Potosí

4060 mètres d’altitude, au milieu des montagnes de l’Altiplano,Potosí et le cerro rico 100’000 habitants, de jolies maisons coloniales, patrimoine de l’Unesco, la ville la plus importante du monde à l’époque coloniale…. Jusque là sympa et plutôt accueillant.

Une autre réalité reste pourtant à découvrir lorsque tu t’arrêtes dans cette ville quelques jours.

Potosí fut aux XVIe et XVIIe siècles la ville la plus peuplée au monde. Elle est construite à côté du Cerro Rico, montagne qui a été exploitée durant plus de soixante ans pour les Espagnols. Tout l’argent sorti des mines a permis de subventionner la couronne d’Espagne. Des millions d’indiens sont, évidemment, morts pour assouvrir les besoins en argent – au sens littéral comme au figuré – des européens. Aujourd’hui, beaucoup de la richesse occidentale provient de ce fameux Cerro Rico. La montagne a d’ailleurs perdu environ 500 mètres d’altitude au passage.

Bouche de mine, époque colonialeAujourd’hui les mines sont toujours exploitées bien qu’il n’y ait plus beaucoup d’argent. Il y reste cependant bien d’autres minéraux intéressants. Malheureusement, les conditions de travail n’ont pas beaucoup évolué. Le Cerro Rico compte 700 bouches de mines, dans lesquelles s’engouffrent environ 15’000 mineurs.

Nous avons pu visiter un mine avec un guide et en apportant des cadeaux pour les mineurs (cigarettes, feuilles de coca,boissons, de la dynamite et des détonateurs) et évidemment des offrandes pour le Tio (le Dieu de la mine) . Une expérience inimaginable et effrayante….

En effet, tout d’abord, il n’y a aucune sécurité; les tunnels sont très étroits, les plafonds sont etayés par quelques pauvres poutres en bois en train de se rompre, pas de lumière, de la poussière partout, un terrain glissant avec parfois des rails pour pousser les chariots de minerai. Les mineurs descendent à plus de soixante mètres sans échelle. Ils remontent les minéraux avec un treuil manuel car l’électricité coûte trop cher. Ils font les trous pour les bâtons de dynamite à la force de leurs bras. Dans la mine que nous avons visitée, il n’existe aucune machine. Nous avons croisé et entendu quelques mineurs. Tous semblaient vraiment fatigués et présentaient un regard lourd de tristesse. Je ne pensais pas qu’aujourd’hui, des gens pouvaient encore travailler dans de telles conditions que j’ai beaucoup de peine à décrire. En tout cas, c’est bien pire que dans Germinal. Durant notre visite, nous avons rencontré deux enfants de douze ans. C’est assez impensable qu’un enfant doivent se rendre dans une mine et travailler si dur avec des risques sanitaires énormes. En plus, les mineurs ont un salaire de misère: entre 2 et 10 dollars par jour.

Cette visite nous a montré une réalité bolivienne pas facile à regarder en face. Ce pays a beaucoup de richesses primaires, mais il a été énormément exploité et le reste encore malheureusement aujourd’hui, loin du regard des habitants de nos pays développés grâce à ces mêmes richesses.

1 Response to “Potosí”


  1. 1 Cathy

    Salut les aventuriers, vos récits et photos sont vachement plus sympa que ceux de Pékin express. Mais c’est drôle d’avoir du cet endroit à la TV et ensuite vous nous le fait découvrir… bises

    Cathy

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