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America perdida

Celui-là, c’est le plus difficile à écrire je peux déjà vous le confirmer… Et le fait d’attendre n’aide pas vraiment non plus. En fait, je crois que si je devais résumer en quelques mots ces huit mois d’aventures, de rencontres et d’expériences incroyables, je dirais, en pensant à toutes les personnes chez qui on a vu une étincelle dans les yeux en parlant de notre projet: Allez-y, faites-le, partez, voyagez!

Je vais pas sortir Bouvier et consorts de leur repos éternel pour mieux appuyer mon argument, mais je peux juste vous dire que ça vous enrichira beaucoup plus que tous les bonus des banquiers réunis (en plus vous ne devrez rien rendre)… En plus, vous faites partie des quelques pour-cent de la population de notre planète qui peuvent le faire, alors n’oubliez pas que beaucoup des gens qui voyagent aujourd’hui, le font uniquement pour fuir une guerre ou la famine.

Il y en a qui ont le coeur si vaste qu’ils sont toujours en voyage

Jacques Brel

Cette chance, on a un peu tendance à l’oublier, sur notre petite île privilégiée. On pense que tout va mal  en écoutant nos collègues se plaindre sans discontinuer ou bien parce qu’on le lit dans le journal. Ce même journal qui ne parle jamais de l’Amérique Latine, l’Asie ou l’Afrique, ni des choses qui vont vraiment mal…

Voyager, c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre, autant sur soi-même, les pays qu’on visite que les gens qu’on y rencontre. Tout ça sans devoir payer un professeur de yoga pour nous mettre dans des positions improbables.

Le paradoxe, c’est que mille voyageurs sur le même itinéraire feront mille voyages différents, faits de rencontres ou de solitude, d’aventures ou de contemplation. Et ce n’est pas feu Bouvier qui dira le contraire: on ne savait pas du tout ce qu’on venait chercher avant de partir, mais ce qui est certain, c’est que si on l’avait su, ce ne serait certainement pas ce qu’on aurait ramené…

Le vrai voyageur n’a pas de plan établi et n’a pas l’intention d’arriver

Lao Tseu

Alors, America Perdida comme le disait la Mano Negra en 92 déjà? Et bien non, en tout cas pas pour nous. En fait on peut dire qu’on a vraiment réussi notre rencontre avec ce continent fabuleux, si souvent idéalisé et caricaturé. Tellement réussie qu’on irait presque s’installer là-bas, ha! 

Je ne connais qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval: c’est d’aller à pied.

Jean-Jacques Rousseau

Je crois qu’encore plus que les paysages fabuleux qui ont servi de décor à notre périple, c’est la rencontre avec les cultures de ce continent aux multiples facettes qui nous a touché. Et la culture, c’est pas juste quelques tas de pierres, aussi beaux et célèbres soient-ils. C’est surtout les gens: On n’oubliera jamais les rires de Doña Vita ou le regard fier de Don René, nos hôtes Cochabambinos, la timidité et la gentillesse de Maximo, notre guide péruvien, ou encore de l’accueil légendaire d’Andrés, Alberto, Didi et Titi, nos amis argentins et l’exceptionnelle sympathie des colombiens. Mais surtout: l’intelligence, la fierté et la sensibilité de tous les latino-américains que nous avons rencontrés pendant notre périple.

Et ils ont raison d’être fiers, même si ce continent reste aussi un laboratoire, avec tous ses problèmes de violence, d’injustices sociales et de trafics à grande échelle. Un laboratoire avec très peu de moyens, mais qui fait quand même beaucoup. Pour preuve, la Bolivie, un des pays les plus pauvres du continent a été la première à élire un président indigène dont le programme politique était “Bolivia Cambia” – la Bolivie change. Si ça ne vous rappelle pas un certain Barack tout ça…  

Voilà. Même si on a vu, fait, écouté, parcouru, navigué, transpiré et déjà écrit beaucoup, c’est très difficile de mettre un point final à cette histoire. Surtout qu’on a tous les deux laissé une petite partie de notre coeur là-bas, et qu’un jour ou l’autre, il faudra aller l’y rechercher.

Bienvenue chez les Chachapoyas!

La muraille

Chez les Chachaquoi? je vous entends déjà dire…

Chachapoyas, vingt-mille habitants, capitale de la province d’Amazonas et berceau de plusieurs civilisations anciennes du Pérou, dont les Chachapoyas, constructeurs de la citadelle de Kuélap. A part ce site, la région comprend plusieurs sites naturels ou archéologiques d’importance: Les sarcophages de Karajia, la cascade de Gocta, le mausolée de Revash et bien d’autres… Pourtant, les touristes, spécialement étrangers, boudent la région. Peut-être à cause des 10 heures de bus depuis la côte (plus 10 heures de retour), ou parce que le Nord du Pérou est vraiment très éloigné de Machu Picchu.

