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10 jours dans la cordillera Huayhuash

J7: Le massif du Jurau et sa lagune, depuis le col San Antonio

La mythique cordilière Huayhuash, berceau du sentier lumineux et cadre d’un des plus beaux circuits de trekking du monde. Le trek fait le tour complet de cette cordilière et donne de nombreux points de vues incroyables sur ses montagnes, dont le Yerupajá, deuxième plus haut sommet du Pérou, après le Huascarán. Résultat, on était un peu obligés d’y aller, malgré les dix jours de marche sans douche et les cols, dont deux à 5000m, qui s’alignent sur le parcours.

On a décidé de partir avec un aspirant guide de Huaraz, même si la casa de guias de Huaraz ont tenté de nous fourguer quelqu’un qui n’était pas guide, au prix fort, évidemment…

Le trek démarre à Pocpa, terminus du bus, où on fait connaissance avec Cristobal, notre arriero, et ses burros.

Pocpa – Mitucocha – CaruacochaJ3: Laguna Caruacocha et le Yerupaja

Après un premier jour de marche tranquille et une première nuit sous la pluie et la neige, on attaque vraiment et on passe le premier col pour se diriger vers la Laguna Mitucocha, le lieux du deuxième camp. Au niveau des camps, le circuit de Huayhuash est imbattable: Presque toutes les étapes s’arrêtent au bord d’une lagune, avec quelques pics enneigés en fond.

Après une nuit mouvementée, où Sylvie a certainement sauvé nos chaussures en les rentrant dans la tente après avoir entendu un bruit suspect (les voisins ayant eu moins de chance: 3 paires de chaussures manquent à l’appel) on part pour le programme habituel: un col de 4800m, environ 5 heures de marche et une arrivée vers une lagune: Caruacocha, dans laquelle se reflètent les pics sublimes du Jirishanca et du Yerupajá. Dans l’après-midi, le temps se gâte à nouveau.

“La montagne est jalouse”, nous dit la paysanne du coin pour nous expliquer le mauvais temps en nous montrant le camp de base des alpinistes italiens qui veulent monter au sommet du Jirishanca. Pour le repas du soir, on achète quelques truites aux gens du coin. En effet, toutes ces lagunes ont été colonisées par des truites “exotiques” pour le malheur des poissons locaux, mais pour notre bonheur à nous. ;-)

Caruachocha – Viconga

J4: Laguna SiulaLe lendemain, après s’être acquittés de l’habituel droit de passage de la communauté, on se dirige vers une vallée étroite qui nous fait passer directement sous les faces nord du Yerupajá et du Siula Grande, tout en longeant un chapelet de lagunes bleu émeraude. Destination du jour: Huayhuash, dont l’arriero nous a déjà prévenus: il y a des banditos dans le coin et il y a eu quatre morts en 2004. Mais comme on paie pour la sécurité, deux villageois en ponchos gardent le camp, fusil à l’épaule. On va donc éviter de sortir se balader en pleine nuit. ;-)

Le lendemain matin, départ sous l’oeil des vigiles, qui nous accompagnent – armés – jusqu’au col. Après avoir comparé le Trapecio, qui surplombe le col, avec le Cervin, on s’engage dans la descente jusqu’à la laguna Viconga: une simple formalité, d’autant plus qu’un bain termal nous attend à côté du camp.

Viconga – Huayallpa

Le col le plus élevé du circuit nous est pour aujourd’hui: 5000m. Comme on marche et surtout on dort en altitude depuis plusieurs jours, notre acclimation nous aide à passer l’étape sans mal de tête, et on peut profiter de l’après-midi pour ne rien faire, sauf un peu de lessive…

Le lendemain, on part pour la Quebrada Calinca, ou se trouve la laguna Jurau, juste en dessous du Jurau et du Siula Grande. C’est aussi le cadre de l’histoire incroyable mais pourtant vraie de Joe Simpson, relatée dans Touching the void. L’endroit, qui est souvent oublié par les agences faisant le trek en 8 jours, est assez stupéfiant: la lagune bleu émeraude, le glacier et le massif du Jurau en arrière-plan, très très photogénique…

J7: Laguna Jurau

La descente dans la vallée est aussi idyllique et l’arrivée à Huayllapa, plus grand village du tour, nous ramène malheureusement à la réalité: “Caramellos” hurlent tous les gamins qu’on croise sur le chemin… Au Pérou, 90% des enfants ont des caries, c’est pas moi qui le dit, c’est la pub colgate. ;-)

Heureusement, on a un excellent arriero et on peut camper dans le jardin d’une de ses connaissances, ce qui nous offre un brin de tranquilité. On en profite aussi pour se ravitailler un peu, notamment en fromage local, garanti sans conservateurs (ceci dit, il ressemble un peu à la fougne des bronzés font du ski).

Huayllapa – Jahuacocha – Llamac

Après Huayllapa, un dernier jour de camping tranquille et on rejoint la masse des touristes qui font le “mini-huayhuash” en 4 jours. On en profite pour faire un petit détour sur la gauche du col de Punta Yaucha: De ce point, on peut apercevoir la cordilière blanche et le Huascarán à plus de 150km au nord. L’arriero, toujours bien informé nous a déjà avertis: un groupe de 30 burros arrive derrière nous: il y aura du monde au camp ce soir…

J9: Une belle lumièrePendant que les autres trekkeurs arrivés à la laguna Jahuacocha s’envoient des bières, on se dirige vers le fond de la vallée et le glacier qui, paraît-il, renferme les restes d’un avion qui s’est ecrasé dans les années 60. On en a trouvé que quelques bouts d’aluminium, mais la balade était intéressante: directement sous le Jirishanca, avec des bouts de glacier qui se décrochent de temps en temps et à grand fracas. On finit la journée en avalant encore quelques truites du lac et une bière que les campesinos du coin, en bons businessmen, vendent aux touristes.

