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Trekking Cachora-Choquequirao-Machu Picchu

Un beau programme: 8 jours de marche, un passage par Choquequirao, la merveille cachée du Pérou et une fin en apothéose à Machu Picchu, une des nouvelles merveilles du monde. Bon, le parcours, et spécialement son profil, semblent plus ressembler à la patrouille des glaciers qu’à une marche tranquille. Pas grave: on commence à avoir l’habitude.

Cachora – Choquequirao (2 jours)

Dès le début, la mise en jambe commence: 1500m de descente, traversée du rio Apurimac et de son superbe canyon et remontée des 1500m vers le site de Choquequirao. Sur le chemin on croise un groupe d’américains qui voulaient seulement aller voir Choquequirao: ils abandonnent parce que c’est trop dur. C’est vrai que rien que les 4 jours aller-retour sont très fatiguants…

Sur le cheminAprès avoir dormi la nuit un peu en dessus de l’Apurimac, dans un camp bien organisé (douches, tables, etc.) on finit la descente et on entame la remontée vers Choque. Après 4 heures de grimpe, on arrive au niveau du site, qu’on voit au loin. On avale très vite notre almuerzo et on part en mode poursuite vers le site, pour profiter de l’après-midi sur place. En arrivant, on découvre le gigantesque jeu de terrasses agricole, fraîchement restaurées (pour nous, j’aurais envie de dire ;-) ) et ce magnifique site, en compagnie de 4 autres touristes. Eh oui, on était en tout 6 sur les 1800 hectares du site ;-) ))

Choquequirao – Yanama (2 jours)

Le lendemain, on se lève très tôt pour pouvoir retourner deux heures sur le site avant de partir vers Maizal, la prochaine étape. On a le site pour nous tout seuls pendant toute notre visite, pas la moindre trace d’autres touristes… Programme du jour: un condensé des deux premiers, ce qui promet au niveau de la difficulté. D’abord 1000m de descente vers la Quebrada Victoria, traversée de la rivière sous les attaques des escadrons de tabaños (sandflies) et remontée de 1500m vers le camp, qu’on a eu le loisir d’observer pendant toute la descente. Bon pour la motivation… On se doute que tout ça va finir de nuit et on prend les paris avec Miguel, le guide.

Dans ces cas là , on bénit l’invention de la mule. Pari gagné, on est sur place avant la nuit. On dort chez leQuebrada Victoria fermier, qui a installé un petit camping entre ses vaches, chèvres, poules, chiens, moutons, dindons et cochons d’Inde (cuys). C’est aussi pour nous une excellent manière de découvrir la vie de ces gens qui, sans la moindre trace de modernité, n’a pas changé depuis des siècles. Peut-être que leur ancêtres recevaient déjà les messagers Incas de passage…

Le lendemain, programme similaire: montée jusqu’au col à 4200m, puis descente jusqu’à Yanama. Superbe et difficile chemin qui nous fait traverser une belle forêt de nuages puis marcher sur un chemin Inca (on fait aussi notre Inka trail donc :-) ), redescendre dans une végétation quasi provençale et découvrir au passage quelques mines désaffectées, dont la Mina Victoria.

Yanama est aussi un village intéressant. Il y a un école, mais pas de route ni d’électricité. Le village est à au moins deux jours de mule de la première route, en passant par un col à 4800m. Mais les bières et le Coca supportent assez bien le trajet en mule et on m’en propose évidemment à l’épicerie :-) Après ces quatre jours, la fatigue se sent un peu, mais ce n’est pas fini: demain on doit passer le même col que les bières…

Yanama – Totora – Santa Teresa (2 jours)

Courageuse muleAujourd’hui, comme souvent, on ne voit que trop bien ce qui nous attend: au fond de la vallée, il n’y a qu’un cirque de montagnes fermé, mais pourtant c’est par là qu’on doit passer. Heureusement, la montée du jour est plus régulière et on arrive assez facilement au sommet du col, à environ 4700m. De l’autre coté, changement de temps immédiat: c’est la purée et il fait presque 0 degrés… On a le temps de descendre et d’arriver à Totora avant que la pluie de se mette à tomber, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle le bois de nuages.