Heureusement qu’on avait un brin entendu parler de Kuélap, sinon on aurait certainement fait l’impasse sur ce coin. Après le passage obligé par iPerú, l’office du tourisme, on est retournés à notre hôtel pour réserver une nuit de plus: On pourrait facilement passer une semaine dans la région et comme les distances entre les sites sont assez grande, c’est un ou deux par jour maximum… Pour couronner le tout, l’ambience est assez décontractée et tout le monde est sympa, à l’inverse de Cusco.

Kuélap

Que celui qui a entendu parler de Kuélap lève la main… Voilà, c’est bien ce que je pensais: personne. En fait, le site est cité dans le top 5 péruvien du Footprint South America 2008 et c’est ça qui a éveillé notre curiosité.

L'intérieurKuélap est une immense forteresse préincaique (de l’an 900 environ) de 600 mètres de long, 100 mètres de large et dont les murs font environ 19 mètres de hauteur. Plus de pierres ont été nécessaires pour la construction de Kuélap que pour la piramide de Gizeh. Pour entrer dans la forteresse, trois ouvertures étroites dans la muraille, qui se ressèrent jusqu’à laisser passer une seule personne à la fois. Comme d’habitude, le travail de maçonnerie est impressionant.

Une fois arrivé à l’intérieur, les surprises sont loin d’être terminées: environ 400 maisons Frises sur une maisonrondes en pierre, dont certaines possèdent des frises géométriques sur le pourtour. Par manque de moyens, la majorité du site n’est pas restaurée et est recouverte par des arbres, eux-mêmes couverts de mousses et de bromélias. Le tout donne une ambiance unique, qui n’est pas sans rappeler celle du site de Tikal, au Guatemala.

La cascade de Gocta

Toujours la cascade771 mètres. Selon les locaux, c’est la troisième plus haute du monde. Le seul petit problème, c’est qu’elle est en deux niveaux, et le Guiness va certainement chipoter pour l’homologation… Elle n’en n’est pourtant pas moins impressionante. Pour la visiter, deux heures de marche obligatoires depuis le village le plus proche. La marche n’est pas trop difficile, surtout qu’elle traverse quelques exploitations de canne à sucre où les employés en train de préparer la Chicha de canne n’hésitent pas à nous la faire tester. Heureusement, la fermentation n’est pas encore trop avancée.;-) Le chemin tout neuf (de l’aide italienne est passée par là) traverse la forêt de nuages typique à cette altitude et la vue du bas de la deuxième cascade (plus de 500m tout de même) vaut largement la journée d’excursion.

Les sarcophages de Karajia

Un autre site assez incroyable: Un groupe de sarcophages accrochés dans laLes sarcophages de Karajia falaise qui semblent toiser le vide et dont les lignes très fines font penser d’une part aux moais de l’Ile de Pâques et d’autres part à certaines statues africaines. Cette façon de disposer des défunts de la culture Chachapoyas est unique au monde, et la vision des sarcophages dans leur environnement d’origine est à couper le souffle.

Après cette petite escapade pleine de surprises, autant pour nous que pour les locaux (on nous a demandé plusieurs fois: “mais comment vous êtes arrivés là?”), on se prépare à prendre la direction de l’Equateur pour vérifier si on arrive à faire tenir les oeufs debout.

Machu Picchu et les 40 voleurs

Voyager au Pérou n’est pas toujours facile quand on ne fait pas partie d’un tour organisé et prémâché. Le plus difficile est d’éviter les nombreuses arnaques. On a déjà parlé des petits problèmes rencontrés à Cusco, mais voilà ce qui peut vous arriver si vous ne prenez pas garde:

