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Machu Picchu et les 40 voleurs

Voyager au Pérou n’est pas toujours facile quand on ne fait pas partie d’un tour organisé et prémâché. Le plus difficile est d’éviter les nombreuses arnaques. On a déjà parlé des petits problèmes rencontrés à Cusco, mais voilà ce qui peut vous arriver si vous ne prenez pas garde:

  1. Quand on réserve notre trekking Choquequirao – Machu Picchu, tout est en ordre, on doit partir avec le boss de l’agence Cusqueñan Travel, Juan Salas. Les choses se gâtent un peu à 6h00 le jour du départ: sa copine Yeni nous annonce qu’il s’est fait mal au foot et qu’on part avec un autre guide, son frère Miguel. Pas de problème, on se dit… Sauf que Miguel n’a pas de diplôme de guide vu qu’il n’a pas fini ses études. ;-) . De plus, ce n’est pas le frère de Juan mais surtout, il ne connaît pas la route Choquequirao – Machu Picchu. Ca commence à faire beaucoup, et heureusement que le cuistot vient de la région et connaît bien le trajet et les gens du coin. Evidemment, il manque certaines choses comme le kit de premier secours et la tente pour cuisiner, rien de vital ceci-dit ;-) .
    Comme pour couronner le tout, ils nous ont mis dans le train de 14h pour partir de Machu Picchu, qu’on a dû quitter un peu précipitemment. On s’est donc dit qu’on allait passer les voir pour un petit discount. Mais, arrivés à l’adresse de l’agence à Cusco, surprise: le bureau est vide, plus de traces: partis sans laisser d’adresse nous disent les voisins. Autant vous dire que tout ça s’est terminé chez la police touristique, très sympa et plutôt efficace, d’ailleurs, mais qui nous a confirmé que ces problèmes sont actuellement en forte augmentation à Cusco.
  2. S’étant fait avoir une fois, en arrivant à Huaraz on se dit qu’on va passer par la Casa de Guias officielle pour éviter ce genre d’ennuis. On discute donc avec César Vargas, un des guides de montagne certifiés à propos de notre trekking dans la cordilière Huayhuash. Pour l’anecdote, cette association à été fondée par un Suisse et les premiers guides ont été formés en Suisse, avec l’aide du canton de Genève et de la Confédération notamment…
    César nous propose de partir avec un guide qui s’appelle Glicerio, et quand on paie l’accompte et qu’on s’étonne qu’il ne puisse pas nous montrer sa carte de guide, on appelle la casa de guias qui nous confirment que ce n’est pas un guide et qu’il n’a aucune relation avec la Casa de Guias. Pourtant, son tarif est le même et il nous a été fourni par cette même Casa de Guias… Le dénommé César Vargas a donc bien tenté de nous entourlouper, malgré son diplôme de guide.
    On a perdu un jour dans l’histoire pour trouver un vrai guide et ces petits voleurs de la casa de guias ont eu ensuite toutes les peines du monde à nous fournir un reçu pour le montant qu’on avait payé (on dirait qu’il ne veulent pas payer leurs impôts ;-) .
    Heureusement que la jeune génération de guides et aspirants est nettement plus honnête. Pour ceux qui passent par Huaraz, on vous conseille d’éviter à tout prix de passer par la Casa de Guias.

Ce ne sont que quelques exemples, mais on espère que nos expériences serviront au moins à éviter des problèmes similaire à d’autres voyageurs. On a aussi eu de la chance, car les choses peuvent se gâter très vite en montagne si on ne connaît pas les règles élementaires de sécurité.

10 jours dans la cordillera Huayhuash

J7: Le massif du Jurau et sa lagune, depuis le col San Antonio

La mythique cordilière Huayhuash, berceau du sentier lumineux et cadre d’un des plus beaux circuits de trekking du monde. Le trek fait le tour complet de cette cordilière et donne de nombreux points de vues incroyables sur ses montagnes, dont le Yerupajá, deuxième plus haut sommet du Pérou, après le Huascarán. Résultat, on était un peu obligés d’y aller, malgré les dix jours de marche sans douche et les cols, dont deux à 5000m, qui s’alignent sur le parcours.

On a décidé de partir avec un aspirant guide de Huaraz, même si la casa de guias de Huaraz ont tenté de nous fourguer quelqu’un qui n’était pas guide, au prix fort, évidemment…

Le trek démarre à Pocpa, terminus du bus, où on fait connaissance avec Cristobal, notre arriero, et ses burros.

Pocpa – Mitucocha – CaruacochaJ3: Laguna Caruacocha et le Yerupaja

Après un premier jour de marche tranquille et une première nuit sous la pluie et la neige, on attaque vraiment et on passe le premier col pour se diriger vers la Laguna Mitucocha, le lieux du deuxième camp. Au niveau des camps, le circuit de Huayhuash est imbattable: Presque toutes les étapes s’arrêtent au bord d’une lagune, avec quelques pics enneigés en fond.

