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Puno et les Uros: bienvenue au Pérou

Il est temps pour nous de quitter la Bolivie pour rejoindre le Pérou. Ainsi, notre première destination avant de rejoindre Cusco est Puno. Cette ville se trouve tout comme Copacabana au bord du lac Titicaca (cela veut dire le rocher du puma). Quelques heures de bus nous permettent d’admirer les paysages qui ne sont bien sûr pas très différents que ceux de l’autre côte de la frontière. Par contre, nous remarquons tout de suite que les péruviens se vêtissent moins des habits traditionnels.

Le but principal de notre arrêt dans cette ville est de visiter les Uros. Ce sont une quarantaine d’îles flottantes en roseaux. Leurs nombres peut varier selon l’entente des personnes qui vivent ensemble. Il n’est pas rare que lors de petite querelles, les gens coupent leur île en deux pour changer de voisins. Nous visitons les Uros par l’intermédiaire d’un tour qui nous amène ensuite sur un île en dur: Taquile. Celle-ci est fameuse pour son artisanat. Ce sont les hommes qui tissent et leur travail est reconnu patrimoine culturel par l’Unesco.

Le trekking en quelques mots

  • Altitude : évidemment une des principale difficultés. Je vous le certifie: l’oxygène manque sérieusement. En conséquence, les fréquences respiratoire et cardiaque augmentent passablement et surtout le sentiment de manquer d’air est par moment assez impressionnant. Pour ce qui est du mal de tête: après quelques jours d’acclimitation ça va. Lors des ascensions à pied, notre corps a un peu plus de temps pour s’adapter aux changements. Cela ne veut quand même pas dire que c’est gagné. En effet, pour le troisième col dans la cordillere Apolobamba, j’ai particulièrement souffert. C’était sûrement un tout: soleil, fatigue, chaleur, altitude mais pour y arriver, il a fallut: du temps, de la patience pour le guide et Quentin, plusieurs médicaments, quelques bonbons à base de coca et que je me frotte quelques plantes sur le frond.
  • Baños: nous sommes devenus maitres dans le creusement des petits trous ! Evidemment, au milieu de nulle part, les commodités sont assez limitées. Mais, c’est ce qui fait le charme aussi, non?
  • Repas: les guides cuisinent très bien: toujours une bonne soupe de légumes et un bon repas chaud. Le matin, petit déjeuner comme à l’hôtel. Ils ne lésinent pas sur la quantité.
  • L’Eau: les guides considèrent que l’eau est potable dans la montagne. Nous étions un peu sceptiques car à côté de chaque rivière ou lac vit un troupeau de vaches, de moutons, de lamas. Je ne crois pas que les excréments de bovins soient très recommandables. Nous mettions à chaque fois quelques gouttes de micropur dans l’eau et ils la laissent bien boullir. Par contre, ils lavaient la salade dans la rivière…
  • Castellano: le trekking est une bonne manière de discuter avec les gens du pays et de se rapprocher d’eux. Nous pouvons également améliorer notre espagnol. Les mots principaux entendus sont bien sûr : subir et bajar ! J’avoue que j’étais parfois un peu fatiguée de les entendre. Une autre phrase que j’ai bien compris est Soy acostumbrado! et toi pas! Les guides, les muleros et les mules ont une tolérance à l’altitude, au froid, à l’effort…. incroyable.
  • Guides: un physique du tonnerre, presque écoeurant parfois! Surtout quand le guide t’explique que lui monte quasi en deux fois moins de temps si il est tout seul! Ce sont des personnes très intéressantes, souvent discrètes mais une fois la timidité mise de côté, ils ont vraiment beaucoup à nous apporter. De plus, ils sont plus que très utiles pour nous montrer le chemin car les cartes n’existent pas toujours et il n’y a aucun marquage.
  • Equipement: autant dire que nous avions un peu honte car nous avons du matériel bien plus sofistiqués qu’eux. Les guides étaient assez impressionnés par notre tente. Heureusement qu’ils n’ont pas vu nos sacs de couchage. Leur tente ne tient pas du tout le froid et Lino en plus d’avoir des trous dans sa tente n’avait rien pour se couvrir. Ensuite, il y a les chaussures. Lino marchait en sandales. Il dit ne pas supporter d’avoir les pieds enfermés et ne pas avoir mal. Mais bon lors de nos arrêts il les retirait quand même! Bon à la vitesse où il descend les chemins de pierre moi j’aurai pas que les pieds gonflés.
  • Paysages: juste indescriptibles! C’est vraiment magique de marcher dans ces montagnes, de se retrouver si loin de tout … Parfois, je me demandais quand même ce que je faisais là mais ce sentiment est vite effacé par le spectacle offert.
  • Nausée: un des symptome de la Soroche qui veut dire en général : là tu resdescends! Lorsque nous marchons en altitude, le rythme est bien sûr très lent… En ce qui me concerne, je ne peux pas aller plus vite. Quentin essayeait par moment d’aller un peu plus vite mais ressentait tout de suite un certain mal être avec maux de tête et vomissement. Je n’ai pas essayé; c’est comme si mon corps me l’interdisait!
  • Froid: dès que le soleil se couche, la température descend de manière impressionnante nous obligeant de rejoindre la tente rapidement après avoir pris le souper. Du coup, au lit vers 19h30, la nuit peut être longue, surtout quand il fait froid. Se laver les dents n’est pas du tout une partie de plaisir car je vous laisse imaginer la température de l’eau. Et quand il faut sortir de la tente pour aller faire ses petits besoins (le froid est un excellent stimulateur), un vrai cauchemard, surtout quand tu venais juste enfin de réussir à te réchauffer. Le plus impressionnant ce sont les guides qui n’ont pas si froid. Lors de mes tentative de vaisselle, j’ai cru y laisser mes mains. Les enfants aussi sont bien plus résistants. Un soir, la fille de Lino nous a rejoint pour souper vêtue d’une jupe, un pull et de sandales sans chaussettes. Je grelotais à côte d’elle alors que je portais tout ce que j’ai de plus chaud.
  • Mules: un grand merci … Elles aussi ont une force incroyable et une résistance du tonnerre. Elles marchent plus vite que nous et sont capable de prendre des chemins sur lesquels, j’avais l’impression qu’elles allaient se tordrent les chevilles. Les muletiers en prennent soin et je leur apportais les pelures de nos légumes.
  • Trekking en lui-même: pas toujours facile mais on aime beaucoup et on en redemande. C’est une excellente façon d’apprécier le paysage, de découvrir du pays! Ce sont des moments qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires.

