America perdida

Celui-là, c’est le plus difficile à écrire je peux déjà vous le confirmer… Et le fait d’attendre n’aide pas vraiment non plus. En fait, je crois que si je devais résumer en quelques mots ces huit mois d’aventures, de rencontres et d’expériences incroyables, je dirais, en pensant à toutes les personnes chez qui on a vu une étincelle dans les yeux en parlant de notre projet: Allez-y, faites-le, partez, voyagez!

Je vais pas sortir Bouvier et consorts de leur repos éternel pour mieux appuyer mon argument, mais je peux juste vous dire que ça vous enrichira beaucoup plus que tous les bonus des banquiers réunis (en plus vous ne devrez rien rendre)… En plus, vous faites partie des quelques pour-cent de la population de notre planète qui peuvent le faire, alors n’oubliez pas que beaucoup des gens qui voyagent aujourd’hui, le font uniquement pour fuir une guerre ou la famine.

Il y en a qui ont le coeur si vaste qu’ils sont toujours en voyage

Jacques Brel

Cette chance, on a un peu tendance à l’oublier, sur notre petite île privilégiée. On pense que tout va mal  en écoutant nos collègues se plaindre sans discontinuer ou bien parce qu’on le lit dans le journal. Ce même journal qui ne parle jamais de l’Amérique Latine, l’Asie ou l’Afrique, ni des choses qui vont vraiment mal…

Voyager, c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre, autant sur soi-même, les pays qu’on visite que les gens qu’on y rencontre. Tout ça sans devoir payer un professeur de yoga pour nous mettre dans des positions improbables.

Le paradoxe, c’est que mille voyageurs sur le même itinéraire feront mille voyages différents, faits de rencontres ou de solitude, d’aventures ou de contemplation. Et ce n’est pas feu Bouvier qui dira le contraire: on ne savait pas du tout ce qu’on venait chercher avant de partir, mais ce qui est certain, c’est que si on l’avait su, ce ne serait certainement pas ce qu’on aurait ramené…

Le vrai voyageur n’a pas de plan établi et n’a pas l’intention d’arriver

Lao Tseu

Alors, America Perdida comme le disait la Mano Negra en 92 déjà? Et bien non, en tout cas pas pour nous. En fait on peut dire qu’on a vraiment réussi notre rencontre avec ce continent fabuleux, si souvent idéalisé et caricaturé. Tellement réussie qu’on irait presque s’installer là-bas, ha! 

Je ne connais qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval: c’est d’aller à pied.

Jean-Jacques Rousseau

Je crois qu’encore plus que les paysages fabuleux qui ont servi de décor à notre périple, c’est la rencontre avec les cultures de ce continent aux multiples facettes qui nous a touché. Et la culture, c’est pas juste quelques tas de pierres, aussi beaux et célèbres soient-ils. C’est surtout les gens: On n’oubliera jamais les rires de Doña Vita ou le regard fier de Don René, nos hôtes Cochabambinos, la timidité et la gentillesse de Maximo, notre guide péruvien, ou encore de l’accueil légendaire d’Andrés, Alberto, Didi et Titi, nos amis argentins et l’exceptionnelle sympathie des colombiens. Mais surtout: l’intelligence, la fierté et la sensibilité de tous les latino-américains que nous avons rencontrés pendant notre périple.

Et ils ont raison d’être fiers, même si ce continent reste aussi un laboratoire, avec tous ses problèmes de violence, d’injustices sociales et de trafics à grande échelle. Un laboratoire avec très peu de moyens, mais qui fait quand même beaucoup. Pour preuve, la Bolivie, un des pays les plus pauvres du continent a été la première à élire un président indigène dont le programme politique était “Bolivia Cambia” – la Bolivie change. Si ça ne vous rappelle pas un certain Barack tout ça…  

Voilà. Même si on a vu, fait, écouté, parcouru, navigué, transpiré et déjà écrit beaucoup, c’est très difficile de mettre un point final à cette histoire. Surtout qu’on a tous les deux laissé une petite partie de notre coeur là-bas, et qu’un jour ou l’autre, il faudra aller l’y rechercher.

De retour en Argentine

Avant de quitter le continent, nous ne pouvons pas manquer un passage chez Andrés et sa famille. Nous passons notre dernier week-end en très bonne compagnie. Andrés, Alberto, Didi et Titi nous accueillent comme d’habitude les bras grands ouverts. On se sent comme à la maison.

