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Parque Nacional Condorito

Ce matin, on met les chaussure et on part pour le parc Condorito (le petit du Condor, en espagnol) observer le roi de la cordillière.

Normalement, les condors sont difficiles à voir, très discrets et souvent en voie deLa Quebrada del Condorito disparition. Le parc Condorito à été créé pour éviter leur disparition des sierras de Córdoba. Pour l’anecdote, il y a un projet de réintroduction des guanacos (cousins des lamas) dans le parc, en partie pour servir de garde manger aux condors et aux pumas. Sympa pour les guanacos!

On est parti avec Martin, guide et passionné d’oiseaux, qui nous a appris à reconnaître les vautours, aigles et condors du parc. Le parc comprend un canyon de 700m de hauteur en son centre, ou les condors viennent se reposer et se baigner.

Il suffit donc de se poser au bord du précipice et d’attendre: à l’heure prévue parCondorito de très près Martin, un premier condor arrive, tournoie et va se poser au bord de la “piscine”… Quelques autres le suivent, faciles à reconnaître, tellement leur vol est majestueux. En fait, c’est facile: si ça bat des ailes, c’est pas un condor. Les condors sont assez fainéants et sont experts en vol à voile: il profitent à 100% des thermiques pour voler et se posent exprès sur des corniches d’où il peuvent s’envoler sans peine.

Pour terminer, un jeune condor, reconnaissable à ses plumes brunes débarque, et étonné par notre dégaine, fait plusieurs passages à quelques mètres de nous. Une belle récompense pour les quatres heures de marche de la journée.

Santiago de Chile et le Paso Libertadores

Bon voilà le topo: beaucoup de personnes rencontrées nous on dit: “Santiago, c’est moche, y’a rien et c’est dangereux, nous on y a même pas passé…”

Vu qu’on se laisse pas influencer facilement on a quand même décidé de faire 2 jours sur place, à la Casa Roja, l’Hostel style télé réalité MTV / Le loft (je cite le guide). Il y a effectivement des mecs en caleçon qui dorment toute la journée devant la TV. Peut-être qu’ils ont peur de sortir? ;-)

On est sortis, et on a pu découvrir une grande ville (4.5 mio d’habitants, quand-même) sud-américaine assez agréable, bien moins dangereuse que prévu, même si une certaine paranoia règne: par exemple, toutes les tables de restaurants ont des crochets ou des mousquetons pour accrocher son sac à main, c’est la première fois que je voyais ça.

Le centre ville est assez agréable, une petite colline à grimper pour le panorama (ou une plus grande avec funiculaire), une zone shopping piétonne (vous vous rendez pas compte de la chance, avec les automobilistes du coin…), Quelques beaux quartiers coloniaux (Barrio Brasil, par exemple) et l’ultra-célèbre palais de la Moneda, bombardé par les yankees pour installer le général Pinochet (merci les gars).

On a profité des multiples restos pas chers et bons, et on a booké (sur le net) nos tickets pour Mendoza, capitale argentine du vin.

Le personnel du bus semblait assez étonné par nos tickets imprimé moi-même, mais ils nous ont quand même laissé monter. Programme: la traversée des Andes par le Paso Libertadores, qui, malgré un tunnel pour éviter le col, passe tout de même à 3200m. Il est ouvert toute l’année et, paraît-il, fait pas mal transpirer les camionneurs brésiliens qui parcourent pour la première fois ses lacets (sous la neige, qu’il découvrent aussi)…

Je ne compte plus les tampons Chiliens et Argentins sur mon passeport, et comme d’hab. les douaniers sont assez cools. En redescendant du col, on a une superbe vue sur l’Aconcagua, quelques kilomètres au Nord. C’est par ici que les Andinistes qui tentent le sommet passent tous, mais la saison vient de se terminer (et oui, c’est la fin de l’été par ici).

S’il y a un voyage à faire de jour, c’est bien cette traversée: les paysages sont superbes: Cactus au premier plan, sommets enneigés derrière, et la route, une simple nationale qui serpente le long de la vallée, en direction de l’Est.

Comme on quitte les contreforts des Andes, le paysage verdit d’un seul coup et on arrive à Mendoza, la capitale de la province du même nom.

Plus d’infos sur Mendoza et ses bodegas au prochain épisode.

Valparaíso!