Après une nuit mouvementée, où Sylvie a certainement sauvé nos chaussures en les rentrant dans la tente après avoir entendu un bruit suspect (les voisins ayant eu moins de chance: 3 paires de chaussures manquent à l’appel) on part pour le programme habituel: un col de 4800m, environ 5 heures de marche et une arrivée vers une lagune: Caruacocha, dans laquelle se reflètent les pics sublimes du Jirishanca et du Yerupajá. Dans l’après-midi, le temps se gâte à nouveau.

“La montagne est jalouse”, nous dit la paysanne du coin pour nous expliquer le mauvais temps en nous montrant le camp de base des alpinistes italiens qui veulent monter au sommet du Jirishanca. Pour le repas du soir, on achète quelques truites aux gens du coin. En effet, toutes ces lagunes ont été colonisées par des truites “exotiques” pour le malheur des poissons locaux, mais pour notre bonheur à nous. ;-)

Caruachocha – Viconga

J4: Laguna SiulaLe lendemain, après s’être acquittés de l’habituel droit de passage de la communauté, on se dirige vers une vallée étroite qui nous fait passer directement sous les faces nord du Yerupajá et du Siula Grande, tout en longeant un chapelet de lagunes bleu émeraude. Destination du jour: Huayhuash, dont l’arriero nous a déjà prévenus: il y a des banditos dans le coin et il y a eu quatre morts en 2004. Mais comme on paie pour la sécurité, deux villageois en ponchos gardent le camp, fusil à l’épaule. On va donc éviter de sortir se balader en pleine nuit. ;-)

Le lendemain matin, départ sous l’oeil des vigiles, qui nous accompagnent – armés – jusqu’au col. Après avoir comparé le Trapecio, qui surplombe le col, avec le Cervin, on s’engage dans la descente jusqu’à la laguna Viconga: une simple formalité, d’autant plus qu’un bain termal nous attend à côté du camp.

Viconga – Huayallpa

Le col le plus élevé du circuit nous est pour aujourd’hui: 5000m. Comme on marche et surtout on dort en altitude depuis plusieurs jours, notre acclimation nous aide à passer l’étape sans mal de tête, et on peut profiter de l’après-midi pour ne rien faire, sauf un peu de lessive…

Le lendemain, on part pour la Quebrada Calinca, ou se trouve la laguna Jurau, juste en dessous du Jurau et du Siula Grande. C’est aussi le cadre de l’histoire incroyable mais pourtant vraie de Joe Simpson, relatée dans Touching the void. L’endroit, qui est souvent oublié par les agences faisant le trek en 8 jours, est assez stupéfiant: la lagune bleu émeraude, le glacier et le massif du Jurau en arrière-plan, très très photogénique…

J7: Laguna Jurau

La descente dans la vallée est aussi idyllique et l’arrivée à Huayllapa, plus grand village du tour, nous ramène malheureusement à la réalité: “Caramellos” hurlent tous les gamins qu’on croise sur le chemin… Au Pérou, 90% des enfants ont des caries, c’est pas moi qui le dit, c’est la pub colgate. ;-)

Heureusement, on a un excellent arriero et on peut camper dans le jardin d’une de ses connaissances, ce qui nous offre un brin de tranquilité. On en profite aussi pour se ravitailler un peu, notamment en fromage local, garanti sans conservateurs (ceci dit, il ressemble un peu à la fougne des bronzés font du ski).

Huayllapa – Jahuacocha – Llamac

Après Huayllapa, un dernier jour de camping tranquille et on rejoint la masse des touristes qui font le “mini-huayhuash” en 4 jours. On en profite pour faire un petit détour sur la gauche du col de Punta Yaucha: De ce point, on peut apercevoir la cordilière blanche et le Huascarán à plus de 150km au nord. L’arriero, toujours bien informé nous a déjà avertis: un groupe de 30 burros arrive derrière nous: il y aura du monde au camp ce soir…

J9: Une belle lumièrePendant que les autres trekkeurs arrivés à la laguna Jahuacocha s’envoient des bières, on se dirige vers le fond de la vallée et le glacier qui, paraît-il, renferme les restes d’un avion qui s’est ecrasé dans les années 60. On en a trouvé que quelques bouts d’aluminium, mais la balade était intéressante: directement sous le Jirishanca, avec des bouts de glacier qui se décrochent de temps en temps et à grand fracas. On finit la journée en avalant encore quelques truites du lac et une bière que les campesinos du coin, en bons businessmen, vendent aux touristes.

J9: Le YerupajaJ9: Laguna JaruacochaJ9: Lagune et glacier

Le dernier jour est une descente assez tranquille vers Llamac où on doit reprendre un bus vers Chiquián puis Huaraz. On sent quand-même un peu nos jambes après les 9 jours et près de 160 kilomètres de marche du circuit, et le retour de la chaleur n’aide pas.

