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Huaraz

Après deux petites journées passées à Lima, il nous presse de retourner dans les montagnes et surtout de découvrir la fameuse Cordillera Blanca. De plus, il serait dommage de perdre les globules rouges que nous avons accumulées en altitude. Il paraît que cela diminue très rapidement!

Huaraz: au pied de la cordillèreNous arrivons au petit matin à Huaraz. La ville a l’air assez quelconque au premier abord, mais par contre les massifs montagneux aux alentours sont gigantesques. Nous rejoignons notre hôtel après avoir passé le barrage des racoleurs à la station de bus. Il est 6h mais ils sont déjà tous debout.

Huaraz est une petite ville sans charme malheureusement. Elle a été quasi complètement détruite en 1970 par un fort tremblement de terre. Tout semble avoir été vite reconstruit et de manière peu esthétique. La cathédrale est toujours en construction. Ils n’osent pas la terminer car il semblerait qu’à chaque fois qu’ils posent les dernières pierres, il y a un nouveau tremblement de terre.

Les touristes viennent ici principalement pour faire de l’andinisme. Il y a de quoi faire entre les cordillères et leurs nombreux sommets. La rue principale regorge d’agences de voyage proposant treks, sommets et visites culturelles. Les magasins d’articles de montagne se marchent dessus. Nos projets principaux sont de monter à la Laguna Churup, de visiter le site pré-inca de Chavin, de se balader dans la Cordillera Huayhuash… et pour la suite on verra.Les fameuses têtes de Chavin

A notre arrivée, on doit patienter un peu pour cause de trois jours de grève générale. Les péruviens manifestent face à la hausse de prix et demandent en même temps un changement de leur gouvernement. La grève est plus ou moins suivie. Ce sont surtout les blocages sur la route qui rendent tous déplacements difficiles. Par contre, les magasins, restos restent officieusement ouverts. Cependant, dès le moindre signe de manifestants s’approchant, toutes les rideaux d’acier se baissent très rapidement afin d’éviter des problèmes.

Depuis plus de 200 jours en Amérique du Sud, c’est la première fois que nous restons un peu coincés. Pour dire que le continent est réputé pour ces grèves, on ne s’en tire encore pas trop mal. En Argentine, nous avions eu quelques problèmes pour l’approvisionnement des délicieuses parilladas… Mais bon, cela aurait pu être bien pire!

Lima

Il est temps pour nous de quitter Cusco. Tout d’abord on a vu ce que nous voulions et de plus le tourisme de masse nous étouffe gentiment. Je sais que nous en faisons partie de ces fameux touristes. Mais, j’avais de la peine à supporter d’en voir certains acheter des cigarettes à des enfants de moins de 8 ans à 23 heures.  Certaines femmes exhibent leurs enfants afin d’être payées pour être prises en photos. Evidemment, ces enfants n’ont pas le temps d’aller à l’école! Et ce n’est que quelques exemples! Dans les montagnes, les enfants ont les dents complètement cariées, merci aux marcheurs pour les candies!

Une autre chose assez étonnante: certaines personnes qui, je pense, ont décidé de venir au Pérou préfèrent rester dans le bus pour voir les sites archéologiques et franchement je vous assure depuis le bus on ne voit rien, à part l’imposant escalier d’accès au site. ;-)

Ainsi, nous prenons un bus de nuit pour rejoindre la capitale du pays. Le voyage qui devait durer 18heures en a mis 3 de plus pour je ne sais quelle raison. Heureusement, nous étions dans un bus super confort ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps.

Le but de notre passage à Lima est de visiter la capitale du Pérou et surtout c’est sur le chemin de notre prochaine destination. Nous avons ainsi passé 2 jours à parcourir quelques quartiers et en entrant dans deux ou trois églises et musées.

Nous sommes entrés, également, dans de grands centres commerciaux qui ressemblent à ceux de chez nous, jusqu’aux prix! Cela faisait longtemps que nous n’avions pu le faire. Ce n’est pas que cela me manquait mais bon je dois dire que c’était quand même sympa. Le soir, quelques bons restos pour nous rappeler un peu les goûts de chez nous. Et oui, ce sont aussi des choses qui à la longue peuvent aussi nous manquer.