Copacabana

Au bord du lac Titicaca: le passage obligé pour ceux qui font Cusco, la Paz… Du coup, pas mal de touristes. Pour nous,c’est les derniers jours en Bolivie…

Copacabana abrite l’église la plus connue du pays avec la vierge du même nom. Devant celle-ci, de nombreux boliviens viennent faire bénir leurs voitures, taxis, bus et camions.

Sur le cerro d’en face, d’autres viennent voir un prêtre accompagnés de figurines (maison, voiture, famille, liasses de faux dollars…) afin de pouvoir demander, lors d’une petite cérémonie, à la Pachamama de leur offrir leurs rêves… Cela se termine par une offrande arrosée de bière vers les quatres points cardinaux!

3850 m, il fait pas très chaud. L’allée principale regorge de petits bistrots où les disques de Bob Marley tournent en bouclent. Pour compte, passablement de babzouls argentins et brésiliens ont pris possession du lieu. Sur les terrasses, les touristes vêtus de leur polaires et leurs lunettes de soleil profitent du beau temps. On a un peu l’impression de se trouver dans une station de ski en fin de saison, moins la neige bien sûr!

Coucher d'el SolEn face de Copacabana se trouve l’Isla del Sol, lieu de naissance de  l’Inca. Un petit trek de trois jours s’avère assez propice pour la visiter. Nous enfilons donc à nouveau nos chaussures et chargons nos sac sur nos dos, et oui cette fois, c’est nous les mules! L’île n’est pas très grande et l’altitude la plus haute est de 4080 mètres, heureusement!