J9: Le YerupajaJ9: Laguna JaruacochaJ9: Lagune et glacier

Le dernier jour est une descente assez tranquille vers Llamac où on doit reprendre un bus vers Chiquián puis Huaraz. On sent quand-même un peu nos jambes après les 9 jours et près de 160 kilomètres de marche du circuit, et le retour de la chaleur n’aide pas.

Au final, on peut effectivement dire que c’est un des plus beaux circuits de trekking qu’on ait fait. Il est clair qu’il y a quelques points noirs, comme le fait que les camps soient assez sales et pleins de détritus, mais malgré cela, ce circuit surpasse même celui des Torres del Paine par la beauté des paysages de montagne traversés.

Choquequirao, l’autre Machu Picchu

Choquequirao: quel drôle de nom, me direz-vous? Et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est? Une boisson des indigènes, un animal mythique ou un jeu de société de l’époque Inca.

Non, rien de tout ça, c’est un des sites archéologiques les plus importants, mais aussi les moins connu et visité du Pérou. D’ailleurs, même pour l’orthographier, les gens ont de la peine: Choquequiraw, Chokekiraw, Choquequirau ou Choquequirao, à vous de choisir.

Mais pourquoi ce site est-il déserté des touristes, peut-être parce qu’il faut deux jours de marche très fatiguante pour y arriver: entre le village de Cachora – fin de la route – et le site se creuse le canyon de l’Apurimac, 1500 mètres de Quebrada à franchir à pied. Un jour de descente et un autre de remontée vers le site, et l’inverse pour repartir si on ne s’est pas décidé pour une sépulture sur place…

Alors, est-ce que tout ça vaut l’effort? Évidemment: un site de superficie supérieure à Machu Picchu avec 1000 touristes en moins par jour, c’est tentant…

En plus, pour couronner le tout, seulement environ 30% du site est restauré et de nouvelles structures sont découvertes chaque année: En 2006, le superbe groupe de terrasses des Llamas del Sol et en 2008 un énorme ensemble de terrasses agricoles 500m en dessous de la place principale. C’est assez normal en fait, comme la restauration du site n’a commencé qu’en 1970 (1912 pour Machu Picchu).

La structure du site est similaire aux autres cités Incas, un secteur religieux à la maçonnerie plus fine, des bâtiments de stockage de grain, aux toits à deux pans, un quartier d’habitations, une place centrale et des terrasses agricoles et ornementales. Ici l’emplacement sur des falaises 1500m en dessus de l’Apurimac forme un écrin majestueux et l’harmonie générale de l’ensemble est impressionnante…

Les Llamas del Sol

Découvert par hasard quelques centaines de mètres en dessous du site, un jeu de terrasses vraisemblablement agricoles comporte des incrustations de pierres blanches en forme de Lamas. Il s’agit d’un mode de décoration absolument unique dans tout le monde Inca…

Comme le reste du site, cette partie se mérite: 20 minutes de descente et 30 autres de montée sont nécessaires pour admirer les camélidés. Pas de souci pour vous, il suffit de cliquer sur les photos. ;-)

Ce site, à l’instar de Machu Picchu, n’a pas été découvert et détruit par les espagnols, ce qui explique son bon état de conservation. Par contre, la comparaison s’arrête là: Choquequirao est plus étendu que Machu Picchu, mais comporte moins de bâtiments. La maçonnerie est aussi différente: les architectes ont dû ici se contenter de pierre calcaire au lieu de l’Andesite de Cusco ou Machu Picchu. Moins de pierres à 15 angles et pas d’ajustement au millimètre ici (un peu moins suisse, quoi). Choquequirao comprenait aussi moins d’habitants que Machu Picchu, environ 250.

Et après?

Le gouvernement, qui cherche des alternatives à Machu Picchu, noyé sous les touristes, a bien compris la valeur de Choquequirao, jusqu’à y faire les même projets utopique que pour son grand frère: route d’acces, téléphérique (si si) et autres choses. D’ailleurs, le prix d’entrée a déjà quadruplé en 2008. Peut-être bien que dans quelques années on regardera avec nostalgie les brochures de voyages avec des packages Choquequirao – All inclusive, mais pour l’instant, on se réjouit de faire partie des courageux – et un peu fous – visiteurs de cet endroit exceptionnel, que pour ma part, je le préfère à Machu Picchu.

Trekking Cachora-Choquequirao-Machu Picchu

Un beau programme: 8 jours de marche, un passage par Choquequirao, la merveille cachée du Pérou et une fin en apothéose à Machu Picchu, une des nouvelles merveilles du monde. Bon, le parcours, et spécialement son profil, semblent plus ressembler à la patrouille des glaciers qu’à une marche tranquille. Pas grave: on commence à avoir l’habitude.

Cachora – Choquequirao (2 jours)

Dès le début, la mise en jambe commence: 1500m de descente, traversée du rio Apurimac et de son superbe canyon et remontée des 1500m vers le site de Choquequirao. Sur le chemin on croise un groupe d’américains qui voulaient seulement aller voir Choquequirao: ils abandonnent parce que c’est trop dur. C’est vrai que rien que les 4 jours aller-retour sont très fatiguants…

Sur le cheminAprès avoir dormi la nuit un peu en dessus de l’Apurimac, dans un camp bien organisé (douches, tables, etc.) on finit la descente et on entame la remontée vers Choque. Après 4 heures de grimpe, on arrive au niveau du site, qu’on voit au loin. On avale très vite notre almuerzo et on part en mode poursuite vers le site, pour profiter de l’après-midi sur place. En arrivant, on découvre le gigantesque jeu de terrasses agricole, fraîchement restaurées (pour nous, j’aurais envie de dire ;-) ) et ce magnifique site, en compagnie de 4 autres touristes. Eh oui, on était en tout 6 sur les 1800 hectares du site ;-) ))