  1. Quand on réserve notre trekking Choquequirao – Machu Picchu, tout est en ordre, on doit partir avec le boss de l’agence Cusqueñan Travel, Juan Salas. Les choses se gâtent un peu à 6h00 le jour du départ: sa copine Yeni nous annonce qu’il s’est fait mal au foot et qu’on part avec un autre guide, son frère Miguel. Pas de problème, on se dit… Sauf que Miguel n’a pas de diplôme de guide vu qu’il n’a pas fini ses études. ;-) . De plus, ce n’est pas le frère de Juan mais surtout, il ne connaît pas la route Choquequirao – Machu Picchu. Ca commence à faire beaucoup, et heureusement que le cuistot vient de la région et connaît bien le trajet et les gens du coin. Evidemment, il manque certaines choses comme le kit de premier secours et la tente pour cuisiner, rien de vital ceci-dit ;-) .
    Comme pour couronner le tout, ils nous ont mis dans le train de 14h pour partir de Machu Picchu, qu’on a dû quitter un peu précipitemment. On s’est donc dit qu’on allait passer les voir pour un petit discount. Mais, arrivés à l’adresse de l’agence à Cusco, surprise: le bureau est vide, plus de traces: partis sans laisser d’adresse nous disent les voisins. Autant vous dire que tout ça s’est terminé chez la police touristique, très sympa et plutôt efficace, d’ailleurs, mais qui nous a confirmé que ces problèmes sont actuellement en forte augmentation à Cusco.
  2. S’étant fait avoir une fois, en arrivant à Huaraz on se dit qu’on va passer par la Casa de Guias officielle pour éviter ce genre d’ennuis. On discute donc avec César Vargas, un des guides de montagne certifiés à propos de notre trekking dans la cordilière Huayhuash. Pour l’anecdote, cette association à été fondée par un Suisse et les premiers guides ont été formés en Suisse, avec l’aide du canton de Genève et de la Confédération notamment…
    César nous propose de partir avec un guide qui s’appelle Glicerio, et quand on paie l’accompte et qu’on s’étonne qu’il ne puisse pas nous montrer sa carte de guide, on appelle la casa de guias qui nous confirment que ce n’est pas un guide et qu’il n’a aucune relation avec la Casa de Guias. Pourtant, son tarif est le même et il nous a été fourni par cette même Casa de Guias… Le dénommé César Vargas a donc bien tenté de nous entourlouper, malgré son diplôme de guide.
    On a perdu un jour dans l’histoire pour trouver un vrai guide et ces petits voleurs de la casa de guias ont eu ensuite toutes les peines du monde à nous fournir un reçu pour le montant qu’on avait payé (on dirait qu’il ne veulent pas payer leurs impôts ;-) .
    Heureusement que la jeune génération de guides et aspirants est nettement plus honnête. Pour ceux qui passent par Huaraz, on vous conseille d’éviter à tout prix de passer par la Casa de Guias.

Ce ne sont que quelques exemples, mais on espère que nos expériences serviront au moins à éviter des problèmes similaire à d’autres voyageurs. On a aussi eu de la chance, car les choses peuvent se gâter très vite en montagne si on ne connaît pas les règles élementaires de sécurité.

Trujillo & Chiclayo

Nous redescendons sur la côte pour lentement continuer notre route sur le continent Sud-Américain. Il y a tant de choses à voir que nous pourrions rester 3 mois rien que dans la Cordillère Blanche. Ainsi, nous nous retrouvons en une nuit à l’altitude 0. La température remonte et le brouillard arrive. Les péruviens de la côte ne voient pas souvent le soleil en hiver: la faute au Garúa, la brume locale qui n’a rien à envier à notre stratus suisse!

Le retour à la civilisation est toujours assez frappant dans ces pays sud-américains. Les différences de niveau de vie sont tellement importantes. Marcher dans le Cordillera Huayhuash remet les pendules à l’heure. Les gens vivent encore plus simplement que l’on peut se l’imaginer. Ils ont vraiment rien si ce n’est quatre murs, un lit de fortune, un feu à même le sol pour cuisiner et un toit de pailles. Ils vivent de l’agriculture avec des méthodes oubliées chez nous depuis bien, bien longtemps. Toute la famille, du plus jeune au plus âgés, cultive les champs à la force de ses mains. Des petits bonshommes sachant à peine marcher vont rechercher les troupeaux de moutons en fin de journée.

Chan ChanAu Pérou, les belles routes, les belles maisons, les restaurants bondés de la côte montrent bien où se trouve l’argent. Nous prenons l’option de nous arrêter à Trujillo pour connaître les ancêtres pré-incas du nord de ce pays, les cultures Chimú et Moche (qui n’étaient pas moches, ceci-dit ;-) ) . Nous commençons pas la visite de Chan Chan: il s’agit d’un site archéologique entièrement construit en terre, en bord de mer, d’une superficie totale de 20km carrés. Tout n’est pas restauré, bien sûr, mais on se rend bien compte du travail de l’empire des Chimú. Malheureusement les ruines risquent de disparaître à cause du niveau de la nappe phréatique qui augmente. Un étang s’est formé au milieu d’un des palais pour la joie des canards, mais pas pour celle des archéologues.

Nous visitons des Huacas de plus 30 mètres de haut sur le site El Brujo. Il s’agit d’un complexe archéologique de la culture Moche, qui comporte des superbes frises colorées en haut-relief, le tout toujours en terre.

Nous terminons nos visites par celles des temples de la Luna et del Sol. Malheureusement, sur celle du soleil, il n’y a plus grand chose à voir car elle a été mise à sac par les huaqueros, les pilleurs de tombes.

Huaca de la lunaToutes ces complexes sont impressionnants et les archéologues ont encore des années de travail dans la région. Cependant les fonds manquent bien qu’ils en reçoivent passablement de l’étranger. Beaucoup de restaurations restent à faire mais ce qui se voit aujourd’hui démontre le travail impressionnant effectué à ces époques. La chance aidant, certaines choses comme des céramiques ou des peintures sont restées quasi intactes. Passablement de momies ont aussi été retrouvées accompagnées de nombreuses offrandes (objets diverses, animaux, bijoux, habits..).