La température est plus basse que la dernière fois, les arbres bourgeonnent et les pâturages sont secs. C’est la fin de l’hiver et les argentins attendent impatiemment l’été. Pour moi, c’est un temps idéal et nous en profitons pour nous balader un peu en compagnie de Mafalda et Justine, les chiens d’Alberto et Andrés que j’ai aussi beaucoup de plaisir à revoir.

On déguste nos dernières grillades argentines dans le jardin accompagnées de bonnes bouteilles de vin. Il m’est très agréable de pouvoir cette fois suivre les discussions. Je crois que Quentin apprécie aussi de ne plus m’entendre dire a tout moment: Mais qu’est-ce qu’ils disent?

On discute de notre voyage, des différences entre chaque pays que nous avons visité. On parle un peu de la situation politique et économique de l’Argentine. L’inflation continue toujours. Les prix des aliments peuvent augmenter en une journée. L’état de la province de Cordoba n’a plus d’argent et recommence à payer les gens avec des bons de reconnaissances de dette, comme à la grande époque de la crise de 2001. Les argentins sont un peu inquiets mais je trouve qu’ils se plaignent peu par rapport à la situation. Durant ce voyage, j’ai constaté que ces pays avaient l’habitude des instabilités économiques et politiques et qu’ils faisaient avec.

Les journées passent vite: Mardi soir, on prend notre dernier bus de nuit pour Buenos Aires.

3 derniers jours à Buenos Aires avec quelques musées, expositions, 2 ou 3 ballades dans ses quartiers et un peu de shopping. 3 soirs, 3 parrillas, merci au serveur qui nous a conseillé la demi portion nous évitant de nous retrouver face à une entrecôte de 900gr chacun! 600 gr, c’est déjà  pas mal.

Vendredi soir: ouïe! On ne sait que dire. On se regarde un peu comme des cons! C’est fini, et oui…  On a pas envie que cela s’arrête, en fait! On se remercie, on mange notre dernier filet de boeuf et on retourne à l’hôtel avec un sentiment très étrange!

Bogotá

La capitale, dans chaque pays c’est un passage obligé. En principe on y trouve les meilleurs musées, les meilleurs restos, la meilleure pollution et les meilleurs voleurs…

En principe aussi, les gens sont sympas et nous avertissent à l’avance, mais ici, le seul conseil des colombiens c’était: prenez un pull, il fait frio à Bogotá. Pas de problème, on a toujours nos polaires. Pour nous préparer, le  chauffeur du bus met la clim. sur 16° et on arrive au terminal terrestre après une de nuit de plus en hôtel-congélateur à roulettes.

Bogotá est une des plus grandes villes du continent, près de 8 millions d’habitants avec la banlieue. La vieille ville coloniale est très bien préservée et un système de bus modernes, le transmilenio, permet El telefericode se déplacer rapidement en ville. Malheureusement pour nous, le musée de l’or, un des meilleurs du continent est en réfection actuellement. Pas grave, il y a beaucoup de choses à faire ici: culture, ciné et shopping sont au programme. Et aussi, en bon Suisses, une montée en téléférique sur le cerro de Monserrat, d’où la vue sur la ville est impressionnante.

Encore une visite d’une excellente expo sur les disparus des dictatures latino-américaines et on est déjà obligés de mettre les voiles. C’est toujours difficile de le prévoir à l’avance (et notre planning commence à être serré), mais Bogotá mériterait au moins quatre ou cinq jours de visite.

Le paradis perdu des Tayrona

Une des destination incontournable en Colombie, c’est le Parque Tayrona. On a d’ailleurs l’impression que certains gringos sur la route des Caraïbes ne s’arrêtent qu’ici et peut-être à Cartagène… C’est le plus grand parc du pays de ce côté du canal de Panamá et il devrait servir d’exemple de préservation du littoral pour certains autres pays qui bétonnent sans hésiter (Tulum et la riviera maya mexicaine par exemple).

Taganga, la porte d’accès au parc, c’est l’archétype du petit port de pêcheurs tranquille, juste Coucher de soleildécouvert par quelques gringos fumeurs de pétards. Le retour de la pêche, la messe et l’alcoolisme collectif du dimanche après-midi continuent de rythmer la vie des Tagangueros. Pour le reste, babas vendeurs de bracelets et musiciens de rue se disputent l’attention (et les pièpièces) des quelques touristes présents.