Dernière étape au Chili avant le retour en Argentine, le port le plus célèbre de tout le Pacifique: Valparaíso.

J’ai dû répéter deux fois au gentil employé qui vendait les tickets de bus, et en arrivant sur place, j’ai compris pourquoi: ça se prononce valpara-iso, hé hé…

On a donc débarqué sur place avec quelques attentes, vu la réputation du lieu. En plus, Valparaíso est sur la fameuse liste World Heritage de l’UNESCO (bon site web, en passant, je vous conseille la visite), le Nikon était prêt à crépiter.

Au niveau du paysage, rien à dire: les collines couvertes de maisons colorées, les ascenseurs (plutôt des funiculaires) en bois et le port en contrebas sont bien là, comme dans le catalogue ;-)

Malgré la réputation d’insécurité du lieu, on peut se balader partout, le plus gros risque c’est l’addition (propina incluida) dans les endroits touristiques comme les cerros Alegre et Concepcion. Ceci dit, dès qu’on sort un peu du gringo trail, on remarque que les ruelles, escaliers et arrière-cours ressemblent pas mal à des décharges: pas facile de faire une photo sans détritus…Valpo typique

Ceci dit, l’ambience du lieu reste assez unique, et si on prend la peine d’aller dans des endroits un peu moins courus, comme le Cerro Carcél (centre culturel alternatif) ou le Cerro Baron, tout à l’opposé de la zone touristique, c’est sympa de voir que ça n’est pas un musée et qu’un grand nombre de personnes y vivent…

Encore un petit tour en bateau dans le port où les cargos frigorifiques à destinations des US font le plein de fruits chiliens, un passage à la lavanderie (ça monte dans le coin et je n’ai que 5 tshirts ;-) ) et l’épisode Valparaíso touche déjà à sa fin: Direction Mendoza avec une étape à Santiago, la capitale Chilienne.

Clic-clac

Comme on peut profiter d’une bonne connexion internet, on a mis à jour les galeries de photos. N’hésitez pas à jeter un oeil par ici.L'obligatoire coucher de soleil

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Torres del Paine: El circuito

Pour nous remettre de toute la consommation de nourriture trop grasse, on a donc décidé de partir faire un peu de marche…

Accessoirement, le parc des Torres del Paine n’est pas très accessible: même si on n’y va qu’un jour pour voir les célèbres Torres, il faut compter 6 heures de marche. De plus, beaucoup des plus belles attractions sont encore plus inacessibles. Le meilleur moyen, c’est donc une tente, un sac de couchage, quelques kilos de pâtes, du temps et pas mal de motivation.

Il y a deux circuit possible: le W (à cause de la forme) qui ne fait que la partie sud du parc, ou le circuito, qui tourne tout autour du massif. Comme on a le temps, on a opté pour le circuito, même si il y a moins de possibilités de faire demi tour en cas de problèmes. Comme on assure ;-) , ça devrait aller.

La carte (google maps) 

La galerie Photos 

Jour 1: Hosteria las Torres – Camping Serón

9 kms / 4 heures

Le premier jour, c’est toujours un peu dur: le sac est trop lourd, et on se rend compte du côté un peu inconscient du projet… Pour le circuito, c’est aussi un des moins intéressants au niveau du paysage: on laisse les Torres derrière nous pour contourner par la droite le coin sud-est du massif. On se rend aussi compte qu’avec un gros backpack sur le dos, on ira beaucoup moins vite qu’à notre habitude. Heureusement, la marche est pas trop longue et le camp est sympa et pas trop bondé.

Jour 2: Camping Serón – Refugio Lago Dickson

19 kms / 6.5 heures
Le deuxième jour nous donne une meilleure idée de l’effort à fournir… Le paysage devient plus sauvage et la civilisation s’éloigne. La montée du jour se termine par un col ou on se prend le vent de la vallée du Rio Paine directement dans la figure: au moins 120 km/h, difficile de progresser mais ça nous prépare pour la suite ;-) . Ensuite, on longe le Rio Paine jusqu’au refuge Dickson, au bord du lac du même nom où on peut voir le lac et deviner le glacier dans les nuages. Jusque là on a pas à se plaindre de la météo, il fait même trop chaud! Ceci dit, ça va vite changer…

