10 jours dans la cordillera Huayhuash

J7: Le massif du Jurau et sa lagune, depuis le col San Antonio

La mythique cordilière Huayhuash, berceau du sentier lumineux et cadre d’un des plus beaux circuits de trekking du monde. Le trek fait le tour complet de cette cordilière et donne de nombreux points de vues incroyables sur ses montagnes, dont le Yerupajá, deuxième plus haut sommet du Pérou, après le Huascarán. Résultat, on était un peu obligés d’y aller, malgré les dix jours de marche sans douche et les cols, dont deux à 5000m, qui s’alignent sur le parcours.

On a décidé de partir avec un aspirant guide de Huaraz, même si la casa de guias de Huaraz ont tenté de nous fourguer quelqu’un qui n’était pas guide, au prix fort, évidemment…

Le trek démarre à Pocpa, terminus du bus, où on fait connaissance avec Cristobal, notre arriero, et ses burros.

Pocpa – Mitucocha – CaruacochaJ3: Laguna Caruacocha et le Yerupaja

Après un premier jour de marche tranquille et une première nuit sous la pluie et la neige, on attaque vraiment et on passe le premier col pour se diriger vers la Laguna Mitucocha, le lieux du deuxième camp. Au niveau des camps, le circuit de Huayhuash est imbattable: Presque toutes les étapes s’arrêtent au bord d’une lagune, avec quelques pics enneigés en fond.

Après une nuit mouvementée, où Sylvie a certainement sauvé nos chaussures en les rentrant dans la tente après avoir entendu un bruit suspect (les voisins ayant eu moins de chance: 3 paires de chaussures manquent à l’appel) on part pour le programme habituel: un col de 4800m, environ 5 heures de marche et une arrivée vers une lagune: Caruacocha, dans laquelle se reflètent les pics sublimes du Jirishanca et du Yerupajá. Dans l’après-midi, le temps se gâte à nouveau.

“La montagne est jalouse”, nous dit la paysanne du coin pour nous expliquer le mauvais temps en nous montrant le camp de base des alpinistes italiens qui veulent monter au sommet du Jirishanca. Pour le repas du soir, on achète quelques truites aux gens du coin. En effet, toutes ces lagunes ont été colonisées par des truites “exotiques” pour le malheur des poissons locaux, mais pour notre bonheur à nous. ;-)

Caruachocha – Viconga

J4: Laguna SiulaLe lendemain, après s’être acquittés de l’habituel droit de passage de la communauté, on se dirige vers une vallée étroite qui nous fait passer directement sous les faces nord du Yerupajá et du Siula Grande, tout en longeant un chapelet de lagunes bleu émeraude. Destination du jour: Huayhuash, dont l’arriero nous a déjà prévenus: il y a des banditos dans le coin et il y a eu quatre morts en 2004. Mais comme on paie pour la sécurité, deux villageois en ponchos gardent le camp, fusil à l’épaule. On va donc éviter de sortir se balader en pleine nuit. ;-)

Le lendemain matin, départ sous l’oeil des vigiles, qui nous accompagnent – armés – jusqu’au col. Après avoir comparé le Trapecio, qui surplombe le col, avec le Cervin, on s’engage dans la descente jusqu’à la laguna Viconga: une simple formalité, d’autant plus qu’un bain termal nous attend à côté du camp.

Viconga – Huayallpa

Le col le plus élevé du circuit nous est pour aujourd’hui: 5000m. Comme on marche et surtout on dort en altitude depuis plusieurs jours, notre acclimation nous aide à passer l’étape sans mal de tête, et on peut profiter de l’après-midi pour ne rien faire, sauf un peu de lessive…

Le lendemain, on part pour la Quebrada Calinca, ou se trouve la laguna Jurau, juste en dessous du Jurau et du Siula Grande. C’est aussi le cadre de l’histoire incroyable mais pourtant vraie de Joe Simpson, relatée dans Touching the void. L’endroit, qui est souvent oublié par les agences faisant le trek en 8 jours, est assez stupéfiant: la lagune bleu émeraude, le glacier et le massif du Jurau en arrière-plan, très très photogénique…

J7: Laguna Jurau

La descente dans la vallée est aussi idyllique et l’arrivée à Huayllapa, plus grand village du tour, nous ramène malheureusement à la réalité: “Caramellos” hurlent tous les gamins qu’on croise sur le chemin… Au Pérou, 90% des enfants ont des caries, c’est pas moi qui le dit, c’est la pub colgate. ;-)

Heureusement, on a un excellent arriero et on peut camper dans le jardin d’une de ses connaissances, ce qui nous offre un brin de tranquilité. On en profite aussi pour se ravitailler un peu, notamment en fromage local, garanti sans conservateurs (ceci dit, il ressemble un peu à la fougne des bronzés font du ski).

