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Cartagène et les pirates

Chargées d’histoire, c’est le moins qu’on puisse dire des imposantes murailles de Cartagène. Entre les Les rempartsnombreux pirates, qui ont été à l’origine de leur construction et les innombrables histoires et anecdotes sur l’âge d’or de la ville, il est difficile de savoir par où commencer…

Les fantastiques murailles sont la réaction à l’attaque (la seconde) du pirate Francis Drake, responsable du premier saccage de la ville. Ensuite vient le baron de Pointis, à la solde des Français, qui possédait déjà à l’époque un certain sens de la mise en scène:  Il s’est fait jouer un Te Deum pour son entrée triomphale dans la cathédrale et son butin a servi au roi de France pour terminer le château de Versailles. Edward Vernon, le troisième de ces pirates, présumant de ses forces (même si sa flotte n’a été dépassée en nombre que par le débarquement de Normandie) a fait informer le roi de sa victoire avant de lancer l’attaque, qui en définitive fut un échec retentissant.Vendeuse de rue

Les rues de Cartagène ont aussi servi de cadre à une partie de l’oeuvre de Garcia Márquez, ainsi qu’à la vie mouvementée de l’écrivain, qui était un client des maisons closes de la ville. C’est vrai que chaque fois qu’on rentrait à notre hôtel, juste derrière l’église de la santisima trinidad, on avait un peu l’impression d’être dans Détail un roman de Gabo: les grand-mères sur leur rocking-chair devant leur porte, le coiffeur qui travaille sur le trottoir ou encore l’alcolo du quartier, effondré sur la devanture de l’église… C’est pas l’amour aux temps du choléra, mais presque.

A l’instar de tous les colombiens, les gens de Cartagène sont fiers de leur ville. Ils peuvent l’être car le centre ville très bien restauré est peut-être le plus bel exemple d’architecture coloniale au monde. Et de plus, chaque balcon, chaque fenêtre sont décorés de fleurs multicolores et autres plantes vertes exubérantes. Même le quartier de Getsemaní, dont la restauration est loin d’être complète, possède un charme indéniable qu’il doit peut-être aussi à ses maisons à moitié en ruine.