Jour 3: Refugio Lago Dickson – Camp Los Perros

9 kms / 5 heures

On replie le matos, et on démarre pour 4 heures dans la vallée de los Perros, pour arriver au camp 500m plus haut. C’est le début de la montée vers le Paso John Gardner, qui se fait en deux jours. C’est le fameux col ou les guides prédisent du vent à décorner un mammouth, de la neige du brouillard, des hannetons et j’en passe…

Toute la montée se fait dans la forêt, dans une des vallées les plus reculées du parc. Comme d’hab, le paysage est unique: glaciers, torrents de montagne, sommets enneigés et cascades accompagnent le voyage. Plus un autre classique patagonien pour la dernière heure: la pluie… Heureusement qu’on est partis assez tôt, vu que le temps se gâte bien. On ne prend qu’une heure de flotte, juste le temps de constater que le goretex, c’est du pipeau. On arrive donc mi-trempés au camp et on monte la tente sous le déluge. Un bon point pour EXPED: la tente est étanche, on peut donc dormir au sec. Pas mal, vu que demain c’est 700m de montée et 1000 de descente de l’autre côté.

Jour 4: Camp Los Perros – Camp Los Guardas

18 kms / 7.5 heures

Aujourd’hui, c’est un peu l’épreuve de vérité: le Col John Gardner, 1240m avec des conditions qui peuvent être dantesques. Justement, on se pose quelques questions vu qu’il a plu une bonne partie de la nuit et on est très contents de sortir de la tente sous le soleil.

On commence donc directement la montée par une demi-heure de boue (Swampy-swampy on nous avait prévenus). Ensuite ça s’améliore et on retrouve du terrain habituel pour nous: pierrier et roche glaciaire. La montée se passe sans problème et on arrive en haut pour constater qu’il n’y a pas de vent. La classe, on a donc tout le temps pour admirer le monstre 500m en dessous: le glacier Grey. 15km de long, 5km de large, il descend directement du Hielo Sur, le champ de glace patagonien (comme le Perito Moreno). La vue du col est idéale: on est en plein milieu et on embrasse tout le glacier, le lac Grey et les autres glaciers qui se jettent dans le Grey. C’est vraiment la récompense pour avoir choisi le circuit plus difficile et les 3 jours de marche pour arriver jusque là.

Pour terminer la journée, 4 heures de descente sur un sentier boueux, quelques mètres seulement en dessus de la roche vive qui bordent l’immense langue de glace. On arrive au camp Guardas, gratuit mais très basique.

Jour 5: Camp Los Guardas – Camp Paine Grande

15 kms / 5 heures

On part de Los Guardas en regardant encore une fois incrédules l’énorme glacier Grey et les icebergs qu’il crache sur le lac et on se dirige vers le Refugio Grey, où on rejoint l’autre circuit, le W. A partir de là, beaucoup plus de monde sur le sentier, c’est un peu moins tranquille. La journée paraît un peu longue à cause de la fatigue du jour précédent et en fin d’après-midi on débarque au Lodge Paine Grande, une sorte d’auberge pour américains avec bar, happy-hours et prix en conséquence

Jour 6: Camp Paine Grande – Camp Italiano + Valle del Francés

20.5 kms / 8 heures

Aujourd’hui le programme est en deux parties: deux heures jusqu’au camp Italiano où on va monter la tente et se débarrasser des enclumes dans nos sacs. Ensuite, la valle del Francès dont on beaucoup entendu parler et qu’il ne faut pas rater, paraît-il…

En arrivant au camp, on comprend déjà pourquoi: sur la gauche, on a une vue sur le glacier français, qui couvre le côté est du Paine Grande et qui se compose de plusieurs corniches sur environ 1000m de hauteur. Chaque fois qu’un bloc se détache et s’écrase sur la corniche inférieure, on entend un craquement semblable à la foudre. Donc trois heures de montée plus tard, on arrive en haut de la vallée et on a une vue incroyable sur tout le cirque de tours de granit qui la ferme. En tout et pour tout 4 autres personnes sont en train d’admirer le spectacle, comme quoi, même aux Torres del Paine, on peut être tranquilles.

Après avoir regardé encore une fois le glacier français on redescend vers le camp Italiano et on retrouve l’ambiance “Palavas les flots” du camping. Malheureusement, beaucoup de personnes on un peu de peine à respecter le parc et vu la quantité de visiteurs, les campings sont des fois assez crado: papiers, poubelles qui traînent et personnes qui font la vaisselle dans la rivière (merci l’eau potable). Sans compter le bordel que certains visiteurs font.