Au final, on peut effectivement dire que c’est un des plus beaux circuits de trekking qu’on ait fait. Il est clair qu’il y a quelques points noirs, comme le fait que les camps soient assez sales et pleins de détritus, mais malgré cela, ce circuit surpasse même celui des Torres del Paine par la beauté des paysages de montagne traversés.

Muchas Picctures!

La mariée se découvre

Le passage obligé, sur toutes les visites de l’Amérique du Sud, de 4 jours à 4 ans: Machu Picchu (prononcez Pic-chu sinon ça fait gringo ;-) ). Chaque jour la masse de visiteurs arrive à pied, en train, en vélo et même en hélicoptère. Comme preuve supplémentaire de sa popularité, le site a été élu comme une des sept nouvelles merveilles du monde dans le fameux vote Internet de l’année passée.

Comme en attestent les 256 photos sur ma carte mémoire, le site est très photogénique. Par contre, comme en attestent les 800 touristes sur lesdites photos, il est aussi très populaire. D’ailleurs, l’UNESCO a failli le placer sur la liste des sites en danger, à l’instar des îles Galapagos: le site ne devrait pas recevoir plus de 800 visiteurs journaliers, mais il en reçoit jusqu’à 2000. L’INC qui gère le site, va certainement introduire une limite de temps pour la visite, ce qui terminera d’énerver les visiteurs qui paient déjà 45 CHF pour entrer dans le site…

On a déjà parlé des prix abusifs de la région de Cusco, mais ici, c’est le top du top: Vue du Huayna Picchu (le condor)train, bus et même boissons sont tous aux mêmes prix astronomiques. Le tout avec le service “péruvien” habituel: trains des années 70 qui se traînent à 40 km/h., pas un seul panneau indicatif sur le site, ni de WCs, interdiction de prendre boissons ou nourriture (mais bon, ils n’ouvrent pas les sacs…).

Aguas Calientes, le bled situé en dessous du site, mérite le prix d’endroit le plus moisi du Pérou, avec plus de rabatteurs que de touristes, mais tout le monde y va passer la nuit dans un hôtel semi-miteux, dans l’espoir – futile – d’arriver sur le site à 6h00 du matin et d’en profiter avec les quelques autres touristes matinaux avant l’arrivée de la vague, que dis-je, du tsunami turistico débarquant du train pour la journée.

En fait, à 6h00 il y a déjà environ trois à quatre cent personnes sur le site (eh oui, les deux cent gringos de l’Inca trail sont aussi là). L’intimité, ce sera pour une autre fois… Le seul point positif, c’est qu’on peut s’inscrire pour monter au Huayna Picchu qui donne une bonne vue d’ensemble du site.

Ensuite, il y a le tour guidé: cela donne une bonne idée du niveau pathétique des écoles de tourisme de Cusco. La présentation se résume à ce qui figure sur le dépliant: Très léger mais quand-même plein d’erreurs…

La même avec lamaAprès ces critiques acerbes, il reste le site: superbe cadre, maçonnerie Inca (style impérial) d’une qualité incroyable (suisse, on pourrait dire ;-) ), urbanisme intégré dans le paysage et technologie très avancée pour l’époque. Le contraste, pour nous qui débarquons de Choquequirao, est aussi intéressant, plus d’habitants donc plus de bâtiments ici, mais des terrasses agricoles moins étendues. Il faut bien ça pour éloigner un peu l’arrière-goût de pompe à dollars que laisse l’ensemble. Et aussi, oh miracle, la photo avec le lama est gratuite ici!

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les Incas, vous pouvez vous rendre sur l’excellente page de Wikipédia qui leur est consacrée.

Choquequirao, l’autre Machu Picchu

Choquequirao: quel drôle de nom, me direz-vous? Et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est? Une boisson des indigènes, un animal mythique ou un jeu de société de l’époque Inca.

Non, rien de tout ça, c’est un des sites archéologiques les plus importants, mais aussi les moins connu et visité du Pérou. D’ailleurs, même pour l’orthographier, les gens ont de la peine: Choquequiraw, Chokekiraw, Choquequirau ou Choquequirao, à vous de choisir.

Mais pourquoi ce site est-il déserté des touristes, peut-être parce qu’il faut deux jours de marche très fatiguante pour y arriver: entre le village de Cachora – fin de la route – et le site se creuse le canyon de l’Apurimac, 1500 mètres de Quebrada à franchir à pied. Un jour de descente et un autre de remontée vers le site, et l’inverse pour repartir si on ne s’est pas décidé pour une sépulture sur place…

Alors, est-ce que tout ça vaut l’effort? Évidemment: un site de superficie supérieure à Machu Picchu avec 1000 touristes en moins par jour, c’est tentant…

En plus, pour couronner le tout, seulement environ 30% du site est restauré et de nouvelles structures sont découvertes chaque année: En 2006, le superbe groupe de terrasses des Llamas del Sol et en 2008 un énorme ensemble de terrasses agricoles 500m en dessous de la place principale. C’est assez normal en fait, comme la restauration du site n’a commencé qu’en 1970 (1912 pour Machu Picchu).

