Trajet: Coyhaique-Cochrane
Kms: 330
La deuxième moitié de la carretera austral commence un peu comme le rembobinage de la fin de la première: de plus en plus d’arbres, et la nature qui redevient lentement plus sauvage. Après 100km, on passe devant le massif du Cerro Castillo, très impressionant avec ses tourelles verticales.
Bon, on l’avait déjà vu le jour d’avant comme on était allés à la fête paysanne, assez pittoresque: les familles viennent avec le pickup et les glacières et passent la journée ou le weekend à regarder des concours de rodéo… Le marché concours local, en fait.
Plus loin, c’est de nouveau le glacier à gauche, le lac émeraude à droite, je ferais bien une photo… Tiens, ça tombe bien, on a crevé.
C’est la quatrième crevaison depuis qu’on est là, la troisième sur la carretera. Bon vu la vitesse ou ils roulent, l’état de la route et les pneus slicks façon formule 1 dont ils équipent leurs bus, c’est vite arrivé. D’ailleurs, tous les véhicules ont deux roues de secours (on le sait parce qu’on a justement utilisé les deux sur ce trajet).
Pour ce qui est du paysage, rien de nouveau, ou plutôt, toutes les 5 minutes une nouvelle montagne, un glacier, un lac, un bled encore plus paumé que le précédent. On se fait avoir à chaque fois: tu regardes à gauche pendant 3 minutes fixé par le glacier suspendu et quand tu tournes la tête de l’autre côté: le panorama à complètement changé, il y a une perspective sur des kilomètres, un fleuve immense ou une cascade… et ça fait près de 600 kms que ça dure…
Après 300 kms et 6 heures de ripio, on arrive à Cochrane, le far west.
2000 habitants, une réserve à côté, 2 restaurants et un pub. Et 18 touristes: la capacité du bus.
Du coup on va faire peu de marche dans la réserve, ainsi qu’une tentative de baignade dans le lac, avortée en raison de la température microscopique. Rien que de tremper les pieds, ça fait mal. Très dommage, vu que l’eau est absolument transparente et le paysage superbe.
Cochrane est le seul village de taille à 300 kms à la ronde, il y a donc un supermercado. LE supermercado. Ils vendent tout, du matelas aux flingues en passant par les clous, les glaces, le pain, les chaussures, la viande et les télés. Il n’ont par contre pas encore reçus les écrans plats par ici. C’est vraiment interéssant pour nous, parce que ce genre d’endroit n’existe plus en Europe, et que ça donne une bonne idée des conditions dans lesquelles vivaient nos aïeux il y a un ou deux siècles (sans tenir compte du progrès, évidemment).
Comme on préfère la civilisation, on booke donc nos tickets pour Villa O’higgins .