Chez les Chachaquoi? je vous entends déjà dire…
Chachapoyas, vingt-mille habitants, capitale de la province d’Amazonas et berceau de plusieurs civilisations anciennes du Pérou, dont les Chachapoyas, constructeurs de la citadelle de Kuélap. A part ce site, la région comprend plusieurs sites naturels ou archéologiques d’importance: Les sarcophages de Karajia, la cascade de Gocta, le mausolée de Revash et bien d’autres… Pourtant, les touristes, spécialement étrangers, boudent la région. Peut-être à cause des 10 heures de bus depuis la côte (plus 10 heures de retour), ou parce que le Nord du Pérou est vraiment très éloigné de Machu Picchu.
Heureusement qu’on avait un brin entendu parler de Kuélap, sinon on aurait certainement fait l’impasse sur ce coin. Après le passage obligé par iPerú, l’office du tourisme, on est retournés à notre hôtel pour réserver une nuit de plus: On pourrait facilement passer une semaine dans la région et comme les distances entre les sites sont assez grande, c’est un ou deux par jour maximum… Pour couronner le tout, l’ambience est assez décontractée et tout le monde est sympa, à l’inverse de Cusco.
Kuélap
Que celui qui a entendu parler de Kuélap lève la main… Voilà, c’est bien ce que je pensais: personne. En fait, le site est cité dans le top 5 péruvien du Footprint South America 2008 et c’est ça qui a éveillé notre curiosité.
Kuélap est une immense forteresse préincaique (de l’an 900 environ) de 600 mètres de long, 100 mètres de large et dont les murs font environ 19 mètres de hauteur. Plus de pierres ont été nécessaires pour la construction de Kuélap que pour la piramide de Gizeh. Pour entrer dans la forteresse, trois ouvertures étroites dans la muraille, qui se ressèrent jusqu’à laisser passer une seule personne à la fois. Comme d’habitude, le travail de maçonnerie est impressionant.
Une fois arrivé à l’intérieur, les surprises sont loin d’être terminées: environ 400 maisons rondes en pierre, dont certaines possèdent des frises géométriques sur le pourtour. Par manque de moyens, la majorité du site n’est pas restaurée et est recouverte par des arbres, eux-mêmes couverts de mousses et de bromélias. Le tout donne une ambiance unique, qui n’est pas sans rappeler celle du site de Tikal, au Guatemala.
La cascade de Gocta
771 mètres. Selon les locaux, c’est la troisième plus haute du monde. Le seul petit problème, c’est qu’elle est en deux niveaux, et le Guiness va certainement chipoter pour l’homologation… Elle n’en n’est pourtant pas moins impressionante. Pour la visiter, deux heures de marche obligatoires depuis le village le plus proche. La marche n’est pas trop difficile, surtout qu’elle traverse quelques exploitations de canne à sucre où les employés en train de préparer la Chicha de canne n’hésitent pas à nous la faire tester. Heureusement, la fermentation n’est pas encore trop avancée.;-) Le chemin tout neuf (de l’aide italienne est passée par là) traverse la forêt de nuages typique à cette altitude et la vue du bas de la deuxième cascade (plus de 500m tout de même) vaut largement la journée d’excursion.
Les sarcophages de Karajia
Un autre site assez incroyable: Un groupe de sarcophages accrochés dans la falaise qui semblent toiser le vide et dont les lignes très fines font penser d’une part aux moais de l’Ile de Pâques et d’autres part à certaines statues africaines. Cette façon de disposer des défunts de la culture Chachapoyas est unique au monde, et la vision des sarcophages dans leur environnement d’origine est à couper le souffle.
Après cette petite escapade pleine de surprises, autant pour nous que pour les locaux (on nous a demandé plusieurs fois: “mais comment vous êtes arrivés là?”), on se prépare à prendre la direction de l’Equateur pour vérifier si on arrive à faire tenir les oeufs debout.