Choquequirao – Yanama (2 jours)

Le lendemain, on se lève très tôt pour pouvoir retourner deux heures sur le site avant de partir vers Maizal, la prochaine étape. On a le site pour nous tout seuls pendant toute notre visite, pas la moindre trace d’autres touristes… Programme du jour: un condensé des deux premiers, ce qui promet au niveau de la difficulté. D’abord 1000m de descente vers la Quebrada Victoria, traversée de la rivière sous les attaques des escadrons de tabaños (sandflies) et remontée de 1500m vers le camp, qu’on a eu le loisir d’observer pendant toute la descente. Bon pour la motivation… On se doute que tout ça va finir de nuit et on prend les paris avec Miguel, le guide.

Dans ces cas là , on bénit l’invention de la mule. Pari gagné, on est sur place avant la nuit. On dort chez leQuebrada Victoria fermier, qui a installé un petit camping entre ses vaches, chèvres, poules, chiens, moutons, dindons et cochons d’Inde (cuys). C’est aussi pour nous une excellent manière de découvrir la vie de ces gens qui, sans la moindre trace de modernité, n’a pas changé depuis des siècles. Peut-être que leur ancêtres recevaient déjà les messagers Incas de passage…

Le lendemain, programme similaire: montée jusqu’au col à 4200m, puis descente jusqu’à Yanama. Superbe et difficile chemin qui nous fait traverser une belle forêt de nuages puis marcher sur un chemin Inca (on fait aussi notre Inka trail donc :-) ), redescendre dans une végétation quasi provençale et découvrir au passage quelques mines désaffectées, dont la Mina Victoria.

Yanama est aussi un village intéressant. Il y a un école, mais pas de route ni d’électricité. Le village est à au moins deux jours de mule de la première route, en passant par un col à 4800m. Mais les bières et le Coca supportent assez bien le trajet en mule et on m’en propose évidemment à l’épicerie :-) Après ces quatre jours, la fatigue se sent un peu, mais ce n’est pas fini: demain on doit passer le même col que les bières…

Yanama – Totora – Santa Teresa (2 jours)

Courageuse muleAujourd’hui, comme souvent, on ne voit que trop bien ce qui nous attend: au fond de la vallée, il n’y a qu’un cirque de montagnes fermé, mais pourtant c’est par là qu’on doit passer. Heureusement, la montée du jour est plus régulière et on arrive assez facilement au sommet du col, à environ 4700m. De l’autre coté, changement de temps immédiat: c’est la purée et il fait presque 0 degrés… On a le temps de descendre et d’arriver à Totora avant que la pluie de se mette à tomber, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle le bois de nuages.

Ici aussi, on dort chez les gens, entre les cochons et les poules et on mange dans leur cuisine, comme nos guides ont oublié leur tente cuisine… Les gens sont très accueillants et très timides, mais la patronne de la maison nous demande quand-même si on aurait pas un médicament pour sa fille grippée. On va donc voir la petite et faire Martine docteur après le Martine à la ferme du jour précédent. La pauvre tape les 40° et sa mère ne s’en inquiète pas trop. Elle nous demande quand-même d’aller au dispensaire avec elle et on se retrouve à discuter avec l’infirmière qui nous fait visiter son beau centre de santé tout neuf, mais à la lampe de poche, comme il n’y a pas de courant ici…

On achète les antibiotiques pour la petite et on revient faire la piqûre avec l’infirmière, qui n’y arrive pas. Heureusement, avec ce qu’on lui a donné, la petite Mélania a déjà beaucoup moins de fièvre. Comme ils ne veulent pas perdre le médicament, la mère fait piquer la grande soeur, qui a un peu mal au cou ;-) En remerciement, on a droit à la nourriture de la famille, en plus de notre souper.

Descente vers la PlayaLe lendemain matin, départ vers La Playa, où on va prendre un bus jusqu’à Santa Teresa et l’hôtel. Sur le chemin, on rejoint la route du Trek Salkantay, qui est un des préférés de ceux qui ont oublié de réserver l’Inca trail 6 mois à l’avance. Le retour au monde des gringos est assez brutal, mais ils ont tous l’air assez mal en point. Bon, 4 jours de marche en converse, ça use un peu. C’est un peu le chemin vers Lourdes…

Et Santa Teresa, à part les bains thermaux ultramodernes, est plutôt un tas de baraquements en tôle. C’est assez normal vu que le village a été emporté par une coulée de boue il y a 12 ans, quelques ruines en témoignent encore.

Santa Teresa – Machu Picchu (1 jour)

Le dernier jour, seulement trois heures de marche le long de la voie de chemin de fer, direction Aguas Calientes, le bled situé en dessous de Machu Picchu. Ça me dérange pas trop comme on a fait l’inauguration du Crudo’s club le soir précédent avec les guides. Encore un choc en arrivant: les gringos sont de retour et avec eux, les rabatteurs de restos, mendiants et vendeurs ambulants en tout genre. On est aussi content de ne pas avoir fait l’Inca trail, parce qu’il parait que c’est devenu du même style: un stand de boissons tous les 50 mètres, avec prix adaptés aux gringos, évidemment…

Copacabana

Au bord du lac Titicaca: le passage obligé pour ceux qui font Cusco, la Paz… Du coup, pas mal de touristes. Pour nous,c’est les derniers jours en Bolivie…

Copacabana abrite l’église la plus connue du pays avec la vierge du même nom. Devant celle-ci, de nombreux boliviens viennent faire bénir leurs voitures, taxis, bus et camions.