Après une parenthèse par Chachapoyas, on clôt le chapitre péruvien à Chiclayo, principalement pour visiter le musée du Señor de Sipán. Encore un inconnu hors du Pérou, mais pourtant il vaut largement le détour: Il s’agit d’un responsable de la culture Moche dont le tombeau a été retrouvé intact en 1987, avec tous ses bijoux, offrandes et épouses!

Un musée a été ouvert, juste pour montrer le contenu de cet unique tombeau. La qualité du travail des métaux est toujours incroyable et les archéologues ont pu conserver jusqu’aux colliers de coquillages de plusieurs milliers de pièces.

Quelques infos supplémentaires sur le señor de Sipán:

http://sipan.perucultural.org.pe/

Wikipédia

Le Pisco (5760m)

Au milieu de tous ces sommets enneigés de la Cordillera Blanca, la tentation d’en grimper un est grande. Vu le temps passé en altitude, notre acclimatation semble être faite. Pourquoi ne pas en

profiter pour s’initier un peu à l’alpinisme!

Le sommet depuis le bas du glacier
Le Pisco, vu du bas de son glacier

Au Pérou, on peut volontiers s’asseoir et siroter des Pisco Sour à volonté (c’est même dans Wikipedia). Nous avons choisi de tenter l’ascension d’un sommet de la Cordillera Blanca du même nom à 5760 mètres. Pari tenu, on s’organise avec notre guide Maximo (le même que pour le trekking de Huayhuash) pour le faire en trois jours.

Nous commençons par rejoindre le point de départ en bus et taxi en passant par Yungay. Cette petite ville a été dévastée par un énorme torrent de boue quand un pan entier du Huascarán lors du tremblement de terre de 1970. Les rochers gros comme des maisons encore

présents donnent une idée de la force de la montagne.

On arrive au bout de la route avec le taxi, mais on n’aperçoit pas encore le Pisco. Aujourd’hui, l’objectif est de rejoindre le refuge se trouvant à 4680 mètres. Nous sommes déjà à 3900 mais cela n’est pas gagné car il faut monter avec tout l’équipement d’alpinisme et c’est lourd. Heureusement, Maximo nous déleste un peu, enfin surtout moi! Durant la montée, deux condors viennent nous saluer et nous distraire un instant. A mi-chemin, nous apercevons le monstre qui sera à escalader le

lendemain. Nous restons un peu bouche bée, ébahis à la fois par la beauté et par la hauteur de la bête!

Nous arrivons tranquillement au refuge bien contents de pouvoir passer la nuit au chaud et non sous notre tente pour une fois. On se couche vers sept heures dans le but de se réveiller le plus tôt possible. De toute façon, pas le choix: on se lève à 1h15 et on doit quitter le camp à 2h00.

Départ dans le noir

On commence par plus de deux heures de traversée de moraine comme je n’en avais jamais vue. D’énormes rochers plus ou moins stables sur lesquels passent un semblant de chemin. A l’aide de nos frontales, on monte pour redescendre puis pour remonter sous un magnifique ciel étoilé. Nous apercevons au loin d’autres cordées. On sera vingt à tenter l’ascension.

Arrivant enfin au bord du glacier, on passe aux choses sérieuses: crampons, piolets, harnais et c’est parti pour quelques bonnes heures de grimpes pour tenter rejoindre ce fameux sommet. Après quelques mètres, je me demande ce qui nous a pris mais bon, c’est un peu tôt pour m’arrêter.

On avance lentement mais on avance, les jambes sont lourdes, très lourdes. Je fais connaissance avec d’autres muscles que ceux utilisés pour trekker. J’ai l’impression qu’ils me crient très fort de m’arrêter. De plus, je suis tout sauf à l’aise avec des crampons.

Le soleil se lève gentiment, c’est magnifique. Nous nous trouvons au milieu de somptueux sommets enneigés. Le vent se lève aussi et il commence à faire bien froid. On monte les trois encordés sur ce monstre blanc. Il n’y a pas de bruit si ce n’est celui de notre respiration.

Après un moment, cela devient un peu plus dur, même le piolet commence à peser. L’alpinisme n’a vraiment rien à voir avec le trekking. Nous sommes acclimatés à l’altitude mais pas beaucoup à un tel effort. A mi-chemin, je n’y crois plus et ne peux plus tenir le rythme. Il reste tellement de pente à grimper. Je vois les cordées devant et derrière qui peinent aussi et réalise que ce n’est pas gagné.

J’ai voulu abandonner à plusieurs reprises mais Quentin me disait à chaque fois: allez, encore un bout! Maximo, notre guide y croyait pour moi. A coup de petits bouts, de volonté, de pas mal d’efforts, de quelques encouragements et de je ne sais quoi d’autres, nous y sommes arrivés. Les derniers 30 mètres de pente à 60 degrés au piolet ont été l’ultime supplice.