La structure du site est similaire aux autres cités Incas, un secteur religieux à la maçonnerie plus fine, des bâtiments de stockage de grain, aux toits à deux pans, un quartier d’habitations, une place centrale et des terrasses agricoles et ornementales. Ici l’emplacement sur des falaises 1500m en dessus de l’Apurimac forme un écrin majestueux et l’harmonie générale de l’ensemble est impressionnante…

Les Llamas del Sol

Découvert par hasard quelques centaines de mètres en dessous du site, un jeu de terrasses vraisemblablement agricoles comporte des incrustations de pierres blanches en forme de Lamas. Il s’agit d’un mode de décoration absolument unique dans tout le monde Inca…

Comme le reste du site, cette partie se mérite: 20 minutes de descente et 30 autres de montée sont nécessaires pour admirer les camélidés. Pas de souci pour vous, il suffit de cliquer sur les photos. ;-)

Ce site, à l’instar de Machu Picchu, n’a pas été découvert et détruit par les espagnols, ce qui explique son bon état de conservation. Par contre, la comparaison s’arrête là: Choquequirao est plus étendu que Machu Picchu, mais comporte moins de bâtiments. La maçonnerie est aussi différente: les architectes ont dû ici se contenter de pierre calcaire au lieu de l’Andesite de Cusco ou Machu Picchu. Moins de pierres à 15 angles et pas d’ajustement au millimètre ici (un peu moins suisse, quoi). Choquequirao comprenait aussi moins d’habitants que Machu Picchu, environ 250.

Et après?

Le gouvernement, qui cherche des alternatives à Machu Picchu, noyé sous les touristes, a bien compris la valeur de Choquequirao, jusqu’à y faire les même projets utopique que pour son grand frère: route d’acces, téléphérique (si si) et autres choses. D’ailleurs, le prix d’entrée a déjà quadruplé en 2008. Peut-être bien que dans quelques années on regardera avec nostalgie les brochures de voyages avec des packages Choquequirao – All inclusive, mais pour l’instant, on se réjouit de faire partie des courageux – et un peu fous – visiteurs de cet endroit exceptionnel, que pour ma part, je le préfère à Machu Picchu.

Trekking Cachora-Choquequirao-Machu Picchu

Un beau programme: 8 jours de marche, un passage par Choquequirao, la merveille cachée du Pérou et une fin en apothéose à Machu Picchu, une des nouvelles merveilles du monde. Bon, le parcours, et spécialement son profil, semblent plus ressembler à la patrouille des glaciers qu’à une marche tranquille. Pas grave: on commence à avoir l’habitude.

Cachora – Choquequirao (2 jours)

Dès le début, la mise en jambe commence: 1500m de descente, traversée du rio Apurimac et de son superbe canyon et remontée des 1500m vers le site de Choquequirao. Sur le chemin on croise un groupe d’américains qui voulaient seulement aller voir Choquequirao: ils abandonnent parce que c’est trop dur. C’est vrai que rien que les 4 jours aller-retour sont très fatiguants…

Sur le cheminAprès avoir dormi la nuit un peu en dessus de l’Apurimac, dans un camp bien organisé (douches, tables, etc.) on finit la descente et on entame la remontée vers Choque. Après 4 heures de grimpe, on arrive au niveau du site, qu’on voit au loin. On avale très vite notre almuerzo et on part en mode poursuite vers le site, pour profiter de l’après-midi sur place. En arrivant, on découvre le gigantesque jeu de terrasses agricole, fraîchement restaurées (pour nous, j’aurais envie de dire ;-) ) et ce magnifique site, en compagnie de 4 autres touristes. Eh oui, on était en tout 6 sur les 1800 hectares du site ;-) ))

Choquequirao – Yanama (2 jours)

Le lendemain, on se lève très tôt pour pouvoir retourner deux heures sur le site avant de partir vers Maizal, la prochaine étape. On a le site pour nous tout seuls pendant toute notre visite, pas la moindre trace d’autres touristes… Programme du jour: un condensé des deux premiers, ce qui promet au niveau de la difficulté. D’abord 1000m de descente vers la Quebrada Victoria, traversée de la rivière sous les attaques des escadrons de tabaños (sandflies) et remontée de 1500m vers le camp, qu’on a eu le loisir d’observer pendant toute la descente. Bon pour la motivation… On se doute que tout ça va finir de nuit et on prend les paris avec Miguel, le guide.

