Nous ne prétendons pas pouvoir vous donner des informations très précises sur ce qui se passe ici. Mais nous trouvons qu’il est quand même important d’informer quelques personnes sur deux trois éléments de la Bolivie actuelle.
La Bolivie a été énormément exploitée et le reste encore aujourd’hui. L’industrie du gaz et du pétrole est aux mains des étrangers. Les terres sont mal réparties; certains propriétaires possèdent l’équivalent de la surface du Valais. Les indigènes (53% de la population) sont souvent exploités. On peut même parler d’esclavage dans certains cas extrêmes avec comme salaire un peu de sucre après une journée de travail ! Il reste un important problème d’analphabétisme. La différence entre les pauvres et les riches est scandalisante. Ce qui se passe dans les mines est incroyable. La Bolivie exporte la majorité de ces matières premières. La corruption est généralisée. Par exemple, les policiers gagnent si peu (70.- par mois) qu’ils partiquent leurs propres règlent. Les riches propriétaire payent les “petits ” paysans pour qu’ils se taisent et les partis infligent des amendes à leurs membres quand ils ne participent pas aux manifestations.
La politique est un sujet très compliqué ici. Le président actuel : Evo Morales met en place une nouvelle constitution avec comme idées principales: la nationalisation de beaucoup d’entreprises (cf. Hugo Chavez qui est son meilleur ami !), la création d’un système social. Par exemple, il offre 200 bolivianos (30.-) de prime par année aux enfants qui vont a l’école, les écoliers reçoivent un petit déjeuner tous les matins, il propose également un petite rente vieillesse. Evo est le premier président indigène du continent et pour la première fois ceux-ci sont écoutés et soutenus. Morales tient à répartir les terres et les richesses. Evidemment, sa politique est passablement critiquée ici, particulièrement par les plus riches. La province de Santa Cruz a organisé un reférendum – illégal – ayant pour sujet l’autonomie provinciale. La population exprime son ras-le-bol de financer la Paz et les provinces de l’Altiplano. C’est pourtant ces mêmes provinces qui ont, grâce à leurs ressources minières, financé le développement des provinces de l’Est, dont Santa Cruz fait partie. Nous avons aussi entendu plusieurs propos racistes de la part de certaines personnes envers les Campesinos (paysans qui sont quasi tous indigènes).
Il est difficile de prendre position et cela n’est de loin pas notre but. Mais nous remarquons qu’il n’y a pas beaucoup d’objectivité dans les discours et ce que cela soit dans le parti d’Evo, les autres ou même à l’intérieur de l’église catholique, dont les membres les plus importants n’hésitent pas à prendre des positions tranchées.
Nous constatons simplement que la vie en Bolivie n’est de loin pas facile pour tout le monde et que la situation ne va malheureusement pas en s’améliorant.
La Bolivie est aussi le pays des manifestations en tout genre. Nous en avons d’ailleurs passablement rencontrées. C’est le pays des blocages routiers. L’autre jour, des agriculteurs avaient bloqué la route Cochabamba – La Paz a toute circulation car ils réclamaient de plus grand espace au marché de leur village. Une autre fois, des villageois demandaient pour qu’une route soit reconstruite. Le gouvernement a alors répondu que c’était planifié pour l’année prochaine… du coup le blocus a été levé.
La Bolivie est un pays riche dans tous les sens du terme et nous prenons beaucoup de plaisir a la visiter. Nous constatons que la vie est difficile. Ici comme partout les prix augmentent et du coup les gens ne peuvent plus obtenir certaines choses. L’autre jour dans un magasin, une dame a demandé le prix du papier de toilette et vu qu’il avait augmenté de 10 centimes, elle n’a pas pu se l’acheter. Les entrepreneurs doivent se résoudre à arrêter les constructions, certaines personnes ne peuvent plus mettre de l’essence dans leur voiture. Lors de notre trekking, le propriétaire des mules nous a dit qu’il avait toujours plus de difficultés à subvenir aux besoins de sa famille…
Ce voyage est une belle leçon de vie. Nous avons du coup un peu honte de se souvenir de toute les choses dont nous nous plaignons chez nous. Plus de la moitié des Boliviens vivent à plus de 3500 m d’altitude. Il fait vraiment froid la nuit et il n’y a pas de chauffage. Des enfants dorment sur les trottoirs sans couverture.
On ne tombe pas de la lune non plus mais c’est quand même dur de réaliser combien ce pays a été exploité par nos pays riches et le reste malheureusement encore aujourd’hui.
“On ne voyage pas pour se garnir d’exotisme et d’anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore….” …. ” Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait, c’est le voyage qui vous fait… ou vous défait.” (N.B)
Des remises en question, des émotions humaines…. Des expériences qui vous construisent chaque jour! Nos réalités sont propres à chacun, différentes pour tous, et c’est effroyable… parce que si les peuples ont des frontières, la bêtise humaine n’en a pas.