On se trouve un petit hôtel sympa et on se prépare pour 1h30 de lancha, direction El Parque Tayrona. Une des autres particularités du parc, c’est qu’il est voisin de celui de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Nevada? Et oui, il y a de la neige en Colombie, qui plus est à 50 kilomètres des Caraïbes. La Sierra Nevada de Santa Marta passe de 0 à 5000 mètres sur une distance de 50 km. Si je calcule bien, en mode cyclisme, ça fait 10% de pente moyenne: dommage qu’il n’y ait pas de route…

Malheureusement, à part le très populaire trek vers la ciudad perdida, peu de sentiers de randonnée: la zone est peuplée d’indigènes qui n’aiment pas trop être dérangés.

PlayaAu programme: bateau – playa – bateau. Le plus simple pour arriver au parc, c’est la mer. 1h30 de barque en longeant la superbe et très sauvage côte du parc. La beauté des plages va crescendo au fur et à mesure qu’on s’approche, et l’arrivée dans une crique robinsonienne nous fait cligner de l’oeil: On comprend pourquoi le mec du bateau disait: “vous allez seulement pour un jour? pas plus?”

Petites plages, palmiers, mer bleu caraïbes et juste assez de touristes pour organiser une partie de foot… Le seul danger ici, c’est de se prendre une noix de coco sur le coin de la figure. Les indiens Tayrona, habitants de l’endroit, ont vraiment du goût pour la décoration. ;-)

La perle des Caraïbes

“Le pire qui puisse t’arriver en visitant la Colombie c’est de ne plus vouloir repartir!”

C’est le slogan de l’office du tourisme du pays. Nous l’approuvons tout à fait. Le pays est magnifique, les colombiens ont un sens de l’accueil incroyable. Ils sont très chaleureux et ce dans tous les sens du terme! On a pas envie de partir…

Beaucoup de colombiens nous demandent ce que nous faisons là car ils savent très bien la réputation dont le pays jouit à l’extérieur. Ils sont très contents de voir les touristes arriver et les La colombe détruite de Boterochoses changer. Bien sûr que la situation reste difficile dans certaines région du pays où les FARC et les paramilitaires sévissent encore. Un attentat devant le palais de justice de Cali, il y a quelques jours, rappelle que les problèmes ne sont complètement réglés. Il y a d’ailleurs toujours des enlèvements et des disparitions. Trois mille otages sont toujours prisonniers dans les forêts colombiennes. A ce propos, les colombiens trouvent que depuis la libération d’Ingrid, la communauté internationale (Sarko en tête) ne se préoccupe plus vraiment du sort des autres otages.

La Milagrosa, film colombien à l’affiche actuellement, relate de manière réaliste le traitement des otages et ce n’est pas beau à voir. En 2003, cinq personnes disparaissaient par jour. Il y a peu de temps, il était très dangereux de prendre sa voiture pour rejoindre une autre ville. Le tourisme était très dangereux pour tout le monde. A Medellín, par exemple, il y avait des indicateurs dans les hôtels pour dénoncer les étrangers en vue de les enlever. Ceux-ci devaient se faire escorter par la police pour tout déplacement.

La situation s’améliore heureusement. Le nouveau président a beaucoup misé sur la sécurité. Avec un poste de police ou d’armée tout les 20 km sur la route et un policier tout les 200 mètres dans les villes. Des chiens recherchent des explosifs dans chaque voiture lorsqu’elles rentrent dans un parking. Devant les édifices importants ou certains grands centres commerciaux, il y a souvent des détecteurs de métaux et des policiers qui ouvrent ton sac. Tout cela se passe dans un calme incroyable et quand le policier t’aborde en te disant: Mi amor, por favor… tu ne peux que collaborer! Toutes ces démarches sécuritaires peuvent paraître contraignantes mais selon les colombiens elles sont nécessaires et ils les acceptent bien. Pour notre part, cela faisait un moment que nous ne nous étions pas sentis aussi en sécurité.