Dans ces cas là , on bénit l’invention de la mule. Pari gagné, on est sur place avant la nuit. On dort chez leQuebrada Victoria fermier, qui a installé un petit camping entre ses vaches, chèvres, poules, chiens, moutons, dindons et cochons d’Inde (cuys). C’est aussi pour nous une excellent manière de découvrir la vie de ces gens qui, sans la moindre trace de modernité, n’a pas changé depuis des siècles. Peut-être que leur ancêtres recevaient déjà les messagers Incas de passage…

Le lendemain, programme similaire: montée jusqu’au col à 4200m, puis descente jusqu’à Yanama. Superbe et difficile chemin qui nous fait traverser une belle forêt de nuages puis marcher sur un chemin Inca (on fait aussi notre Inka trail donc :-) ), redescendre dans une végétation quasi provençale et découvrir au passage quelques mines désaffectées, dont la Mina Victoria.

Yanama est aussi un village intéressant. Il y a un école, mais pas de route ni d’électricité. Le village est à au moins deux jours de mule de la première route, en passant par un col à 4800m. Mais les bières et le Coca supportent assez bien le trajet en mule et on m’en propose évidemment à l’épicerie :-) Après ces quatre jours, la fatigue se sent un peu, mais ce n’est pas fini: demain on doit passer le même col que les bières…

Yanama – Totora – Santa Teresa (2 jours)

Courageuse muleAujourd’hui, comme souvent, on ne voit que trop bien ce qui nous attend: au fond de la vallée, il n’y a qu’un cirque de montagnes fermé, mais pourtant c’est par là qu’on doit passer. Heureusement, la montée du jour est plus régulière et on arrive assez facilement au sommet du col, à environ 4700m. De l’autre coté, changement de temps immédiat: c’est la purée et il fait presque 0 degrés… On a le temps de descendre et d’arriver à Totora avant que la pluie de se mette à tomber, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle le bois de nuages.

Ici aussi, on dort chez les gens, entre les cochons et les poules et on mange dans leur cuisine, comme nos guides ont oublié leur tente cuisine… Les gens sont très accueillants et très timides, mais la patronne de la maison nous demande quand-même si on aurait pas un médicament pour sa fille grippée. On va donc voir la petite et faire Martine docteur après le Martine à la ferme du jour précédent. La pauvre tape les 40° et sa mère ne s’en inquiète pas trop. Elle nous demande quand-même d’aller au dispensaire avec elle et on se retrouve à discuter avec l’infirmière qui nous fait visiter son beau centre de santé tout neuf, mais à la lampe de poche, comme il n’y a pas de courant ici…

On achète les antibiotiques pour la petite et on revient faire la piqûre avec l’infirmière, qui n’y arrive pas. Heureusement, avec ce qu’on lui a donné, la petite Mélania a déjà beaucoup moins de fièvre. Comme ils ne veulent pas perdre le médicament, la mère fait piquer la grande soeur, qui a un peu mal au cou ;-) En remerciement, on a droit à la nourriture de la famille, en plus de notre souper.

Descente vers la PlayaLe lendemain matin, départ vers La Playa, où on va prendre un bus jusqu’à Santa Teresa et l’hôtel. Sur le chemin, on rejoint la route du Trek Salkantay, qui est un des préférés de ceux qui ont oublié de réserver l’Inca trail 6 mois à l’avance. Le retour au monde des gringos est assez brutal, mais ils ont tous l’air assez mal en point. Bon, 4 jours de marche en converse, ça use un peu. C’est un peu le chemin vers Lourdes…

Et Santa Teresa, à part les bains thermaux ultramodernes, est plutôt un tas de baraquements en tôle. C’est assez normal vu que le village a été emporté par une coulée de boue il y a 12 ans, quelques ruines en témoignent encore.

Santa Teresa – Machu Picchu (1 jour)

Le dernier jour, seulement trois heures de marche le long de la voie de chemin de fer, direction Aguas Calientes, le bled situé en dessous de Machu Picchu. Ça me dérange pas trop comme on a fait l’inauguration du Crudo’s club le soir précédent avec les guides. Encore un choc en arrivant: les gringos sont de retour et avec eux, les rabatteurs de restos, mendiants et vendeurs ambulants en tout genre. On est aussi content de ne pas avoir fait l’Inca trail, parce qu’il parait que c’est devenu du même style: un stand de boissons tous les 50 mètres, avec prix adaptés aux gringos, évidemment…

50 posts

175 jours qu’on voyage. Et aujourd’hui je vois en écrivant sur le parc Manú que c’est le 50ème article qu’on publie. Je n’y croyais pas trop au début, mais on s’est bien pris au jeu et c’est pour nous un bon moyen de garder le contact avec nos familles et amis. Et en plus, il semble que l’adresse du blog se soit diffusée plus loin, alors merci aussi aux lecteurs inconnus.