Sur le cerro d’en face, d’autres viennent voir un prêtre accompagnés de figurines (maison, voiture, famille, liasses de faux dollars…) afin de pouvoir demander, lors d’une petite cérémonie, à la Pachamama de leur offrir leurs rêves… Cela se termine par une offrande arrosée de bière vers les quatres points cardinaux!

3850 m, il fait pas très chaud. L’allée principale regorge de petits bistrots où les disques de Bob Marley tournent en bouclent. Pour compte, passablement de babzouls argentins et brésiliens ont pris possession du lieu. Sur les terrasses, les touristes vêtus de leur polaires et leurs lunettes de soleil profitent du beau temps. On a un peu l’impression de se trouver dans une station de ski en fin de saison, moins la neige bien sûr!

Coucher d'el SolEn face de Copacabana se trouve l’Isla del Sol, lieu de naissance de  l’Inca. Un petit trek de trois jours s’avère assez propice pour la visiter. Nous enfilons donc à nouveau nos chaussures et chargons nos sac sur nos dos, et oui cette fois, c’est nous les mules! L’île n’est pas très grande et l’altitude la plus haute est de 4080 mètres, heureusement!

Le premier jour, nous longeons la côte en traversant quelques petits villages et en croisant quelques locaux, moutons et ânes. Nous arrangeons ensuite la traversée jusqu’à l’Isla del Sol avec le propriétaire d’un bateau d’un village. Une fois arrivés sur un bout de l’île, nous visitons Pilkokaina, la première ruine inca avant de grimper à travers les terrasses, incas également, afin de trouver un endroit pour planter notre tente. Nous nous installons sur une de celle-ci… Il y a personne si ce n’est quelques paysans qui rentrent avec leurs mules chargées.

Le lendemain, nous traversons toute l’île. Nous découvrons alors où se trouvent les autres Isla de la Luna, Illampu (gauche) et Ancohuma (droite)touristes. Les petits villages regorgent d’un nombre impressionnant d’hôtels et de restaurants en tout genre.

La vue depuis l’île est à couper le souffle: un lac immense d’un bleu magnifique qui devient turquoise sur les côtes, les massifs enneigés en fond de tableau avec la Cordillera Real avec l’Illampu et l’Ancohuma et la Cordillera Apolobamba (on y a été!).

Nous nous installons sur une petite plage de pêcheurs pour la deuxième nuit! Quentin les aide à rentrer leurs barques!

Le campingPour notre dernier jour sur l’île, nous terminons la boucle entamée. Nous sommes toujours emmerveillés par le spectacle des couleurs. Le soleil tape très fort; chapeau, lunettes et crème solaire sont obligatoires!!!

Nous finissons par rejoindre le port et la horde des touristes qui viennent seulement pour la journée pour reprendre un bateau direction Copacabana.

Sorata: Trekking à la Laguna Glaciar

On ne voulait pas quitter la Bolivie sans avoir fait au moins quelques jours de trekking dans la magnifique Cordillera Real (cordilière royale) . Comme on sent encore un peu la fatigue de Pelechuco – Charazani de la semaine passée, on a opté pour 4 jours de mini circuit vers la Laguna Glaciar, un lac glaciaire avec un glacier qui se jette dedans (ça nous rappelera le Perito Moreno…). Ceci dit, la montée à la lagune n’est quand même pas de la tarte: 5038m c’est presque 200 de plus que le Mont-Blanc.

Jour 1: Sorata – Lacathyia

Après avoir rejoint le guide – muletier – cuisinier et debusqué la mule dans son champ, on prend le départ: 1500m de montée à flanc de coteauJour1: La mule de service (avec l'Illampu en fond) en dessus de Sorata. Ici aussi ils ont bien dégusté au niveau des indondations ces dernières années: le chemin décrit dans le guide de trekking de Lonely planet a été emporté par les flots. C’est aussi un avantages des guides locaux: ils connaissent bien le coin.

Arrivés au village, Lino, le guide/muletier nous indique que c’est son village et nous montre sa maison et celle de ses parents. Drôle de vie: pas d’électricité (sauf à l’école ou les cubains ont mis des panneaux solaires), pas d’eau courante et surtout pas de route: mules obligatoires pour monter les courses à la maison. Du coup on a pu voir trois de ses cinq enfants et partager nos restes avec sa famille (il avait prévu le coup et fait beaucoup trop de nourriture ;-) ).

Jour 2: Lacathyia – Laguna Chillata

Aujourd’hui on quitte la route du circuit de l’Illampu pour se diriger vers le petit lac d’altitude Laguna Chillata. La route du guide de trekking de Lonely Planet ayant étéJour2: L'Illampu emportée par la pluie, on est content d’être avec un guide local et on prend un autre chemin. D’ailleurs, toute la journée, le chemin est assez peu visible et passe par moult cols et petites échancrures dans la roche. Au final on arrive tout de même à la Laguna Chillata, d’une couleur vert émeraude assez étonnante pour l’endroit.

On est vite rejoint par les nuages qui montent de la vallée, thermiques oblige et on mange donc dans la brume épaisse…

Jour 3: Laguna Chillata – Laguna Glaciar (et retour)

Aujourd’hui, 800m de dénivelé pour arriver à 5038m, l’altitude de la Laguna Glaciar,Jour 3: la Laguna Glaciar dans laquelle se jette une énorme langue de glace. La montée, c’est pas du gâteau: le chemin est à peine marqué (bonjour sans guide…) et traverse pierriers, roche vive et ruisseaux encore glacés vu la température… En plus, pour garnir le tout, plusieurs fois on a l’impression d’y être, mais non, c’est pas fini!