Ici aussi, on dort chez les gens, entre les cochons et les poules et on mange dans leur cuisine, comme nos guides ont oublié leur tente cuisine… Les gens sont très accueillants et très timides, mais la patronne de la maison nous demande quand-même si on aurait pas un médicament pour sa fille grippée. On va donc voir la petite et faire Martine docteur après le Martine à la ferme du jour précédent. La pauvre tape les 40° et sa mère ne s’en inquiète pas trop. Elle nous demande quand-même d’aller au dispensaire avec elle et on se retrouve à discuter avec l’infirmière qui nous fait visiter son beau centre de santé tout neuf, mais à la lampe de poche, comme il n’y a pas de courant ici…

On achète les antibiotiques pour la petite et on revient faire la piqûre avec l’infirmière, qui n’y arrive pas. Heureusement, avec ce qu’on lui a donné, la petite Mélania a déjà beaucoup moins de fièvre. Comme ils ne veulent pas perdre le médicament, la mère fait piquer la grande soeur, qui a un peu mal au cou ;-) En remerciement, on a droit à la nourriture de la famille, en plus de notre souper.

Descente vers la PlayaLe lendemain matin, départ vers La Playa, où on va prendre un bus jusqu’à Santa Teresa et l’hôtel. Sur le chemin, on rejoint la route du Trek Salkantay, qui est un des préférés de ceux qui ont oublié de réserver l’Inca trail 6 mois à l’avance. Le retour au monde des gringos est assez brutal, mais ils ont tous l’air assez mal en point. Bon, 4 jours de marche en converse, ça use un peu. C’est un peu le chemin vers Lourdes…

Et Santa Teresa, à part les bains thermaux ultramodernes, est plutôt un tas de baraquements en tôle. C’est assez normal vu que le village a été emporté par une coulée de boue il y a 12 ans, quelques ruines en témoignent encore.

Santa Teresa – Machu Picchu (1 jour)

Le dernier jour, seulement trois heures de marche le long de la voie de chemin de fer, direction Aguas Calientes, le bled situé en dessous de Machu Picchu. Ça me dérange pas trop comme on a fait l’inauguration du Crudo’s club le soir précédent avec les guides. Encore un choc en arrivant: les gringos sont de retour et avec eux, les rabatteurs de restos, mendiants et vendeurs ambulants en tout genre. On est aussi content de ne pas avoir fait l’Inca trail, parce qu’il parait que c’est devenu du même style: un stand de boissons tous les 50 mètres, avec prix adaptés aux gringos, évidemment…

Parque nacional del Manú

Le parc national de Manu, une des plus grandes surfaces de forêt amazonienne protégée. Le tiers de la surface de la Suisse, soit environ la suisse romande! Une des plus grandes biodiversités de toute la planète. Le site est évidemment dans la liste World heritage de l’UNESCO et l’accès à une grande partie de la réserve est tout simplement interdit, y compris aux scientifiques. Cette zone interdite contient plusieurs tribus indigènes qui ne désirent pas de contact avec l’extérieur (leurs membres meurent facilement de la grippe amenée par les étrangers, et ils réagissent très agressivement aux tentatives de contact).

Le tourisme est aussi très réglementé: un lodge basique et quelques sites de camping, tous très contrôlés. Ces règles ainsi que l’éloignement rendent le tourisme cher et fatiguant, mais quand on aime, on ne compte ni les nuevo soles ni les heures de bus…

On a pris l’option non-camping pour une fois ;-) , ainsi que deux nuits dans une autre partie de la réserve pour observer la forêt de nuages (cloudforest).

Manu Cloudforest Lodge

Coq de roche Deux nuits et deux jours dans la foret de nuages, a observer ses habitants, dont font partie les singes laineux et les Coqs de rochers, l’oiseau emblème du Pérou. Simplement en suivant la route qui mène au lodge et qui en repart vers le Rio madre de Dios, suite de notre voyage, on a pu observer une quantité d’oiseaux incroyable, allant du minuscule colibri aux aras multicolores ainsi que des singes laineux à moins de 6 mètres de distance.