Le premier jour, nous longeons la côte en traversant quelques petits villages et en croisant quelques locaux, moutons et ânes. Nous arrangeons ensuite la traversée jusqu’à l’Isla del Sol avec le propriétaire d’un bateau d’un village. Une fois arrivés sur un bout de l’île, nous visitons Pilkokaina, la première ruine inca avant de grimper à travers les terrasses, incas également, afin de trouver un endroit pour planter notre tente. Nous nous installons sur une de celle-ci… Il y a personne si ce n’est quelques paysans qui rentrent avec leurs mules chargées.

Le lendemain, nous traversons toute l’île. Nous découvrons alors où se trouvent les autres Isla de la Luna, Illampu (gauche) et Ancohuma (droite)touristes. Les petits villages regorgent d’un nombre impressionnant d’hôtels et de restaurants en tout genre.

La vue depuis l’île est à couper le souffle: un lac immense d’un bleu magnifique qui devient turquoise sur les côtes, les massifs enneigés en fond de tableau avec la Cordillera Real avec l’Illampu et l’Ancohuma et la Cordillera Apolobamba (on y a été!).

Nous nous installons sur une petite plage de pêcheurs pour la deuxième nuit! Quentin les aide à rentrer leurs barques!

Le campingPour notre dernier jour sur l’île, nous terminons la boucle entamée. Nous sommes toujours emmerveillés par le spectacle des couleurs. Le soleil tape très fort; chapeau, lunettes et crème solaire sont obligatoires!!!

Nous finissons par rejoindre le port et la horde des touristes qui viennent seulement pour la journée pour reprendre un bateau direction Copacabana.

Bilan à mi-parcours

D’après les calculs de mon papa, le 11 mai, nous étions à la moitié de notre aventure à travers le continent sud-américain. De quoi faire un petit bilan sur ce fabuleux voyage remplis de découvertes de toutes sortes.

Tout d’abord, on aimerait remercier toutes les personnes qui nous soutiennent de près ou de loin à travers leurs messages ou leurs commentaires. Cela nous fait toujours très plaisir d’avoir des nouvelles de nos amis, de notre famille….

Nous sommes donc partis au mois de janvier avec un projet plus ou moins délimité. Les préparatifs nous ont pris pas mal d’énergie et le but de ce voyage était tout sauf de se limiter avec des dates précises ou des lieux précis. Nous avons le temps et simplement un vol aller et un vol retour avec au programme au moins une grillade à l’arrivée et une au départ à Buenos Aires.

Notre choix s’avère plus que fructueux car nous avons pris le temps de nous arrêter où nous avions envie et tout se passe à merveille. Notre voyage est réellement riche en découverte en tout genre. La première bonne surprise fut ces pingouins…. et ensuite Bariloche avec son petit air de station de ski suisse… sans oublier les argentins si chaleureux si accueillants et toujours le mot pour rire.

Ensuite, une autre belle découverte avec deux mois dans les contrées de la Patagonie: Un vrai régal tous ces paysages simplement magnifiques.

Puis les couleurs des formations géologiques du nord ouest argentin avant celles du salar de Uyuni bolivien resteront également gravées dans nos mémoires.

Ensuite, la Bolivie fut une belle découverte autant pour son environnement que pour sa culture. C’est un pays tellement différent qui n’est pas sans susciter quelques remises en questions chez les gringos que nous sommes. L’occasion également de tester un peu notre résistance à l’altitude et du coup de visiter des endroits plus que reculés.

Nous profitons un maximum de tout ce que ce voyage peut nous apporter. Nous avons maintenant bien pris l’habitude de porter notre maison, de ne pas toujours pouvoir être fraîchement rasé ou épilée. Pour ce qui est de la limite de notre garde robe, cela a pris un peu de temps mais aujourd’hui on s’y est fait. Les petits conforts ont pu être facilement mis de côté vu les richesses reçues en échange durant ce voyage…

En résumé, tout va bien et nous sommes prêts pour encore un peu plus de trois mois de découverte !