C’est pas fini, il reste deux mois d’aventures et on vous prépare déjà quelques surprises, alors restez branchés.

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Parque nacional del Manú

Le parc national de Manu, une des plus grandes surfaces de forêt amazonienne protégée. Le tiers de la surface de la Suisse, soit environ la suisse romande! Une des plus grandes biodiversités de toute la planète. Le site est évidemment dans la liste World heritage de l’UNESCO et l’accès à une grande partie de la réserve est tout simplement interdit, y compris aux scientifiques. Cette zone interdite contient plusieurs tribus indigènes qui ne désirent pas de contact avec l’extérieur (leurs membres meurent facilement de la grippe amenée par les étrangers, et ils réagissent très agressivement aux tentatives de contact).

Le tourisme est aussi très réglementé: un lodge basique et quelques sites de camping, tous très contrôlés. Ces règles ainsi que l’éloignement rendent le tourisme cher et fatiguant, mais quand on aime, on ne compte ni les nuevo soles ni les heures de bus…

On a pris l’option non-camping pour une fois ;-) , ainsi que deux nuits dans une autre partie de la réserve pour observer la forêt de nuages (cloudforest).

Manu Cloudforest Lodge

Coq de roche Deux nuits et deux jours dans la foret de nuages, a observer ses habitants, dont font partie les singes laineux et les Coqs de rochers, l’oiseau emblème du Pérou. Simplement en suivant la route qui mène au lodge et qui en repart vers le Rio madre de Dios, suite de notre voyage, on a pu observer une quantité d’oiseaux incroyable, allant du minuscule colibri aux aras multicolores ainsi que des singes laineux à moins de 6 mètres de distance.

Pour couronner le tout, le lodge était situé en bordure d’un torrent de montagne dans un cadre incroyable et l’équipe de cuisiniers étaient ultra sympas. Après les deux nuits, départ à 5 heures du mat pour 3 heures de route et 5 heures de lancha, direction la zone réservée du parc. Le voyage n’est en fait pas trop ennuyeux, vu que dès que quelque chose bouge dans la forêt, on s’arrête et on sort les jumelles. On a encore croisé pas mal de singes aussi curieux que leurs congénères bipèdes…

Manu Lodge

Après un passage obligé chez les rangers du Parc, on se dirige vers le Manu Lodge, en pleine jungle, Je ne lâche pas ma brancheau bord du Lago Suarez. 20 minutes de marche sont nécessaires pour arriver au lodge depuis le débarcadère du bateau. Le Manu Lodge est situé dans un cadre extraordinaire, en plaine forêt primaire, au bord d’un lac en arc de cercle (un ancien méandre du Rio Manu) qui sert de garde manger à une famille de loutres géantes (Lobos de rio), une espèce dont il ne reste que 2000 spécimens sur tout le continent.

Le programme des deux jours au lodge est simple: balades sur les sentiers autour du lodge et tour en lancha à la recherche des animaux venant se reposer et se désaltérer au bord du Rio Manu. Toute la réserve est assez incroyable: la quantité d’oiseaux, primates, reptiles et mammifères qu’il est possible d’observer est unique sur le continent américain. Notamment, Manu est le parc ou les visiteurs ont le plus de chances d’observer le très discret et tout autant rare jaguar.

Excepté le tapir, on a quasiment pu observer tous les habitants du parc: capivaras, hérons, aras, caïmans, tortues de riviere et j’en passe, je vous laisse admirer la galerie… Et un matin, alors qu’on remontait le Rio Manu en lancha, la guide nous fait discrètement: Look, there is a jaguar! Le roi de l’amazonie était bien là, en train de flemmarder sur la berge. Quand il nous a vu, il s’est tranquillement levé pour aller se fondre avec le décor, nous laissant largement le temps de l’observer et de le mitrailler au téléobjectif. Après tout, ici c’est le chef, et il n’a pas de raison de se presser, comme il n’a aucun prédateur dans le parc…

En plus des gros chats, on a pu observer de près (enfin d’en bas) cinq des treize espèces de primates qui vivent dans la réserve dont les singes laineux, singes araignées et capucins blancs.

Puerto Maldonado et Amazon rescue shelter

Amazon rescue center: Sylvie et PanchoPour retourner vers Cusco on a fait une étape d’un jour à Puerto Maldonado, dans l’autre partie de la province de Madre de Dios. Puerto Maldonado est l’entrée vers l’autre réserve de cette région du Pérou: le parc Tambopata. Par hasard on est tombé sur le dépliant de l’Amazon Rescue Shelter, un centre qui récupère les animaux saisis par la police et les réhabilite pour les relâcher dans leur environnement naturel. La patronne, de Lima, a tout revendu pour acheter le terrain et créer le centre.