Pour couronner le tout, le lodge était situé en bordure d’un torrent de montagne dans un cadre incroyable et l’équipe de cuisiniers étaient ultra sympas. Après les deux nuits, départ à 5 heures du mat pour 3 heures de route et 5 heures de lancha, direction la zone réservée du parc. Le voyage n’est en fait pas trop ennuyeux, vu que dès que quelque chose bouge dans la forêt, on s’arrête et on sort les jumelles. On a encore croisé pas mal de singes aussi curieux que leurs congénères bipèdes…

Manu Lodge

Après un passage obligé chez les rangers du Parc, on se dirige vers le Manu Lodge, en pleine jungle, Je ne lâche pas ma brancheau bord du Lago Suarez. 20 minutes de marche sont nécessaires pour arriver au lodge depuis le débarcadère du bateau. Le Manu Lodge est situé dans un cadre extraordinaire, en plaine forêt primaire, au bord d’un lac en arc de cercle (un ancien méandre du Rio Manu) qui sert de garde manger à une famille de loutres géantes (Lobos de rio), une espèce dont il ne reste que 2000 spécimens sur tout le continent.

Le programme des deux jours au lodge est simple: balades sur les sentiers autour du lodge et tour en lancha à la recherche des animaux venant se reposer et se désaltérer au bord du Rio Manu. Toute la réserve est assez incroyable: la quantité d’oiseaux, primates, reptiles et mammifères qu’il est possible d’observer est unique sur le continent américain. Notamment, Manu est le parc ou les visiteurs ont le plus de chances d’observer le très discret et tout autant rare jaguar.

Excepté le tapir, on a quasiment pu observer tous les habitants du parc: capivaras, hérons, aras, caïmans, tortues de riviere et j’en passe, je vous laisse admirer la galerie… Et un matin, alors qu’on remontait le Rio Manu en lancha, la guide nous fait discrètement: Look, there is a jaguar! Le roi de l’amazonie était bien là, en train de flemmarder sur la berge. Quand il nous a vu, il s’est tranquillement levé pour aller se fondre avec le décor, nous laissant largement le temps de l’observer et de le mitrailler au téléobjectif. Après tout, ici c’est le chef, et il n’a pas de raison de se presser, comme il n’a aucun prédateur dans le parc…

En plus des gros chats, on a pu observer de près (enfin d’en bas) cinq des treize espèces de primates qui vivent dans la réserve dont les singes laineux, singes araignées et capucins blancs.

Puerto Maldonado et Amazon rescue shelter

Amazon rescue center: Sylvie et PanchoPour retourner vers Cusco on a fait une étape d’un jour à Puerto Maldonado, dans l’autre partie de la province de Madre de Dios. Puerto Maldonado est l’entrée vers l’autre réserve de cette région du Pérou: le parc Tambopata. Par hasard on est tombé sur le dépliant de l’Amazon Rescue Shelter, un centre qui récupère les animaux saisis par la police et les réhabilite pour les relâcher dans leur environnement naturel. La patronne, de Lima, a tout revendu pour acheter le terrain et créer le centre.

Et du travail, il y en a: le Pérou est le cadre de tous les trafics d’animaux protégés possibles et imaginables: singes, aras, tortues, anacondas. Si ça bouge, tu peux l’acheter à Lima. Ensuite, la police saisit les bestioles et les envoie au Zoo de Lima. Ils finissent souvent leur vie dans une cage du dépot sordide du Zoo, faute de place. L’idée du rescue shelter est de récupérer ces animaux, de vérifier leur état de santé et le cas échéant leur permettre de finir leur croissance (relâcher un bébé singe dans la nature ce n’est pas lui assurer les meilleures chances) avant de les remettre dans leur environnement naturel.

On a été les premiers visiteurs payant du centre et on a pu toucher les bébés singes qu’ils sont en train de remettre en forme… C’était vraiment une chance de pouvoir voir de très près ces fantastiques animaux. On en est partis en espérant vraiment que leur projet connaisse le succès qu’il mérite.