Huayllapa – Jahuacocha – Llamac

Après Huayllapa, un dernier jour de camping tranquille et on rejoint la masse des touristes qui font le “mini-huayhuash” en 4 jours. On en profite pour faire un petit détour sur la gauche du col de Punta Yaucha: De ce point, on peut apercevoir la cordilière blanche et le Huascarán à plus de 150km au nord. L’arriero, toujours bien informé nous a déjà avertis: un groupe de 30 burros arrive derrière nous: il y aura du monde au camp ce soir…

J9: Une belle lumièrePendant que les autres trekkeurs arrivés à la laguna Jahuacocha s’envoient des bières, on se dirige vers le fond de la vallée et le glacier qui, paraît-il, renferme les restes d’un avion qui s’est ecrasé dans les années 60. On en a trouvé que quelques bouts d’aluminium, mais la balade était intéressante: directement sous le Jirishanca, avec des bouts de glacier qui se décrochent de temps en temps et à grand fracas. On finit la journée en avalant encore quelques truites du lac et une bière que les campesinos du coin, en bons businessmen, vendent aux touristes.

J9: Le YerupajaJ9: Laguna JaruacochaJ9: Lagune et glacier

Le dernier jour est une descente assez tranquille vers Llamac où on doit reprendre un bus vers Chiquián puis Huaraz. On sent quand-même un peu nos jambes après les 9 jours et près de 160 kilomètres de marche du circuit, et le retour de la chaleur n’aide pas.

Au final, on peut effectivement dire que c’est un des plus beaux circuits de trekking qu’on ait fait. Il est clair qu’il y a quelques points noirs, comme le fait que les camps soient assez sales et pleins de détritus, mais malgré cela, ce circuit surpasse même celui des Torres del Paine par la beauté des paysages de montagne traversés.

3 Responses to “10 jours dans la cordillera Huayhuash”


  1. 1 Irène

    Toujours plus haut et toujours plus beau! Ce circuit de Huayhuash (je ne l’écrirai qu’une fois…) est vraiment magnifique. Surtout quand on le regarde bien calé dans un fauteuil. Bravo pour votre endurance, on sent que vous avez du sang de Montagnards dans les veines. A vous lire, on se dit que le tourisme prend un vilain virage dans cette partie du monde. Vous avez peut-être eu l’ultime chance de pouvoir encore apprécier ces beautés naturelles extraordinaires. Profitez bien, dans 50 jours (papa Duc fait le décompte) c’est le retour dans les tranquilles plaines helvétiques.
    Gros bisous, Irène

  2. 2 Ickan

    Encore une fois FELICITATIONS!!! A quand la comptabilizaçionne des heures de marche … et des heures de bus…et le total de dénivelée effectuée? … ca doit faire peur…….. La PDG s’impose pour 2010 :O)
    Sylvie as-tu recu mon dernier mail ?
    Je vous embrasse TRES fort!
    A+

  3. 3 nico et jean pierre

    bravos les expediteurs comme on le dit ici au quebec….
    en effet apres l europe, nous sommes retournes par le canada
    pour un seminaire mais aussi pour connaitre mieux le quebec
    et son histoire…magnifique, les gens super sympas et beaucoup
    de canons soulignant les multiples guerres entre les anglais et les francais et qui ont passionne nico.
    vraiment votre periple sud americain fait tres envie, et on s interroge sur votre forme physique…. vous prenez du redbull tous les matins ou quoi??? il y a un vieux secret des incas par la!!!
    on espere toujours que vous ferez un petit saut en septembre ou
    octobre…. josiane a promis de venir dans le coin /je veux dire
    au mexique.
    bonne forme pour la suite.

    jean pierre et nicolas

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