La Paz

Une courte pause à Cochabamba et nous voilà reparti sur les routes de l’aventure. Après huit heures de bus sur les chemins tumultueux de l’Altiplano avec un arrêt pipi où franchement j’ai préféré me retenir et une halte pour dîner où mon estomac a dit non, nous arrivons à La Paz. Le temps est plus nuageux et la température bien plus fraîche. C’est le moment de remettre les polaires et les gants.

La Paz s’étale au milieu des montagnes avec en arrière plan des massifs à plus deLa Paz et l'Illimani 6000 mètres. La ville est tout sauf plate et s’y balader demande un certain effort physique. Le bas se trouve à 3300 mètres d’altitude et le quartier bien connu d’El Alto à 4000 mètres. C’est l’endroit le plus pauvre du pays où vit plus d’un million de personnes venues de la campagne. Il semblerait qui s’y produit la majorité de la cocaïne du pays. Nous ne sommes pas allé vérifier car les étrangers ne sont pas les bienvenus.

Dans toute la ville, les constructions sont assez basiques et reposent sur des terrains fragiles. Cela donne un peu l’impression que tout va s’écrouler. De plus les maisons ne sont jamais vraiment terminées. Le décor est cependant magique avec des formations géologiques assez mythiques. Les montagnes enneigés autour de la ville la font briller.

Vendeuses de rueLes ruelles de la ville sont petites et bondées de vendeurs en tout genre. Se déplacer prend toujours beaucoup de temps . Pour traverser une route, c’est toute une affaire. Il y a beau y avoir des feux pour les voitures mais cela n’a pas l’air d’intéresser les paceños. Des gendarmes essayent aussi de réguler la circulation, au carrefour où se trouvent pourtant déjà des feux de signalisation, par moult coups de sifflet. Les chauffeurs ne semblent pas non plus les entendre. Observer un instant la conduite des Boliviens est intéressante, cela ressemble aux autos tamponneuses ! Il faut d’ailleurs motiver les chauffeurs de taxis pour qu’ils t’emmènent au centre ville à l’heure de pointe.

Le centre ville est assez touristique. On y trouve de tout: du gâteau aux pommes aux marchandes de foetus de Lamas séchés (offrandes destinés à la Pachamama, le Dieu de la montagne).

Visiter la Paz est somme toute assez fatiguant. Nous sommes ainsi davantage attirés par l’exploration des montagnes avoisinantes. Ce que nous avons fait après quelques jours d’acclimatation.

Notre petit regard sur la Bolivie

Nous ne prétendons pas pouvoir vous donner des informations très précises sur ce qui se passe ici. Mais nous trouvons qu’il est quand même important d’informer quelques personnes sur deux trois éléments de la Bolivie actuelle.

La Bolivie a été énormément exploitée et le reste encore aujourd’hui. L’industrie du gaz et du pétrole est aux mains des étrangers. Les terres sont mal réparties; certains propriétaires possèdent l’équivalent de la surface du Valais. Les indigènes (53% de la population) sont souvent exploités. On peut même parler d’esclavage dans certains cas extrêmes avec comme salaire un peu de sucre après une journée de travail ! Il reste un important problème d’analphabétisme. La différence entre les pauvres et les riches est scandalisante. Ce qui se passe dans les mines est incroyable. La Bolivie exporte la majorité de ces matières premières. La corruption est généralisée. Par exemple, les policiers gagnent si peu (70.- par mois) qu’ils partiquent leurs propres règlent. Les riches propriétaire payent les “petits ” paysans pour qu’ils se taisent et les partis infligent des amendes à leurs membres quand ils ne participent pas aux manifestations.