La photo obligatoire: au sommetArrivés au sommet du Pisco, la récompense est indescriptible. Nous sommes raides mais émerveillés par le paysage qui nous entoure. Les larmes m’en coulent tellement je suis émue! Nous avons un magnifique panorama de 360 degrés sur les plus belles montagnes de la Cordillera Blanca…. merci!

Après quelques embrassades et photos, nous attaquons la descente car, mine de rien, il ne fait pas chaud là-haut. Nous débutons par un petit bout de rappel, les fameux 30 mètres! Cela va tout de suite plus vite à la descente.

L'Alpamayo et le Piramide depuis le sommet du PiscoNous rejoignons la moraine tranquillement car nous sentons bien la fatigue et la montagne demande toujours de la vigilance. Et oui, les crevasses sont toujours là!

Nous quittons la neige pas mécontents de pouvoir retirer ces fameux crampons et chaussures d’alpinisme, beaucoup trop lourds. Nous nous reposons un instant avant de retraverser cette fameuse moraine. De jour, le chemin à l’air plus simple mais par contre des pierres décrochent à tout moment. On avance prudemment jusqu’au refuge, mes jambes ne tiennent plus vraiment. Par prudence, nous passons la nuit au camp de base pour rejoindre la route le lendemain dans de meilleures conditions physiques.

Une expérience hors du commun qui nous a offert un spectacle de montagne incroyable….

10 jours dans la cordillera Huayhuash

J7: Le massif du Jurau et sa lagune, depuis le col San Antonio

La mythique cordilière Huayhuash, berceau du sentier lumineux et cadre d’un des plus beaux circuits de trekking du monde. Le trek fait le tour complet de cette cordilière et donne de nombreux points de vues incroyables sur ses montagnes, dont le Yerupajá, deuxième plus haut sommet du Pérou, après le Huascarán. Résultat, on était un peu obligés d’y aller, malgré les dix jours de marche sans douche et les cols, dont deux à 5000m, qui s’alignent sur le parcours.

On a décidé de partir avec un aspirant guide de Huaraz, même si la casa de guias de Huaraz ont tenté de nous fourguer quelqu’un qui n’était pas guide, au prix fort, évidemment…

Le trek démarre à Pocpa, terminus du bus, où on fait connaissance avec Cristobal, notre arriero, et ses burros.

Pocpa – Mitucocha – CaruacochaJ3: Laguna Caruacocha et le Yerupaja

Après un premier jour de marche tranquille et une première nuit sous la pluie et la neige, on attaque vraiment et on passe le premier col pour se diriger vers la Laguna Mitucocha, le lieux du deuxième camp. Au niveau des camps, le circuit de Huayhuash est imbattable: Presque toutes les étapes s’arrêtent au bord d’une lagune, avec quelques pics enneigés en fond.

Après une nuit mouvementée, où Sylvie a certainement sauvé nos chaussures en les rentrant dans la tente après avoir entendu un bruit suspect (les voisins ayant eu moins de chance: 3 paires de chaussures manquent à l’appel) on part pour le programme habituel: un col de 4800m, environ 5 heures de marche et une arrivée vers une lagune: Caruacocha, dans laquelle se reflètent les pics sublimes du Jirishanca et du Yerupajá. Dans l’après-midi, le temps se gâte à nouveau.

“La montagne est jalouse”, nous dit la paysanne du coin pour nous expliquer le mauvais temps en nous montrant le camp de base des alpinistes italiens qui veulent monter au sommet du Jirishanca. Pour le repas du soir, on achète quelques truites aux gens du coin. En effet, toutes ces lagunes ont été colonisées par des truites “exotiques” pour le malheur des poissons locaux, mais pour notre bonheur à nous. ;-)

Caruachocha – Viconga

J4: Laguna SiulaLe lendemain, après s’être acquittés de l’habituel droit de passage de la communauté, on se dirige vers une vallée étroite qui nous fait passer directement sous les faces nord du Yerupajá et du Siula Grande, tout en longeant un chapelet de lagunes bleu émeraude. Destination du jour: Huayhuash, dont l’arriero nous a déjà prévenus: il y a des banditos dans le coin et il y a eu quatre morts en 2004. Mais comme on paie pour la sécurité, deux villageois en ponchos gardent le camp, fusil à l’épaule. On va donc éviter de sortir se balader en pleine nuit. ;-)

Le lendemain matin, départ sous l’oeil des vigiles, qui nous accompagnent – armés – jusqu’au col. Après avoir comparé le Trapecio, qui surplombe le col, avec le Cervin, on s’engage dans la descente jusqu’à la laguna Viconga: une simple formalité, d’autant plus qu’un bain termal nous attend à côté du camp.