Après ce bref passage dans une grande ville, nous partons pour l’exploration de la Cordillera Blanca.

Muchas Picctures!

La mariée se découvre

Le passage obligé, sur toutes les visites de l’Amérique du Sud, de 4 jours à 4 ans: Machu Picchu (prononcez Pic-chu sinon ça fait gringo ;-) ). Chaque jour la masse de visiteurs arrive à pied, en train, en vélo et même en hélicoptère. Comme preuve supplémentaire de sa popularité, le site a été élu comme une des sept nouvelles merveilles du monde dans le fameux vote Internet de l’année passée.

Comme en attestent les 256 photos sur ma carte mémoire, le site est très photogénique. Par contre, comme en attestent les 800 touristes sur lesdites photos, il est aussi très populaire. D’ailleurs, l’UNESCO a failli le placer sur la liste des sites en danger, à l’instar des îles Galapagos: le site ne devrait pas recevoir plus de 800 visiteurs journaliers, mais il en reçoit jusqu’à 2000. L’INC qui gère le site, va certainement introduire une limite de temps pour la visite, ce qui terminera d’énerver les visiteurs qui paient déjà 45 CHF pour entrer dans le site…

On a déjà parlé des prix abusifs de la région de Cusco, mais ici, c’est le top du top: Vue du Huayna Picchu (le condor)train, bus et même boissons sont tous aux mêmes prix astronomiques. Le tout avec le service “péruvien” habituel: trains des années 70 qui se traînent à 40 km/h., pas un seul panneau indicatif sur le site, ni de WCs, interdiction de prendre boissons ou nourriture (mais bon, ils n’ouvrent pas les sacs…).

Aguas Calientes, le bled situé en dessous du site, mérite le prix d’endroit le plus moisi du Pérou, avec plus de rabatteurs que de touristes, mais tout le monde y va passer la nuit dans un hôtel semi-miteux, dans l’espoir – futile – d’arriver sur le site à 6h00 du matin et d’en profiter avec les quelques autres touristes matinaux avant l’arrivée de la vague, que dis-je, du tsunami turistico débarquant du train pour la journée.

En fait, à 6h00 il y a déjà environ trois à quatre cent personnes sur le site (eh oui, les deux cent gringos de l’Inca trail sont aussi là). L’intimité, ce sera pour une autre fois… Le seul point positif, c’est qu’on peut s’inscrire pour monter au Huayna Picchu qui donne une bonne vue d’ensemble du site.

Ensuite, il y a le tour guidé: cela donne une bonne idée du niveau pathétique des écoles de tourisme de Cusco. La présentation se résume à ce qui figure sur le dépliant: Très léger mais quand-même plein d’erreurs…

La même avec lamaAprès ces critiques acerbes, il reste le site: superbe cadre, maçonnerie Inca (style impérial) d’une qualité incroyable (suisse, on pourrait dire ;-) ), urbanisme intégré dans le paysage et technologie très avancée pour l’époque. Le contraste, pour nous qui débarquons de Choquequirao, est aussi intéressant, plus d’habitants donc plus de bâtiments ici, mais des terrasses agricoles moins étendues. Il faut bien ça pour éloigner un peu l’arrière-goût de pompe à dollars que laisse l’ensemble. Et aussi, oh miracle, la photo avec le lama est gratuite ici!

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les Incas, vous pouvez vous rendre sur l’excellente page de Wikipédia qui leur est consacrée.

Choquequirao, l’autre Machu Picchu

Choquequirao: quel drôle de nom, me direz-vous? Et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est? Une boisson des indigènes, un animal mythique ou un jeu de société de l’époque Inca.

Non, rien de tout ça, c’est un des sites archéologiques les plus importants, mais aussi les moins connu et visité du Pérou. D’ailleurs, même pour l’orthographier, les gens ont de la peine: Choquequiraw, Chokekiraw, Choquequirau ou Choquequirao, à vous de choisir.