Nous sommes aussi frappé de la qualité des campagnes de lutte anti-drogue. C’est vrai qu’ici, la consommation de cocaïne représente le principal soutien aux FARC et aux paramilitaires. Le problème est évidemment bien plus complexe mais la lutte anti-drogue dans ce pays est importante et financée largement par les Etats-Unis.

Tout le plan politique de Uribe a diminué le nombre d’enlèvement et a permis aux colombiens de vivre plus paisiblement. Je sais qu’il n’y a pas que du bon dans ce que fait le Président, mais comme la soulignait un caféiculteur, rien n’est jamais bon à 100%. Pour nous les étrangers, nous pouvons terminer cette fabuleuse aventure en beauté dans un pays magnifique.

Nous arrivons à Cartagène, la plus belle ville que nous ayons visitée jusqu’à aujourd’hui. La ville coloniale entourée de rempart au bord de la côte des Caraïbes ajoute à toutes ces petites maisons de couleurs vives un charme extraordinaire. Nous avons admiré cette ville durant quatre belles journées chaudes et ensoleillées. Cartagène est très représentative de la Colombie: chaleur, couleur, fiestas à tous les coins de rue!

Au programme, ballades sur les remparts le matin puis dans les ruelles de la ville dès que le soleil tape trop fort. La journée se termine avec un apéro dans le brise du large. Nous finissons nos soirées en écoutant des concerts de Salsa dans des bars très sympathiques. Nous sirotons quelques verres de rhum ou d’aguardiente en enviant les couples qui dansent admirablement bien. Elle est pas belle la vie?

Cartagène et les pirates

Chargées d’histoire, c’est le moins qu’on puisse dire des imposantes murailles de Cartagène. Entre les Les rempartsnombreux pirates, qui ont été à l’origine de leur construction et les innombrables histoires et anecdotes sur l’âge d’or de la ville, il est difficile de savoir par où commencer…

Les fantastiques murailles sont la réaction à l’attaque (la seconde) du pirate Francis Drake, responsable du premier saccage de la ville. Ensuite vient le baron de Pointis, à la solde des Français, qui possédait déjà à l’époque un certain sens de la mise en scène:  Il s’est fait jouer un Te Deum pour son entrée triomphale dans la cathédrale et son butin a servi au roi de France pour terminer le château de Versailles. Edward Vernon, le troisième de ces pirates, présumant de ses forces (même si sa flotte n’a été dépassée en nombre que par le débarquement de Normandie) a fait informer le roi de sa victoire avant de lancer l’attaque, qui en définitive fut un échec retentissant.Vendeuse de rue

Les rues de Cartagène ont aussi servi de cadre à une partie de l’oeuvre de Garcia Márquez, ainsi qu’à la vie mouvementée de l’écrivain, qui était un client des maisons closes de la ville. C’est vrai que chaque fois qu’on rentrait à notre hôtel, juste derrière l’église de la santisima trinidad, on avait un peu l’impression d’être dans Détail un roman de Gabo: les grand-mères sur leur rocking-chair devant leur porte, le coiffeur qui travaille sur le trottoir ou encore l’alcolo du quartier, effondré sur la devanture de l’église… C’est pas l’amour aux temps du choléra, mais presque.

A l’instar de tous les colombiens, les gens de Cartagène sont fiers de leur ville. Ils peuvent l’être car le centre ville très bien restauré est peut-être le plus bel exemple d’architecture coloniale au monde. Et de plus, chaque balcon, chaque fenêtre sont décorés de fleurs multicolores et autres plantes vertes exubérantes. Même le quartier de Getsemaní, dont la restauration est loin d’être complète, possède un charme indéniable qu’il doit peut-être aussi à ses maisons à moitié en ruine.

Bientôt de retour

Ombres chinoises

Un peu plus d’une semaine et nous serons de retour! Notre voyage se terminera le 14 septembre au moment où l’avion atterrira sur la piste de l’aéroport de Genève. Oups!

Nous avons passé plus de huit mois absolument merveilleux, magnifiques, incroyables, spectaculaires et enrichissants… Il n’y a pas suffisamment de mots pour résumer ce que nous avons vécu. Ce voyage si il était à refaire je n’en changerai absolument rien.

Cette expédition latino-américaine a été une belle aventure. Nous avons profité au maximum de chaque instant. Nous oublierons jamais toutes les rencontres que nous avons faites. Je remercie toutes ces personnes qui ont croisés notre route.