Et du travail, il y en a: le Pérou est le cadre de tous les trafics d’animaux protégés possibles et imaginables: singes, aras, tortues, anacondas. Si ça bouge, tu peux l’acheter à Lima. Ensuite, la police saisit les bestioles et les envoie au Zoo de Lima. Ils finissent souvent leur vie dans une cage du dépot sordide du Zoo, faute de place. L’idée du rescue shelter est de récupérer ces animaux, de vérifier leur état de santé et le cas échéant leur permettre de finir leur croissance (relâcher un bébé singe dans la nature ce n’est pas lui assurer les meilleures chances) avant de les remettre dans leur environnement naturel.

On a été les premiers visiteurs payant du centre et on a pu toucher les bébés singes qu’ils sont en train de remettre en forme… C’était vraiment une chance de pouvoir voir de très près ces fantastiques animaux. On en est partis en espérant vraiment que leur projet connaisse le succès qu’il mérite.

Cu$co et le gringo trail

Cusco trafficCusco: la capitale des Incas, l’équivalent sud-américain de Rome. Chaque coin de rue respire l’histoire. Quand les espagnols ont découvert la ville, ils ont démonté les temples et bâtiments incas pour construire leurs palais et églises. La plupart des édifices comportent donc des murs de soubassement d’origine incaique et dont la maçonnerie est d’une finesse inégalée. De plus, Cusco est le centre de la vallée sacrée des Incas et la porte d’accès à Machu Picchu, le site le plus emblématique de tout le continent.

Si la ville coloniale et son architecture sont unique dans le monde entier, malheureusement elle attire une grande quantité de touristes au portemonnaie débordant de dollars (au sens propre, des amis ont vu quelqu’un avec des billets dépassant de la poche). C’est bien ça le problème: la majorité des péruviens travaillant avec les touristes ne pensent qu’à s’en mettre plein les fouilles. Quelques exemples:

  • Les taxis: il y a un tarif fixe de 2 soles, mais c’est impossible de l’obtenir. En revenant de l’aéroport, le premier taxi nous demande 20 soles (8 CHF), on l’envoie balader et le suivant nous demande 5 soles! (2 CHF).
  • Les restos: ils incluent des fois 10 à 20% de service dans la note (même pour un thé!), sauf qu’ici le service est facultatif, et normalement au resto, y a pas de pourboire. Les américains qui ont cette règle des 10% chez eux, paient sans broncher.
  • Les sites archéologiques: La vallée sacrée 70 soles (30 CHF), Machu Picchu 100 soles (40 CHF), Le train pour Machu Picchu: au moins 80 CHF, l’entrée pour l’Inti Raymi, la fête du soleil: 80 CHF. Il y a des tarifs moins élevés pour les péruviens, mais la majorité d’entre eux ne peut pas s’offrir l’entrée aux sites de son propre pays.
  • L’inca trail: le trek de 4 jours vers Machu Picchu a passé en 4 ans de 100$ à 450$! Pourtant, les porteurs ne gagnent pas un centime de plus. Les agences font environ 300$ de profit net par touriste. C’est booké pour toute l’année et il y a 200 touristes par jour. Je vous laisse faire le calcul…
  • Le billets global pour tous les sites de la région vient de passer de 30 CHF à 45 CHF, haute saison oblige.

Tout ça risque bien de gâcher la fête d’ici quelques années et les backpackers semblent d’ailleurs déjàCusco: Plaza de Armas être en train de déserter Cusco. Heureusement, pour le moment la magie du lieu reste intacte malgré les désagréments. Pour notre part, on s’en tire assez bien en essayant d’éviter les pièges à touristes les plus courants, même si c’est pas toujours possible ;-) , de plus, dès qu’on sort du fameux gringo trail, le Pérou traditionnel pointe son nez immédiatement et on se sent rassuré…

Sorata: Trekking à la Laguna Glaciar

On ne voulait pas quitter la Bolivie sans avoir fait au moins quelques jours de trekking dans la magnifique Cordillera Real (cordilière royale) . Comme on sent encore un peu la fatigue de Pelechuco – Charazani de la semaine passée, on a opté pour 4 jours de mini circuit vers la Laguna Glaciar, un lac glaciaire avec un glacier qui se jette dedans (ça nous rappelera le Perito Moreno…). Ceci dit, la montée à la lagune n’est quand même pas de la tarte: 5038m c’est presque 200 de plus que le Mont-Blanc.

Jour 1: Sorata – Lacathyia

Après avoir rejoint le guide – muletier – cuisinier et debusqué la mule dans son champ, on prend le départ: 1500m de montée à flanc de coteauJour1: La mule de service (avec l'Illampu en fond) en dessus de Sorata. Ici aussi ils ont bien dégusté au niveau des indondations ces dernières années: le chemin décrit dans le guide de trekking de Lonely planet a été emporté par les flots. C’est aussi un avantages des guides locaux: ils connaissent bien le coin.