Mais pourquoi ce site est-il déserté des touristes, peut-être parce qu’il faut deux jours de marche très fatiguante pour y arriver: entre le village de Cachora – fin de la route – et le site se creuse le canyon de l’Apurimac, 1500 mètres de Quebrada à franchir à pied. Un jour de descente et un autre de remontée vers le site, et l’inverse pour repartir si on ne s’est pas décidé pour une sépulture sur place…

Alors, est-ce que tout ça vaut l’effort? Évidemment: un site de superficie supérieure à Machu Picchu avec 1000 touristes en moins par jour, c’est tentant…

En plus, pour couronner le tout, seulement environ 30% du site est restauré et de nouvelles structures sont découvertes chaque année: En 2006, le superbe groupe de terrasses des Llamas del Sol et en 2008 un énorme ensemble de terrasses agricoles 500m en dessous de la place principale. C’est assez normal en fait, comme la restauration du site n’a commencé qu’en 1970 (1912 pour Machu Picchu).

La structure du site est similaire aux autres cités Incas, un secteur religieux à la maçonnerie plus fine, des bâtiments de stockage de grain, aux toits à deux pans, un quartier d’habitations, une place centrale et des terrasses agricoles et ornementales. Ici l’emplacement sur des falaises 1500m en dessus de l’Apurimac forme un écrin majestueux et l’harmonie générale de l’ensemble est impressionnante…

Les Llamas del Sol

Découvert par hasard quelques centaines de mètres en dessous du site, un jeu de terrasses vraisemblablement agricoles comporte des incrustations de pierres blanches en forme de Lamas. Il s’agit d’un mode de décoration absolument unique dans tout le monde Inca…

Comme le reste du site, cette partie se mérite: 20 minutes de descente et 30 autres de montée sont nécessaires pour admirer les camélidés. Pas de souci pour vous, il suffit de cliquer sur les photos. ;-)

Ce site, à l’instar de Machu Picchu, n’a pas été découvert et détruit par les espagnols, ce qui explique son bon état de conservation. Par contre, la comparaison s’arrête là: Choquequirao est plus étendu que Machu Picchu, mais comporte moins de bâtiments. La maçonnerie est aussi différente: les architectes ont dû ici se contenter de pierre calcaire au lieu de l’Andesite de Cusco ou Machu Picchu. Moins de pierres à 15 angles et pas d’ajustement au millimètre ici (un peu moins suisse, quoi). Choquequirao comprenait aussi moins d’habitants que Machu Picchu, environ 250.

Et après?

Le gouvernement, qui cherche des alternatives à Machu Picchu, noyé sous les touristes, a bien compris la valeur de Choquequirao, jusqu’à y faire les même projets utopique que pour son grand frère: route d’acces, téléphérique (si si) et autres choses. D’ailleurs, le prix d’entrée a déjà quadruplé en 2008. Peut-être bien que dans quelques années on regardera avec nostalgie les brochures de voyages avec des packages Choquequirao – All inclusive, mais pour l’instant, on se réjouit de faire partie des courageux – et un peu fous – visiteurs de cet endroit exceptionnel, que pour ma part, je le préfère à Machu Picchu.

Trekking Cachora-Choquequirao-Machu Picchu

Un beau programme: 8 jours de marche, un passage par Choquequirao, la merveille cachée du Pérou et une fin en apothéose à Machu Picchu, une des nouvelles merveilles du monde. Bon, le parcours, et spécialement son profil, semblent plus ressembler à la patrouille des glaciers qu’à une marche tranquille. Pas grave: on commence à avoir l’habitude.

Cachora – Choquequirao (2 jours)

Dès le début, la mise en jambe commence: 1500m de descente, traversée du rio Apurimac et de son superbe canyon et remontée des 1500m vers le site de Choquequirao. Sur le chemin on croise un groupe d’américains qui voulaient seulement aller voir Choquequirao: ils abandonnent parce que c’est trop dur. C’est vrai que rien que les 4 jours aller-retour sont très fatiguants…

Sur le cheminAprès avoir dormi la nuit un peu en dessus de l’Apurimac, dans un camp bien organisé (douches, tables, etc.) on finit la descente et on entame la remontée vers Choque. Après 4 heures de grimpe, on arrive au niveau du site, qu’on voit au loin. On avale très vite notre almuerzo et on part en mode poursuite vers le site, pour profiter de l’après-midi sur place. En arrivant, on découvre le gigantesque jeu de terrasses agricole, fraîchement restaurées (pour nous, j’aurais envie de dire ;-) ) et ce magnifique site, en compagnie de 4 autres touristes. Eh oui, on était en tout 6 sur les 1800 hectares du site ;-) ))