Viconga – Huayallpa

Le col le plus élevé du circuit nous est pour aujourd’hui: 5000m. Comme on marche et surtout on dort en altitude depuis plusieurs jours, notre acclimation nous aide à passer l’étape sans mal de tête, et on peut profiter de l’après-midi pour ne rien faire, sauf un peu de lessive…

Le lendemain, on part pour la Quebrada Calinca, ou se trouve la laguna Jurau, juste en dessous du Jurau et du Siula Grande. C’est aussi le cadre de l’histoire incroyable mais pourtant vraie de Joe Simpson, relatée dans Touching the void. L’endroit, qui est souvent oublié par les agences faisant le trek en 8 jours, est assez stupéfiant: la lagune bleu émeraude, le glacier et le massif du Jurau en arrière-plan, très très photogénique…

J7: Laguna Jurau

La descente dans la vallée est aussi idyllique et l’arrivée à Huayllapa, plus grand village du tour, nous ramène malheureusement à la réalité: “Caramellos” hurlent tous les gamins qu’on croise sur le chemin… Au Pérou, 90% des enfants ont des caries, c’est pas moi qui le dit, c’est la pub colgate. ;-)

Heureusement, on a un excellent arriero et on peut camper dans le jardin d’une de ses connaissances, ce qui nous offre un brin de tranquilité. On en profite aussi pour se ravitailler un peu, notamment en fromage local, garanti sans conservateurs (ceci dit, il ressemble un peu à la fougne des bronzés font du ski).

Huayllapa – Jahuacocha – Llamac

Après Huayllapa, un dernier jour de camping tranquille et on rejoint la masse des touristes qui font le “mini-huayhuash” en 4 jours. On en profite pour faire un petit détour sur la gauche du col de Punta Yaucha: De ce point, on peut apercevoir la cordilière blanche et le Huascarán à plus de 150km au nord. L’arriero, toujours bien informé nous a déjà avertis: un groupe de 30 burros arrive derrière nous: il y aura du monde au camp ce soir…

J9: Une belle lumièrePendant que les autres trekkeurs arrivés à la laguna Jahuacocha s’envoient des bières, on se dirige vers le fond de la vallée et le glacier qui, paraît-il, renferme les restes d’un avion qui s’est ecrasé dans les années 60. On en a trouvé que quelques bouts d’aluminium, mais la balade était intéressante: directement sous le Jirishanca, avec des bouts de glacier qui se décrochent de temps en temps et à grand fracas. On finit la journée en avalant encore quelques truites du lac et une bière que les campesinos du coin, en bons businessmen, vendent aux touristes.

J9: Le YerupajaJ9: Laguna JaruacochaJ9: Lagune et glacier

Le dernier jour est une descente assez tranquille vers Llamac où on doit reprendre un bus vers Chiquián puis Huaraz. On sent quand-même un peu nos jambes après les 9 jours et près de 160 kilomètres de marche du circuit, et le retour de la chaleur n’aide pas.

Au final, on peut effectivement dire que c’est un des plus beaux circuits de trekking qu’on ait fait. Il est clair qu’il y a quelques points noirs, comme le fait que les camps soient assez sales et pleins de détritus, mais malgré cela, ce circuit surpasse même celui des Torres del Paine par la beauté des paysages de montagne traversés.

Huaraz

Après deux petites journées passées à Lima, il nous presse de retourner dans les montagnes et surtout de découvrir la fameuse Cordillera Blanca. De plus, il serait dommage de perdre les globules rouges que nous avons accumulées en altitude. Il paraît que cela diminue très rapidement!

Huaraz: au pied de la cordillèreNous arrivons au petit matin à Huaraz. La ville a l’air assez quelconque au premier abord, mais par contre les massifs montagneux aux alentours sont gigantesques. Nous rejoignons notre hôtel après avoir passé le barrage des racoleurs à la station de bus. Il est 6h mais ils sont déjà tous debout.

Huaraz est une petite ville sans charme malheureusement. Elle a été quasi complètement détruite en 1970 par un fort tremblement de terre. Tout semble avoir été vite reconstruit et de manière peu esthétique. La cathédrale est toujours en construction. Ils n’osent pas la terminer car il semblerait qu’à chaque fois qu’ils posent les dernières pierres, il y a un nouveau tremblement de terre.

Les touristes viennent ici principalement pour faire de l’andinisme. Il y a de quoi faire entre les cordillères et leurs nombreux sommets. La rue principale regorge d’agences de voyage proposant treks, sommets et visites culturelles. Les magasins d’articles de montagne se marchent dessus. Nos projets principaux sont de monter à la Laguna Churup, de visiter le site pré-inca de Chavin, de se balader dans la Cordillera Huayhuash… et pour la suite on verra.Les fameuses têtes de Chavin

A notre arrivée, on doit patienter un peu pour cause de trois jours de grève générale. Les péruviens manifestent face à la hausse de prix et demandent en même temps un changement de leur gouvernement. La grève est plus ou moins suivie. Ce sont surtout les blocages sur la route qui rendent tous déplacements difficiles. Par contre, les magasins, restos restent officieusement ouverts. Cependant, dès le moindre signe de manifestants s’approchant, toutes les rideaux d’acier se baissent très rapidement afin d’éviter des problèmes.

