum aura lieu dimanche sur fond de manifestations violentes (déjà plusieurs morts) et de manipulations médiatiques générales. Le pire des scénarios serait que le pays sombre dans la guerre civile, selon le résultat du vote.

Il est de toutes façons certain que la situation ne va pas s’améliorer pour le gouvernement, qui est déjà persona non grata dans les quatres provinces indépendantistes. Pour terminer, et comme dans les meilleures années des dictatures latino-américaines, la CIA travaille dur pour déstabiliser le gouvernement socialiste de Morales…

Le courrier (Benito Perez)

Morales met sa tête sur le billot et ses opposants prennent peur

Le courrier (Bernard Perrin, qu’on a croisé à Cochabamba):

En Bolivie, il ne fait pas bon soutenir le président Evo Morales

Et pour terminer, une analyse d’un journaliste français: Mes impressions de Bolivie

Bonne lecture!

Bienvenue chez les Chachapoyas!

La muraille

Chez les Chachaquoi? je vous entends déjà dire…

Chachapoyas, vingt-mille habitants, capitale de la province d’Amazonas et berceau de plusieurs civilisations anciennes du Pérou, dont les Chachapoyas, constructeurs de la citadelle de Kuélap. A part ce site, la région comprend plusieurs sites naturels ou archéologiques d’importance: Les sarcophages de Karajia, la cascade de Gocta, le mausolée de Revash et bien d’autres… Pourtant, les touristes, spécialement étrangers, boudent la région. Peut-être à cause des 10 heures de bus depuis la côte (plus 10 heures de retour), ou parce que le Nord du Pérou est vraiment très éloigné de Machu Picchu.

Heureusement qu’on avait un brin entendu parler de Kuélap, sinon on aurait certainement fait l’impasse sur ce coin. Après le passage obligé par iPerú, l’office du tourisme, on est retournés à notre hôtel pour réserver une nuit de plus: On pourrait facilement passer une semaine dans la région et comme les distances entre les sites sont assez grande, c’est un ou deux par jour maximum… Pour couronner le tout, l’ambience est assez décontractée et tout le monde est sympa, à l’inverse de Cusco.

Kuélap

Que celui qui a entendu parler de Kuélap lève la main… Voilà, c’est bien ce que je pensais: personne. En fait, le site est cité dans le top 5 péruvien du Footprint South America 2008 et c’est ça qui a éveillé notre curiosité.

L'intérieurKuélap est une immense forteresse préincaique (de l’an 900 environ) de 600 mètres de long, 100 mètres de large et dont les murs font environ 19 mètres de hauteur. Plus de pierres ont été nécessaires pour la construction de Kuélap que pour la piramide de Gizeh. Pour entrer dans la forteresse, trois ouvertures étroites dans la muraille, qui se ressèrent jusqu’à laisser passer une seule personne à la fois. Comme d’habitude, le travail de maçonnerie est impressionant.

Une fois arrivé à l’intérieur, les surprises sont loin d’être terminées: environ 400 maisons Frises sur une maisonrondes en pierre, dont certaines possèdent des frises géométriques sur le pourtour. Par manque de moyens, la majorité du site n’est pas restaurée et est recouverte par des arbres, eux-mêmes couverts de mousses et de bromélias. Le tout donne une ambiance unique, qui n’est pas sans rappeler celle du site de Tikal, au Guatemala.

La cascade de Gocta

Toujours la cascade771 mètres. Selon les locaux, c’est la troisième plus haute du monde. Le seul petit problème, c’est qu’elle est en deux niveaux, et le Guiness va certainement chipoter pour l’homologation… Elle n’en n’est pourtant pas moins impressionante. Pour la visiter, deux heures de marche obligatoires depuis le village le plus proche. La marche n’est pas trop difficile, surtout qu’elle traverse quelques exploitations de canne à sucre où les employés en train de préparer la Chicha de canne n’hésitent pas à nous la faire tester. Heureusement, la fermentation n’est pas encore trop avancée.;-) Le chemin tout neuf (de l’aide italienne est passée par là) traverse la forêt de nuages typique à cette altitude et la vue du bas de la deuxième cascade (plus de 500m tout de même) vaut largement la journée d’excursion.

Les sarcophages de Karajia

Un autre site assez incroyable: Un groupe de sarcophages accrochés dans laLes sarcophages de Karajia falaise qui semblent toiser le vide et dont les lignes très fines font penser d’une part aux moais de l’Ile de Pâques et d’autres part à certaines statues africaines. Cette façon de disposer des défunts de la culture Chachapoyas est unique au monde, et la vision des sarcophages dans leur environnement d’origine est à couper le souffle.

Après cette petite escapade pleine de surprises, autant pour nous que pour les locaux (on nous a demandé plusieurs fois: “mais comment vous êtes arrivés là?”), on se prépare à prendre la direction de l’Equateur pour vérifier si on arrive à faire tenir les oeufs debout.