Carretera Austral II: Coyhaique

Pour commencer, la page culturelle:

La carretera austral a été construite par le gouvernement Pinochet, dans le but de peupler la région, et surtout, de mieux contrôler la frontière argentine, qui était assez contestée. La règle étant, en gros: si tu y es, tu y reste…

Plus d’infos et une carte (en espagnol) sur wikipedia

Donc parmi les habitants du coin, il reste un certain support au général, et certains village, comme La Junta, qui n’est autre que le nom de la bande de sbires de Pinochet, ont même été baptisés en son honneur. A l’entrée de la Junta, il y a un grand panneau General Augusto Pinochet et dans les supermercados, on peut même s’acheter la casquette d’Augusto…

Donc on est plantés à La Junta, le prochain bus pour Coyhaique est à 11 heures, mais on doit l’attendre pour voir combien de places il reste et nos collègues touristes veulent descendre à Puyuhuapi, village soi-disant touristique. Ça nous intéresse pas mal, vu qu’on manque un peu de cash, les seuls distributeurs se trouvant à Coyhaique. J’espère pouvoir changer mes pesos argentins en Chiliens, parce que sinon, ce sera autostop… (VISA ici: connait pas.)

Après arrangement financier, le patron de l’hotel accepte de nous pousser à Puyuhuapi, et on lui donne nos derniers pesos…

A Puyuhuapi on découvre le Pacifique et un autre village paumé. Pendant que les autres touristes vont chercher une chambre, on décide de voir si le bus va vraiment passer et si il nous prendrait par chance…

Une petite règle de trois plus tard, j’ai assez de pesos chiliens pour payer le bus et on a plus qu’a attendre.

Le bus se pointe et se vide complètement. On est seulement trois à remonter, la classe…

C’est parti pour 5 heures de paysages style: glacier à gauche, forêt vierge à droite, sommets enneigés au loin. Il faut pas trop cligner de l’oeil sous peine de rater quelquechose. En plus, vu qu’on est que trois, le chauffeur fait tous les arrêts photos qu’on veut: glaciers, cascades, etc…

Pendant un arrêt, le troisième touriste me dit, tu vois, la dernière fois, j’ai vu des saumons dans cette cascade. Je me dit qu’il se moque de moi, vu la taille de la cascade et le courant, mais, même pas une minute après: hop un saumon, hop 2, hop 3…

Après quelques heures, au fur et à mesure qu’on se rapproche de la civilisation, le paysage change, la déforestation se remarque de plus en plus (les arbres ont été coupés pour faire place aux moutons) et quand on arrive à Coyhaique, c’est plus que de la prairie sur des kilomètres, parsemées de souches et de troncs laissés sur place…

Le contraste est très saisissant et donne à réfléchir. La différence avec le côté argentin de la frontière est énorme. Par exemple, la réserve de Nahuel Huapi (Bariloche): 100 par 250 km ou la nature est bien respectée, même si la ville est en plein milieu.

Si on ajoute encore le projet du gouvernement de construire 5 barrages tout au Sud et de faire passer la ligne à haute tension au travers de toute la Patagonie chilienne, on voit bien la différence entre les deux pays.

Nous voilà donc à Coyhaique, 50’000 habitants, la capitale. En fait, c’est la ville ou tout le monde vient à la banque et remplit l’arrière du pickup de bouffe pour un mois.

On va rester quelques jours par ici et prendre nos billets pour Cochrane et Villa O’higgins.

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