Depuis plus de 200 jours en Amérique du Sud, c’est la première fois que nous restons un peu coincés. Pour dire que le continent est réputé pour ces grèves, on ne s’en tire encore pas trop mal. En Argentine, nous avions eu quelques problèmes pour l’approvisionnement des délicieuses parilladas… Mais bon, cela aurait pu être bien pire!

Lima

Il est temps pour nous de quitter Cusco. Tout d’abord on a vu ce que nous voulions et de plus le tourisme de masse nous étouffe gentiment. Je sais que nous en faisons partie de ces fameux touristes. Mais, j’avais de la peine à supporter d’en voir certains acheter des cigarettes à des enfants de moins de 8 ans à 23 heures.  Certaines femmes exhibent leurs enfants afin d’être payées pour être prises en photos. Evidemment, ces enfants n’ont pas le temps d’aller à l’école! Et ce n’est que quelques exemples! Dans les montagnes, les enfants ont les dents complètement cariées, merci aux marcheurs pour les candies!

Une autre chose assez étonnante: certaines personnes qui, je pense, ont décidé de venir au Pérou préfèrent rester dans le bus pour voir les sites archéologiques et franchement je vous assure depuis le bus on ne voit rien, à part l’imposant escalier d’accès au site. ;-)

Ainsi, nous prenons un bus de nuit pour rejoindre la capitale du pays. Le voyage qui devait durer 18heures en a mis 3 de plus pour je ne sais quelle raison. Heureusement, nous étions dans un bus super confort ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps.

Le but de notre passage à Lima est de visiter la capitale du Pérou et surtout c’est sur le chemin de notre prochaine destination. Nous avons ainsi passé 2 jours à parcourir quelques quartiers et en entrant dans deux ou trois églises et musées.

Nous sommes entrés, également, dans de grands centres commerciaux qui ressemblent à ceux de chez nous, jusqu’aux prix! Cela faisait longtemps que nous n’avions pu le faire. Ce n’est pas que cela me manquait mais bon je dois dire que c’était quand même sympa. Le soir, quelques bons restos pour nous rappeler un peu les goûts de chez nous. Et oui, ce sont aussi des choses qui à la longue peuvent aussi nous manquer.

Après ce bref passage dans une grande ville, nous partons pour l’exploration de la Cordillera Blanca.

Muchas Picctures!

La mariée se découvre

Le passage obligé, sur toutes les visites de l’Amérique du Sud, de 4 jours à 4 ans: Machu Picchu (prononcez Pic-chu sinon ça fait gringo ;-) ). Chaque jour la masse de visiteurs arrive à pied, en train, en vélo et même en hélicoptère. Comme preuve supplémentaire de sa popularité, le site a été élu comme une des sept nouvelles merveilles du monde dans le fameux vote Internet de l’année passée.

Comme en attestent les 256 photos sur ma carte mémoire, le site est très photogénique. Par contre, comme en attestent les 800 touristes sur lesdites photos, il est aussi très populaire. D’ailleurs, l’UNESCO a failli le placer sur la liste des sites en danger, à l’instar des îles Galapagos: le site ne devrait pas recevoir plus de 800 visiteurs journaliers, mais il en reçoit jusqu’à 2000. L’INC qui gère le site, va certainement introduire une limite de temps pour la visite, ce qui terminera d’énerver les visiteurs qui paient déjà 45 CHF pour entrer dans le site…

On a déjà parlé des prix abusifs de la région de Cusco, mais ici, c’est le top du top: Vue du Huayna Picchu (le condor)train, bus et même boissons sont tous aux mêmes prix astronomiques. Le tout avec le service “péruvien” habituel: trains des années 70 qui se traînent à 40 km/h., pas un seul panneau indicatif sur le site, ni de WCs, interdiction de prendre boissons ou nourriture (mais bon, ils n’ouvrent pas les sacs…).

Aguas Calientes, le bled situé en dessous du site, mérite le prix d’endroit le plus moisi du Pérou, avec plus de rabatteurs que de touristes, mais tout le monde y va passer la nuit dans un hôtel semi-miteux, dans l’espoir – futile – d’arriver sur le site à 6h00 du matin et d’en profiter avec les quelques autres touristes matinaux avant l’arrivée de la vague, que dis-je, du tsunami turistico débarquant du train pour la journée.