Choquequirao – Yanama (2 jours)

Le lendemain, on se lève très tôt pour pouvoir retourner deux heures sur le site avant de partir vers Maizal, la prochaine étape. On a le site pour nous tout seuls pendant toute notre visite, pas la moindre trace d’autres touristes… Programme du jour: un condensé des deux premiers, ce qui promet au niveau de la difficulté. D’abord 1000m de descente vers la Quebrada Victoria, traversée de la rivière sous les attaques des escadrons de tabaños (sandflies) et remontée de 1500m vers le camp, qu’on a eu le loisir d’observer pendant toute la descente. Bon pour la motivation… On se doute que tout ça va finir de nuit et on prend les paris avec Miguel, le guide.

Dans ces cas là , on bénit l’invention de la mule. Pari gagné, on est sur place avant la nuit. On dort chez leQuebrada Victoria fermier, qui a installé un petit camping entre ses vaches, chèvres, poules, chiens, moutons, dindons et cochons d’Inde (cuys). C’est aussi pour nous une excellent manière de découvrir la vie de ces gens qui, sans la moindre trace de modernité, n’a pas changé depuis des siècles. Peut-être que leur ancêtres recevaient déjà les messagers Incas de passage…

Le lendemain, programme similaire: montée jusqu’au col à 4200m, puis descente jusqu’à Yanama. Superbe et difficile chemin qui nous fait traverser une belle forêt de nuages puis marcher sur un chemin Inca (on fait aussi notre Inka trail donc :-) ), redescendre dans une végétation quasi provençale et découvrir au passage quelques mines désaffectées, dont la Mina Victoria.

Yanama est aussi un village intéressant. Il y a un école, mais pas de route ni d’électricité. Le village est à au moins deux jours de mule de la première route, en passant par un col à 4800m. Mais les bières et le Coca supportent assez bien le trajet en mule et on m’en propose évidemment à l’épicerie :-) Après ces quatre jours, la fatigue se sent un peu, mais ce n’est pas fini: demain on doit passer le même col que les bières…

Yanama – Totora – Santa Teresa (2 jours)

Courageuse muleAujourd’hui, comme souvent, on ne voit que trop bien ce qui nous attend: au fond de la vallée, il n’y a qu’un cirque de montagnes fermé, mais pourtant c’est par là qu’on doit passer. Heureusement, la montée du jour est plus régulière et on arrive assez facilement au sommet du col, à environ 4700m. De l’autre coté, changement de temps immédiat: c’est la purée et il fait presque 0 degrés… On a le temps de descendre et d’arriver à Totora avant que la pluie de se mette à tomber, ce n’est pas pour rien que ça s’appelle le bois de nuages.

Ici aussi, on dort chez les gens, entre les cochons et les poules et on mange dans leur cuisine, comme nos guides ont oublié leur tente cuisine… Les gens sont très accueillants et très timides, mais la patronne de la maison nous demande quand-même si on aurait pas un médicament pour sa fille grippée. On va donc voir la petite et faire Martine docteur après le Martine à la ferme du jour précédent. La pauvre tape les 40° et sa mère ne s’en inquiète pas trop. Elle nous demande quand-même d’aller au dispensaire avec elle et on se retrouve à discuter avec l’infirmière qui nous fait visiter son beau centre de santé tout neuf, mais à la lampe de poche, comme il n’y a pas de courant ici…

On achète les antibiotiques pour la petite et on revient faire la piqûre avec l’infirmière, qui n’y arrive pas. Heureusement, avec ce qu’on lui a donné, la petite Mélania a déjà beaucoup moins de fièvre. Comme ils ne veulent pas perdre le médicament, la mère fait piquer la grande soeur, qui a un peu mal au cou ;-) En remerciement, on a droit à la nourriture de la famille, en plus de notre souper.