Downtown La PazLa politique est un sujet très compliqué ici. Le président actuel : Evo Morales met en place une nouvelle constitution avec comme idées principales: la nationalisation de beaucoup d’entreprises (cf. Hugo Chavez qui est son meilleur ami !), la création d’un système social. Par exemple, il offre 200 bolivianos (30.-) de prime par année aux enfants qui vont a l’école, les écoliers reçoivent un petit déjeuner tous les matins, il propose également un petite rente vieillesse. Evo est le premier président indigène du continent et pour la première fois ceux-ci sont écoutés et soutenus. Morales tient à répartir les terres et les richesses. Evidemment, sa politique est passablement critiquée ici, particulièrement par les plus riches. La province de Santa Cruz a organisé un reférendum – illégal – ayant pour sujet l’autonomie provinciale. La population exprime son ras-le-bol de financer la Paz et les provinces de l’Altiplano. C’est pourtant ces mêmes provinces qui ont, grâce à leurs ressources minières, financé le développement des provinces de l’Est, dont Santa Cruz fait partie. Nous avons aussi entendu plusieurs propos racistes de la part de certaines personnes envers les Campesinos (paysans qui sont quasi tous indigènes).

Il est difficile de prendre position et cela n’est de loin pas notre but. Mais nous remarquons qu’il n’y a pas beaucoup d’objectivité dans les discours et ce que cela soit dans le parti d’Evo, les autres ou même à l’intérieur de l’église catholique, dont les membres les plus importants n’hésitent pas à prendre des positions tranchées.

Nous constatons simplement que la vie en Bolivie n’est de loin pas facile pour tout le monde et que la situation ne va malheureusement pas en s’améliorant.

La Bolivie est aussi le pays des manifestations en tout genre. Nous en avons d’ailleurs passablement rencontrées. C’est le pays des blocages routiers. L’autre jour, des agriculteurs avaient bloqué la route Cochabamba – La Paz a toute circulation car ils réclamaient de plus grand espace au marché de leur village. Une autre fois, des villageois demandaient pour qu’une route soit reconstruite. Le gouvernement a alors répondu que c’était planifié pour l’année prochaine… du coup le blocus a été levé.

La Bolivie est un pays riche dans tous les sens du terme et nous prenons beaucoup de plaisir a la visiter. Nous constatons que la vie est difficile. Ici comme partout les prix augmentent et du coup les gens ne peuvent plus obtenir certaines choses. L’autre jour dans un magasin, une dame a demandé le prix du papier de toilette et vu qu’il avait augmenté de 10 centimes, elle n’a pas pu se l’acheter. Les entrepreneurs doivent se résoudre à arrêter les constructions, certaines personnes ne peuvent plus mettre de l’essence dans leur voiture. Lors de notre trekking, le propriétaire des mules nous a dit qu’il avait toujours plus de difficultés à subvenir aux besoins de sa famille…

Ce voyage est une belle leçon de vie. Nous avons du coup un peu honte de se souvenir de toute les choses dont nous nous plaignons chez nous. Plus de la moitié des Boliviens vivent à plus de 3500 m d’altitude. Il fait vraiment froid la nuit et il n’y a pas de chauffage. Des enfants dorment sur les trottoirs sans couverture.

On ne tombe pas de la lune non plus mais c’est quand même dur de réaliser combien ce pays a été exploité par nos pays riches et le reste malheureusement encore aujourd’hui.

Potosí

4060 mètres d’altitude, au milieu des montagnes de l’Altiplano,Potosí et le cerro rico 100’000 habitants, de jolies maisons coloniales, patrimoine de l’Unesco, la ville la plus importante du monde à l’époque coloniale…. Jusque là sympa et plutôt accueillant.

Une autre réalité reste pourtant à découvrir lorsque tu t’arrêtes dans cette ville quelques jours.

Potosí fut aux XVIe et XVIIe siècles la ville la plus peuplée au monde. Elle est construite à côté du Cerro Rico, montagne qui a été exploitée durant plus de soixante ans pour les Espagnols. Tout l’argent sorti des mines a permis de subventionner la couronne d’Espagne. Des millions d’indiens sont, évidemment, morts pour assouvrir les besoins en argent – au sens littéral comme au figuré – des européens. Aujourd’hui, beaucoup de la richesse occidentale provient de ce fameux Cerro Rico. La montagne a d’ailleurs perdu environ 500 mètres d’altitude au passage.