En fait, à 6h00 il y a déjà environ trois à quatre cent personnes sur le site (eh oui, les deux cent gringos de l’Inca trail sont aussi là). L’intimité, ce sera pour une autre fois… Le seul point positif, c’est qu’on peut s’inscrire pour monter au Huayna Picchu qui donne une bonne vue d’ensemble du site.

Ensuite, il y a le tour guidé: cela donne une bonne idée du niveau pathétique des écoles de tourisme de Cusco. La présentation se résume à ce qui figure sur le dépliant: Très léger mais quand-même plein d’erreurs…

La même avec lamaAprès ces critiques acerbes, il reste le site: superbe cadre, maçonnerie Inca (style impérial) d’une qualité incroyable (suisse, on pourrait dire ;-) ), urbanisme intégré dans le paysage et technologie très avancée pour l’époque. Le contraste, pour nous qui débarquons de Choquequirao, est aussi intéressant, plus d’habitants donc plus de bâtiments ici, mais des terrasses agricoles moins étendues. Il faut bien ça pour éloigner un peu l’arrière-goût de pompe à dollars que laisse l’ensemble. Et aussi, oh miracle, la photo avec le lama est gratuite ici!

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les Incas, vous pouvez vous rendre sur l’excellente page de Wikipédia qui leur est consacrée.

Choquequirao, l’autre Machu Picchu

Choquequirao: quel drôle de nom, me direz-vous? Et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est? Une boisson des indigènes, un animal mythique ou un jeu de société de l’époque Inca.

Non, rien de tout ça, c’est un des sites archéologiques les plus importants, mais aussi les moins connu et visité du Pérou. D’ailleurs, même pour l’orthographier, les gens ont de la peine: Choquequiraw, Chokekiraw, Choquequirau ou Choquequirao, à vous de choisir.

Mais pourquoi ce site est-il déserté des touristes, peut-être parce qu’il faut deux jours de marche très fatiguante pour y arriver: entre le village de Cachora – fin de la route – et le site se creuse le canyon de l’Apurimac, 1500 mètres de Quebrada à franchir à pied. Un jour de descente et un autre de remontée vers le site, et l’inverse pour repartir si on ne s’est pas décidé pour une sépulture sur place…

Alors, est-ce que tout ça vaut l’effort? Évidemment: un site de superficie supérieure à Machu Picchu avec 1000 touristes en moins par jour, c’est tentant…

En plus, pour couronner le tout, seulement environ 30% du site est restauré et de nouvelles structures sont découvertes chaque année: En 2006, le superbe groupe de terrasses des Llamas del Sol et en 2008 un énorme ensemble de terrasses agricoles 500m en dessous de la place principale. C’est assez normal en fait, comme la restauration du site n’a commencé qu’en 1970 (1912 pour Machu Picchu).

La structure du site est similaire aux autres cités Incas, un secteur religieux à la maçonnerie plus fine, des bâtiments de stockage de grain, aux toits à deux pans, un quartier d’habitations, une place centrale et des terrasses agricoles et ornementales. Ici l’emplacement sur des falaises 1500m en dessus de l’Apurimac forme un écrin majestueux et l’harmonie générale de l’ensemble est impressionnante…

Les Llamas del Sol

Découvert par hasard quelques centaines de mètres en dessous du site, un jeu de terrasses vraisemblablement agricoles comporte des incrustations de pierres blanches en forme de Lamas. Il s’agit d’un mode de décoration absolument unique dans tout le monde Inca…

Comme le reste du site, cette partie se mérite: 20 minutes de descente et 30 autres de montée sont nécessaires pour admirer les camélidés. Pas de souci pour vous, il suffit de cliquer sur les photos. ;-)

Ce site, à l’instar de Machu Picchu, n’a pas été découvert et détruit par les espagnols, ce qui explique son bon état de conservation. Par contre, la comparaison s’arrête là: Choquequirao est plus étendu que Machu Picchu, mais comporte moins de bâtiments. La maçonnerie est aussi différente: les architectes ont dû ici se contenter de pierre calcaire au lieu de l’Andesite de Cusco ou Machu Picchu. Moins de pierres à 15 angles et pas d’ajustement au millimètre ici (un peu moins suisse, quoi). Choquequirao comprenait aussi moins d’habitants que Machu Picchu, environ 250.

Et après?

Le gouvernement, qui cherche des alternatives à Machu Picchu, noyé sous les touristes, a bien compris la valeur de Choquequirao, jusqu’à y faire les même projets utopique que pour son grand frère: route d’acces, téléphérique (si si) et autres choses. D’ailleurs, le prix d’entrée a déjà quadruplé en 2008. Peut-être bien que dans quelques années on regardera avec nostalgie les brochures de voyages avec des packages Choquequirao – All inclusive, mais pour l’instant, on se réjouit de faire partie des courageux – et un peu fous – visiteurs de cet endroit exceptionnel, que pour ma part, je le préfère à Machu Picchu.