Arrivés en haut, le panorama vaut largement l’effort: la vue embrasse l’altiplano, le lac Titicaca et les îles de la Lune et du Soleil, jusqu’à la cordilière Apolobamba à la frontière péruvienne… De l’autre côté, la lagune est sertie par l’Illampu à gauche et l’Ancohuma à droite.

Voilà, il n’y a plus qu’à redescendre 2500m jusqu’à Sorata…

Jour 4: Laguna Chillata – Sorata

Le dernier jour, on se lève tôt, pour changer, mais cette fois, c’est parce que le muletier a une réunion de campesinos l’après-midi. La descente est raide, comme d’hab., et la mule nous sème assez rapidement. On sent pas mal nos jambes, vu l’effort conséquent du jour précédent. Arrivés en bas, on retrouve les palmiers et les groupes de paysannes assises sur leurs tonnes de pommes de terres, bref la vie normale…

Pour ceux qui voudraient effectuer ce trek:

L’organisation depuis Sorata est très simple, l’association des guides a un bureau au coin de la place du village (en face de l’hôtel Residencial Sorata) et Lino, le guide qu’on a utilisé était sympathique et compétent. La cuisine était bonne, et toute la nourriture peut s’acheter sans problèmes sur place.

Sorata

La Bolivie est remplie d’endroits surprenants et Sorata en est un de plus.

Pensez donc: c’est une station de montagne, mais il faut descendre près de 1000 mètres depuis la Paz pour y arriver. Nous avons pris un bus rempli, comme d’hab un peu trop ! Pour dire, les gens debout dans le couloir étaient priés de se cacher lors des contrôles policiers.

La route est plus ou moins de bonne qualité… Chaque année, lors de la saison des pluies, une bonne partie de la route s’écroule. Le temps de tout remettre en ordre et la prochaine saison de pluie est à nouveau là, les pauvres!

Sorata est un endroit bien paisible, loin des bruits incessants de la Paz. La classique place centrale du village est garnie de… palmiers, au travers desquels on peut apercevoir l’Illampu (6368m) et l’Ancohuma (6427m) si le temps est découvert. Beaucoup de communautés vivent autour du village et descendent au centre pour y vendre leurs produits ou en acheter d’autres.

Le tour du massif en 7 jours est le trek classique en Bolivie, mais on avait plutôt décidé de faire un autre trek un peu plus court: la montée à la Laguna Glaciar, 5038m d’altitude, en quatre jours, pile entre l’Illampu et l’Ancohuma donc optimal pour le panorama…

Ici tout est bien organisé pour le trekking: les guides et muletiers ont leur association, il suffit de passer les voir et ensuite d’aller faire un peu de shopping avec le guide pour la nourriture (c’est eux qui font la cuisine).

Sinon, Sorata est assez le genre d’endroit où on peut rester deux semaines sans s’en apercevoir. D’ailleurs certains touristes ont l’air de faire partie des meubles et d’autres n’en sont même plus jamais partis, comme la patronne allemande de notre hôtel.

Pelechuco – Charazani: Trekking dans la cordillera Apolobamba

Un de nos buts principaux de notre visite de la Bolivie était de faire un peu de randonnée, vu les nombreuses possibilités offertes par ce pays de montagnes. Le plus dur est d’abord de choisir: Descendre vers la jungle des Yungas, faire le tour de l’Illampu ou du Condoriri. On a pris une option plus audacieuse mais plus typique: la cordilière Apolobamba, à la frontière péruvienne.

Pour la carte, voyez sur le site de Alain Mesili, un alpiniste qui a fait pas mal de premières dans la région.

Le lieu est difficile d’accès (12h de la Paz sur une route pour Jeep uniquement) mais en est plus authentique. Pour éviter le plantage de bus et autres problèmes on a booké avec une agence, ce qui a un peu augmenté le montant de la facture (900 $ pour 6 jours) principalement à cause de la jeep (250$).

Avant même de commencer à marcher, on pouvait se faire un idée de ce qui nous attendait: la route, avec un col à 5000m et des étangs à traverser, le parc Ulla Ulla et ses millions de Lamas, vicuñas et alpacas et les contrôles militaires tous les 50 kms avant la descente vertigineuse vers Pelechuco.

Pelechuco

Après un voyage sans encombre, certainement grâce aux bénédictions du chauffeur aux passages de cols (un peu d’alcool à 96% versé sur les roues de la jeep et sur le sol pour la Pachamama), on se retrouve à Pelechuco, sur la route des Yungas et de la jungle amazonienne. Là, premiers doutes émis par le muletier: vous voulez vraiment faire tout ça en 4 jours? On commence un peu à se méfier du plan prévu par l’agence, mais le guide change un peu le programme pour nous éviter trop de fatigue.

Jour 1: Pelechuco – Rio Illo Illo

    • Kms: 18 env.
    • Cols: Piedra (4900m)
    • Condors: 3

Jour 1: Bye bye PelechucoLe premier jour de marche part assez fort: on monte de 3700m jusqu’au col de Piedra à 4900m (plus haut que le Mont-Blanc). Heureusement, le début du parcours suit la route d’une mine d’or et est donc assez confortable. On part bien avant le muletier, qui doit aller chercher les bêtes au pâturage (à 2h de marche!). Il nous rejoindra au camp en fin de journée. Le mot d’ordre de la journée est donc: ça monte!

Pendant la montée quelques condors passent en dessus de nous en planant, comme pour nous narguer. Vu qu’on est encore frais, on parvient (en soufflant un peu à la Gainsbourg quand même) en haut du col sans encombre. Une petite offrande à la Pachamama et le guide nous indique le prochain col: regarde, c’est tout là-bas au fond, oui, où il y a la neige!!! Merci pour la motivation…

Ensuite, on se laisse dévaler dans un peu de neige, mais sur un chemin préhispanique d’une qualité impressionante vu l’altitude, jusqu’à une plaine où broutent quelques alpacas, 400m plus bas. Une heure plus tard, on se pose au campement (en dessus du village de Illo Illo) et on attend , un brin anxieux, les mules qui portent notre tente et notre nourriture.