Jour 7: Camp Italiano – Refugio Chileno

18 kms / 7 heures

Pour terminer la marche, on fait une partie du circuit W pour aller se poser au bas du sentier vers les Torres. Beaucoup plus de monde, le chemin est un peu long, surtout qu’on commence à sentir la fatigue comme on a pas pris de jour de repos. Heureusement il y a toujours un paysage incroyable pour se passer le temps: aujourd’hui, on longe le massif des Cuernos del Paine (les cornes) dont la forme et la couleur sont assez improbables. On finit quand même par arriver au refugio Chileno après 7 heures de marche. Le petit camp juste à côté est très sympa, seulement une vingtaine de tentes, ce qui nous change du camp Italiano.

Jour 8: Mirador las Torres

14 kms / 5 heures

Dernier jour, qui devrait être l’apothéose. Ceci dit, je pense qu’avec tout ce qu’on a déjà vu, ça sera difficile d’être vraiment impressionnés. Ca démarre d’ailleurs mal le matin: il pleut. On en profite pour prendre le petit déj au refuge, en attendant que ça passe (avec le changement de saison toutes les 2 heures, ça devrait aller vite…)

Avec un peu de pitié pour les touristes qui arrivent trempés (2 heures de montée jusqu’au refuge depuis la route, et beaucoup de gens font un seul jour aux Torres et ne font que ce trajet) on attaque la montée sous la pluie qui s’arrète mollement.

La montée est comme d’hab: tout droit, le chemin est pas très bien tracé et la fin, dans les cailloux est un brin pénible (sans parler de la descente). Quand on arrive au mirador, les Torres sont quasiment dégagées et on a une assez bonne idée de la chose…

En fait les Torres del Paine se sont formées de la même manière que le pain de sucre et les autres Morros de Rio de Janeiro: c’est la lave durcie, restée dans le conduit du volcan qui créé ces tours de granit: le cône de déjection, formé de lave plus friable, a été emporté (aux Torres par le glacier dont on voit les restes sous les tours).

Après 8 jours et 115 kilomètres, on peut vraiment dire que le circuito est une expérience unique, non seulement par la diversité des paysages (glaciers, montagnes et forêts vierges dans une concentration unique au monde), mais aussi à cause de l’effort nécessaire pour pouvoir les admirer. Tout se mérite, et peut-être bien que c’est mieux comme ça…

Carretera austral V: Villa O’higgins – El Chaltén

Trajet: Villa O’higgins – El Chaltén (Argentine)

Kms: 50 (bateau) + 25 (pied) + 20 (bateau) + 40 (bus) = env. 140

Villa O’higgins normalement, c’est la fin de la route. Pour partir: il faut attendre le bus (2 par semaine) et faire 600 kms de gravier, qu’on connaît déjà puisque on est venus par là.

Depuis quelques années, il y a une autre possibilité: prendre le bateau jusqu’à Candelario Mancilla (le bled le plus paumé du Chili) et ensuite marcher 25 kms jusqu’à l’Argentine, reprendre bateau puis bus et arriver (avec un peu de chance) à El Chaltén.

On a donc booké ça sans trop y croire sur le site internet (si si) et on est parti de VLago del Desiertoilla O’higgins à 6 heures du mat.

Le trajet est surtout intéressant pour les paysages et le côté perdu de l’endroit: On commence par longer le bras nord du Lago O’higgins, on descend du bateau à Candelario Mancilla, on laisse les Mochilas pour que les chevaux s’en chargent et on part donc pour 20km de marche plein Sud direction: la frontière.

Après une ou deux hésitations et 4 heures de marche en croisant un mec (qui le faisait dans l’autre sens) on arrive à la frontière argentine. Pour ajouter à l’insolite, un groupe d’allemands, la soixantaine, en tour organisé, s’était joint à nous le matin. (On avait déjà eu vent de leur présence à Villa O’higgins car les nouvelles vont vite dans ces endroits où il ne se passe rien..)

L’organisateur nous avait averti du problème: il faut marcher avec les sacs de la frontière argentine à la douane, soit 6kms… Les allemands et leurs Samsonites à roulettes ne semblaient pas au courant, ceci dit.