Bouche de mine, époque colonialeAujourd’hui les mines sont toujours exploitées bien qu’il n’y ait plus beaucoup d’argent. Il y reste cependant bien d’autres minéraux intéressants. Malheureusement, les conditions de travail n’ont pas beaucoup évolué. Le Cerro Rico compte 700 bouches de mines, dans lesquelles s’engouffrent environ 15’000 mineurs.

Nous avons pu visiter un mine avec un guide et en apportant des cadeaux pour les mineurs (cigarettes, feuilles de coca,boissons, de la dynamite et des détonateurs) et évidemment des offrandes pour le Tio (le Dieu de la mine) . Une expérience inimaginable et effrayante….

En effet, tout d’abord, il n’y a aucune sécurité; les tunnels sont très étroits, les plafonds sont etayés par quelques pauvres poutres en bois en train de se rompre, pas de lumière, de la poussière partout, un terrain glissant avec parfois des rails pour pousser les chariots de minerai. Les mineurs descendent à plus de soixante mètres sans échelle. Ils remontent les minéraux avec un treuil manuel car l’électricité coûte trop cher. Ils font les trous pour les bâtons de dynamite à la force de leurs bras. Dans la mine que nous avons visitée, il n’existe aucune machine. Nous avons croisé et entendu quelques mineurs. Tous semblaient vraiment fatigués et présentaient un regard lourd de tristesse. Je ne pensais pas qu’aujourd’hui, des gens pouvaient encore travailler dans de telles conditions que j’ai beaucoup de peine à décrire. En tout cas, c’est bien pire que dans Germinal. Durant notre visite, nous avons rencontré deux enfants de douze ans. C’est assez impensable qu’un enfant doivent se rendre dans une mine et travailler si dur avec des risques sanitaires énormes. En plus, les mineurs ont un salaire de misère: entre 2 et 10 dollars par jour.

Cette visite nous a montré une réalité bolivienne pas facile à regarder en face. Ce pays a beaucoup de richesses primaires, mais il a été énormément exploité et le reste encore malheureusement aujourd’hui, loin du regard des habitants de nos pays développés grâce à ces mêmes richesses.

Salar de Uyuni

Pour rejoindre la Bolivie, il n’y a pas quinze mille solutions et surtout il y a le plus grand salar du monde dans le coin. Nous prenons l’option de nous adresser à une agence pour rejoindre Uyuni en Bolivie afin de traverser les montagnes en 4×4 pour apprécier au mieux les paysages.

Un bus emmène dix-huits touristes de différents nationalités (dont nous) à la frontière bolivienne se trouvant à 4500 mètres. Et oui, nous ne faisons plus trop les malins. Une fois la douane passée, trois jeep nous attendent pour nous emmener en trois jours à Uyuni.

Il n’y pas vraiment de route; du coup cela secoue passablement… Mais cela n’a pas vraiment été le problème principal… Pour notre voyage, nous avons reçu une couteau suisse qui possède un altimètre. Du coup, nous avons été très surpris de constater qu’en peu de temps, nous nous sommes retrouvés à la même altitude de celle du Mont Blanc. Nous avons roulé plusieurs heures en admirant les paysages. Les lagunes ont des couleurs extraordinaires dues aux minéraux à l’altitude. Les flamants roses sont magnifiques… Cela devient difficile à décrire sans être répétitif et lassant. Du coup, nous vous laissons admirer les photos.