La première constatation, c’est qu’il ne fait pas chaud par ici. Assez normal, vu qu’on est à plus de 4000m et que c’est l’hiver qui commence. On va enfin tester nos sacs de couchages hiver et notre tente Exped “Extreme”.

En plein montage de la tente, un troupeau d’alpacas hébété débarque et nous regarde bizarrement: normal, on a planté la tente sur le chemin de leur enclos. ;-) Pour éviter les pumas et autres prédateurs, les paysans rentrent leurs bêtes tous les soirs et les ressortent le matin. Les valaisans pourraient venir prendre quelques cours ici, eux qui sortent l’armée chaque fois qu’un loup débarque… ;-)

Jour 2: Rio Illo Illo – Sunchuli

    • Kms: 15 env.
    • Cols: Sunchuli (5100m)
    • Condors: 0

Aujourd’hui, programme similaire à hier: ça monte toujours. Cette fois, jusqu’à 5100m, le sommet du parcours. On verra bien comment on résiste à l’altitude, mais on a prévu le coup: On a pris des bonbons de coca anti-soroche (mal d’altitude).

On a pas eu trop froid la nuit, mais le collant thermique était obligatoire… Il faisait environ Jour 2: Cuchillo II5 degrés dans la tente au réveil, et le soleil n’était pas au rendez-vous pour cause de montagne gênante. C’est donc un peu dur de déjeuner en tremblotant de froid. Heureusement le guide-cuisinier a pensé à tout: tartines, yogourt, thé (de coca évidemment), café et chocolat…

On est content de démarrer même si le programme est un peu effrayant: environ 10 kms de montée jusqu’au col Sunchuli, une heure de descente et campement à 4600m. On monte, on s’arrête, on monte, on mange, on monte et pour finir on arrive en bas du mur final: 100m dans la neige et le gravier, en respirant comme un fumeur asthmatique tuberculeux. Avec un brin de mal de crâne pour moi, on finit par arriver au sommet, et l’heure de descente jusqu’au camp n’est plus qu’une formalité.

Jour 3: Sunchuli – Jatunpampa

    • Kms: 18 env.
    • Cols: Sans nom (2x 4800m)
    • Condors: 4

Le troisième jour, en principe on se sent mieux et on commence à s’habituer à la marche. Sauf que là, on a dormi à 4600m sous la pleine lune donc c’était un peu nuit blanche… Mais aujourd’hui, le programme semble plus facile: un peu de montée jusqu’à 4800m, la descente des mil curvas et un autre col à 4800 pour finir la journée en beauté.

Jour 3: Les mil curvas (du milieu)Le guide nous avait averti: les mil curvas, les gens ont peur, c’est raide… A juste titre, mais on connaît les sentiers des Alpes (genre la tour d’Aï) et on a pas trop le vertige. On est quand même contents de les faire à la descente, vu que c’est 700m de dénivelé et 120 virages (selon le compte du guide). Coincidence, c’est en plein milieu des mil curvas qu’on croise les deux seuls touristes en 4 jours, sans guide ni mules mais avec le GPS ;-)

On prend le temps de regarder ce qui nous attends (c’est juste en face) depuis la prairie d’Inkacancha en cassant la croûte et on est assez stupéfaits de voir débarquer quatre mineurs portant une énorme poutre: direction les mil curvas. Il vont certainement en avoir pour la journée et une partie de la nuit à monter jusqu’à leur campement. Par ici, peu de routes, et en plus le transport est très cher (carburant et pièces de rechange pour les jeeps) donc les gens vont à pied.

En montant péniblement le dernier col, on croise encore deux personnes et une mule: des Kallawayas, les indiens guérisseurs de la région. Ils sont tellement réputés qu’ils vont jusqu’en Patagonie et que ce sont eux qui ont été les médecins des constructeurs du canal de Panama. C’est donc un peu grâce à eux que votre télé Plasma made in China arrive dans votre salon ;-)

Un des détails qui nous frappe dans ce trek, c’est la timidité des gens qu’on croise. Ce n’est pas étonnant, ceci dit, comme ils voient peu de touristes et qu’ils ne parlent souvent pas un mot d’espagnol…

Le dernier col de la journée nous finit bien et on descend en roue libre jusqu’au rendez-Jour 3: Réflexionvous fixé à Eloi pour poser la tente. Heureusement, le sentier est toujours de bonne qualité. Arrivés au rendez-vous, pas de mules: ils sont descendus un peu plus bas… Une demi-heure plus tard on peut poser notre sac et monter la tente sous l’oeil incrédule des viscachas, un improbable croisement entre le lapin, la marmotte et le chinchilla.

Jour 4: Jatunpampa – Charazani

    • Kms: 18 env.
    • Cols: Aucun (mais ça monte quand même)
    • Condors: 20

Dernier jour. Vu le rythme imposé, on sent un peu la fatigue, mais l’idée de l’hôtel et des Jour 4: Cultures en terrassebains termaux au bout de la journée nous motive. En plus, le paysage change aujourd’hui toutes les heures au fur et à mesure qu’on descend dans la vallée. D’abord les premiers arbres, puis les cactus et ensuite une forêt humide comme dans les Yungas. En plus, coup de chance, une vingtaine de condors croisent notre chemin: une vache ou un lama a dû se tuer au fond de la vallée et les condors s’envolent après s’être fait un bon gueuleton. Rien de mieux pour les photos: condors sur fond de cordilière. ;-)