Cu$co et le gringo trail

Cusco trafficCusco: la capitale des Incas, l’équivalent sud-américain de Rome. Chaque coin de rue respire l’histoire. Quand les espagnols ont découvert la ville, ils ont démonté les temples et bâtiments incas pour construire leurs palais et églises. La plupart des édifices comportent donc des murs de soubassement d’origine incaique et dont la maçonnerie est d’une finesse inégalée. De plus, Cusco est le centre de la vallée sacrée des Incas et la porte d’accès à Machu Picchu, le site le plus emblématique de tout le continent.

Si la ville coloniale et son architecture sont unique dans le monde entier, malheureusement elle attire une grande quantité de touristes au portemonnaie débordant de dollars (au sens propre, des amis ont vu quelqu’un avec des billets dépassant de la poche). C’est bien ça le problème: la majorité des péruviens travaillant avec les touristes ne pensent qu’à s’en mettre plein les fouilles. Quelques exemples:

  • Les taxis: il y a un tarif fixe de 2 soles, mais c’est impossible de l’obtenir. En revenant de l’aéroport, le premier taxi nous demande 20 soles (8 CHF), on l’envoie balader et le suivant nous demande 5 soles! (2 CHF).
  • Les restos: ils incluent des fois 10 à 20% de service dans la note (même pour un thé!), sauf qu’ici le service est facultatif, et normalement au resto, y a pas de pourboire. Les américains qui ont cette règle des 10% chez eux, paient sans broncher.
  • Les sites archéologiques: La vallée sacrée 70 soles (30 CHF), Machu Picchu 100 soles (40 CHF), Le train pour Machu Picchu: au moins 80 CHF, l’entrée pour l’Inti Raymi, la fête du soleil: 80 CHF. Il y a des tarifs moins élevés pour les péruviens, mais la majorité d’entre eux ne peut pas s’offrir l’entrée aux sites de son propre pays.
  • L’inca trail: le trek de 4 jours vers Machu Picchu a passé en 4 ans de 100$ à 450$! Pourtant, les porteurs ne gagnent pas un centime de plus. Les agences font environ 300$ de profit net par touriste. C’est booké pour toute l’année et il y a 200 touristes par jour. Je vous laisse faire le calcul…
  • Le billets global pour tous les sites de la région vient de passer de 30 CHF à 45 CHF, haute saison oblige.

Tout ça risque bien de gâcher la fête d’ici quelques années et les backpackers semblent d’ailleurs déjàCusco: Plaza de Armas être en train de déserter Cusco. Heureusement, pour le moment la magie du lieu reste intacte malgré les désagréments. Pour notre part, on s’en tire assez bien en essayant d’éviter les pièges à touristes les plus courants, même si c’est pas toujours possible ;-) , de plus, dès qu’on sort du fameux gringo trail, le Pérou traditionnel pointe son nez immédiatement et on se sent rassuré…

Puno et les Uros: bienvenue au Pérou

Il est temps pour nous de quitter la Bolivie pour rejoindre le Pérou. Ainsi, notre première destination avant de rejoindre Cusco est Puno. Cette ville se trouve tout comme Copacabana au bord du lac Titicaca (cela veut dire le rocher du puma). Quelques heures de bus nous permettent d’admirer les paysages qui ne sont bien sûr pas très différents que ceux de l’autre côte de la frontière. Par contre, nous remarquons tout de suite que les péruviens se vêtissent moins des habits traditionnels.

Le but principal de notre arrêt dans cette ville est de visiter les Uros. Ce sont une quarantaine d’îles flottantes en roseaux. Leurs nombres peut varier selon l’entente des personnes qui vivent ensemble. Il n’est pas rare que lors de petite querelles, les gens coupent leur île en deux pour changer de voisins. Nous visitons les Uros par l’intermédiaire d’un tour qui nous amène ensuite sur un île en dur: Taquile. Celle-ci est fameuse pour son artisanat. Ce sont les hommes qui tissent et leur travail est reconnu patrimoine culturel par l’Unesco.