Descente vers la PlayaLe lendemain matin, départ vers La Playa, où on va prendre un bus jusqu’à Santa Teresa et l’hôtel. Sur le chemin, on rejoint la route du Trek Salkantay, qui est un des préférés de ceux qui ont oublié de réserver l’Inca trail 6 mois à l’avance. Le retour au monde des gringos est assez brutal, mais ils ont tous l’air assez mal en point. Bon, 4 jours de marche en converse, ça use un peu. C’est un peu le chemin vers Lourdes…

Et Santa Teresa, à part les bains thermaux ultramodernes, est plutôt un tas de baraquements en tôle. C’est assez normal vu que le village a été emporté par une coulée de boue il y a 12 ans, quelques ruines en témoignent encore.

Santa Teresa – Machu Picchu (1 jour)

Le dernier jour, seulement trois heures de marche le long de la voie de chemin de fer, direction Aguas Calientes, le bled situé en dessous de Machu Picchu. Ça me dérange pas trop comme on a fait l’inauguration du Crudo’s club le soir précédent avec les guides. Encore un choc en arrivant: les gringos sont de retour et avec eux, les rabatteurs de restos, mendiants et vendeurs ambulants en tout genre. On est aussi content de ne pas avoir fait l’Inca trail, parce qu’il parait que c’est devenu du même style: un stand de boissons tous les 50 mètres, avec prix adaptés aux gringos, évidemment…

50 posts

175 jours qu’on voyage. Et aujourd’hui je vois en écrivant sur le parc Manú que c’est le 50ème article qu’on publie. Je n’y croyais pas trop au début, mais on s’est bien pris au jeu et c’est pour nous un bon moyen de garder le contact avec nos familles et amis. Et en plus, il semble que l’adresse du blog se soit diffusée plus loin, alors merci aussi aux lecteurs inconnus.

C’est pas fini, il reste deux mois d’aventures et on vous prépare déjà quelques surprises, alors restez branchés.

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Parque nacional del Manú

Le parc national de Manu, une des plus grandes surfaces de forêt amazonienne protégée. Le tiers de la surface de la Suisse, soit environ la suisse romande! Une des plus grandes biodiversités de toute la planète. Le site est évidemment dans la liste World heritage de l’UNESCO et l’accès à une grande partie de la réserve est tout simplement interdit, y compris aux scientifiques. Cette zone interdite contient plusieurs tribus indigènes qui ne désirent pas de contact avec l’extérieur (leurs membres meurent facilement de la grippe amenée par les étrangers, et ils réagissent très agressivement aux tentatives de contact).

Le tourisme est aussi très réglementé: un lodge basique et quelques sites de camping, tous très contrôlés. Ces règles ainsi que l’éloignement rendent le tourisme cher et fatiguant, mais quand on aime, on ne compte ni les nuevo soles ni les heures de bus…

On a pris l’option non-camping pour une fois ;-) , ainsi que deux nuits dans une autre partie de la réserve pour observer la forêt de nuages (cloudforest).

Manu Cloudforest Lodge

Coq de roche Deux nuits et deux jours dans la foret de nuages, a observer ses habitants, dont font partie les singes laineux et les Coqs de rochers, l’oiseau emblème du Pérou. Simplement en suivant la route qui mène au lodge et qui en repart vers le Rio madre de Dios, suite de notre voyage, on a pu observer une quantité d’oiseaux incroyable, allant du minuscule colibri aux aras multicolores ainsi que des singes laineux à moins de 6 mètres de distance.

Pour couronner le tout, le lodge était situé en bordure d’un torrent de montagne dans un cadre incroyable et l’équipe de cuisiniers étaient ultra sympas. Après les deux nuits, départ à 5 heures du mat pour 3 heures de route et 5 heures de lancha, direction la zone réservée du parc. Le voyage n’est en fait pas trop ennuyeux, vu que dès que quelque chose bouge dans la forêt, on s’arrête et on sort les jumelles. On a encore croisé pas mal de singes aussi curieux que leurs congénères bipèdes…

Manu Lodge

Après un passage obligé chez les rangers du Parc, on se dirige vers le Manu Lodge, en pleine jungle, Je ne lâche pas ma brancheau bord du Lago Suarez. 20 minutes de marche sont nécessaires pour arriver au lodge depuis le débarcadère du bateau. Le Manu Lodge est situé dans un cadre extraordinaire, en plaine forêt primaire, au bord d’un lac en arc de cercle (un ancien méandre du Rio Manu) qui sert de garde manger à une famille de loutres géantes (Lobos de rio), une espèce dont il ne reste que 2000 spécimens sur tout le continent.