Un peu plus loin, on croise une mamie locale, qui nous raconte sa vie en Quechua, sans Jour 4: Encore des condorsqu’on comprennent un mot, vu qu’on parle pas la langue et que notre guide est Aymara. Sylvie lui donne une pomme, malgré le peu de dents qu’il lui reste, et on s’en va…

Le reste, c’est quand même pas de la tarte, il nous reste 4 heures de chemin en dents de scie jusqu’à Charazani, but final de la balade. En plus, aujourd’hui on a chaud, ce qui nous change, mais est moins agréable pour la marche…

Au final on arrive à bon port, avec quelques cloques pour Sylvie et un bon coup de barre pour tout le monde. Je trouve quand même la force de descendre jusqu’aux termes avec le guide et le muletier et je me trempe sous l’oeil incrédule des locaux, après que mes deux compagnons m’aient annoncé qu’ils ne savaient pas nager ;-) et qu’ils allaient se contenter de la douche.

Parque Nacional Condorito

Ce matin, on met les chaussure et on part pour le parc Condorito (le petit du Condor, en espagnol) observer le roi de la cordillière.

Normalement, les condors sont difficiles à voir, très discrets et souvent en voie deLa Quebrada del Condorito disparition. Le parc Condorito à été créé pour éviter leur disparition des sierras de Córdoba. Pour l’anecdote, il y a un projet de réintroduction des guanacos (cousins des lamas) dans le parc, en partie pour servir de garde manger aux condors et aux pumas. Sympa pour les guanacos!

On est parti avec Martin, guide et passionné d’oiseaux, qui nous a appris à reconnaître les vautours, aigles et condors du parc. Le parc comprend un canyon de 700m de hauteur en son centre, ou les condors viennent se reposer et se baigner.

Il suffit donc de se poser au bord du précipice et d’attendre: à l’heure prévue parCondorito de très près Martin, un premier condor arrive, tournoie et va se poser au bord de la “piscine”… Quelques autres le suivent, faciles à reconnaître, tellement leur vol est majestueux. En fait, c’est facile: si ça bat des ailes, c’est pas un condor. Les condors sont assez fainéants et sont experts en vol à voile: il profitent à 100% des thermiques pour voler et se posent exprès sur des corniches d’où il peuvent s’envoler sans peine.

Pour terminer, un jeune condor, reconnaissable à ses plumes brunes débarque, et étonné par notre dégaine, fait plusieurs passages à quelques mètres de nous. Une belle récompense pour les quatres heures de marche de la journée.

Torres del Paine: El circuito

Pour nous remettre de toute la consommation de nourriture trop grasse, on a donc décidé de partir faire un peu de marche…

Accessoirement, le parc des Torres del Paine n’est pas très accessible: même si on n’y va qu’un jour pour voir les célèbres Torres, il faut compter 6 heures de marche. De plus, beaucoup des plus belles attractions sont encore plus inacessibles. Le meilleur moyen, c’est donc une tente, un sac de couchage, quelques kilos de pâtes, du temps et pas mal de motivation.

Il y a deux circuit possible: le W (à cause de la forme) qui ne fait que la partie sud du parc, ou le circuito, qui tourne tout autour du massif. Comme on a le temps, on a opté pour le circuito, même si il y a moins de possibilités de faire demi tour en cas de problèmes. Comme on assure ;-) , ça devrait aller.

La carte (google maps) 

La galerie Photos 

Jour 1: Hosteria las Torres – Camping Serón

9 kms / 4 heures

Le premier jour, c’est toujours un peu dur: le sac est trop lourd, et on se rend compte du côté un peu inconscient du projet… Pour le circuito, c’est aussi un des moins intéressants au niveau du paysage: on laisse les Torres derrière nous pour contourner par la droite le coin sud-est du massif. On se rend aussi compte qu’avec un gros backpack sur le dos, on ira beaucoup moins vite qu’à notre habitude. Heureusement, la marche est pas trop longue et le camp est sympa et pas trop bondé.

Jour 2: Camping Serón – Refugio Lago Dickson

19 kms / 6.5 heures
Le deuxième jour nous donne une meilleure idée de l’effort à fournir… Le paysage devient plus sauvage et la civilisation s’éloigne. La montée du jour se termine par un col ou on se prend le vent de la vallée du Rio Paine directement dans la figure: au moins 120 km/h, difficile de progresser mais ça nous prépare pour la suite ;-) . Ensuite, on longe le Rio Paine jusqu’au refuge Dickson, au bord du lac du même nom où on peut voir le lac et deviner le glacier dans les nuages. Jusque là on a pas à se plaindre de la météo, il fait même trop chaud! Ceci dit, ça va vite changer…

Jour 3: Refugio Lago Dickson – Camp Los Perros

9 kms / 5 heures

On replie le matos, et on démarre pour 4 heures dans la vallée de los Perros, pour arriver au camp 500m plus haut. C’est le début de la montée vers le Paso John Gardner, qui se fait en deux jours. C’est le fameux col ou les guides prédisent du vent à décorner un mammouth, de la neige du brouillard, des hannetons et j’en passe…

Toute la montée se fait dans la forêt, dans une des vallées les plus reculées du parc. Comme d’hab, le paysage est unique: glaciers, torrents de montagne, sommets enneigés et cascades accompagnent le voyage. Plus un autre classique patagonien pour la dernière heure: la pluie… Heureusement qu’on est partis assez tôt, vu que le temps se gâte bien. On ne prend qu’une heure de flotte, juste le temps de constater que le goretex, c’est du pipeau. On arrive donc mi-trempés au camp et on monte la tente sous le déluge. Un bon point pour EXPED: la tente est étanche, on peut donc dormir au sec. Pas mal, vu que demain c’est 700m de montée et 1000 de descente de l’autre côté.