Nous avons passer la première nuit dans un refuge à 4300 mètres. Autant dire que nous n’avons pas vraiment dormi et qu’il faisait pas très chaud. Le matin, personne ne faisait trop le malin. Selon les chauffeurs, tant que tu ne vomis pas, il faut pas s’inquiéter. J’étais plus ou moins rassurée surtout que j’avais la nausée. Mais bon, on devait normalement redescendre assez vite. Nous avons repris la route et sommes quand mêmes remontés jusqu’à 4800 mètres. J’ai cru que ma tête allait exploser mais avec l’aide d’un bon cocktail d’antalgique, j’ai survécu.

Nous avons ensuite roulé en traversant différents paysages de l’Altiplano, jusqu’au Salar de Uyuni.

Le Salar de Uyuni: 12’000 km2 de cristaux de sel, parfaitement plat et parfaitement blanc. Assez déroutant quand on est au milieu: c’est difficile de gérer le manque de perspective. On peut rouler 20 minutes à fond, sans avoir l’impression d’avancer, sauf quand on arrive vers le milieu: on a beau se frotter les yeux, il y a bien une île, recouverte de cactus…

Au final, on comprend mieux que Uyuni est dans le top 5 des destinations en Amérique Latine.

San Pedro de Atacama

Dernier petit passage par le Chili avant de passer la frontière pour la Bolivie….

San Pedro de Atacama est un village construit au milieu du désert qui est à nouveau à ne pas rater. Les paysages aux alentours sont magnifiques; des volcans à perte de vue, des formations géologiques assez déroutantes, des geysers, des dunes de sables, des canyons… Nous avions parfois l’impression d’être sur la lune ou au milieu d’un tableau. Les sensations étaient vraiment magiques.

Un matin, départ à quatre heures pour aller voir des geysers qui se situent a 4300 mètres d’altitude. Autant dire qu’il ne faisait pas très chaud et que l’oxygène manquait un tout petit peu (pour monter quelques dizaines de mètres, nous avions l’impression de courir un 100 mètres). Le spectacle était à nouveau époustoufflant avec des geysers en activité soufflant à plus de dix mètres de haut.

Vu la région désertique des alentours de San Pedro de Atacama et le manque de pluie, ilLa lune existe de nombreux observatoires astronomiques dans le nord du Chili. Il y a donc évidemment aussi la possbilité pour les touristes d’appréhender un peu le monde des étoiles. Nous avons ainsi profité d’une belle soirée avec un ancien astronome et ses quelques téléscopes pour découvrir cette science.

Sur la route des Incas

On monte, on monte…. Du coup, nous allons à la découverte de l’histoire des Incas: ancêtres indiens d’une bonne partie de l’Amérique du Sud. Ils ont malheureusement été massacrés par les colons espagnols mais ils ont eu le temps de nous laisser passablement de souvenirs intéressants.

Nous commencons par la visite du musée archéologique de Salta exposant, entre autre, l’histoire d’une expédition, datant de 1999, durant laquelle trois momies Incas ont été retrouvées. Tout au long de la visite nous apprennons de nombreuses choses intéressantes sur la vie des Incas. Cela nous donne un petit apercu sur ce qui nous attend lors nos prochaines visites en Bolivie et au Pérou.

Etant donné que mon espagnol n’est toujours pas au top, j’avance un peu plus vite que Quentin. Ce n’est pas nouveau d’ailleurs ! Je rejoins ainsi la dernière salle et je m’arrête sur un panneau qui parle de cryogénisation. Je me demande un peu ce que cela fait là. Je continue et comprend assez vite. Quelques pas suivant, et surtout en ayant contourné un panneau d’avertissement en espagnol, je me retrouve nez à nez face la momie. Je fus assez surprise, car l’état de conservation est intact … cryogénisation… du coup je comprends mieux…. Incroyable, j’avais l’impression qu’elle dormait dans la vitrine.

Cette momie est une enfant qui a été sacrifiée et enterrée à 6700 mètres d’altitude sur le volcan Llullaillaco. Le manque d’oxygène et la température très basse ont permis de la conserver intacte pendant près de 500 ans.

Pour une première approche du monde Inca, on commence assez fort… Nous verrons pour la suite mais je crois qu’ils n’ont pas fini de nous impressionner…

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