Arrivés au village, Lino, le guide/muletier nous indique que c’est son village et nous montre sa maison et celle de ses parents. Drôle de vie: pas d’électricité (sauf à l’école ou les cubains ont mis des panneaux solaires), pas d’eau courante et surtout pas de route: mules obligatoires pour monter les courses à la maison. Du coup on a pu voir trois de ses cinq enfants et partager nos restes avec sa famille (il avait prévu le coup et fait beaucoup trop de nourriture ;-) ).

Jour 2: Lacathyia – Laguna Chillata

Aujourd’hui on quitte la route du circuit de l’Illampu pour se diriger vers le petit lac d’altitude Laguna Chillata. La route du guide de trekking de Lonely Planet ayant étéJour2: L'Illampu emportée par la pluie, on est content d’être avec un guide local et on prend un autre chemin. D’ailleurs, toute la journée, le chemin est assez peu visible et passe par moult cols et petites échancrures dans la roche. Au final on arrive tout de même à la Laguna Chillata, d’une couleur vert émeraude assez étonnante pour l’endroit.

On est vite rejoint par les nuages qui montent de la vallée, thermiques oblige et on mange donc dans la brume épaisse…

Jour 3: Laguna Chillata – Laguna Glaciar (et retour)

Aujourd’hui, 800m de dénivelé pour arriver à 5038m, l’altitude de la Laguna Glaciar,Jour 3: la Laguna Glaciar dans laquelle se jette une énorme langue de glace. La montée, c’est pas du gâteau: le chemin est à peine marqué (bonjour sans guide…) et traverse pierriers, roche vive et ruisseaux encore glacés vu la température… En plus, pour garnir le tout, plusieurs fois on a l’impression d’y être, mais non, c’est pas fini!

Arrivés en haut, le panorama vaut largement l’effort: la vue embrasse l’altiplano, le lac Titicaca et les îles de la Lune et du Soleil, jusqu’à la cordilière Apolobamba à la frontière péruvienne… De l’autre côté, la lagune est sertie par l’Illampu à gauche et l’Ancohuma à droite.

Voilà, il n’y a plus qu’à redescendre 2500m jusqu’à Sorata…

Jour 4: Laguna Chillata – Sorata

Le dernier jour, on se lève tôt, pour changer, mais cette fois, c’est parce que le muletier a une réunion de campesinos l’après-midi. La descente est raide, comme d’hab., et la mule nous sème assez rapidement. On sent pas mal nos jambes, vu l’effort conséquent du jour précédent. Arrivés en bas, on retrouve les palmiers et les groupes de paysannes assises sur leurs tonnes de pommes de terres, bref la vie normale…

Pour ceux qui voudraient effectuer ce trek:

L’organisation depuis Sorata est très simple, l’association des guides a un bureau au coin de la place du village (en face de l’hôtel Residencial Sorata) et Lino, le guide qu’on a utilisé était sympathique et compétent. La cuisine était bonne, et toute la nourriture peut s’acheter sans problèmes sur place.

Sorata

La Bolivie est remplie d’endroits surprenants et Sorata en est un de plus.

Pensez donc: c’est une station de montagne, mais il faut descendre près de 1000 mètres depuis la Paz pour y arriver. Nous avons pris un bus rempli, comme d’hab un peu trop ! Pour dire, les gens debout dans le couloir étaient priés de se cacher lors des contrôles policiers.

La route est plus ou moins de bonne qualité… Chaque année, lors de la saison des pluies, une bonne partie de la route s’écroule. Le temps de tout remettre en ordre et la prochaine saison de pluie est à nouveau là, les pauvres!

Sorata est un endroit bien paisible, loin des bruits incessants de la Paz. La classique place centrale du village est garnie de… palmiers, au travers desquels on peut apercevoir l’Illampu (6368m) et l’Ancohuma (6427m) si le temps est découvert. Beaucoup de communautés vivent autour du village et descendent au centre pour y vendre leurs produits ou en acheter d’autres.

Le tour du massif en 7 jours est le trek classique en Bolivie, mais on avait plutôt décidé de faire un autre trek un peu plus court: la montée à la Laguna Glaciar, 5038m d’altitude, en quatre jours, pile entre l’Illampu et l’Ancohuma donc optimal pour le panorama…

Ici tout est bien organisé pour le trekking: les guides et muletiers ont leur association, il suffit de passer les voir et ensuite d’aller faire un peu de shopping avec le guide pour la nourriture (c’est eux qui font la cuisine).

Sinon, Sorata est assez le genre d’endroit où on peut rester deux semaines sans s’en apercevoir. D’ailleurs certains touristes ont l’air de faire partie des meubles et d’autres n’en sont même plus jamais partis, comme la patronne allemande de notre hôtel.