Comme on admirait, incrédules le tas de bagages paumé au milieu de nulle part, les notres sont arrivés par leur propres moyens hennissants. On a donc chargé ça comme on a pu et on est partis pour deux heures pénibles jusqu’au Lago del Desierto et à la douane. Heureusement la vue est totalement unique et fait un peu oublier les 25 kgs qui te plie le dos: Le Lago del Desierto avec en fond, le massif du Fitz Roy. Encore une fois on a de la chance avec le temps: le ciel est quasi dégagé…

Le passage de douane se fait comme d’hab. et après une heure de bateau et une heure de bus on est a El Chaltén, la mecque du trekking et de l’alpinisme en Argentine.

Pour l’anecdote: les allemands sont tous là, mais il manque leur bagages ;-)

Carretera austral IV: Cochrane-Villa O’higgins

Trajet: Cochrane-Villa O’higgins

Kms: 220

C’est reparti pour un petit tour en bus, dont l’état se déteriore au fur et à mesure qu’on va vers le sud (heureusement, c’est le dernier). On repart avec les mêmes touristes (plus ou moins quelques locaux) qui sont maintenant nos potes, à force de passer toutes nos journées ensemble, cette fois jusqu’au bout de la route, 9 heures plus tard.

Beaucoup de gens viennent ici pour le côté mythique End of the Road de l’endroit. Nous aussi, mais on aimerait aller plus loin: comme c’est un cul de sac, ça veut dire se taper 600km dans l’autre sens pour retourner jusqu’à un endroit ou passer la frontière (Chile Chico, entre Cochrane et Coyhaique).

Mais, il semble y avoir une autre solution: Prendre un bateau sur le lac O’higgins près de Villa O’higgins et après 3 heures arriver à une ferme et un poste de police chilien, mettre les sacs sur un cheval et marcher 25 kms vers le sud et la frontière argentine pour arriver au nord du Lago del desierto, 40 kms au Nord de El Chaltén. Ce qui tombe bien puisque c’est notre prochaine étape.

Comparé à Villa O’higgins, Cochrane paraît être une mégapole. Ici, 2 restos, pas de bars, un minimercado où c’est difficile de trouver un soda pas perimé et tout ça pour presque le même prix qu’en Suisse (bon, transporter des bouteilles de bière sur 500 kms de chemins forestiers, c’est sûr que ça a une influence sur le prix). Seul avantage: l’eau des rivières est potable.

Heureusement on a des chaussures de marche et il y a quelques sentiers dans le coin. Donc, après avoir confirmé de vive voix que le passage vers l’Argentine était possible et que les chevaux nous attendaient (on n’y croyait qu’à moitié), on s’en va voir le Refugio Mosco, une belle balade en direction des glaciers qui se trouvent évidemment au fond de la vallée. Comme ça monte, on a droit à une belle vue sur le village et le Lago O’higgins qui va jusqu’en Argentine. De temps en temps on se prend quelques gouttes de pluie poussées par le vent depuis l’énorme Campo de hielo Norte, ça nous change un peu du soleil.

Villa O’higgins est vraiment un endroit spécial. Les gens sont spéciaux, ça sent un peu le repris de justice qui a fui quelque sentence et l’asocial qui ne veut pas s’intégrer dans la société moderne. Il y a aussi bien sûr des simples agriculteurs et des personnes très sympa comme la patronne de notre hôtel, qui avait une demi vache à préparer au milieu de sa cuisine et qui n’a rien dit quand on lui a demandé de déjeuner à 6 heures du mat…

A la sortie du village: la fin de la route. Juste deux barrières posées en travers, avec assez de place pour passer (la route va un peu plus loin en fait, pour prendre le bateau sur le lago O’higgins).

C’est assez symbolique: La route est finie, mais vous pouvez quand même continuer…

La suite: une très longue journée, dans le prochain épisode…

PS: Les photos aussi, dès que les connections Internet s’améliorent.

Carretera austral III: Coyhaique-Cochrane

Trajet: Coyhaique-Cochrane

Kms: 330

La deuxième moitié de la carretera austral commence un peu comme le rembobinage de la fin de la première: de plus en plus d’arbres, et la nature qui redevient lentement plus sauvage. Après 100km, on passe devant le massif du Cerro Castillo, très impressionant avec ses tourelles verticales.