Le programme des deux jours au lodge est simple: balades sur les sentiers autour du lodge et tour en lancha à la recherche des animaux venant se reposer et se désaltérer au bord du Rio Manu. Toute la réserve est assez incroyable: la quantité d’oiseaux, primates, reptiles et mammifères qu’il est possible d’observer est unique sur le continent américain. Notamment, Manu est le parc ou les visiteurs ont le plus de chances d’observer le très discret et tout autant rare jaguar.

Excepté le tapir, on a quasiment pu observer tous les habitants du parc: capivaras, hérons, aras, caïmans, tortues de riviere et j’en passe, je vous laisse admirer la galerie… Et un matin, alors qu’on remontait le Rio Manu en lancha, la guide nous fait discrètement: Look, there is a jaguar! Le roi de l’amazonie était bien là, en train de flemmarder sur la berge. Quand il nous a vu, il s’est tranquillement levé pour aller se fondre avec le décor, nous laissant largement le temps de l’observer et de le mitrailler au téléobjectif. Après tout, ici c’est le chef, et il n’a pas de raison de se presser, comme il n’a aucun prédateur dans le parc…

En plus des gros chats, on a pu observer de près (enfin d’en bas) cinq des treize espèces de primates qui vivent dans la réserve dont les singes laineux, singes araignées et capucins blancs.

Puerto Maldonado et Amazon rescue shelter

Amazon rescue center: Sylvie et PanchoPour retourner vers Cusco on a fait une étape d’un jour à Puerto Maldonado, dans l’autre partie de la province de Madre de Dios. Puerto Maldonado est l’entrée vers l’autre réserve de cette région du Pérou: le parc Tambopata. Par hasard on est tombé sur le dépliant de l’Amazon Rescue Shelter, un centre qui récupère les animaux saisis par la police et les réhabilite pour les relâcher dans leur environnement naturel. La patronne, de Lima, a tout revendu pour acheter le terrain et créer le centre.

Et du travail, il y en a: le Pérou est le cadre de tous les trafics d’animaux protégés possibles et imaginables: singes, aras, tortues, anacondas. Si ça bouge, tu peux l’acheter à Lima. Ensuite, la police saisit les bestioles et les envoie au Zoo de Lima. Ils finissent souvent leur vie dans une cage du dépot sordide du Zoo, faute de place. L’idée du rescue shelter est de récupérer ces animaux, de vérifier leur état de santé et le cas échéant leur permettre de finir leur croissance (relâcher un bébé singe dans la nature ce n’est pas lui assurer les meilleures chances) avant de les remettre dans leur environnement naturel.

On a été les premiers visiteurs payant du centre et on a pu toucher les bébés singes qu’ils sont en train de remettre en forme… C’était vraiment une chance de pouvoir voir de très près ces fantastiques animaux. On en est partis en espérant vraiment que leur projet connaisse le succès qu’il mérite.

Cu$co et le gringo trail

Cusco trafficCusco: la capitale des Incas, l’équivalent sud-américain de Rome. Chaque coin de rue respire l’histoire. Quand les espagnols ont découvert la ville, ils ont démonté les temples et bâtiments incas pour construire leurs palais et églises. La plupart des édifices comportent donc des murs de soubassement d’origine incaique et dont la maçonnerie est d’une finesse inégalée. De plus, Cusco est le centre de la vallée sacrée des Incas et la porte d’accès à Machu Picchu, le site le plus emblématique de tout le continent.