Jour 4: Camp Los Perros – Camp Los Guardas

18 kms / 7.5 heures

Aujourd’hui, c’est un peu l’épreuve de vérité: le Col John Gardner, 1240m avec des conditions qui peuvent être dantesques. Justement, on se pose quelques questions vu qu’il a plu une bonne partie de la nuit et on est très contents de sortir de la tente sous le soleil.

On commence donc directement la montée par une demi-heure de boue (Swampy-swampy on nous avait prévenus). Ensuite ça s’améliore et on retrouve du terrain habituel pour nous: pierrier et roche glaciaire. La montée se passe sans problème et on arrive en haut pour constater qu’il n’y a pas de vent. La classe, on a donc tout le temps pour admirer le monstre 500m en dessous: le glacier Grey. 15km de long, 5km de large, il descend directement du Hielo Sur, le champ de glace patagonien (comme le Perito Moreno). La vue du col est idéale: on est en plein milieu et on embrasse tout le glacier, le lac Grey et les autres glaciers qui se jettent dans le Grey. C’est vraiment la récompense pour avoir choisi le circuit plus difficile et les 3 jours de marche pour arriver jusque là.

Pour terminer la journée, 4 heures de descente sur un sentier boueux, quelques mètres seulement en dessus de la roche vive qui bordent l’immense langue de glace. On arrive au camp Guardas, gratuit mais très basique.

Jour 5: Camp Los Guardas – Camp Paine Grande

15 kms / 5 heures

On part de Los Guardas en regardant encore une fois incrédules l’énorme glacier Grey et les icebergs qu’il crache sur le lac et on se dirige vers le Refugio Grey, où on rejoint l’autre circuit, le W. A partir de là, beaucoup plus de monde sur le sentier, c’est un peu moins tranquille. La journée paraît un peu longue à cause de la fatigue du jour précédent et en fin d’après-midi on débarque au Lodge Paine Grande, une sorte d’auberge pour américains avec bar, happy-hours et prix en conséquence

Jour 6: Camp Paine Grande – Camp Italiano + Valle del Francés

20.5 kms / 8 heures

Aujourd’hui le programme est en deux parties: deux heures jusqu’au camp Italiano où on va monter la tente et se débarrasser des enclumes dans nos sacs. Ensuite, la valle del Francès dont on beaucoup entendu parler et qu’il ne faut pas rater, paraît-il…

En arrivant au camp, on comprend déjà pourquoi: sur la gauche, on a une vue sur le glacier français, qui couvre le côté est du Paine Grande et qui se compose de plusieurs corniches sur environ 1000m de hauteur. Chaque fois qu’un bloc se détache et s’écrase sur la corniche inférieure, on entend un craquement semblable à la foudre. Donc trois heures de montée plus tard, on arrive en haut de la vallée et on a une vue incroyable sur tout le cirque de tours de granit qui la ferme. En tout et pour tout 4 autres personnes sont en train d’admirer le spectacle, comme quoi, même aux Torres del Paine, on peut être tranquilles.

Après avoir regardé encore une fois le glacier français on redescend vers le camp Italiano et on retrouve l’ambiance “Palavas les flots” du camping. Malheureusement, beaucoup de personnes on un peu de peine à respecter le parc et vu la quantité de visiteurs, les campings sont des fois assez crado: papiers, poubelles qui traînent et personnes qui font la vaisselle dans la rivière (merci l’eau potable). Sans compter le bordel que certains visiteurs font.

Jour 7: Camp Italiano – Refugio Chileno

18 kms / 7 heures

Pour terminer la marche, on fait une partie du circuit W pour aller se poser au bas du sentier vers les Torres. Beaucoup plus de monde, le chemin est un peu long, surtout qu’on commence à sentir la fatigue comme on a pas pris de jour de repos. Heureusement il y a toujours un paysage incroyable pour se passer le temps: aujourd’hui, on longe le massif des Cuernos del Paine (les cornes) dont la forme et la couleur sont assez improbables. On finit quand même par arriver au refugio Chileno après 7 heures de marche. Le petit camp juste à côté est très sympa, seulement une vingtaine de tentes, ce qui nous change du camp Italiano.

Jour 8: Mirador las Torres

14 kms / 5 heures

Dernier jour, qui devrait être l’apothéose. Ceci dit, je pense qu’avec tout ce qu’on a déjà vu, ça sera difficile d’être vraiment impressionnés. Ca démarre d’ailleurs mal le matin: il pleut. On en profite pour prendre le petit déj au refuge, en attendant que ça passe (avec le changement de saison toutes les 2 heures, ça devrait aller vite…)

Avec un peu de pitié pour les touristes qui arrivent trempés (2 heures de montée jusqu’au refuge depuis la route, et beaucoup de gens font un seul jour aux Torres et ne font que ce trajet) on attaque la montée sous la pluie qui s’arrète mollement.

La montée est comme d’hab: tout droit, le chemin est pas très bien tracé et la fin, dans les cailloux est un brin pénible (sans parler de la descente). Quand on arrive au mirador, les Torres sont quasiment dégagées et on a une assez bonne idée de la chose…

En fait les Torres del Paine se sont formées de la même manière que le pain de sucre et les autres Morros de Rio de Janeiro: c’est la lave durcie, restée dans le conduit du volcan qui créé ces tours de granit: le cône de déjection, formé de lave plus friable, a été emporté (aux Torres par le glacier dont on voit les restes sous les tours).

Après 8 jours et 115 kilomètres, on peut vraiment dire que le circuito est une expérience unique, non seulement par la diversité des paysages (glaciers, montagnes et forêts vierges dans une concentration unique au monde), mais aussi à cause de l’effort nécessaire pour pouvoir les admirer. Tout se mérite, et peut-être bien que c’est mieux comme ça…