Bon, on l’avait déjà vu le jour d’avant comme on était allés à la fête paysanne, assez pittoresque: les familles viennent avec le pickup et les glacières et passent la journée ou le weekend à regarder des concours de rodéo… Le marché concours local, en fait.

Plus loin, c’est de nouveau le glacier à gauche, le lac émeraude à droite, je ferais bien une photo… Tiens, ça tombe bien, on a crevé.

C’est la quatrième crevaison depuis qu’on est là, la troisième sur la carretera. Bon vu la vitesse ou ils roulent, l’état de la route et les pneus slicks façon formule 1 dont ils équipent leurs bus, c’est vite arrivé. D’ailleurs, tous les véhicules ont deux roues de secours (on le sait parce qu’on a justement utilisé les deux sur ce trajet).

Pour ce qui est du paysage, rien de nouveau, ou plutôt, toutes les 5 minutes une nouvelle montagne, un glacier, un lac, un bled encore plus paumé que le précédent. On se fait avoir à chaque fois: tu regardes à gauche pendant 3 minutes fixé par le glacier suspendu et quand tu tournes la tête de l’autre côté: le panorama à complètement changé, il y a une perspective sur des kilomètres, un fleuve immense ou une cascade… et ça fait près de 600 kms que ça dure…

Après 300 kms et 6 heures de ripio, on arrive à Cochrane, le far west.

2000 habitants, une réserve à côté, 2 restaurants et un pub. Et 18 touristes: la capacité du bus.

Du coup on va faire peu de marche dans la réserve, ainsi qu’une tentative de baignade dans le lac, avortée en raison de la température microscopique. Rien que de tremper les pieds, ça fait mal. Très dommage, vu que l’eau est absolument transparente et le paysage superbe.
Cochrane est le seul village de taille à 300 kms à la ronde, il y a donc un supermercado. LE supermercado. Ils vendent tout, du matelas aux flingues en passant par les clous, les glaces, le pain, les chaussures, la viande et les télés. Il n’ont par contre pas encore reçus les écrans plats par ici. C’est vraiment interéssant pour nous, parce que ce genre d’endroit n’existe plus en Europe, et que ça donne une bonne idée des conditions dans lesquelles vivaient nos aïeux il y a un ou deux siècles (sans tenir compte du progrès, évidemment).

Comme on préfère la civilisation, on booke donc nos tickets pour Villa O’higgins ;-) .

Carretera Austral II: Coyhaique

Pour commencer, la page culturelle:

La carretera austral a été construite par le gouvernement Pinochet, dans le but de peupler la région, et surtout, de mieux contrôler la frontière argentine, qui était assez contestée. La règle étant, en gros: si tu y es, tu y reste…

Plus d’infos et une carte (en espagnol) sur wikipedia

Donc parmi les habitants du coin, il reste un certain support au général, et certains village, comme La Junta, qui n’est autre que le nom de la bande de sbires de Pinochet, ont même été baptisés en son honneur. A l’entrée de la Junta, il y a un grand panneau General Augusto Pinochet et dans les supermercados, on peut même s’acheter la casquette d’Augusto…

Donc on est plantés à La Junta, le prochain bus pour Coyhaique est à 11 heures, mais on doit l’attendre pour voir combien de places il reste et nos collègues touristes veulent descendre à Puyuhuapi, village soi-disant touristique. Ça nous intéresse pas mal, vu qu’on manque un peu de cash, les seuls distributeurs se trouvant à Coyhaique. J’espère pouvoir changer mes pesos argentins en Chiliens, parce que sinon, ce sera autostop… (VISA ici: connait pas.)

Après arrangement financier, le patron de l’hotel accepte de nous pousser à Puyuhuapi, et on lui donne nos derniers pesos…

A Puyuhuapi on découvre le Pacifique et un autre village paumé. Pendant que les autres touristes vont chercher une chambre, on décide de voir si le bus va vraiment passer et si il nous prendrait par chance…

Une petite règle de trois plus tard, j’ai assez de pesos chiliens pour payer le bus et on a plus qu’a attendre.