La nature nous a à chaque fois surpris par sa beauté et par sa grandeur. Les variétés naturelles de ce continent sont incroyables et resteront à jamais gravées dans nos mémoires.

Nous sommes très reconnaissant d’avoir pu faire un tel voyage sans embrouille. Et je remercie mon Quentin sans qui ce voyage ne se serait pas dérouler ainsi (ne se serait pas déroulé du tout d’ailleurs). Merci de m’avoir conduit sur ces chemins, guidée et accompagnée durant 8 mois.

Nous avons pris beaucoup de plaisir à publier notre blog. Nous sommes très reconnaissants envers toutes les personnes qui y ont participé en écrivant un commentaire. Merci aussi à toutes les personnes qui ont pensé à nous.

A TOUT BIENTOT, on se réjouit de vous revoir

Pour un bilan de ce voyage, il faudra attendre que nous décantions tout ça…

Medellín

Dowtown MedellinQuelques heures de loco loco bus et nous voilà à Medellín, ville connue mondialement pour… Pablo Escobar et son cartel de la drogue. Pas très touristique tout ça, mais d’ici cela semble vraiment de l’histoire très ancienne. D’ailleurs, le fameux cartel sera bientôt le sujet d’un film, c’est dire. C’est toujours un peu la 4ème dimension ici, entre ce qu’on entend à l’extérieur et le pays accueillant, ultra-propre et moderne qu’on visite, on a encore un peu de peine à faire le lien.

Medellín, 2 millions d’habitants, possède son métro (plus clean que celui de Paris), un impressionant nombre de parcs et même un – tout neuf – musée de la science avec labo de robotique pour les kids (note pour les politiques suisses: peut-être que c’est ce qu’il faut pour intéresser les jeunes à l’informatique). La ville est aussi et surtout connue pour son artiste le plus célèbre: Fernando Botero. Le peintre et sculpteur a parsemé les parcs de la ville de ses nombreuses oeuvres, et a fait donation de 120 peintures au musée de la province.

Un peu de muséage au programme donc, mais aussi – Colombie oblige – une petite sortie en boîte. Après un petit sondage des locaux, un nom revient souvent: le Mango’s. C’est une grosse boîte à la sortie de la ville, à la déco pur far west (pancartes “Free beer tomorrow” et “Hippies use backdoor” incluses), avec danseuses sur les bars, chippendales et nains inclus dans le prix d’entrée… J’avais pas mon Metrocableappareil de photos, mais heureusement il y a youtube pour ceux qui me croient pas.

Encore une petite grimpette avec le metrocable, le télécabine inclus dans le réseau du métro (ça aurait peut-être coûté moins cher que le M2 des lausannois), pour admirer la ville d’un peu plus haut et on se prépare à un long trajet en bus vers Cartagena, la plus belle ville du continent.

Manizales

Quand on pense à la Colombie, on sent une petite odeur de café.

BeansCe pays en est le troisième producteur mondial, mais le premier en terme de qualité. Des millions de caféiers poussent autour de Manizales et Pereira. De magnifiques maisons colorées nommées Fincas s’ajoutent aux charmes de ses étendues vertes. Il est impossible de donner un nombre d’hectares de plantations mais à l’oeil, c’est immense. Les récoltes ont lieu deux fois par année et se font à la main. La main d’oeuvre par exploitation varie entre huit-cent et mille personnes. La récolte d’une plante apporte 1kg de café (une plante au mètre carré). Les grains sont ensuite lavés, séchés puis emportés dans de petites usines qui vont les trier. Le tri s’effectue selon la taille et le poids. Chaque sac de 70 kg est ensuite dégusté. Le café colombien tient à sa réputation de meilleur café du monde. Avant d’etre chargé sur les bateaux pour l’exportation, les sacs sont à nouveaux testés. La meilleur sélection part pour l’Europe et le Japon, le deuxième choix pour les Etats-Unis et les restes pour les Colombiens!

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter deux Fincas et ainsi pouvoir apprécier de plus près la El gringo (ou la gringa)culture du café. Une dégustation de café s’impose: j’ai fait l’effort mais je n’ai pas croché bien que cela soit le meilleur café du monde. La région est candidate pour être patrimoine culturel de l’UNESCO. Il y a de quoi car non seulement la région est magnifique et de plus son exploitation a beaucoup de charme.