Si la ville coloniale et son architecture sont unique dans le monde entier, malheureusement elle attire une grande quantité de touristes au portemonnaie débordant de dollars (au sens propre, des amis ont vu quelqu’un avec des billets dépassant de la poche). C’est bien ça le problème: la majorité des péruviens travaillant avec les touristes ne pensent qu’à s’en mettre plein les fouilles. Quelques exemples:

  • Les taxis: il y a un tarif fixe de 2 soles, mais c’est impossible de l’obtenir. En revenant de l’aéroport, le premier taxi nous demande 20 soles (8 CHF), on l’envoie balader et le suivant nous demande 5 soles! (2 CHF).
  • Les restos: ils incluent des fois 10 à 20% de service dans la note (même pour un thé!), sauf qu’ici le service est facultatif, et normalement au resto, y a pas de pourboire. Les américains qui ont cette règle des 10% chez eux, paient sans broncher.
  • Les sites archéologiques: La vallée sacrée 70 soles (30 CHF), Machu Picchu 100 soles (40 CHF), Le train pour Machu Picchu: au moins 80 CHF, l’entrée pour l’Inti Raymi, la fête du soleil: 80 CHF. Il y a des tarifs moins élevés pour les péruviens, mais la majorité d’entre eux ne peut pas s’offrir l’entrée aux sites de son propre pays.
  • L’inca trail: le trek de 4 jours vers Machu Picchu a passé en 4 ans de 100$ à 450$! Pourtant, les porteurs ne gagnent pas un centime de plus. Les agences font environ 300$ de profit net par touriste. C’est booké pour toute l’année et il y a 200 touristes par jour. Je vous laisse faire le calcul…
  • Le billets global pour tous les sites de la région vient de passer de 30 CHF à 45 CHF, haute saison oblige.

Tout ça risque bien de gâcher la fête d’ici quelques années et les backpackers semblent d’ailleurs déjàCusco: Plaza de Armas être en train de déserter Cusco. Heureusement, pour le moment la magie du lieu reste intacte malgré les désagréments. Pour notre part, on s’en tire assez bien en essayant d’éviter les pièges à touristes les plus courants, même si c’est pas toujours possible ;-) , de plus, dès qu’on sort du fameux gringo trail, le Pérou traditionnel pointe son nez immédiatement et on se sent rassuré…

Puno et les Uros: bienvenue au Pérou

Il est temps pour nous de quitter la Bolivie pour rejoindre le Pérou. Ainsi, notre première destination avant de rejoindre Cusco est Puno. Cette ville se trouve tout comme Copacabana au bord du lac Titicaca (cela veut dire le rocher du puma). Quelques heures de bus nous permettent d’admirer les paysages qui ne sont bien sûr pas très différents que ceux de l’autre côte de la frontière. Par contre, nous remarquons tout de suite que les péruviens se vêtissent moins des habits traditionnels.

Le but principal de notre arrêt dans cette ville est de visiter les Uros. Ce sont une quarantaine d’îles flottantes en roseaux. Leurs nombres peut varier selon l’entente des personnes qui vivent ensemble. Il n’est pas rare que lors de petite querelles, les gens coupent leur île en deux pour changer de voisins. Nous visitons les Uros par l’intermédiaire d’un tour qui nous amène ensuite sur un île en dur: Taquile. Celle-ci est fameuse pour son artisanat. Ce sont les hommes qui tissent et leur travail est reconnu patrimoine culturel par l’Unesco.