Le bus se pointe et se vide complètement. On est seulement trois à remonter, la classe…

C’est parti pour 5 heures de paysages style: glacier à gauche, forêt vierge à droite, sommets enneigés au loin. Il faut pas trop cligner de l’oeil sous peine de rater quelquechose. En plus, vu qu’on est que trois, le chauffeur fait tous les arrêts photos qu’on veut: glaciers, cascades, etc…

Pendant un arrêt, le troisième touriste me dit, tu vois, la dernière fois, j’ai vu des saumons dans cette cascade. Je me dit qu’il se moque de moi, vu la taille de la cascade et le courant, mais, même pas une minute après: hop un saumon, hop 2, hop 3…

Après quelques heures, au fur et à mesure qu’on se rapproche de la civilisation, le paysage change, la déforestation se remarque de plus en plus (les arbres ont été coupés pour faire place aux moutons) et quand on arrive à Coyhaique, c’est plus que de la prairie sur des kilomètres, parsemées de souches et de troncs laissés sur place…

Le contraste est très saisissant et donne à réfléchir. La différence avec le côté argentin de la frontière est énorme. Par exemple, la réserve de Nahuel Huapi (Bariloche): 100 par 250 km ou la nature est bien respectée, même si la ville est en plein milieu.

Si on ajoute encore le projet du gouvernement de construire 5 barrages tout au Sud et de faire passer la ligne à haute tension au travers de toute la Patagonie chilienne, on voit bien la différence entre les deux pays.

Nous voilà donc à Coyhaique, 50’000 habitants, la capitale. En fait, c’est la ville ou tout le monde vient à la banque et remplit l’arrière du pickup de bouffe pour un mois.

On va rester quelques jours par ici et prendre nos billets pour Cochrane et Villa O’higgins.

Carretera Austral I: Welcome to Chile

A Esquel, il y a deux routes possibles pour descendre vers le sud:

  • La route 40 en Argentine, facile, avec des bons bus et un beau paysage ou
  • La douane chilienne puis 800 km de chemin forestier amélioré plus connu sous le nom de carretera austral.

L’option Chili est évidemment la plus intéressante, mais la moins facile…

Donc on prend nos billets jusqu’à la douane chilienne, vu qu’il est impossible de réserver pour plus loin, ou même de savoir quels sont les horaires des bus… (Assez standard sur tout le continent). Le but de la journée étant d’aller le plus loin possible, sachant que ça risque fort d’être 50km plus loin…

Après la douane, 4 km jusqu’à Futaleufú, la mecque du rafting de l’hémisphère sud. Arrivés sur place, après enquête approfondie (chaque compagnie de bus dans ce coin a ses horaires, son bureau, le tour du village et les questions aux locaux façon chasse au trésor sont obligatoires…) on constate que le prochain bus part… Lundi, dans 3 jours…

Le temps de devenir soit fou (c’est deux fois dans le nom du bled, d’ailleurs), soit pro de rafting.

Pendant ce moment de solitude (avec quelques autres touristes), le business s’organise et un bus apparaît pour nous amener à Villa Santa Lucia, le prochain bled, qui à l’avantage d’être sur la carretera austral, et donc certainement d’être un arrêt pour les bus qui descendent vers le sud.

Pour ceux qui seraient en train de dire “mais ils ont perdu leur guide ou quoi?”: les horaires et lignes de bus sur la carretera dans les guides de voyages sont soit faux, soit complètement absents, donc pas très utiles…

Donc, une crevaison et deux heures plus tard, on arrive à Villa Santa Lucia, 120 habitants. Pour citer un autre touriste, je dirai simplement: This is it?

Une auberge, un café, une école et c’est tout. Ah non, normalement un bus qui arrive trois heures plus tard…

Le genre d’endroit dont on veut partir le plus vite, mais comme il y a une voiture toute les demi-heures, même en stop, ça va prendre du temps. (On a d’ailleurs pris un anglais à Futaleufu qui attendait depuis 24 heures…)

A l’heure prévue, le bus arrive donc. Pour résumer:

  • Places dans le bus: 1
  • Touristes: 8

En insistant un peu le problème s’est réglé. Donc 2 heures debout dans une fourgonnette Mercos modifiée, sans voir la route et avec la réincarnation d’Ayrton Senna au volant: une main sur la CB, une main qui change les CDs, discutant avec les passagers, à 90km/h sur un chemin forestier en évitant chevaux, vaches et lapins…

Quand un gamin a fini par vomir, le chauffeur s’est marré et à dit: “ça veut dire que je conduis bien, ha ha!”.

Deux heures et beaucoup de chance plus tard, on arrive à La Junta. Résultat: presque 300km en un jour, score plus qu’honorable…

La suite dans le prochain article.