Manizales se trouve a 2000 mètres d’altitude proche d’un des plus haut volcan de la Colombie: Nevado del Ruiz, 5321 mètres. Cette fois, pas de trekking prévu dans la région mais nous profitons d’une journée pour tenter d’aller voir cette montagne de plus prêt et surtout découvrir la réserve du même nom.

On prend l’option de partir avec un groupe de colombiens et un guide. Résultat: on a quasi rien vu si ce n’est la neige en Colombie et ce dès 4000 mètres. Evénement très rare selon les locaux! Depuis deux mois, nous entendons souvent: El tiempo esta loco ! Les changements climatiques sont très importants dans ces régions. Nous ne comptons plus le nombre de glissements de terrains que nous avons rencontrés ou les routes détruites!

Faut mettre les chainesLe bus n’étant pas équipé pour la neige prend l’option (enfin, c’est plus vraiment une option), et je l’en remercie, de ne pas monter plus haut. Nous nous arrêtons à mi-parcours pour faire une bataille de boules de neige. Les colombiens sont enchantés et nous, on s’amuse bien comme tout le monde. L’après-midi se termine dans des bains thermaux.

Club Colombia!

Vu de l’extérieur, la Colombie, c’est un pays en guerre, où la guerrilla est partout, les villes sont des repaires de narcotraficants et il est suicidaire d’y faire du tourisme. C’était un peu le point de vue qu’on en avait avant de partir.

Club colombiaHeureusement, pendant le voyage on a croisé pas mal de gens qui traversent le continent dans l’autre sens et qui étaient unanimement convaincus par la Colombie et ses habitants. On a bien fait de les écouter et de changer nos plans… Et même Micheline, qui est passé par la Colombie la semaine passée, semble d’accord (elle vient d’adoucir les recommandations du DFAE sur le pays).

Ce serait quand même dommage de rater:

  • Le 2ème pays du continent pour la biodiversité (1er du monde pour les races d’oiseaux, n’en déplaise aux péruviens)
  • Un pays dans les dix meilleurs mondiaux pour la performance écologique (devant la France…)
  • Le seul pays d’Amérique Latine ayant l’accès aux côtes Pacifique et caraïbes
  • Cartagena de Indias, la plus belle ville du continent
  • Un des meilleurs cafés du monde
  • Les plus calientes clubs de salsa de la planète
  • Les 11% de la surface du pays transformée en parcs nationaux

Après quelques jours à débusquer les baleines sur la côte des Emeraudes équatorienne, un petit vol Esmeraldas-Cali et nous y voilà. C’est toujours sympathique de débarquer dans un nouveau pays et de faire le jeu des 8 différences avec le précédent. C’est d’autant plus facile ici que la langue est toujours identique… Et la Colombie c’est un peu la quatrième dimension, par rapport à la réputation du pays. Tout le monde est serviable et très poli, les grandes villes sont sûres et très développées (avec des énormes ciné-shoppings à l’américaine), les taxis sont surs et pas chers et, évidemment, il encore peu de touristes étrangers. En plus, la population étant très mélangée, on se fond facilement dans la masse. Bienvenue donc au Club Colombia.

Cali

Notre première étape colombienne nous a bien permis de nous acclimater et de comprendre un peu comment fonctionne le pays. Ici c’est d’autant plus utile que les guides de voyages sont vraiment une plaisanterie. L’auteur du Lonely Planet a avoué qu’il avait écrit son guide sans mettre les pieds dans le pays et celui du Footprint n’a rien dit, mais les infos sont tellement médiocres qu’on n’est pas dupes…

Cali, c’est la grande ville du sud colombien et elle est située juste au sud de la zona cafetera où on va se diriger ensuite. Ici, pas de centre historique colonial, juste des gratte-ciels et des immeubles modernes. Outre les shoppings cités p.lus haut, la ville comprend une multitude de bars et salsathèques où le niveau (sonore et des danseurs) est assez élevé.

La dernière chose qui nous a étonné, dès la sortie de l’aéroport, c’est la quantité de cyclistes (les vrais, avec maillot et vrai vélo – de course, s’entend)… Et oui, la Colombie possède beaucoup d’excellents cyclistes pros (Duque, si si, 4ème au classement par points du tour de France 2008)…