Le trekking en quelques mots

  • Altitude : évidemment une des principale difficultés. Je vous le certifie: l’oxygène manque sérieusement. En conséquence, les fréquences respiratoire et cardiaque augmentent passablement et surtout le sentiment de manquer d’air est par moment assez impressionnant. Pour ce qui est du mal de tête: après quelques jours d’acclimitation ça va. Lors des ascensions à pied, notre corps a un peu plus de temps pour s’adapter aux changements. Cela ne veut quand même pas dire que c’est gagné. En effet, pour le troisième col dans la cordillere Apolobamba, j’ai particulièrement souffert. C’était sûrement un tout: soleil, fatigue, chaleur, altitude mais pour y arriver, il a fallut: du temps, de la patience pour le guide et Quentin, plusieurs médicaments, quelques bonbons à base de coca et que je me frotte quelques plantes sur le frond.
  • Baños: nous sommes devenus maitres dans le creusement des petits trous ! Evidemment, au milieu de nulle part, les commodités sont assez limitées. Mais, c’est ce qui fait le charme aussi, non?
  • Repas: les guides cuisinent très bien: toujours une bonne soupe de légumes et un bon repas chaud. Le matin, petit déjeuner comme à l’hôtel. Ils ne lésinent pas sur la quantité.
  • L’Eau: les guides considèrent que l’eau est potable dans la montagne. Nous étions un peu sceptiques car à côté de chaque rivière ou lac vit un troupeau de vaches, de moutons, de lamas. Je ne crois pas que les excréments de bovins soient très recommandables. Nous mettions à chaque fois quelques gouttes de micropur dans l’eau et ils la laissent bien boullir. Par contre, ils lavaient la salade dans la rivière…
  • Castellano: le trekking est une bonne manière de discuter avec les gens du pays et de se rapprocher d’eux. Nous pouvons également améliorer notre espagnol. Les mots principaux entendus sont bien sûr : subir et bajar ! J’avoue que j’étais parfois un peu fatiguée de les entendre. Une autre phrase que j’ai bien compris est Soy acostumbrado! et toi pas! Les guides, les muleros et les mules ont une tolérance à l’altitude, au froid, à l’effort…. incroyable.
  • Guides: un physique du tonnerre, presque écoeurant parfois! Surtout quand le guide t’explique que lui monte quasi en deux fois moins de temps si il est tout seul! Ce sont des personnes très intéressantes, souvent discrètes mais une fois la timidité mise de côté, ils ont vraiment beaucoup à nous apporter. De plus, ils sont plus que très utiles pour nous montrer le chemin car les cartes n’existent pas toujours et il n’y a aucun marquage.
  • Equipement: autant dire que nous avions un peu honte car nous avons du matériel bien plus sofistiqués qu’eux. Les guides étaient assez impressionnés par notre tente. Heureusement qu’ils n’ont pas vu nos sacs de couchage. Leur tente ne tient pas du tout le froid et Lino en plus d’avoir des trous dans sa tente n’avait rien pour se couvrir. Ensuite, il y a les chaussures. Lino marchait en sandales. Il dit ne pas supporter d’avoir les pieds enfermés et ne pas avoir mal. Mais bon lors de nos arrêts il les retirait quand même! Bon à la vitesse où il descend les chemins de pierre moi j’aurai pas que les pieds gonflés.
  • Paysages: juste indescriptibles! C’est vraiment magique de marcher dans ces montagnes, de se retrouver si loin de tout … Parfois, je me demandais quand même ce que je faisais là mais ce sentiment est vite effacé par le spectacle offert.
  • Nausée: un des symptome de la Soroche qui veut dire en général : là tu resdescends! Lorsque nous marchons en altitude, le rythme est bien sûr très lent… En ce qui me concerne, je ne peux pas aller plus vite. Quentin essayeait par moment d’aller un peu plus vite mais ressentait tout de suite un certain mal être avec maux de tête et vomissement. Je n’ai pas essayé; c’est comme si mon corps me l’interdisait!
  • Froid: dès que le soleil se couche, la température descend de manière impressionnante nous obligeant de rejoindre la tente rapidement après avoir pris le souper. Du coup, au lit vers 19h30, la nuit peut être longue, surtout quand il fait froid. Se laver les dents n’est pas du tout une partie de plaisir car je vous laisse imaginer la température de l’eau. Et quand il faut sortir de la tente pour aller faire ses petits besoins (le froid est un excellent stimulateur), un vrai cauchemard, surtout quand tu venais juste enfin de réussir à te réchauffer. Le plus impressionnant ce sont les guides qui n’ont pas si froid. Lors de mes tentative de vaisselle, j’ai cru y laisser mes mains. Les enfants aussi sont bien plus résistants. Un soir, la fille de Lino nous a rejoint pour souper vêtue d’une jupe, un pull et de sandales sans chaussettes. Je grelotais à côte d’elle alors que je portais tout ce que j’ai de plus chaud.
  • Mules: un grand merci … Elles aussi ont une force incroyable et une résistance du tonnerre. Elles marchent plus vite que nous et sont capable de prendre des chemins sur lesquels, j’avais l’impression qu’elles allaient se tordrent les chevilles. Les muletiers en prennent soin et je leur apportais les pelures de nos légumes.
  • Trekking en lui-même: pas toujours facile mais on aime beaucoup et on en redemande. C’est une excellente façon d’apprécier le paysage, de découvrir du pays! Ce sont des moments qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires.